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Motions de la Coordination Nationale des Universités

Lundi 25 janvier 2010
 Contestation par fredpanassac

Contestation par fredpanassac

25 janvier 2010

Centre Saint-Charles, Paris

28 établissements présents

12 syndicats, collectifs, sociétés savantes, associations


SAUVONS l’ÉCOLE DE DEMAIN !

La parodie des épreuves écrites de l’automne 2010 n’aura pas lieu !

Nous, enseignants, chercheurs, formateurs, engagés dans la préparation des concours et universitaires soucieux de l’avenir des étudiants, de la formation des enseignants et du service public, réaffirmons notre attachement au recrutement des enseignants par concours de la fonction publique et nous engageons à sauvegarder la qualité et la crédibilité de ces concours qui garantissent le statut et l’indépendance des enseignants.

Or, tous les acteurs de la communauté éducative (Universités, CNESER, syndicats, associations, CPU…) constatent que les dispositions relatives à la réforme dite de « masterisation » créent une situation impossible, particulièrement intenable pour la session 2010-2011 des concours de recrutement des enseignants du primaire et du secondaire.

Le calendrier imposé par le gouvernement, qui fixe les épreuves écrites d’admissibilité entre octobre et décembre 2010, interdit de mettre en place une quelconque préparation de ces concours à partir de septembre 2010, et ce quelle que soit la nature des épreuves et le contenu des programmes. Prétendre le contraire serait tromper les étudiants futurs candidats, les parents d’élèves, et mettrait en péril la crédibilité du système éducatif et universitaire.

En conséquence, confrontés à cette impossibilité manifeste, nous refusons d’organiser ou de participer à la session des concours prévue à l’automne 2010 (CRPE, CAPES, CAPET, CAPEPS, CAPLP, CPE).

Si le gouvernement s’obstinait à imposer des épreuves aberrantes, nous prendrions toutes nos responsabilités en vue d’obtenir leur annulation.

Nous nous engageons à maintenir en place, à la rentrée 2010, de véritables préparations aux concours de recrutement, ouvertes à tous les étudiants titulaires d’une licence, et selon un calendrier compatible avec les exigences d’équité et de qualité du recrutement.

Nous demandons solennellement aux ministres concernés de prendre toutes les dispositions nécessaires au maintien des épreuves de concours en fin d’année universitaire (printemps 2011).

En responsabilité  et en solidarité avec les étudiants candidats, avec nos collègues enseignants en poste dans les écoles, les collèges et les lycées, avec les parents d’élèves et avec l’ensemble du corps social, nous réaffirmons ainsi notre engagement au service de la formation des étudiants et des futurs enseignants, en refusant l’application d’une réforme inapplicable.

La non tenue des épreuves à l’automne 2010 permettra, en outre, de bloquer la mise en œuvre des stages de 108 heures consécutifs aux épreuves d’admissibilité.

NOUS SAUVERONS le recrutement et la formation des enseignants !

La CNU soutient l’appel de collègues siégeant au jury du CAPES d’anglais et invite les jurys d’autres concours à s’en inspirer :

« Afin de résister à une stratégie qui consiste à imposer une réforme avec un semblant de concertation (exemple : la commission Marois-Filatre), nous en appelons à la solidarité entre collègues du primaire, du secondaire, de l’enseignement supérieur, des classes préparatoires, des IUFM et de l’inspection générale : résistons aux pressions aussi bien ministérielles qu’individuelles. Ne servons pas de caution à une réforme inadmissible dont nous dénonçons les méfaits et que tous les secteurs concernés refusent en bloc.

Le ministère en appelle aux « bonnes volontés » pour concocter anonymement des sujets-zéros, nous appelons à faire zéro sujet!

Que le ministère assume son autoritarisme jusqu’au bout et fasse les sujets lui-même ! »


Appel aux enseignants de la maternelle à l’université.

Nous, enseignants, enseignants chercheurs et formateurs de l’enseignement supérieur, qui avons la responsabilité de la formation des professeurs, nous adressons solennellement à tous nos collègues de la maternelle à l’université.

Face à l’organisation de la mise en concurrence des collègues et des établissements d’enseignement à tous les niveaux, il est indispensable d’exprimer de façon solidaire notre refus commun de la destruction programmée de l’Education nationale. C’est l’avenir de tous les enfants et de toute la jeunesse qui est en jeu.

Loin des mensonges ministériels, la réforme diminue drastiquement le temps de formation des futurs enseignants ; elle atteint ainsi la qualité de la formation fondamentale (exigences des concours largement revues à la baisse) et pratique (disparition du stage annuel en alternance pour les reçus aux concours).

L’an dernier, la mobilisation de l’ensemble de la communauté universitaire a fait provisoirement échec à la mise en place immédiate de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, baptisée « mastérisation ».

Depuis cet été, le gouvernement distille les mesures d’application ; il continue de mépriser le travail et les recommandations des commissions qu’il a lui-même créées et d’ignorer les protestations argumentées de tous les acteurs concernés.

À mesure que circulaires et autres arrêtés sont publiés, cette réforme confirme, plus encore que nous ne le craignions, sa dimension fondamentalement nocive.

- Elle entraîne une considérable dégradation de la formation des enseignants, tant disciplinaire que pédagogique ;

-  Elle implique une extinction des masters universitaires dédiés à la recherche dans de nombreux domaines ;

- et au-delà, elle s’en prend aux fondements de l’Education nationale – pilier de la République.

De fait, cette réforme aurait rapidement des effets redoutables. Elle désorganiserait les équipes pédagogiques et les établissements scolaires sommés d’accueillir pour des périodes très courtes des étudiants encadrés dans des conditions pédagogiques et juridiques acrobatiques. Elle organise un paysage de l’enseignement primaire et secondaire où les professeurs recrutés par concours et les fonctionnaires ne seront à terme plus qu’une minorité au milieu d’enseignants précarisés. Elle renforcera les déséquilibres entre les territoires et mettra à bas toute mixité sociale. Elle introduit dans tous les concours de recrutement une épreuve obligatoire aux relents autoritaristes censée évaluer la capacité des futurs collègues à « agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable ». Or, les candidats à l’enseignement s’engagent à servir l’Etat par le fait même de s inscrire aux concours : cela est suffisant. Nous ne laisserons pas instaurer ainsi le contrôle des opinions et la mise au pas des consciences. Enfin, la réforme menace les filières universitaires dont le débouché le plus visible est l’enseignement, en organisant la disparition, de fait, de la recherche dans les masters.

En cela, elle participe du même processus autoritaire de sape de l’enseignement public (réduction du volume horaire des disciplines) et de fragilisation des équipes enseignantes que la réforme du lycée, après celle du premier degré et des RASED.

