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Visite de l’Enervé à Ajaccio : Reçu d’une instit désobéisseuse…

Jeudi 4 février 2010
 sarko par karpidis

sarko par karpidis

Une vingtaine de rues interdites à la circulation de 6h du matin à 19h. Le parking devant le Palais des Congrès vidé depuis la veille.

La place du marché vidée de ses stands, les rues commerçantes aux rideaux baissés. Peu de passants dans les rues, beaucoup de salariés ont anticipé le blocage et ont déposé une journée de RTT.
200 fourgons et 1500 CRS débarqués depuis la veille, toutes les casernes de l’île pratiquement vidées et leurs occupants dirigés sur Ajaccio.

La CGT, La CFDT et la FSU appelait à un rassemblement sur la place du marché, face au Palais des Congrès qui attend Sa Majesté. La CGT a déposé un préavis de grève générale pour permettre à tous d’être présents.

Vers 11h30, petit à petit, une trentaine de personne se rassemblent sur la place du marché. midi, pendant que Monsieur déguste son repas dans un restaurant à l’extérieur d’Ajaccio, ordre est donné aux forces de l’ordre de nous repousser sur la place des Palmiers, hors de vue du Palais des Congrès. Nous voilà une trentaine de manifestants encadrés par 70 à 80 CRS qui commencent à nous pousser vers la sortie. Un vieux militant syndicaliste, coincé contre un arbre, prend un coup et tombe, les CRS sont près à lui marcher dessus et nous empêchent de lui porter secours. Mon bel affichage sur mon manteau part en lambeaux.

Sur la place, un peu plus haut, on ne nous voit plus, mais on nous entend encore, le petit groupe que nous sommes est rejoint par une cinquantaine d’autres manifestants, le quartier est bouclé, et les CRS se remettent à nous repousser vers le haut de la rue et une autre place, là où Sa Majesté ne pourra pas nous entendre. Les bandes son des retransmissions télévisées ne seront pas polluées par les cris de colère. Le reportage sera bien clean.

Dans la mêlée, deux jeunes marins qui tentent de résister à la poussée des bleus se font arrêter plutôt brutalement. Il ne seront relâchés que lorsque les syndicats menacent de bloquer les bateaux et les avions. Du coup, les syndicats qui devaient être reçus à la Préfecture refusent de s’y rendre. Nous resterons coincés sur le carrefour jusqu’à ce que “l’HyperMalade’  en campagne électorale ( les sondages donnent l’UMP perdant et la droite est hyper divisée) soit reparti vers l’aéroport, c’est à dire vers 16h.

Voilà en attendant de savoir combien a été dépensé de nos sous. Une des (nombreuses) fois où il est venu, il avait exigé des nappes et des assiettes spéciales qu’il a fallu acheter coût 5000 euros.

Il est quand même à signaler que Monsieur voulait visiter une bergerie, les policiers ont arpenté la vallée de la Gravona pour chercher un berger qui accepterait de le recevoir. Les échos que j’en ai, c’est que personne n’y a consenti et la visite n’a pas eu lieu.

Brigitte Fontaine : bon anniversaire Mr Président

Vendredi 29 janvier 2010
 brigitte par anef

brigitte par anef

Monsieur le Président,

je vous gratte le cul avec une fourchette,

je vous crache dans les yeux,

je mords jusqu’au sang vos mollets de coq,

je vous râpe le nez jusqu’à ce que vous aillez l’air d’un lépreux,

je vous pends par les couilles,

je dévore votre foie,

je vous gerbe à la gueule et je signe “Riri la crème”,

bien connue des services de police !


OUI FM: Johann Roques, l'interview: Brigitte Fontaine
envoyé par radioouifm. - L’info internationale vidéo.

Lettre : Monsieur le Président, devenez camusien par Michel Onfray

Vendredi 27 novembre 2009
 Albert Camus par Mitmensch0812

Albert Camus par Mitmensch0812

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d’accueillir les cendres d’Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : “Aux grands hommes, la patrie reconnaissante”. Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu’une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l’éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.

