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Mosart, le fichier des renégats de l’éducation nationale

Samedi 17 avril 2010
 Fichier par Fredonino

Fichier par Fredonino

Encore un fichier national dans les écoles élémentaires. Encore une fois justifié par la nécessaire «modernisation» des services et vendu avec «l’accord de la CNIL». Cette fois il catalogue les profs. Il fallait bien gérer les coupes de salaires pour «service non fait» des enseignants récalcitrants, grévistes ou refuseurs. Surveiller et punir, mais automatiquement.

Depuis mars 2010, l’application MOSART (MOdule de Saisie des Absences et Retenues sur Traitement) se répand sur quelques sites « pilotes » (dont les académies du Rhône, Pas de Calais et Bouches-du-Rhône apparemment) pour ensuite être imposé partout — même tactique que pour le déploiement du fichier Base élèves en 2005. Une directrice d’école remarque, comme avec Base élèves à ses débuts: «on nous a précisé que ce n’était pas obligatoire»…

Le MEN écrit aux recteurs (mars 2009)

On a connu le recours sémantique aux prénoms féminins (Edvige, Cristina, Ariane), voire ancien régime (Oscar, Grégoire…) pour adoucir les traits d’un fichier tentaculaire. Maintenant le lyrisme de l’administration va jusqu’à aller pêcher des noms célèbres. Alors autant rebaptiser base élèves, dont l’acronyme n’est pas du tout sexy (BE1D), pour que ça sonne mieux aux oreilles des bambins. Tiens, pourquoi pas BETOVEN? Pour Base Elèves, Traitement Ouvert et Vertueux de l’Education Nationale…

Restons sérieux. « Mosart » n’est pas vraiment une blague. L’objectif est donc de «moderniser les procédures de retenues sur traitement pour absence de service fait dans l’ensemble des établissements et services de l’Éducation nationale», indique un courrier de mars 2009 signé Pierre-Yves Duwoye, secrétaire général du ministère, rendu public à l’époque par le syndicat des personnels d’inspection SNPI-FSU. «J’ai souhaité qu’une extension de l’application paye attachée aux SIRH existants soit développée. Il s’agit de MOSART … qui a reçu l’aval de la CNIL dont les observations ont été prises en considération.»

MOSART a été présenté lors d’une réunion des secrétaires généraux d’académie, le 12 mars 2009; le document cite également une «note du 24 septembre 2008». Introuvable dans les textes officiels, ni même au Bulletin officiel de l’Education.

La lettre du SG du ministère décrit bien les finalités premières :

- simplifier et de systématiser le recueil et l’exploitation des données relatives aux absences de service fait;
-  opérer dans les meilleurs délais les retenues sur traitement correspondantes;
- améliorer les échanges d’informations avec les trésoreries générales;
- mettre en place un suivi statistique. (…)
- [permettra enfin,] après vérification académique, d’adresser à la trésorerie générale les données nécessaires à la mise en oeuvre des retenues sur traitement.

Mais c’est surtout le module « grévistes » qui excite la curiosité. Le machin est gentiment nommé «module de cessation concertée du travail»…

… module consacré à l’estimation du nombre d’absents, sans aucune mention nominative, destiné à être utilisé en cas de cessation concertée du travail. Cet outil permettra, plus facilement qu’actuellement, de transmettre les informations statistiques qui vous sont demandées par le bureau du cabinet du ministre le jour d’un mouvement social.»

Sans aucune mention nominative ? On demande à voir… Pour le syndicat SNPI-FSU (minoritaire), c’est quand même «révulsant»:

«La force des pouvoirs totalitaires de toutes obédiences, c’est leur efficacité administrative et leur capacité à engager les personnels d’encadrement dans des procédures de fichage et de traitement systématique des informations sur les individus à « administrer ».

«Le fait même que le ministère ait songé à faire produire ce logiciel est un indicateur terrifiant sur l’idéologie sous-jacente qui inspire ses responsables. (…) il s’agit bien de faire taire toute contestation.

La panoplie anti-grève est maintenant complète !»

Quant au syndicat majoritaire, SI-EN (UNSA), il n’a jamais vraiment évoqué la question au niveau national. Un document anodin de sa fédération du Pas de Calais en parle en octobre 2009. En des termes plutôt inquiets (source .pdf) :

Mosart (…) nous interpelle sur 3 points:

- Est-il normal que le rectorat aie communiqué directement cette consigne d’expérimentation aux circonscriptions, une nouvelle fois sans information préalable de l’IEN par vous ?

- Il n’est pas acceptable que le mot de passe personnel de messagerie de l’IEN soit celui requis pour l’accès à l’application.