Dans une telle situation, nous ne pouvons nous contenter de dénoncer cette réforme. Actuellement, les rectorats et les ministères mettent déjà en place des stages qui placent en responsabilité dans les classes des étudiants non formés, et appellent au recrutement massif d’enseignants vacataires, « étudiants » ou « jeunes retraités ». C’est la généralisation de ce recours à un personnel contractualisé et non formé qui est au cœur de cette réforme.

Pour faire échec aux réformes en cours, la communauté universitaire s’engage à :

1/ faire voter dans les conseils d’UFR, les conseils d’école des IUFM et les conseils centraux des motions reprenant l’Appel des trois Conseils centraux de Paris 8 ou toute autre formulation prenant position clairement contre la mise en œuvre de la réforme ;

2/ ne pas préparer les maquettes de masters d’enseignement ou parcours s’inscrivant dans cette logique ; intervenir dans chaque conseil pour bloquer leur élaboration et leur remontée.

3/ ne pas participer à la mise en place des nouveaux concours au dernier trimestre 2010 (ne pas élaborer de sujet d’épreuves, démissionner des jurys).

4/ ne pas collaborer avec les rectorats pour mettre en place les remplacements déguisés en stages.

Elle invite tous les collègues des premier et second degrés à trouver les modalités les plus adaptées pour bloquer la mise en place de cette réforme. Cela pourrait prendre les formes suivantes :

1/ ne pas mettre en responsabilité dans ses classes des étudiants préparant les concours

2/ ne pas jouer le rôle de tuteur des étudiants n’ayant pas encore réussi les concours

3/ ne pas jouer le rôle de tuteur des lauréats des concours, qui seront placés en responsabilité à temps plein et privés d’une véritable formation en alternance

4/ alerter les parents d’élèves lorsque leurs enfants seront face à des intervenants non formés

5/pour les enseignants du premier et second degré bénéficiant d’un stage de formation continue : refuser de laisser leur classe à un intervenant non formé.

Il est également souhaitable que :

1/ les Conseils d’écoles, conseils d’administration des collèges et lycées s’opposent au recours aux vacataires

2/ les formateurs d’enseignants (Inspecteurs de l’Education nationale, conseillers pédagogiques, maîtres-formateurs, professeurs d’IUFM…) refusent de participer à des formations dont les remplacements seraient assurés par des étudiants.

3/ les Conseils d’écoles et les Conseils d’administration des collèges et lycées fassent voter une motion du type :

« Le Conseil d’école/ le CA de l’établissement demande au directeur d’école/au chef d’établissement de ne pas accepter de confier les classes aux étudiants n’ayant pas encore réussi les concours.

Il demande également à l’ensemble des enseignants de l’école/de l’établissement de refuser le tutorat d’étudiants n’ayant pas encore réussi les concours ou de lauréats des concours qui seraient placés en responsabilité à temps plein, tout en étant privés d’une véritable formation en alternance. »

Nous appelons tous les enseignants des premier et second degrés à diffuser largement cet appel dans les établissements, par tous les moyens.

Nous appelons tous les enseignants à signer, et à faire signer par les parents, la pétition « 100.000 voix pour la formation des enseignants ! » (www.100000voixpourlaformation.org).

Nous appelons les syndicats enseignants, de la maternelle à l’université, à amplifier la bataille du retrait des décrets et d’abandon total d’une réforme qui casse la formation des enseignants, nuit à la qualité de la recherche et remet en cause l’appartenance des futurs enseignants à la fonction publique d’État.

La CNU soutient l’Appel de Sauvons La Recherche

« Non aux expertises de l’ANR et de l’AERES »

Il y a plus d’un an maintenant, Sauvons La Recherche appelait tous les chercheurs et enseignants-chercheurs à refuser d’effectuer des expertises pour l’ANR et l’AERES, comme le firent ensuite le C3N, le SNCS et le SNESUP. Ce moratoire devait durer tant que le gouvernement n’adopterait pas une autre politique scientifique : augmentation du financement récurrent des organismes, création de postes statutaires, rétablissement de structures collégiales d’évaluation. Ces conditions sont loin d’avoir été remplies. En effet, au moment même où a été annoncée une baisse de 10% des budgets de tous les organismes nationaux, à commencer par le CNRS, l’ANR a vu renforcer son budget (250 M€ en 2005, 650 M€ en 2009). Si l’exceptionnel mouvement du printemps 2009 a forcé le gouvernement à ne supprimer aucun poste statutaire en 2010 (mais sans engagement pour les années à venir), aucun poste n’a été créé et le recours à des personnels précaires n’a cessé d’augmenter : selon les estimations actuelles, il existe plus de 6000 CDD ANR et d’après l’ANR elle-même, seuls 35% d’entre eux trouvent un emploi.

De même, le principe de l’AERES reste toujours impossible à cautionner. Son coût apparaît prohibitif : en 2009 elle a dépensé environ 7585000€ pour 1517 visites, soit 5000€ la visite (train 1ere classe, hôtel 4 étoiles, 200€ de défraiement), sans compter les 20000€ versés aux délégués). Les membres de cette agence restent toujours nommés et les rapports confirment le constat d’opacité porté les années précédentes. Aujourd’hui, la situation s’est aggravée, car les prérogatives de l’AERES se sont étendues : en octobre 2009, le Comité National a été dessaisi de sa fonction d’évaluation (il n’émet plus que des « avis de pertinence ») au profit de l’AERES.

On ne voit donc aujourd’hui aucune raison de suspendre ce moratoire, dont l’efficacité est avérée : en SHS par exemple, 54% des personnes sollicitées en 2009 ont refusé de livrer des expertises. En février et mars 2009, tous les Comités Scientifiques de Discipline de l’ANR ont voté des motions exprimant l’inquiétude de la communauté scientifique, et huit de ces Comités sur onze ont démissionné collectivement. En février 2009, le C3N a également appelé à un moratoire des expertises, position validée par l’ensemble du CoNRS lors de la réunion plénière du 10 Juin 2009. Le C3N, qui était mandaté par le CoNRS pour se prononcer sur la poursuite du moratoire, au vu de l’évolution de la situation, a pris la décision, incompréhensible pour nous, d’appeler à la levée du moratoire en décembre 2009. Cette décision ne peut être justifiée par une évolution positive de la situation globale, bien au contraire, et nous la dénonçons. A l’inverse le SNCS a appelé en Décembre 2009 à la poursuite du moratoire.

Sauvons La Recherche recommande donc plus que jamais à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs de refuser de participer aux expertises de l’ANR et de l’AERES, agences qui participent d’une politique de destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous rappelons qu’il n’est pas nécessaire d’avoir été sollicité par ces agences pour s’engager dans le moratoire. Il s’agit d’une position de principe à laquelle tout chercheur ou enseignant-chercheur peut souscrire, même s’il estime inévitable le recours au financement de l’ANR pour la survie de sa recherche.