De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l’histoire sans jamais commettre d’erreurs : il n’a jamais, bien sûr, commis celle d’une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s’engager pour combattre l’occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s’est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l’Ouest pour l’estimer totale à l’Est : il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme.

Camus fut l’opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d’autres se révélèrent si petits.

Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l’instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d’origine en devenant, par la culture, les livres, l’école, le savoir, celui que l’Académie suédoise honorait ce jour du prix Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du Latran : “Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé.” Dès lors, c’est à La Princesse de Clèves que Camus doit d’être devenu Camus, et non à la Bible.

De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation, que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l’américanophilie la plus ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New York, une autre fois, torse nu dans la baie d’une station balnéaire présentée comme très prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d’autres fois encore, notamment celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son Amérique.

Savez-vous qu’Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme un antimarxiste, était aussi, et c’est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un antiaméricain forcené, non pas qu’il n’ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l’argent roi, de la religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l’impérialisme libéral imposé à la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains. Est-ce le Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande “une vraie démocratie populaire et ouvrière”, la “destruction impitoyable des trusts”, le “bonheur des plus humbles d’entre nous” (Œuvres complètes d’Albert Camus, Gallimard, “La Pléiade”, tome II, p. 517) ?

Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, “désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s’en aperçoit”, et, en même temps, vouloir honorer un penseur qui n’a cessé de célébrer le pouvoir syndical, la force du génie colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L’Homme révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme en oubliant la partie positive - une perversion sartrienne bien ancrée dans l’inconscient collectif français… -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises, italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer pour le “syndicalisme révolutionnaire” présenté comme une “pensée solaire” (t. III, p. 317).

Est-ce cet Albert Camus qui appelle à “une nouvelle révolte” libertaire (t. III, p. 322) que vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la “forme de la propriété” dans Actuelles II (t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n’est pas une exception, c’est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : “Le pouvoir rend fou celui qui le détient” (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l’anarchiste, le libertaire, l’ami des syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme en Caligula quiconque le détient ?

De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d’Etat qui s’illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l’emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d’ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l’occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.

Camus parlait en effet dans L’Homme révolté de la nécessité de promouvoir un “individualisme altruiste” soucieux de liberté autant que de justice. J’écris bien : “autant que”. Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c’est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c’est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c’est l’Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d’âme ; la justice sans la liberté, c’était l’URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l’incarnation souveraine, n’est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.

Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd’hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n’est guère question de liberté ou de justice… Ces filles et fils, frères et sœurs, descendants aujourd’hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d’Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu’aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ?

Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine serait sauvée, avant qu’elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un article intitulé “La condition ouvrière” qu’il fallait faire “participer directement le travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national” (t. III, p. 1059) ? Il faut la paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire du philosophe un social-démocrate…

Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle (Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l’intelligence contre les partisans du sang de l’armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c’était par défaut : Albert Camus n’a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a toujours cru - pourvu qu’elle soit morale.

Comment comprendre, sinon, qu’il écrive dans L’Express, le 4 juin 1955, que l’idée de révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé de soutenir le cynisme et l’opportunisme des totalitarismes du moment et qu’elle “réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté” (t. III, p. 1020) - ce qui dans L’Homme révolté prend la forme d’une opposition entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien… Or, doit-on le souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n’est pas la critique de tout le socialisme, loin s’en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute à son aspiration à l’hégémonie d’un seul.

Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza - la seule tombe qu’il aurait probablement échangée contre celle de Lourmarin… Mais si vous voulez que nous puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l’efficacité de son exemplarité (n’est-ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra commencer par vous.