- Devons-nous voir dans cette autre évolution, notre relégation croissante à des tâches administratives et de gestion ?

L’IA nous précise que Mosart est une application nationale. Il a eu à proposer trois circonscriptions … et n’a pas été informé de la suite donnée. Il entend que le recours au mot de passe personnel de l’IEN est inacceptable. Le SG précise qu’il s’agit là d’un logiciel conçu plutôt pour le 2nd degré et semble dubitatif, comme nous, sur sa pertinence pour le 1er degré.

En novembre 2009, la section d’Aix-Marseille évoque à nouveau Mosart sous l’aspect « grévistes » (source .pdf), en précisant  s’étonner « qu’on demande expressément aux IEN de saisir personnellement le nombre de grévistes ». « Mobiliser une partie d’une matinée un cadre supérieur pour saisir deux nombres paraît une bien mauvais utilisation des compétences. »

Un an plus tard, tout récemment, le 21 mars 2010, au moment du déploiement de la version 2, le SNPI remet le couvert : « Mosart-2, une application qui heurte l’éthique des inspecteurs ! »

Il s’agit in fine de demander aux IEN CCPD ou à leur secrétaire (il semble que selon les académies, la commande puisse être passée à l’un ou à l’autre) de saisir le nom des enseignants grévistes, en vue d’opérer rapidement une retenue sur salaire aux agents concernés (…).

Le SNPI-FSU tient à affirmer quelques principes :

Au plan juridique, l’établissement et la circulation de listes de grévistes sont contraires à la loi : c’est une atteinte au droit syndical et à la vie privée sanctionnée par toute la jurisprudence en la matière, comme certains IA-DSDEN peu regardants ont pu en faire la cuisante expérience. D’autre part, la loi n° 2008-790 du 20 août 2008 instituant un droit d’accueil pour les élèves des écoles (…) dispose que « les informations issues des déclarations individuelles (…) sont couvertes par le secret professionnel. Leur utilisation à d’autres fins ou leur communication à toute autre personne que celles qui doivent en connaître est passible des peines prévues à l’article 226-13 du code pénal. »;

Au plan éthique, l’établissement de listes de grévistes écarterait de manière détestable les inspecteurs de leurs missions d’inspection et d’évaluation pédagogiques. … À cet égard, ils souhaiteraient connaître l’avis de la CNIL sur l’utilisation de ce nouveau fichier.. En vérité, nous aussi… on aimerait bien connaitre l’avis de la Cnil. Meme si en fait, on l’a déjà lu ! En rêve.

Finalement le SNPI-FSU «conseille clairement aux IEN CCPD de sauvegarder leur crédibilité pédagogique plutôt que de se compromettre dans des opérations administratives douteuses. Il soutiendra tous les IEN qui feraient l’objet de pressions inacceptables». Et si les IEN concernés résistent aux pressions? Et hop, dans le fichier Mosart ? Ben oui, j’en ai bien peur.

Et dernièrement, début avril, dans certaines académies, comme celle du Rhône, on a déjà averti les directeurs d’école : Mosart débarque en fanfare.

by numerolambda

Inspection académique du Pas de Calais : Prévention des comportements racistes et xénophobes.

Samedi 3 avril 2010

Arras, le 31 mars 2010

L’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale
à
Mesdames et Messieurs les directeurs d’école s/c de Mesdames et Messieurs les Inspecteurs de l’Éducation Nationale

Objet : Prévention des comportements racistes et xénophobes.

J’ai observé depuis le 1er janvier 2010, une nette augmentation d’incidents liés à l’expression par les élèves de propos discriminatoires.

J’ai également relevé la multiplication des références aux symboles du régime nazi, croix gammées tracées sur des trousses ou des cahiers par exemple, y compris par de très jeunes élèves.

Ces faits doivent être pris au sérieux. Étant également susceptibles de recevoir une qualification pénale, je vous demande d’en informer systématiquement par écrit le Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance.

Chaque situation de ce type doit donner lieu à une intervention collective pour rappeler la loi et renforcer l’éducation à la citoyenneté. Parallèlement, je vous invite à entrer en dialogue avec les parents des élèves concernés pour les alerter sur le comportement de leur enfant et les associer à votre action.

Plus largement la prévention des comportements racistes et xénophobes doit être portée par chacun des personnels de l’école ou de l’établissement, et partagée avec les membres de la communauté éducative et les partenaires.

Vous trouverez sur le site Eduscol des outils pour soutenir vos initiatives.

Je suis à votre disposition pour compléter votre information sur tout point qui vous semblerait utile.