Motion  Évaluations des enseignants-chercheurs

La Coordination Nationale des Universités dénonce le  « management » des universitaires  selon des critères incompatibles avec la mission de service public de l’enseignement et de la recherche.

Les nouveaux modes d’évaluation tous azimuts des chercheurs et des enseignants-chercheurs, qui sont  déjà évalués de manière individuelle et collective,  relèvent d’une logique gestionnaire étrangère à l’activité scientifique.

L’évaluation supplémentaire mise en place par le ministère possède une triple fonction :

- cautionner une absence totale  de revalorisation des rémunérations, dont la nécessité est pourtant reconnue. La prime dite d’excellence scientifique ne peut être accordée  a priori qu’à un faible pourcentage d’enseignants-chercheurs et de chercheurs ; il est donc d’emblée nécessaire de trouver un nombre élevé de personnels qui ne sauraient en bénéficier.

-  pallier les carences en personnels  en accroissant sans cesse les tâches des personnels  en poste, qui ont déjà  fait l’objet d’un alourdissement considérable. La seule  finalité de l’évaluation quadriennale des enseignants-chercheurs réside  dans la modulation des services, l’augmentation des charges d’enseignement et des charges administratives, au détriment de l’activité de recherche et de la qualité de l’enseignement.

-  placer les universitaires dans la dépendance  du président d’université, enserrer l’activité de recherche dans les liens d’un contrôle de plus en plus étroit, étendre démesurément les procédures bureaucratiques de contrôle à l’ensemble des activités.

Ces conditions de travail aberrantes portent atteinte à l’indépendance nécessaire à la recherche.

Les personnels ITA et BIATOSS, dont chacun peut constater quotidiennement le nombre insuffisant, sont également soumis à une  politique d’individualisation de primes, seule « réponse »  du gouvernement à des besoins pourtant criants.

Nous dénonçons des évaluations dont le seul but est de faire injustement porter le poids  de politiques gouvernementales néfastes sur les individus : chercheurs, enseignants-chercheurs, ITA, BIATOSS.

En conséquence :

1) Nous appelons les collègues siégeant au CNU à refuser de préparer et de réaliser l’évaluation quadriennale qui a pour but de moduler les services.

2) Nous appelons les conseils d’administration à voter des motions s’engageant à ne pas tenir compte des évaluations quadriennales, si elles avaient lieu, et à ne pas moduler les services.

3) Si l’évaluation semble si naturelle à nos ministres, nous évaluerons, dans la transparence, les évaluateurs (les Ministères, l’AERES et le fonctionnement des sections du CNU).

Déclaration finale

sur la situation de l’Université et de la Recherche

Réunis ce 25 janvier 2010 en Coordination Nationale, nous, enseignants, chercheurs, personnels administratifs, techniciens, bibliothécaires et étudiants dénonçons la politique de l’enseignement supérieur et de la recherche que mène l’actuel gouvernement.

Nous dénonçons les effets d’annonces budgétaires et financières alors que, de 1998 à 2008 la France est passée du 3ème au 6ème rang européen  pour l’intensité en Recherche et Développement, et que pour celle des crédits budgétaires publics, elle est passée de la 1ère place en 1996 à la 7ème en 2007.

Nous dénonçons la casse du statut de la fonction publique de 1946 qui se traduit par la suppression massive dans l’enseignement et la recherche des emplois de titulaires, remplacés par des emplois précaires. Si nous avons fait reculer le gouvernement pour la suppression de postes prévue en 2010, rien n’est acquis pour le futur et, de toutes façons, sans création nette d’emplois, la recherche et l’université françaises reculeront par rapport aux autres grands pays.

Nous dénonçons la Loi LRU, la présidentialisation des universités, les compétences élargies, la réforme du statut des enseignants, la mastérisation, la réforme du CNRS, les modes de fonctionnement et d’intervention de l’AERES et de l’ANR, l’évaluation permanente et la différenciation salariale. Il s’agit de réformes menées sans concertation, dans la précipitation, dont la mise en œuvre accélérée et simultanée perturbe les établissements et décourage tous les personnels.

Nous dénonçons la façon dont le gouvernement prétend œuvrer pour l’autonomie des universités alors qu’il entend en fait contrôler la mise en place des PRES, la création de campus, la réorganisation immobilière des universités parisiennes, et la carte des diplômes et de la recherche via les habilitations de diplômes et de laboratoires.

Nous dénonçons la mise en place d’un système universitaire à deux vitesses, cherchant à distinguer toujours et à tous les niveaux une excellence sur laquelle se polarisent les moyens et le reste dont la pérennité semble compromise. S’ajoutant aux réformes évoquées et à la mise en concurrence généralisée de tous les personnels et des établissements, cette stratégie signe la fin du service public et d’une certaine conception de l’aménagement du territoire.

Nous dénonçons une politique de désinformation, et plus précisément l’accent mis sur les classements défavorables à la recherche française (Shangaï), qui servent de prétextes aux réformes évoquées, et le silence sur ceux qui lui sont favorables, comme le classement de Scimago qui place le CNRS à la première place mondiale des institutions de recherche, l’INSERM 10ème, le CEA 54ème et l’université Pierre et Marie Curie 76ème devant beaucoup de grandes universités américaines.

Nous dénonçons une politique qui prétend faire payer la crise aux seuls salariés dans le secteur public comme le secteur privé, tout en exigeant des contribuables le financement budgétaire massif des banques et des grands groupes privés. Cette politique n’affichr des objectifs ambitieux que pour mieux tromper l’opinion et détourner l’attention de ses pratiques réelles.

Nous dénonçons finalement une politique dont le principal défaut est que les principes réels qui la guident et toutes ses conséquences pour l’enseignement supérieur, la recherche, l’emploi, la formation des jeunes depuis le primaire jusqu’au supérieur, l’égalité des chances et les équilibres territoriaux n’ont jamais été explicitées et réellement discutées publiquement, notamment par la représentation nationale, c’est-à-dire par le parlement.

Le Processus de Bologne lancé en 1998 au sein du Conseil de l’Europe, et la stratégie de Lisbonne adoptée en 2000 par l’Union Européenne, ont institutionnalisé la notion de « grand marché » de la connaissance, de l’éducation et de la recherche. La transformation de la connaissance en marchandise exclut les notions d’un enseignement accessible à tous et d’une recherche au service de l’intérêt général.

Vu la gravité  de la situation actuelle, la Coordination Nationale des Universités considère qu’une remise en question globale de la politique des années récentes est devenue une nécessité urgente. Elle confirme sa demande d’abrogation de la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) et du Pacte pour la Recherche.