Donnez-nous en effet l’exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu’au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n’entendez pas mener une politique d’ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l’action politique à l’amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire…

A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec cette annonce d’un Camus au Panthéon, qu’à un nouveau plan de communication de vos conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez-nous donc que votre lecture du philosophe n’aura pas été opportuniste, autrement dit, qu’elle aura produit des effets dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu’en agissant de la sorte vous vous trouveriez à l’origine d’une authentique révolution qui nous dispenserait d’en souhaiter une autre.

Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et néanmoins libertaires.

Lettre parue dans Le Monde :  http://www.lemonde.fr/

Sarkozy aussi

Dimanche 22 novembre 2009

Sarkozy, aussi…
envoyé par padps. - La vie de famille à travers le monde en vidéo.

Sarkozy bidonne sa visite chez Faurecia, tout est en toc !!!!

Dimanche 6 septembre 2009

Sarkozy ne veut pas voir une tête dépasser chez Faurecia
envoyé par rue89. - L’info video en direct.

Pour la rentrée scolaire, Nicolas Sarkozy fait une visite surprise dans une école.

Mercredi 26 août 2009

L’institutrice de CM2, en pleine séance de vocabulaire, propose à notre président de prendre sa place.

La discussion tourne sur le mot « tragédie ».

Sarkozy demande à la classe un exemple de “tragédie”.

Un petit garçon se lève et propose : “Si mon meilleur ami, qui vit dans une ferme, est en train de jouer dans un champ et qu’un tracteur lui roule dessus et le tue, c’est une tragédie”.

“Non”, dit Sarkozy, “ce serait un accident”.

Une petite fille lève la main : “Si un bus scolaire transportant 50 enfants tombe d’une falaise, et que tout le monde est tué à l’intérieur, c’est une tragédie”.

“Je crains que non”, expliqua Sarkozy. “c’est ce qu’on appellerait une grande perte”.

Le silence se fait dans la salle. Aucun autre enfant ne se porte volontaire.
Sarkozy cherche dans la salle. “N’y a-t-il personne ici qui puisse me donner un exemple de tragédie?”

Finalement, au fond de la salle, un petit garçon lève la main…
“Si l’avion présidentiel vous transportant vous et Carla était frappé par un “tir de missile ami” et était complètement désintégré, ce serait une tragédie”.

“Formidable!” s’exclame Sarkozy. “C’est exact. Et peux-tu nous dire pourquoi ce serait une tragédie?”

“Eh bien”, dit le garçon, “il faut bien que ce soit une tragédie, car ce ne serait certainement pas une grande perte, et probablement pas un accident non plus.”

Emprunt d’Etat : un conseiller très très spécial a convaincu Sarkozy

Samedi 11 juillet 2009


Francois_1er
envoyé par nenki. - Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.

Le petit coin de résistance

Samedi 9 mai 2009

Le Petit Coin de Résistance - Episode 01
envoyé par Aleveque-Christophe - Sitcom, sketch, and standup comedy videos.

Deux “hommages” à Maurice Druon lequel va vous plaire ?

Lundi 20 avril 2009

Nicolas Sarkozy se rendra aux obsèques de Maurice Druon

Nicolas Sarkozy se rendra lundi aux obsèques de l’académicien et ancien ministre Maurice Druon, décédé mardi à l’âge de 90 ans, a annoncé vendredi l’Elysée.

“Le chef de l’État assistera à 15H00 à la célébration religieuse en l’Église Saint-Louis des Invalides”, a indiqué la présidence dans un communiqué. Il “présidera ensuite la cérémonie militaire dans la cour d’honneur des Invalides et prononcera à cette occasion une allocution en hommage au défunt”.

En 1943, Maurice Druon avait écrit avec son oncle Joseph Kessel le “Chant des Partisans”, devenu l’hymne des Résistants à l’Occupation allemande. Il était Grand-croix de la Légion d’honneur et médaillé de la France Libre.

Ancien ministre des Affaires culturelles (1973-74), Prix Goncourt en 1948 pour “Les Grandes Familles”, Maurice Druon est également l’auteur de la fresque historique “Les rois maudits”. Elu en 1966 à l’Académie française, il a consacré une grande partie de sa carrière à la défense de la langue française.

