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Répression

Vendredi 27 novembre 2009

Bonsoir,
Mon fils Léo (18 ans) et trois de ses camarades ont été interpellés jeudi, placés 24 heures en garde à vue et condamnés à trois mois de  prison avec sursis pour avoir participé à la manifestation devant le lycée Roosevelt Jeudi 19, lors de la visite de F. Fillion, venu présenter la réforme des lycées.

Ci dessous un lien vers le site de FR3 qui donne l’info avec un premier commentaire laissé par le père de Léo.

http://lorraine-champagne-ardenne.france3.fr/info/champagne-ardenne/Prison-avec-sursis-pour-3-%C3%A9tudiants-manifestants-59049714.html

Si vous souhaitez soutenir Léo et ses camarades , sans aucune obligation bien sûr, rien d’autre à faire que faire circuler à votre tour ce message à votre carnet d’adresses.
Mardi matin à 10 heures a lieu à Reims devant la maison des syndicats une manifestation organisée pour le jour de grève dans l’éducation nationale nationale.

Les étudiants que nous avons rencontrés hier vont s’y joindre pour protester contre la répression policière dont les 4 jeunes innocents ont été victimes, c’est pour ceux qui le souhaitent et le peuvent une autre manière de montrer sa solidarité…

Merci à tous , amitiés
Marie-Paule et Georges Belenguier

Récit d’une bavure policière.

Bonjour

j’apporte ce jour le témoignage d’un père de famille dont le fils est passé en comparution immédiate suite à cette manifestation et a été condamné à 3 mois de prison avec sursis après avoir passé 24h en garde à vue.

Mon fils Léo Belenguier a 18 ans donc majeur et il  est étudiant en fac d’histoire à Reims. Il n’est pas inscrit à un parti politique et s’est rendu à la manif par solidarité avec ses camarades et amis du  lycée Roosevelt.
Il a un casier judiciaire vierge, un attachement profond aux valeurs de justice et de solidarité doublé d’un tempérament doux et pacifiste. Il s’intéresse à l’actualité politique en tant que personne majeure porteur d’un droit de vote particulièrement en ce qui concerne ses pairs.

Mon fils a déjà participé à des manifestations et n’a jamais commis aucune violence ni exaction d’aucune sorte allant même jusqu’à redresser des containers de poubelles en déplorant ces actes susceptibles selon lui de discréditer les actions menées.
C’est ce même jeune garçon qui s’est fait interpeler et menotter jeudi après la manifestation  au cours d’une rafle commise par la BAC alors qu’il attendait assis sur un plot pour reprendre son vélo garé devant le lycée, alors que la manifestation était terminée et qu’il avait demandé aux CRS à quel moment son vélo serait accessible.

Cette arrestation brutale est motivée par l’ accusation d’avoir jeté des pierres sur les policiers pendant la manifestation avec soi disant pour preuve une vidéo le montrant distinctement. Mon fils  fort de son innocence a demandé aussitôt à voir la vidéo qui le mettait en cause.

Il a été placé en garde à vue pour 24 heures, sans jamais pouvoir visionner ce document qui était sensé l’accabler. La raison en était, d’après la police que  la vidéo était sous scellés pour le tribunal. Après 24 heures de garde à vue traumatisantes (refus de l’informer de notre connaissance de sa situation, annonce que sa garde à vue pouvait être prolongée s’il niait, refus de nous contacter pour que nous  communiquions aux forces de l’ordre les coordonnées de notre avocat…),il a été jugé en comparution immédiate qu’il a acceptée pour éviter de se retrouver en “préventive” chantage odieux qui ne lui laissait d’autres choix que le procès expéditif ou la prison. Il n’a rencontré son avocat commis d’office que quelques minutes avant d’entrer dans le prétoire ce qui laisse perplexe sur le temps accordé pour préparer sa défense.

Malgré la demande des avocats et des inculpés, malgré l’absence complète de preuves (le seul témoignage écrit est celui du policier blessé qui disait n’avoir reconnu personne et expliquait que les jets de pierre venant de l’arrière de la manifestation ne leur étaient pas imputables puisqu’ils étaient sur l’avant )et malgré les dénégations des quatre inculpés, cette bande vidéo n’a jamais été présentée à quiconque et le procès s’est conclu par une peine de sursis de trois mois pour chacun alors même qu’aucun témoin n’avait été entendu et qu’aucune preuve n’existait.