La Coordination exige :

- le retrait des décrets promulgués depuis le printemps 2009 concernant l’enseignement supérieur, le statut des enseignants-chercheurs et la formation des enseignants ;

- l’abrogation de la loi « relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique » et l’arrêt des suppressions programmées de postes de fonctionnaires ;

- la fin de la précarité dans la recherche et l’éducation, avec des créations de postes de fonctionnaires liés aux besoins réels et des budgets correspondant à ces besoins, ainsi qu’une actualisation acceptable des rémunérations des agents et des bourses des étudiants ;

- le retrait de l’actuel contrat d’objectifs 2009-2013 du CNRS, et le maintien du statut des unités mixtes de recherche.

- une révision globale de la Loi Organique Relative aux Lois de Finances (LOLF) d’août 2001 et de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) qui lui a fait suite.

Communiqué et motions de la 13ème Coordination Nationale des Universités

Dimanche 1 novembre 2009

27 octobre 2009, Université Paris Ouest Nanterre

Communiqué  de presse

La Coordination Nationale des Universités, réunie ce mardi 27 octobre 2009 à l’université Paris Ouest Nanterre, et représentant vingt établissements, réaffirme son opposition fondamentale aux réformes portées par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et par le Ministère de l’Education Nationale.

Elle dénonce dans ces réformes une mise à sac de la recherche et de l’enseignement, de la Maternelle à l’Université, l’instauration d’une logique managériale et l’imposition de l’idéologie du profit financier. Elle dénonce la dégradation programmée des conditions de travail et de vie des étudiants et des personnels.

Elle appelle la communauté universitaire et éducative, les étudiants et les parents d’élèves à entrer en résistance et à tout mettre en œuvre pour défendre le service public d’enseignement et de recherche.

Motion n°1

La Coordination Nationale des Universités appelle les UFR à s’approprier la motion suivante, comme cela a déjà été fait dans plusieurs établissements :

Nous refusons la mise en place de masters professionnels d’enseignement et nous ne remonterons aucune maquette les concernant, que ce soit au niveau mention, spécialité ou parcours.

Ce nouveau type de master aurait pour conséquence inéluctable la création d’un immense vivier de « reçus-collés » sans aucune perspective professionnelle crédible, et mettrait en cause, à court terme, l’existence même des concours.

Nous dénonçons des mesures transitoires absurdes. Alors que, l’an dernier, le Ministère a accusé les enseignants de vouloir brader les diplômes en validant automatiquement le semestre, il exige maintenant la validation automatique de tout ou partie du M1, y compris pour les étudiants recalés au concours.

Nous ne collaborerons pas à une réforme aussi chaotique.

Motion n°2

La Coordination Nationale des Universités reprend à son compte les motions de la Coordination Nationale de la Formation des Enseignants (CNFDE) du 24 octobre 2009, en particulier son appel à la mobilisation. Comme la CNFDE, la CNU réaffirme que, de la maternelle à l’université, enseigner est un métier qui s’apprend.

Elle exige le retrait des décrets du 28 juillet 2009 et de la circulaire d’organisation des stages du 27 août 2009, qui conduit à ce que des étudiants deviennent des moyens d’enseignement, assumant des responsabilités qui devraient n’être confiées qu’à des fonctionnaires.

Elle dénonce une réforme qui obéit à une logique de réduction des coûts et de sélection sociale en ne rémunérant plus l’année de formation professionnelle. Elle vise à normaliser le recours à des personnels précaires, en dehors du statut de fonctionnaire d’État.

Elle appelle les personnels des IUFM et des UFR à ne pas participer à la mise en place des stages en responsabilité pour les étudiants préparant les concours de recrutement et à tout mettre en œuvre pour l’empêcher.

Elle appelle les enseignants, dans les écoles et les établissements du second degré, à ne pas participer à l’accueil, l’encadrement et l’évaluation des étudiants dans le cadre de ces stages.

Elle s’associe à l’inquiétude des parents d’élèves et les appelle à dénoncer la mise en place de ces stages.

Elle réaffirme son attachement au service public d’État d’enseignement et à une voie unique de recrutement et d’embauche, les concours nationaux. La formation, pour toute la profession, premier comme second degré, requiert une coopération étroite entre UFR, IUFM et formateurs de terrain.

Elle réaffirme que la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, dite de la « mastérisation », détruit la formation initiale et continue des enseignants et contribue à détruire le service public de l’éducation nationale.

En conséquence, elle appelle les étudiants, stagiaires et collègues et parents d’élèves à se mobiliser dans les écoles, les établissements du second degré, les universités, les IUFM. En particulier, elle appelle à la journée de mobilisation du 17 novembre et à la grève du 24 novembre.

Motion n°3

La Coordination Nationale des Universités exprime son inquiétude devant les pressions croissantes exercées sur la situation administrative et professionnelle de chercheurs et des enseignants-chercheurs sur des critères qui paraissent principalement « managériaux » et de nature à porter atteinte à l’indépendance de la recherche et de l’enseignement supérieur.

La CNU exige l’arrêt immédiat de cette politique, dont par ailleurs la crise de France Telecom a mis en évidence les effets néfastes dans un contexte de privatisation des services publics analogue à celui actuellement infligé à la recherche publique et aux universités.

La Coordination exige :

La suspension de l’application de la loi dite « relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique », et l’abrogation rapide de cette loi.

Le retrait de l’actuel contrat d’objectifs 2009-2013 du CNRS avec l’Etat.

L’arrêt des interventions de services et directions « des ressources humaines » dans le « suivi » de chercheurs ou d’enseignants-chercheurs.

La liberté pour les chercheurs et les enseignants chercheurs d’exister en tant qu’individus au sein des laboratoires avec leur propre sujet de recherche original.

Motion n°4

La Coordination Nationale des Universités dénonce la privatisation rampante de l’enseignement et de la recherche qui s’opère par le biais :

- des fondations universitaires ou partenariales de droit privé, visant à justifier le désengagement financier de l’Etat et menaçant l’indépendance du service public ;

- des partenariats public/privé, plaçant les établissements sous le joug des entreprises ;

- d’un budget en trompe-l’œil : la hausse de 1,8 milliard annoncée par Valérie Pécresse pour les universités recouvre, pour l’essentiel, des primes, et des crédits d’impôt reversés au secteur privé ;

La CNU exige des créations massives de postes statutaires et la résorption de la précarité, ainsi que l’arrêt de la politique contraignant les chercheurs du secteur public à travailler pour le secteur privé, pendant que le secteur privé licencie ses propres chercheurs.

Appel et calendrier

La Coordination Nationale des Universités appelle à des mobilisations locales et à des rassemblements régionaux le 17 novembre 2009, en particulier pour assurer le succès de la journée de grève et de manifestation du 24 novembre 2009.

La CNU soutient l’appel de la Ronde Infinie des Obstiné-e-s (à l’initiative de Paris 8) à se retrouver, à partir du 16 novembre, tous les lundis, de 18h à 20h, Place de l’Hôtel de Ville à Paris.