Yannick Tenne

circulaire n° 2009-064 du 19-5-2009 : Enseignant, ton inspecteur est ton pilote et ton manager !

Vendredi 3 juillet 2009

Bulletin officiel  >  2009  >  n°22 du 28 mai 2009  >  Personnels Personnels I.A-I.P.R. et I.E.N.

NOR : MEND0910498C RLR : 631-1

circulaire n° 2009-064 du 19-5-2009

MEN - DE B2-2

Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux vice-recteurs

Conformément à l’article R. 241-19 du code de l’éducation, les corps d’inspections sont chargés de veiller à la mise en oeuvre dans les classes, les écoles et établissements, de la politique éducative définie par le ministre de l’Éducation nationale et des lois et règlements relatifs à l’action éducatrice de l’État.

Les inspecteurs affectés dans les académies sont placés sous l’autorité du recteur d’académie ou sous celle de l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale, pour les inspecteurs à qui a été confiée par le recteur la charge d’une circonscription d’enseignement du 1er degré en vertu des dispositions de l’article R. 222-12 du code de l’éducation.

Les corps d’inspection se voient confier prioritairement, par l’autorité académique, des missions contribuant à l’amélioration constante de l’acquisition par les élèves des savoirs et compétences définis par les programmes pour les différents niveaux d’enseignement.

Cadres supérieurs de l’institution scolaire, ils contribuent au pilotage du système éducatif et à l’atteinte par celui-ci des objectifs quantitatifs et qualitatifs fixés par le ministre et par la représentation nationale (LOLF). Experts de leur champ disciplinaire ou de spécialité les inspecteurs travaillent en relation fonctionnelle avec l’inspection générale de l’Éducation nationale, ainsi qu’avec l’inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche.

Le cadre de l’action des corps d’inspection : I.A.-I.P.R., I.E.N-E.T., I.E.N.-E.G., I.E.N.-I.O., I.E.N.-C.C.P.D., est le projet académique arrêté par le recteur. En fonction de ce projet le programme de travail académique (P.T.A.), défini par le recteur et le correspondant académique de l’inspection générale de l’Éducation nationale établit les priorités pédagogiques et éducatives de l’académie et fixe des objectifs quantitatifs et qualitatifs aux corps d’inspection en matière d’amélioration de la qualité des enseignements et des résultats scolaires.

Le P.T.A. précise ces objectifs par discipline ou spécialité, dans des territoires identifiés.

Chaque inspecteur se voit fixer, dans sa lettre de mission et pour une durée précisée, des missions prioritaires, reposant sur une analyse préalable de la situation des enseignements dans l’académie et dans les différents territoires, écoles et établissement qui la constituent.L’appréciation, par le recteur, de la manière de servir des inspecteurs est référée à la lettre de mission.

Le pilotage pédagogique

La compétence et la légitimité des corps d’inspection sont fondées sur la maîtrise de leur discipline ou de leur spécialité respective. Les inspecteurs procèdent à l’évaluation des enseignements, des écoles et établissements ou à celle de champs disciplinaires ou éducatifs : L’inspection individuelle des enseignants dans leur classe est essentielle pour vérifier la qualité de l’enseignement dispensé. Elle l’est aussi pour assurer le pilotage de l’action éducative dans l’académie. Elle permet une observation fine et une connaissance approfondie de l’état des disciplines et des activités de l’école ou de l’établissement. Elle vérifie le respect des programmes, l’application des réformes et mesure l’efficacité de l’enseignement dispensé en fonction des résultats et des acquis des élèves.

Toutefois, l’évaluation d’équipes disciplinaires ou pédagogiques, l’évaluation de niveaux ou de cycles, l’évaluation systémique d’unités éducatives, sont des formes d’interventions qui viennent désormais placer l’inspection individuelle dans une perspective de véritable pilotage pédagogique.

Ces formes d’interventions sont d’ailleurs aisément combinées avec des inspections individuelles. Elles peuvent aussi revêtir la forme d’audits interdisciplinaires, où l’inspection est un des éléments d’une évaluation plus globale. Ce type d’intervention est déclenché par l’autorité académique et a vocation à être systématisé.