La conclusion de tout cela dépasse ce qu’un citoyen français peut imaginer: la condamnation sans preuve d’un innocent pour l’exemple, un traumatisme psychologique évident provoqué par une garde à vue visant prioritairement à faire d’un innocent un coupable à coup d’intimidation et de brimades de toutes sortes : autorisation d’aller aux toilettes plus d’ une demie heure après la demande, nuit passée dans des conditions d’hygiène  épouvantables , refus d’appeler les parents pour le choix de l’avocat, refus des policiers du commissariat de Reims alors que je me suis rendu sur place sur leur conseil ,de me donner les informations sur les suites de la garde à vue jusqu’à la comparution immédiate après avoir soufflé le chaud et le froid et m’avoir donné des informations erronées ou contradictoires, refus du tribunal de prendre en compte l’absence de preuves  et au final une condamnation avec sursis mettant directement en péril l’accès à la vie professionnelle de mon fils au terme de ses études.

J’espère que beaucoup de parents auront accès à cette information pour s’alarmer des conséquences désastreuses d’une politique sécuritaire et paranoïaque capables de  briser la vie d’un jeune homme jusque là libre et heureux.

Georges Belenguier

Montreuil sous bois, manifestation contre les violences policières : extraits du témoignage de Adrien Moulin journaliste stagiaire au Monde !

Mardi 14 juillet 2009

Les manifestants protestaient contre les violences policières dont avait victime Joachim Gatti grièvement blessé à l’œil :

“J’ai été interpellé vers 21 h 15. La manifestation était en train de se disperser, j’ai soudain été plaqué au sol et j’ai entendu un policier dire: “Toi aussi, tu viens avec nous”. Ils m’ont attaché les mains dans le dos. J’ai répété à plusieurs reprises que j’étais journaliste, mais ils n’écoutaient pas. Dans le fourgon, il y avait trois policiers qui traitaient les deux manifestants interpellés avec moi de “sales gauchos”.

“Nous avons été placés à cinq dans une salle de garde à vue avec deux caméras au plafond et des graffitis sur les murs peints avec du sang et des excréments. Il était sans doute 23 heures, nous n’avions rien mangé ni bu. Nous avons été transférés vers le dépôt de Bobigny, menottés dans le dos. J’ai redit que j’étais journaliste mais personne ne m’a répondu”.

Au dépôt, les policiers m’ont proposé de voir un avocat : j’ai rencontré Dominique Tricaud, dans une pièce à part, sans caméras, sans policiers. C’était la première fois que quelqu’un m’écoutait. J’ai ensuite été convoqué par un policier qui m’a dit: “Si tu es le petit gentil du lot, ils ne vont pas te laisser partir comme ça.” Pendant l’interrogatoire, le policier disait que j’avais un casque lors de l’interpellation, ce qui était faux. J’ai vu une deuxième fois l’avocat, qui m’a dit qu’il avait fait son possible auprès du procureur et qui m’a un peu remonté le moral. Je suis sorti à 6 heures 30 du matin.”

JOACHIM GATTI : Lettre ouverte de Stéphane Gatti (son père)

Lundi 13 juillet 2009

Voici la lettre de La Parole Errante avec prière de large diffusion, contre la désinformation de l’AFP et de la Presse collabo, et c’est pourquoi je la transfère à la demande de Stéphane Gatti.

Pour info complémentaire sur Joachim Gatti, il est aussi l’acteur qui a tenu le rôle de Joachim Rivière dans le film “La Commune de Paris” de Peter Watkins, il a fait des études de philosophie à Nanterre avec Etienne Balibar, un Grand Projet sur la sémiotique de la stratégie urbaine de la ville de Gênes (histoire et contemporain dont les grandes manifestations altermondialistes).

Il va de soi qu’il faut prendre en compte tous les “cyclopes” des balles de plastique ou autres coups envoyés dans la figure des manifestants, activistes et/ou autres résistants ou non conformes, dont les gars les plus défavorisés des banlieues qui ont été aux premières loges, ou simples contestataires solidaires de l’insoumission et de la liberté du mode de vie, premières victimes de la défiguration générale entreprise par le nouveau Président depuis qu’il fut ministre de l’intérieur, corps vivants et réformes institutionnels compris.