La CNU lance un appel à la CNFDE, au Forum des sociétés savantes, à la Coordination des BIATOSS, à la Coordination des étudiants, à Ecole en Danger et aux différents collectifs défendant le service public d’enseignement, afin de se réunir en symposium contre la réforme de la mastérisation, le samedi 30 janvier 2010 à Paris I ou Paris IV.

La CNU envisage une prochaine réunion, en fonction de l’actualité, le samedi 5 décembre 2009 dans une université parisienne.

Rentrée universitaire à Rennes 2

Mercredi 2 septembre 2009

Déjections sur le président de Rennes2
par LePostfr

L’université du Poitou innove : Un master universitaire en lieu et place du CAPA-SH

Mercredi 1 juillet 2009

Au moment où le ministre X. Darcos engage la suppression de 3 000 postes de RASED,  la mastérisation des concours et de la formation ouvre la voie à la liquidation complète du CAPA-SH avec la création de masters concurrents au CAPA-SH.

L’université de Poitiers et l’IUFM de Poitou-Charente viennent d’éditer une plaquette de présentation du Master Intégration Personnes Handicapés et en Difficulté (IPHD). Ce master dont le thème est « Enseigner et éduquer : les publics à besoins éducatifs particuliers »  s’adresse à des « étudiants ou à des salariés en formation continue »

Une nouvelle étape est franchie dans la liquidation de la formation professionnelle initiale et continue des enseignants, avec la mise en place par l‘université de Poitiers et l’IUFM de Poitou- Charentes, d’un Master « Intégration des Personnes Handicapées et en Difficulté ».
Un master en concurrence directe avec le CAPA-SH

Ce master qui s’adresse, entre autre, « aux enseignants dans un établissement public ou privé du premier ou du second degré (classes ordinaires développant l’intégration ou classes spécifiques), aux enseignants nommés sur postes spécifiques d’accompagnement ou d’orientation d’élèves à besoins éducatifs particuliers » est en concurrence directe avec le CAPA-SH.
La reconnaissance de ce master universitaire modifierait donc en profondeur le recrutement et la formation  des enseignants spécialisés.

Actuellement, tout enseignant, fonctionnaire d’État, peut postuler dans le cadre de la formation continue pour recevoir une formation pour préparer le CAPA SH.

Cette certification reconnue nationalement, donne droit à l’enseignant d’obtenir une affectation sur un poste spécialisé correspondant à une des 6 options existantes A, B, C, D, E, F.
Tout enseignant titulaire du CAPA-SH perçoit, à ce titre, une bonification indiciaire ou une indemnité de fonctions particulières.

Cette certification permet de revenir à tout moment sur un poste non-spécialisé, selon les procédures et les règles encadrant le droit à mutation.
Avec le master IPDH les enseignants spécialisés sortent de l’Education nationale

Ce ne serait plus un concours national mais un diplôme universitaire à BAC+5, donnant compétence à enseigner à un public à besoins éducatifs particuliers, charge ensuite pour le diplômé de se faire recruter par les établissements scolaires autonomes (EPEP)…

Cela reviendrait dans les faits à différencier le recrutement les enseignants « généralistes » de celui des enseignants spécialisés ouvrant la voie à des affectations cloisonnées.
Ce serait le remise en cause pour un enseignant spécialisé titulaire de ce seul master de pouvoir enseigner dans une classe non spécialisée.

Ce master sortirait, de fait, l’enseignement spécialisé de l’enseignement ordinaire donc de l’Education nationale Dans ce cas tout serait permis en terme de statut, de rémunérations d’obligations de service …
Un master qui nie les 6 options du CAPA-SH

Ce master ne fait plus aucune référence aux différentes options du CAPA-SH qui correspondent aux besoins des élèves. C’est un diplôme fourre tout, avec une indifférenciation du handicap et du traitement pédagogique spécifique à apporter aux élèves en fonction de la nature et du degré de handicap dont ils sont affectés qui rejoint les récentes préconisations ministérielles

Le SNUDI-FO s’adresse au ministre pour obtenir la garantie du maintien dela formation CAPA-SH et de l’existence des différentes options du CAPA-SH

http://snudifo62.over-blog.com/

“Sauvons l’université” : Vidéo sur l’économie de la connaissance et sa crise

Samedi 6 juin 2009

Du processus de Bologne à la L.R.U, une catastrophe annoncée
envoyé par mirailenlutte. - Regardez les dernières vidéos d’actu.

Journée « pour une autre Europe du savoir »

Mercredi 3 juin 2009

le 30 mai 2009, 104 rue d’Aubervilliers, 75019 Paris

Compte-rendu et actions autour du 20 mars 2010

Jacques Stambouli, MCF, Université d’Artois, Arras

Environ une centaine de personnes ont participé à cette journée, appelée par un grand nombre d’organisations dont le Snesup, le SNCS-CGT, Sud Education, Recherche et Etudiants, UNEF, Sauvons la Recherche, Sauvons l’Université, Attac, l’Union des Familles Laïques, notamment, réunies dans un Collectif « Printemps 2010 ».

Le but de cette journée était de faire le point sur les réformes des universités en Europe et de débattre d’un contre-sommet, à la mi-mars 2010, face au sommet des ministres européens de l’enseignement supérieur et de la recherche (voir l’appel à cette journée sur le site de Sauvons l’Université et du Snesup).

1. Les réformes dans l’Union européenne

Christian Laval, sociologue, de l’institut de recherche de la FSU, a expliqué que les réformes de l’Université viennent de loin en Europe, avec un tournant dans les années 1993-1995, sous l’impulsion de Jacques Delors.

L’enseignement n’était pas mentionné dans le traité de Rome. Mais dès le début, il a été écrit que l’Europe devait se préoccuper de la formation professionnelle. Par ailleurs, la recherche a été reliée à la politique industrielle. Avec la mondialisation néolibérale dans les années 1980 et le grand marché européen de 1993, l’innovation et l’économie de la connaissance devaient compenser les faiblesses économiques de l’Union européenne dans la compétition mondiale.

La stratégie de Lisbonne (2000) condense cette orientation, autour de « l’économie de la connaissance », en développant des outils plus opérationnels. Car le traité de Maastricht (1993) a donné à l’Union européenne des compétences de coordination et d’appui en matière d’enseignement. Des groupes d’experts ont donc défini des lignes directrices, des objectifs intermédiaires et des méthodes d’évaluation, en utilisant le « benchmarking » (comparaison des pratiques en sélectionnant les meilleures). Il s’est agi, selon Christian Laval, de « mettre en marché le savoir : mise en concurrence généralisée des centres de recherche et des acteurs de la connaissance, pour sélectionner les meilleurs, suivant le dogme néolibéral. Car la concurrence serait source de progrès généralisé. Et le secteur de la connaissance doit devenir compétitif par rapport aux autres pays ».