Entré en 1977 au comité central du RPR, il a été membre de son conseil politique de 1979 à 1980. Député de Paris de mars 1978 à juin 1981, il avait été élu à l’Assemblée des communautés européennes en juin 1979, mais avait démissionné un an plus tard.

Quand Druon Défendait Papon

Le Vieil Homme Et L’Amer

Finalement, c’est pas si mal de mourir. On ne retient de toi que tes éclats. Ta “grandeur d’âme” soudainement isocèle à ta “plume” et ton “courage”. Tu fais dans l’éloge l’unanimité, quand bien même, serait-il empesé, polycopié, boursouflé d’académisme, cet éloge.
Mort, tu deviens irréprochable.
Comme une République promise.

Ah oui, comme il est doux de mourir sous la mitraille !
Celle des louanges.

Ah surtout se taire, ne pas le saloper ce tonnerre, ce dithyrambique concert !
Ne pas verser dans l’ombre ou le pamphlet.
Juste glorifier.
Ta “disparition”, pleurer.

Ami, entends-tu cependant, du tréfonds, de quelques néants, le fardeau resurgir.
Un procès.
Un témoignage.
Un naufrage.

Il était vieux, il était laid, à la barre, il se tenait.
Et jurait.
Il jurait comme tant d’autres avant lui, après lui, qu’il ne savait pas, ajoutant que : “Si on avait su, il n’y aurait pas eu de secrétaire général de préfecture pour signer des ordres de déportation, il y aurait eu moins de juifs passifs attendant comme des brebis offertes au sacrificateur ..”

Ce vieil homme qui, à cette barre girondine, parlait de juifs attendant passivement leur sort, c’était lui, c’était Maurice Druon.

Et, comme tant d’autres avant lui, après lui, il le trouvait “intelligent”, “vif” et “patriote”, Maurice Papon.
”Intelligent”, “vif”, “patriote”, mais également, “efficace” et “froid”.

Faut-il l’être, froid et diablement efficace, pour deux décennies plus tard, le 17 octobre 1961, réprimer dans la fureur et le sang, une manifestation “pacifiste”.
Même si, en ce mois d’octobre 1997, là n’était pas la question.

Maurice Druon défendant Maurice Papon !
C’est beau, non, la solidarité “mauricienne” ?

Ah mais non, surtout ne pas le rappeler en ce jour de ta “disparition”, avant tout se taire, se joindre au concert, symphonie achevée de l’éloge, l’académique et bien-pensante.

Comme, ami, nous n’entendrons plus cette saillie dont tu te fendis [“Je préfère que l’aide de l’État aille à ceux qui travaillent plutôt qu’aux parasites qui ne travaillent pas !” – Jeudi 1er Mars 2007, Bordeaux] lors de cette réunion à la gloire de ton “descendant”, le petit Nicolas, le Sarkozy.

Ah, comme il est doux de mourir sous la mitraille !
Celle des louanges.
De toi, soudainement, on ne retient que la surface.
Ta “plume” et ton “courage”.

Jamais l’effroyable.
Ton naufrage.

Toujours plus de flics, de répression et de fichiers pour notre bien

Samedi 18 avril 2009

De l’art de faire du neuf avec du vieux. L’incontinence législative de Nicolas Sarkozy en matière de délinquance suscite des commentaires de plus en plus narquois chez les politiques, les syndicats de policiers ou de magistrats, la plupart soulignant que l’arsenal judiciaire est amplement suffisant pour réprimer les «bandes». Florilège, à partir de son discours du 18 mars à Gagny (Seine-Saint-Denis) après l’incursion de jeunes encagoulés dans un lycée.