Défigurer pour marquer à vie, c’est un crime autorisé depuis que la police est engagée par le pouvoir dans des voies miliciennes contre l’altérité sociale et nationale (ici je parle aussi de l’émigration). Et notamment contre ceux qui agissent pour sauver les libertés à l’acte. Sans doute est-ce la structuration d’un fascisme sur l’alterophobie générale des lois et des ordres exécutifs, jusqu’à leur application sans contestation par les forces de l’ordre, n’étant en réalité que celles du désordre des divisions les plus graves.

Mais il faut savoir que l’état dans lequel se trouve le visage du dernier des “cyclopes” de la population en voie de mutation sous les actes de défiguration de l’humain par le président actuel, est certainement le plus grave de ceux qui se sont produits jusqu’ici. L’escalade est claire et il faut voir et comprendre en quoi…

A Montreuil, la police vise les manifestants à la tête.

Le matin du mercredi 8 Juillet, la police avait vidé une clinique occupée dans le centre-ville. La clinique, en référence aux expériences venues d’Italie, avait pris la forme d’un “centro sociale” à la française : logements, projections de films, journal, défenses des sans papiers, repas… Tous ceux qui réfléchissent au vivre ensemble regardaient cette expérience avec tendresse. L’évacuation s’est faite sans violence. Les formidables moyens policiers déployés ont réglé la question en moins d’une heure. En traversant le marché le matin, j’avais remarqué leurs airs affairés et diligents.

Ceux qui s’étaient attaché à cette expérience et les résidents ont décidé pour protester contre l’expulsion d’organiser une gigantesque bouffe dans la rue piétonnière de Montreuil. Trois immenses tables de gnocchi (au moins cinq mille) roulés dans la farine et fabriqués à la main attendaient d’être jetés dans le bouillon. Des casseroles de sauce tomate frémissaient. Ils avaient tendu des banderoles pour rebaptiser l’espace. Des images du front populaire ou des colonnes libertaires de la guerre d’Espagne se superposaient à cette fête parce que parfois les images font école. J’ai quitté cette fête à 20h en saluant Joachim.

A quelques mètres de là, c’était le dernier jour dans les locaux de la Parole errante à la Maison de l’arbre rue François Debergue, de notre exposition sur Mai 68. Depuis un an, elle accueille des pièces de théâtres, des projections de films, des réunions, La nuit sécuritaire, L’appel des Appels, des lectures, des présentations de livres… Ce jour-là, on fermait l’exposition avec une pièce d’Armand Gatti « L’homme seul » lu Pierre Vial de la Comédie Française et compagnon de longue date. Plusieurs versions de la vie d’un militant chinois s’y confrontent : celle de la femme, des enfants, du père, du lieutenant, du général, des camarades…

C’était une lecture de trois heures. Nous étions entourés par les journaux de Mai. D’un coup, des jeunes sont arrivés dans la salle, effrayés, ils venaient se cacher… ils sont repartis. On m’a appelé. Joachim est à l’hôpital à l’hôtel Dieu. Il était effectivement là. Il n’avait pas perdu conscience. Son visage était couvert de sang qui s’écoulait lentement comme s’il était devenu poreux. Dans un coin, l’interne de service m’a dit qu’il y avait peu de chance qu’il retrouve l’usage de son œil éclaté. Je dis éclaté parce que je l’apprendrais plus tard, il avait trois fractures au visage, le globe oculaire fendu en deux, la paupière arrachée…

Entre ces deux moments ; celui où je l’ai quitté à la fête aux gnocchi et l’hôtel Dieu que s’était-il passé ? Il raconte : Il y a eu des feux d’artifice au dessus du marché. Nous nous y sommes rendus. Immédiatement, les policiers qui surveillaient depuis leur voiture se sont déployés devant. Une minute plus tard, alors que nous nous trouvions encore en face de la clinique, à la hauteur du marché couvert, les policiers qui marchaient à quelques mètres derrière nous, ont tiré sur notre groupe au moyen de leur flashball.

A ce moment-là je marchais et j’ai regardé en direction des policiers. J’ai senti un choc violent au niveau de mon œil droit. Sous la force de l’impact je suis tombé au sol. Des personnes m’ont aidé à me relever et m’ont soutenu jusqu’à ce que je m’assoie sur un trottoir dans la rue de Paris. Devant l’intensité de la douleur et des saignements des pompiers ont été appelés.