Cécile Deer, historienne, Bailliol College, Oxford (Grande-Bretagne), française vivant depuis 20 ans environ de l’autre côté de la Manche, a fait le point sur la situation des universités en Grande-Bretagne. Elle estime que les réformes britanniques sont intéressantes pour le cas français, parce que nos ministres actuels s’en sont inspirées.

La réforme, qui a commencé sous l’ère de Margaret Thatcher, s’est faite dans un contexte national, voire régional, mais dans une optique internationale de comparaison avec les USA, du fait de la proximité linguistique.

Avant la réforme, il existait des universités autonomes, organisées sous forme de corporations, et un secteur public supérieur, du type IUT, formant des professionnels pour les activités locales.

Après la réforme, le secteur public supérieur a aussi été appelé universités, notamment pour attirer des étudiants étrangers, dont les droits d’inscription rentabilisent le système.

Avant la réforme, la licence universitaire, souvent très généraliste, avait une grande importance symbolique, car elle attestait d’un niveau intellectuel, permettant des emplois de cadres (« graduate jobs ») dans des domaines très variés.

Après la réforme, l’accent a été mis sur la professionnalisation des enseignements.

Avec la réforme, les crédits publics d’Etat ont fortement baissé et l’évaluation des enseignants et par les enseignants s’est développée.

Les enseignants eux-mêmes ont été sollicités pour établir des critères afin d’affecter au mieux des fonds en diminution. Puis le gouvernement s’est emparé de ces critères, tout en laissant une évaluation par les pairs. Le « benchmarking » entre universités s’est développé, poussé par les politiques (notamment le gouvernement de Tony Blair). Car il s’agissait de mieux informer les étudiants, pris comme clients, pour que « le choix soit rationnel ».

Avec la réforme, les enveloppes financières entre enseignement et recherche ont été séparées.

Pour la recherche, le financement peut se faire au cas par cas, avec la possibilité de sources multiples de financement. Et les crédits publics ont baissé, avec des fermetures de départements entiers.

Pour l’enseignement, les frais de scolarité ont très fortement augmenté, alors que l’éducation devait être gratuite, selon la doctrine traditionnelle des travaillistes. Le gouvernement de Tony Blair a fait passer cette réforme en jouant sur la dualité du système d’enseignement secondaire anglais : des écoles secondaires privées très chères, donnant ensuite accès à des universités prestigieuses, comme Oxford ou Cambridge, réservées à une élite qui y payait peu ; et des écoles publiques bon marché, mais ne permettant pas d’accéder aux meilleures universités. Le gouvernement Blair a donc proposé que les riches payent à Oxford et Cambridge (environ 3000 euros de droit par an en 2009) afin d’attribuer des bourses aux « pauvres intelligents » qui pourront faire des études dans ces universités. Les richesses sont ainsi redistribuées, mais sans augmenter les impôts.

Progressivement, tous les frais de scolarité ont augmenté, les meilleures universités étant les plus chères.

Par ailleurs, vu la demande d’études en langue anglaise à l’échelle mondiale, le gouvernement britannique a décidé de faire payer aux étudiants étrangers le « coût réel des études ». Soit environ 10 000 euros par an pour Oxford. Les étudiants étrangers sont devenus une source de revenus pour les universités, avec la volonté de les sélectionner par l’argent.

En conclusion, notre collègue s’interroge sur le rôle du politique dans l’université. Car elle constate qu’il a joué un rôle néfaste, en Grande-Bretagne, par rapport à l’enseignement supérieur et la recherche, en s’en désengageant.

Marco Pitzalis, sociologue de l’Université de Cagliari (Italie), a décrit le nouveau modèle italien d’universités : managérial, mais avec une « classe dirigeante incompétente depuis 40 ans », droite et gauche confondues.

Les universités sont devenues autonomes et plus démocratiques sous la gauche, mais l’Etat leur a octroyé un fonds ordinaire insuffisant, qui correspond pour 90-100 % aux salaires, les poussant à embaucher des précaires.

Puis, aujourd’hui, sous Berlusconi, le pouvoir des présidents d’université augmente et il y a une attaque contre la validité nationale des diplômes. Le gouvernement veut aussi une libéralisation totale des droits d’inscription (400 euros au Sud, 2000 euros au Nord), en argumentant que les citoyens pourront choisir. En fait, se constitueront des universités de « Ligue 1 » (de football) riches, ayant des masters, où les salaires seront négociés et des universités de  « Ligue 2 », pour les futurs techniciens et employés.

Le gouvernement veut constituer les universités d’excellence que l’Italie n’a pas. Mais sans augmenter les investissements publics. 50 % des départs à la retraite ne sont pas remplacés et quand ils le sont, c’est au grade le plus bas (« chercheurs à 1400 euros par mois, le professeur assistant gagnant 2 fois plus et le Professeur 3 fois plus). Dès lors, il pousse les universités à faire des fondations en partenariat avec les entreprises privées, en instaurant l’évaluation comme nouveau « fétiche » : nombre de brevets, nombre d’articles, nombre de diplômés.

Notre collègue pense que le processus de Bologne a été perverti. Au départ, il y avait un esprit démocratique, autour de l’échange des étudiants et des chercheurs, et d’une harmonisation européenne des formations. En Italie, la licence était large, la compétition se faisant au niveau des masters.

Avec le LMD, on a du doubler les cursus dans les universités pour aller jusqu’aux masters, on a créé de très nombreuses universités à la demande des collectivités territoriales, les coûts ont explosé, le statut des enseignants s’est dégradé, avec la nécessité de justifier de 1512 h de travail par enseignant.

La rhétorique de la compétitivité est passée par là. Et, avec la crise économique, on parle alors de fermer des universités comme on ferme des usines.

Efthymios Nicolaidis, historien de l’Université d’Athènes (Grèce), explique que la Grèce n’a pas vécu l’histoire des universités européennes, qui datent du XIIIe siècle. La première université en Grèce date de 1837, l’indépendance contre l’Empire ottoman datant de 1830. Elle fut constituée à partir de l’idéal de la Révolution française, avec un enseignement gratuit pour tous. La Constitution de 1974, après la chute de la dictature, a inscrit ce principe pour tous les échelons de l’enseignement, avec en plus le droit d’asile dans les universités.

Les années 1980, avec la gauche au pouvoir, ont vu la prolifération des universités en Grèce. La loi-cadre de 1982 a formé à côté des universités des instituts d’enseignement technologiques avec une formation en 3 ans.

Avec l’harmonisation du LMD dans l’Union européenne, ces instituts se sont appelés universités sans rien changer à leur fonctionnement. En particulier, les enseignants n’y étaient pas titulaires d’un doctorat, même si aujourd’hui, les nouveaux enseignants sont recrutés avec un doctorat.