Enseignants protégés

- «Je souhaite que les violences commises sur un agent de l’Education nationale constituent à l’avenir des circonstances aggravantes […]. Cette réforme reviendra à assurer aux enseignants la protection dont bénéficient les agents dépositaires de la force publique.» C’est déjà inscrit dans l’article 222 du code pénal visant les circonstances aggravantes pour «toute violence commise contre une personne dépositaire de l’autorité publique, magistrat, militaire, gendarme, policier», mais aussi «toute autre personne chargée d’une mission de service public». Cela concerne évidemment les profs, à moins d’oser prétendre que l’Education nationale n’est pas un service public. Dans son exhaustivité, le code pénal ajoute les pompiers, gardiens d’immeubles et agents SNCF.

Ecoles sanctuarisées

- «Les établissements scolaires doivent être protégés, sanctuarisés de toute violence.» Le code pénal n’a pas attendu Sarkozy, prévoyant déjà une peine aggravée pour des faits «commis à l’intérieur d’un établissement scolaire ou, à l’occasion des entrées et sorties, aux abords d’un tel établissement». Nicolas Sarkozy n’innove que sur un point : «Je souhaite que l’intrusion sans habilitation dans un établissement scolaire soit désormais considérée non plus comme passible d’une simple contravention mais comme un délit.» Mais quid d’une action violente par des élèves mêmes du bahut, comme à Garges-lès-Gonesse ?

Unités de quartiers

- «La création d’Unités territoriales de quartiers (Uteq), constitue une réponse adaptée aux nouvelles formes de la délinquance violente […] Ce dispositif est aux antipodes de l’esprit qui était celui de la police de proximité», créée sous Jospin puis dissoute sous Sarkozy. Pour François Bayrou, «il y avait une manière de lutter contre les bandes, c’était la police de proximité ; et c’est lui qui l’a détruite».

Le fichage

- «Je suis favorable à la création d’un fichier dédié aux violences urbaines et aux phénomènes de bandes. Pour l’instant, un tel outil n’existe pas.» Outre qu’il a mis très longtemps à faire preuve d’efficacité aux Etats-Unis (lire ci-contre), un tel fichier semble préexister en France, si on en croit les chiffres dévoilés avec complaisance par Michèle Alliot-Marie : 222 bandes sont recensées, dont 79 % se trouvent en région parisienne, comprenant 2 500 membres permanents et 2 500 intermittents, dont 47 % de mineurs.

Participation volontaire à un groupe

- «Il faut doter notre code pénal d’une disposition qui réprimera le fait de faire partie, en connaissance de cause, d’un groupement poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes et les biens.» C’est une copie quasi conforme de l’actuel délit d’association de malfaiteurs, défini comme «tout groupement formé en vue de la préparation d’un crime ou délit». Avec ce glissement sémantique : il ne s’agirait plus simplement de se «préparer» à «commettre» un acte illégal, mais de se le «reconnaître» pour «but».

Un but délictueux

- «Les délinquants qui composent ces bandes ont compris depuis longtemps qu’en l’état de nos lois ils ne peuvent être condamnés si on ne peut mettre à leur charge la commission d’un fait précis.» Il existe pourtant une jurisprudence, bien ancrée au point de figurer dans le code pénal : elle «n’exige pas un dessein précis formé par les individus rassemblés de commettre un crime déterminé de façon précise». Dans un océan de sarcasmes, seul le procureur général Philippe Bilger est monté au créneau pour défendre une future loi qui ne saurait avoir «le tort d’être inspirée par le président de la République». Et d’asséner : «En l’état, la bande protège par l’individualisation de la peine.» Sauf cette autre jurisprudence : «Des violences commises par plusieurs personnes peuvent constituer un fait unique, chacun pouvant avoir participé spontanément à la rixe […]. L’infraction est à considérer dans son ensemble, sans qu’il soit nécessaire de préciser la nature des coups portés par chacun.» Seul bémol à cette jurisprudence de la rixe : «La présence sur les lieux n’est pas suffisante pour une déclaration de culpabilité.» D’où la réforme sarkozienne : embarquez-les tous !

RENAUD LECADRE