Il n’y a pas eu d’affrontement. Cinq personnes ont été touchés par ces tirs de flashball, tous au dessus de la taille. Il ne peut être question de bavures. Ils étaient une trentaine et n’étaient une menace pour personne. Les policiers tirent sur des images comme en témoigne le communiqué de l’AFP : Un jeune homme d’une vingtaine d’années, qui occupait, avec d’autres personnes, un squat évacué mercredi à Montreuil (Seine-Saint-Denis), a perdu un œil après un affrontement avec la police, a-t-on appris de sources concordantes vendredi. Le jeune homme, Joachim Gatti, faisait partie d’un groupe d’une quinzaine de squatters qui avaient été expulsés mercredi matin des locaux d’une ancienne clinique. Ils avaient tenté de réinvestir les lieux un peu plus tard dans la soirée mais s’étaient heurtés aux forces de l’ordre. Les squatters avaient alors tiré des projectiles sur les policiers, qui avaient riposté en faisant usage de flashball, selon la préfecture, qui avait ordonné l’évacuation. Trois personnes avaient été arrêtées et un jeune homme avait été blessé à l’œil puis transporté dans un hôpital à Paris, selon la mairie, qui n’avait toutefois pas donné de précision sur l’état de gravité de la blessure.”Nous avons bien eu connaissance qu’un jeune homme a perdu son œil mais pour le moment il n’y a pas de lien établi de manière certaine entre la perte de l’œil et le tir de flashball”, a déclaré vendredi la préfecture à l’AFP.

D’abord, la police tire sur l’image d’un jeune de 20 ans qui essaye de reprendre son squat. Et pour la police et les médias, cela vaut pour absolution, et c’est le premier scandale. Quant à Joachim, faut-il rétablir la vérité sur l’identité de Joachim Gatti ne serait-ce que pour révéler la manipulation des identités à laquelle se livre la police pour justifier ses actes , comme s’il y avait un public ciblé sur lequel on pouvait tirer légitimement ? Joachim n’a pas 20 ans mais 34 ans. Il n’habitait pas au squat, mais il participait activement aux nombreuses activités de la clinique. Il est cameraman. Il fabrique des expositions et réalise des films. Le premier film qu’il a réalisé s’appelle « Magume ». Il l’a réalisé dans un séminaire au Burundi sur la question du génocide. Aujourd’hui, il participe à la réalisation d’ un projet dans deux foyers Emmaüs dans un cadre collectif.

On devrait pouvoir réécrire le faux produit par l’AFP en leur réclamant de le publier. Il serait écrit simplement — mais au moins ceci — : Joachim Gatti, un réalisateur de 34 ans a reçu une balle de flashball en plein visage alors qu’il manifestait pour soutenir des squatteurs expulsés. Il a perdu un œil du fait de la brutalité policière.

Stéphane Gatti


http://bellaciao.org/fr

Mineurs arrêtés : avant-goût de la « police des écoles » de Darcos

Jeudi 21 mai 2009

Ridicule, mais pas seulement : l’interpellation de deux enfants de six et dix ans mardi à Floirac montre aussi les dérives d’une politique sécuritaire dont les policiers sont les zélés artisans. Il a fallu pas moins de six courageux fonctionnaires de police venus dans deux véhicules pour arrêter à la sortie de l’école deux garçons soupçonnés d’avoir dérobé une bicyclette. Les enfants ont été relâchés après un interrogatoire de deux heures au commissariat.

L’affaire a grimpé d’un cran dans le pathétique avec l’intervention du directeur départemental de la sécurité publique de Bordeaux, soutenant le haut fait d’armes de ses hommes, en conformité, affirme-t-il le plus sérieusement du monde, avec « les lois de la République ».

Une République qui, au passage, s’accommode bien de la dépénalisation du droit des affaires projetée par le gouvernement mais juge prioritaire de monter, toutes affaires cessantes, une opération policière à la sortie de l’école.

Alors que le taux d’élucidation des affaires les plus graves est notoirement bas, c’est d’abord la politique du chiffre imposée par Sarkozy qui pousse les forces de l’ordre à se rabattre sur le tout venant de la vie quotidienne, à multiplier les motifs d’intervention (voir l’inénarrable délit d’outrage) quitte à sombrer dans le grotesque comme ce fut le cas mardi à Floirac.

Un des deux enfants est en maternelle !