Jusqu’en 1980, il n’y avait pas d’enseignement organisé de troisième cycle en Grèce : beaucoup d’étudiants partaient à l’étranger, en France, en Italie, en Allemagne ; aujourd’hui an Grande-Bretagne, aux USA. L’harmonisation du LMD a poussé les universités de Grèce à mettre en place des masters. Ceux-ci sont devenus payants, car l’Etat refusait de les financer s’ils n’étaient pas payants.

Dans l’enseignement secondaire, les lycées gratuits se sont dévalorisés. Les classes moyennes ont envoyé leurs enfants dans le privé, avec un coût de 7000 euros par an, à Athènes par exemple. Dès lors, seuls les premiers cycles universitaires restent gratuits. Pour contourner cela, malgré la Constitution, le gouvernement favorise la création d’universités privées payantes, antennes des universités anglo-saxonnes dans le domaine de la gestion en particulier. Il essaie ensuite de les faire reconnaître par l’Union européenne pour « au nom de l’UE », changer la Constitution grecque.

Pour la recherche, la Grèce avait, depuis la guerre froide, et sur les fonds du plan Marshall, mis en place une recherche publique indépendante du type du CNRS français. Dans les années 1980, cette recherche s’est gérée démocratiquement. Mais dans les années 1990, le discours a changé : il faut concevoir des « produits » pour les « clients » ; et les financements publics ont fortement diminué.

Globalement, la situation des enseignants dans les universités et des chercheurs s’est fortement dégradée : 30 % des personnels enseignants est sous contrat de 6 mois (renouvelable seulement pendant 3 ans) ; 50 % des personnels des centres de recherche sont des précaires, payés sur des contrats de 2 ans en moyenne, en coopération avec l’industrie ; les thèses doivent être terminées au bout de 3 ans, ce qui les réduit souvent au niveau des anciens mémoires de DEA.

Anne Vinokur, économiste, professeur émérite de l’Université de Paris 10-Nanterre, spécialiste de l’économie de l’éducation, considère :

* que nous sommes dans une rupture historique majeure, avec la soumission du savoir au capital, les capitaux cherchant, dans et par l’éducation, de nouveaux gisements de profits ;

* que cette rupture se passe dans un espace mondialisé.

La résistance à cette rupture s’inscrit pour elle dans les contradictions de la crise du régime actuel d’accumulation. Il y a certes des convergences dans les réformes décrites des universités, avec un idéologie liée au Nouveau Management Public. Mais les réformes se différencient selon l’histoire nationale et le positionnement de chaque pays dans la division internationale du travail.

La discussion fait apparaître quelques nuances : ne pas trop valoriser l’ancienne situation, en ne confondant pas un savoir mis au service de l’Etat et un savoir mis au service du public ; reconnaître une régression actuellement, du fait d’un Etat autoritaire qui revient sur l’autonomie de la connaissance proclamée par les Lumières au XVIIIe siècle ; prendre en compte la crise économique actuelle où le discours néolibéral (par exemple sur le capital humain, avec un étudiant ayant intérêt à s’endetter en payant l’université pour avoir un emploi mieux rémunéré) peut devenir obsolète avec le chômage des cadres ; savoir que le pouvoir a du mal à trouver des relais dans l’université pour ses réformes ; prendre en compte la théorie du « capitalisme cognitif » avec le triptyque savoir-recherche-innovation comme nouvelle base d’accumulation du capital.

Christian Laval estime, en conclusion, qu’il ne faut pas se faire piéger, en étant taxé d’archaïsme et de nationalisme de la part des réformateurs néolibéraux. La position « progressiste », à son avis, consiste « à marier les Lumières et le peuple » ; car le savoir doit être émancipateur pour l’individu, pour la société. C’est ce qu’a préconisé le mouvement socialiste à différents moments historiques, dont le « moment Jaurès », où la République s’est combinée avec la Science, et où ce qui était réservé aux élites devait être apporté au peuple. La globalisation néolibérale a modifié ces principes dans les partis politiques de gauche. La logique de marché s’est incorporée à l’action publique, pour faire agir autrement les individus, en les faisant fonctionner comme des entrepreneurs.

Certains mots peuvent être des pièges, s’ils ne sont pas explicités, car ils se réfèrent à des notions ambiguës. La « démocratisation », dans le primaire et le secondaire, a pu déboucher sur le « socle de compétences » dans le cadre de la loi Fillon, puis sur le « livret de compétences », et sur les évaluations actuelles dans le primaire, dans une logique d’employabilité, dès le plus jeune âge.

2. La mobilisation pour une autre Europe du savoir

Marc Delepouve, mathématicien, Université de Lille, fait un état rapide des mobilisations dans les universités en Europe.

En Allemagne, du 16 au 19 juin 2009, auront lieu des manifestations contre le processus de Bologne dans les universités de façon très organisée. Le mardi 16 auront lieu des ateliers de réflexions ; le mercredi 17, des manifestations ; le jeudi 18 des actions de désobéissance civile ; le vendredi 19 une grande manifestation à Berlin. La mobilisation est organisée par des collectifs locaux, regroupant des syndicats et des citoyens.

En Grande-Bretagne, Cécile Deer explique que l’Université n’est pas aussi engagée qu’en France, et que l’universitaire ne se considère pas comme plus à même qu’un autre citoyen d’agir dans l’espace public. Les universitaires agissent donc plus par le biais du lobbying.

En Italie, selon Marco Pitzalis, les universitaires vont appliquer la loi sur les universités à la lettre, en refusant les heures supplémentaires, ce qui bloque les universités et déclenche des mouvements.

En Grèce, Efthymios Nicolaidis constate que la nouvelle loi, votée par la droite, n’est pas appliquée et considère qu’une mobilisation européenne est nécessaire.

Isabelle Bruno, maître de conférences en sciences politiques à Lille II, explique qu’il faut distinguer le « processus de Bologne » qui correspond à des principes vagues dans l’espace paneuropéen et la « stratégie de Lisbonne », définie en 2000, qui s’applique dans l’Union européenne et qui veut faire de l’Union, « l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde ».

Le collectif Printemps 2010 veut intervenir pour contester cette stratégie de Lisbonne, lors du sommet des chefs d’Etats et de gouvernements du 20 mars 2010, qui marquera les 10 ans de cette stratégie et son échéance prévue. Nous savons déjà que la stratégie de Lisbonne a échoué, ajoute—t-elle. Nous savons aussi que les chefs d’Etat européens veulent la continuer par le « processus de Ljubljana » (Slovénie).Il faudra faire entendre une autre voix et montrer qu’il y a d’autres possibles.

Une collègue lit un courrier sur la situation des universités au Danemark. Les universités danoises subissent une réforme structurelle par fusion des universités publiques et privées et diminution du nombre d’établissements ; une modification de leur gouvernance, avec des membres extérieurs à l’Université dans les conseils d’administration, un Président extérieur à l’Université qui embauche un vice-président, un rôle désormais consultatif des enseignants chercheurs dans les conseils d’administration ; une baisse du budget des universités et une Agence Stratégique de la Recherche qui alloue ses fonds sur une base thématique. La tentative d’allocation des fonds pour la Recherche sur une base bibliométrique a échoué. La mobilisation est faible car il y a un devoir de « paix sociale » dans le pays. Mais il existe un blog « libertederecherche » sur lequel 3000 enseignants chercheurs sur 8000 ont signé une pétition.

La discussion qui s’engage met en avant la notion de « patrimoine culturel », qui est attaqué par les réformes actuelles, par la remise en cause de l’enseignement des lettres, langues, sciences humaines mais aussi d’autres disciplines scientifiques dans la formation des enseignants en France. Car, selon les anthropologues (Maurice Godelier) il y a des choses que l’on vend (les produits marchands), des choses que l’on donne (les cadeaux avec don-contre-don) et les choses que l’on ne donne pas et que l’on ne vend pas, mais que l’on conserve et que l’on transmet : le patrimoine. Notre action dans l’enseignement et la recherche contre la marchandisation du savoir (transformer le savoir en produits marchands) vise à préserver et à enrichir un patrimoine culturel qui peut se décliner au niveau local, national, européen et global, un ensemble de façons de penser et d’agir, basé sur des valeurs, indispensable à la reproduction démocratique de nos sociétés. L’Union des Familles Laïques adhère à cette conception, estimant que la laïcité fait partie de ces valeurs indispensables, qui sont attaquées en France par l’accord du gouvernement avec l’Etat du Vatican, sur la délivrance des diplômes universitaires par des institutions catholiques d’enseignement supérieur. Le SNTRS-CGT estime que, pour le Collectif Printemps 2010, il sera nécessaire de rédiger une charte des valeurs, en vue de la constitution d’une communauté scientifique européenne. Un collègue du CNRS, membre d’Attac, propose la mise en place d’un réseau Internet d’information et de mobilisation. Un autre collègue propose un dictionnaire critique de la stratégie de Lisbonne. Une collègue du CNRS propose aussi d’être présents dans les Forums sociaux européens, et le Forum Mondial Sciences et Sociétés.

Michel Saint Jean, physicien, du Collectif Printemps 2010, conclut la réunion, en appelant à préparer un contre-sommet pour les 10 ans de la stratégie de Lisbonne, le 20 mars 2010 (cf. contact@spring2010.eu ).

(Compte rendu établi suivant les notes prises en séances)

Merci Saint Nicolas

Lundi 20 avril 2009

Reconnaissance officielle de diplômes universitaires France/Vatican

La reconnaissance de diplômes de l’enseignement supérieur entre Paris et le Vatican, contestée par des défenseurs de la laïcité en France, a été officialisée par un décret paru dimanche au Journal officiel.

Ce décret du ministère des Affaires étrangères portant “publication de l’accord entre la République française et le Saint-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur signé le 18 décembre 2008 à Paris” concerne quatre diplômes, pour la partie française : baccalauréat, licence, master et doctorat.

Cet accord, entré en vigueur le 1er mars, s’inscrit dans le cadre de la Convention “sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région européenne” signée le 11 avril 1997 à Lisbonne, précise le décret.

La Conférence des présidents d’université (CPU) avait regretté que cet accord “ravive inutilement le débat sur la laïcité” et réclamé “que les diplômes profanes ne soient pas concernés” par ce texte. L’Unsa-Education et le Comité national d’action laïque (Cnal) avaient dénoncé cet accord, y voyant une “atteinte fondamentale à la laïcité de la République et de l’Université”.

Dans un communiqué commun publié au début du mois de janvier, les ministères des Affaires étrangères et de l’enseignement supérieur avaient alors assuré que cet accord laissait la liberté aux universités de reconnaître ou non ce niveau de diplôme.

Les deux ministères avaient alors affirmé que “sont visés par cet accord les diplômes canoniques délivrés par les universités catholiques et les établissements denseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège, ainsi que les diplômes ecclésiastiques directement délivrés par les facultés ecclésiastiques sous lautorité du Saint-Siège”.

Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8, souhaite diffuser largement le message suivant

Dimanche 12 avril 2009

Je suis inquiet, très, très inquiet..

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce «cours hors les murs», de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité ? Tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles…

- «Monsieur Vadrot ?».

-  euh…oui

- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du  Jardin des Plantes vous est interdit.

- Pourquoi ??

- Je  n’ai pas à vous donner d’explication….

- Pouvez vous me  remettre un papier me signifiant cette interdiction ??

- Non, les  manifestations sont interdites dans le Muséum

- Il ne s’agit pas  d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre  pancarte…

- C’est non….

Les étudiants, qui se baladent  déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous.  Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant  l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum,  l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours,  je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du  jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur  enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre  grille, rue de Buffon, où je retrouve des membres du service de sécurité  qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers,  m’interdisent à nouveau l’entrée.

Evidemment, je finis pas me  fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du  Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale  menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit  pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commence à  ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions,  faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont  le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs,  Alain Bué et Christian Weiss, insistent et menacent d’un  scandale.

Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom  du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu),  commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par  nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu  entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :

-  Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos  étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre  les étudiants…

Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette  promesse, tant le propos est absurde.

J’entre donc avec  l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du  ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une  «interdiction politique». Pour la première fois de mon existence, en  France.

Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de  la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point  cet incident était « extraordinaire » et révélateur d’un glissement  angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très  peur…

Repas et concert de soutien aux étudiants en grève : Programme de la soirée

Samedi 4 avril 2009

Mercredi 8 avril 09, à la salle des fêtes de Saint Laurent Blangy

GRANDE SOIRÉE DE SOUTIEN AU MOUVEMENT ÉTUDIANT DE L’UNIVERSITÉ D’ARTOIS

* Le repas de solidarité à 19H, préparé par la coopérative La Maillotine. Coût du repas : 15 euros ( prix libre pour les étudiants. )

Réservation avant le lundi 15H00 sur : reservationrepas8@gmail.com

* Le spectacle de soutien à partir de 21H30 : Prix d’entrée libre

Programme de la soirée :

- les Têtes 2 Mules

- Les Szgaboonistes

- Présence sous réserve de Fred Personne et du comique Mamane.

Venez nombreux! à diffuser sans modération!

info sur le mouvement étudiant : artois-en-lutte.blogspot.com

Repas et concert de soutien aux étudiants en grève

Mercredi 1 avril 2009

Rendez vous important ce mercredi 8 avril 2009 en soutien aux étudiants de l’Université d’Artois en lutte depuis 6 semaines.

Le repas sera de 15 euros boisson comprise.

Cette soirée se passera dans une salle des fêtes dont l’adresse vous sera communiquée ultérieurement.

Repas : 19h00

Concert : 21h30

Réservation avant lundi 6 avril dernier délai à
: sudeduc.arras@akeonet.com en précisant le nombre de participants.