En dehors de faire progresser ce fameux taux d’élucidation des affaires, l’interpellation de deux enfants aussi jeunes, dont l’un est élève en maternelle, rentre dans une réthorique beaucoup plus large visant à stigmatiser les enfants.

Le prochain projet de loi sur la justice des mineurs, même si Dati a dû reculer sur la prison à 12 ans, punira encore davantage. La justice des enfants devrait d’ailleurs disparaître, remplacée par une justice des mineurs. Un changement d’appellation qui n’est pas anodin : pour la justice comme pour la police, il n’y a plus d’enfants, seulement des mineurs face auxquels la compréhension, encore moins la compassion n’ont plus leur place.

Hasard du calendrier ? La dernière prise de position de Darcos, ce jeudi 21 mai, en faveur d’une « police des écoles » s’inscrit dans ce climat délétère, obstinément entretenu, parce qu’on en attend des gains électoraux, qui vise à faire peur avec les enfants.

On trouve de l’argent pour ces nouveaux agents

De drastiques suppressions de postes vont toucher l’Education nationale pour la troisième rentrée consécutive, et, surtout, la formation des enseignants risque tout simplement de disparaître. Pourtant, les crédits ne manquent pas pour la création d’un nouveau corps « de personnes formées et assermentées, placées auprès des recteurs, susceptibles de se rendre dans les établissements rapidement, pouvant constater des délits, confisquer des armes, opérer des fouilles si nécessaire ».

L’arrestation de deux enfants de 6 et 10 ans à la sortie de l’école n’est pas qu’une simple pantalonnade. Elle s’inscrit dans une politique délibérément conduite où la lutte affichée contre la délinquance est le prétexte d’une surveillance policière de plus en plus étroite sur la société. Pour revenir à nos deux enfants, le plus grand ne veut plus aller à l’école, le plus petit n’arrivait plus à desserrer les mâchoires. Merveilleuse leçon d’éducation civique, n’est-ce pas ?

http://www.rue89.com/

Défilé du 1er mai… Une petite aventure

Vendredi 8 mai 2009

Je suis allée au défilé du1er mai avec une amie et son mari. A la  Bastille, il est 19h30 la manif s’achève, nous décidons de remonter à  pied jusqu’à république longeant les cars de CRS  et de police garés sur le côté du bd Richard Lenoir. Nous voyons sortir des cars,des policiers ( une bonne trentaine) en tenue  de “manifestants” particulièrement caricaturaux: blousons à capuche, foulards sur la bouche, beaucoup sont ou ressemblent à des beur. Il sont bardés d’autocollants PCF, rêve générale….Ils se rangent par 2 derrière les CRS et au signal du départ il partent vers la place de la bastille en suivant les CRS où les gens sont en train de se disperser.  Nous les suivons, intrigués et quelque peu méfiants…(durant tout ce temps, bon réflexe, on prend en douce des photos).

Sortie du car, avec les CRS, dans la foule, Ils passent par une petite rue adjacente et se dispersent par petits groupes de 3 ou 4. Nous nous apprêtions à prendre le métro  complètement écœurés…A ce moment là, des CRS sont en train d’évacuer une bande de jeunes SDF? Un peu punk,  assis sur les marches de l’opéra. Certains des flics que nous avons vu plus tôt se mettent à invectiver les CRS, criant, poussant… tournant de façon très agressive autour des CRS avec une démarche et une attitude on ne peut plus éloquente: caricature du jeune de banlieue ou du gaucho genre “ultra gauche” de la cinglée qui les dirige.

Nous nous arrêtons et crions tous les trois, “ce ne sont pas des manifestants, ce sont des flics, on les a vu sortir des cars”  en montrant du doigt les flics que nous avions suivi… certains finissent par se disperser pour échapper à nos invectives.

Nous descendons dans le métro et ma copine et moi passons le tourniquet. Nous nous retournons et voyons 4 costauds encercler son mari et l’obliger à remonter les marches du métro. Nous apprendrons plus tard (le lendemain vers 21h) que les bonhommes lui ont dit “tu nous suis ou tu la fermes sinon on va te faire très mal. Nous ressortons immédiatement mon amie et moi pour voir ce qui se passe. Emmené de force dans un recoin de l’opéra,  derrière les CRS que nous arrivons quand même à dépasser car ils n’ont pas compris qui nous suivions, son mari se voit fouillé par 2 gros mecs tandis que 4 autres font barrage ainsi qu’une fille au regard vide. A aucun moment  et d’aucune façon ils ne se sont identifiés comme policiers … on pourrait croire qu’il est en train de se faire dépouiller par des loubards. nous sommes tenues à l’écart mais on finit par comprendre qu’on l’accuse d’avoir balancé une canette de bière sur un flic!!!

Ils finissent par l’embarquer (8 gros loulous + la nana, protégés par une cohorte de CRS) Je précise que le mari de mon amie a 60 ans et qu’il pèse environ 65 kg…

On ne sait pas où ils vont . Ma copine aura à son retour chez elle un message disant qu’il est en garde à vue au commissariat du 12ème. Nous apprendrons aussi le lendemain que les flics voulaient aussi arrêter mon amie qui avait crié très fort (plus que moi sans doute) pour incitation à l’émeute! Nous attendrons son mari le lendemain de midi jusqu’à 21h00 au palais de justice. Le substitut du procureur requerra pour lui une libération sous contrôle judiciaire  jusqu’au 30 juin date de sa comparution pour jet de projectile dangereux sur un policier(apparemment il n’y avait que des manifestants dur la place et des CRS! )avec obligation de pointer tous les matins au commissariat et interdiction de participer à une manifestation. Seule le 2ème point sera retenu pour le juge.

Durant la garde à vue, il a été fouillé 5 fois, totalement déshabillé. 3 autres personnes qui ont été arrêté dans des conditions quasiment similaires sont passées devant le procureur ce même jour.

Nous attendons le 30 juin ! si quelqu’un a des infos ou connait un avocat compétent en la matière…

Je voulais parler  de ces pratiques de voyous, que nous connaissions certes, mais dont j’ai pu être le témoin de bout en bout et qui renforce l’idée que la démocratie est en train de partir en fumée.

Martine, complètement  dégoûtée.


Proviseurs à l’école de police

Samedi 28 février 2009

Les interventions de la police dans les collèges ont été bien préparées.

Apprenons à mieux nous connaître et nous coopérerons pleinement entre proviseurs et maîtres chien disent les têtes pleines d’eau de l’éducation Nationale. Regardez la vidéo suivante, vous serez édifié.

Pour la deuxième fois, des dizaines de chefs d’établissement de l’académie de Créteil (Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis et Seine-et-Marne) ont eu droit à une formation spéciale à Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Police à Cannes-Ecluse (en Seine-et-Marne). Objectifs: préparer en amont les interventions de police au sein des collèges et des lycées en cas de recherche de stupéfiants, de violences ou de happy slapping.

Police et gendarmerie dans nos écoles !

Mercredi 11 février 2009

Après les interventions de gendarmes avec chien dans les collèges et lycées, après les coups sur les lycéens bloqueurs, après les interpellations de parents sans papiers dans les écoles, les forces de l’ordre interviennent dans les écoles primaires contre le mouvement de résistance aux mesures Darcos !

- Lundi 12 janvier les CRS dispersent un rassemblement de parents à l’occasion des vœux du président devant une école de Saint-Lô.

-  Jeudi 15 janvier, les gendarmes sont venus à l’école de Montarnaud. Ils ont demandé le sens d’une banderole accrochée sur l’école et qui l’avait posée. Ensuite, ils ont demandé les noms et coordonnées de tous les parents d’élèves élus.

-  Mardi 22 janvier à Lodève et à Clermont-l’Hérault les gendarmes enquêtent sur les actions des parents contre les évaluations.

-  Jeudi 29 janvier, deux gendarmes se sont présentés à l’école Mario-Roustan à Mauguio pour demander aux collègues non grévistes de leur donner le nombre de grévistes. Devant le refus ferme des collègues de collaborer, les gendarmes ont insisté arguant qu’ailleurs «on leur avait donné le renseignement». Ils sont finalement partis, de fort mauvaise humeur, sans avoir obtenu satisfaction.

Ailleurs la police (nationale ou municipale) ou la gendarmerie interviennent pour enlever des banderoles, relever des noms, interroger les enseignants… Une fois de plus, le gouvernement nous prouve qu’il n’acceptera aucune contestation et qu’il est prêt à tout pour faire passer ses «réformes», même les plus insensées d’entre elles (évaluation sur la totalité du programme passée en janvier).

Montrons au gouvernement que nous ne nous laisserons pas intimider et répondons à la répression par la solidarité !

Flics, hors de nos écoles !

Le Jura Libertaire