Un soin particulier est apporté au suivi des évaluations nationales et à l’analyse des résultats aux examens. En la matière, l’expertise des inspecteurs ne se limite pas à dresser des constats. Les corps d’inspection ont le devoir de conseiller les professeurs, d’impulser et d’encourager les «bonnes pratiques». La liberté pédagogique dont bénéficient, pour organiser leur enseignement, les personnels enseignants de l’enseignement scolaire, dans le cadre notamment des dispositions des articles L. 921-1-1 et L. 311-3 du code de l’éducation, ne sera pas le prétexte de pratiques qui font obstacle à l’acquisition des savoirs. L’expertise déployée dans ce cadre s’exerce à l’échelle de la classe, de l’école ou de établissement, mais aussi sur des territoires plus vastes : circonscription du 1er degré, bassin, département, académie. Dans l’académie, elle conduit, selon une fréquence prévue par le P.T.A., à la rédaction d’un rapport sur l’état des disciplines ou spécialités, transmis au recteur et tenu à la disposition de l’inspection générale.

Le management

L’inspecteur conçoit ses interventions directes auprès du personnel enseignant comme un acte de gestion de la ressource humaine et éducative de l’académie. L’avis de l’inspecteur est sollicité par l’autorité académique dans tous les grands actes de gestion des personnels : titularisation,évaluation, avancement, promotion et affectation. Pour autant cet avis ne se fonde pas nécessairement sur une inspection, car celle-ci n’est pas l’unique moyen d’évaluation des professeurs. Il faut ici insister sur le rôle des conseillers pédagogiques et des professeurs chargés de mission auprès des inspecteurs. Ces personnels sont en mesure de fournir des éléments d’appréciation documentés sur l’activité des personnels enseignants. Les chefs d’établissements apportent eux-aussi au recteur et aux corps d’inspections des éléments d’appréciation sur la manière de servir des personnels enseignants au travers de la notation administrative.

L’inspection individuelle «de gestion», intervient, notamment, au début de la carrière d’un enseignant, mais également à l’occasion d’un «bilan à mi-parcours», ou si surviennent des difficultés, ou le cas échéant lorsque l’enseignant entend poursuivre sa carrière dans l’enseignement supérieur, dans la formation d’adultes ou dans l’encadrement. Il entre d’ailleurs dans les missions des inspecteurs de détecter les talents et de les promouvoir en lien avec les services de G.R.H. de l’académie, dans l’intérêt de l’institution.

Les corps d’inspection sont appelés à assurer la mise en place des formations d’adaptation à l’emploi des professeurs entrant dans le métier d’enseignant. Ils procèdent en tout état de cause à l’évaluation de la qualité de la formation des stagiaires et sont consultés sur leur première affectation si besoin est.

Dans le domaine de la formation continue des enseignants, l’inspecteur veille à ce que celle-ci soit conçue en sorte de produire une amélioration de la qualité professionnelle des personnels concernés. Le recteur peut confier aux inspecteurs des missions de conception, d’impulsion, d’animation ou d’évaluation du dispositif de formation continue des enseignants et C.P.E., en lien étroit avec les universités en tant que de besoin.

Le conseil

En application des articles R. 241-20 et R. 222-12 du code de l’éducation, l’inspecteur peut être sollicité par le recteur pour des missions de conseil : conseil aux chefs d’établissement, conseil aux inspecteurs d’académie D.S.D.E.N., conseil au recteur ou à ses services, participation aux instances académiques. Enfin les inspecteurs peuvent également, à la demande des inspections générales ou des autorités de l’éducation nationale, participer à des jurys de concours ou participer à des groupes d’experts. Il sera veillé à ce que ces aspects de la fonction des inspecteurs n’obèrent pas inutilement leurs missions essentielles de pilotage pédagogique.

Cette note de service abroge et remplace la note de service du 17 juin 2005.

Pour le ministre de l’Éducation nationaleet par délégation,

Le directeur de l’encadrement
Roger Chudeau

Réaction du SNUipp

Nouvelles missions pour les inspecteurs


L’évaluation des maîtres est modifiée ainsi que les missions des inspecteurs.

Les missions des corps d’inspection, jusque là définies par une note de service de juin 2005 publiée au BO n°25 du 30 juin 2005, viennent de connaître des modifications profondes qui vont bien au-delà d’un simple lifting. En effet, la circulaire n° 2009-064 du 19/05/2009 publiée au BO n°22 du 28 mai 2009 vient conclure l’ensemble des « réformes » engagées depuis deux ans en redéfinissant les priorités sur lesquelles les profs d’école vont désormais être évalué(e)s. Ce texte vient logiquement s’inscrire comme la dernière étape du travail de Darcos : refonte des programmes, aide personnalisée, évaluations CE1-CM2, remise en cause du paritarisme … il fallait bien s’assurer de la mise en oeuvre concrète de tout cela… Cette circulaire aura des conséquences au quotidien, pour l’ensemble des collègues.

Avant de l’examiner plus précisément, notons que :

* les missions des Inspecteurs étaient précédemment présentées en quatre grands chapitres : évaluation ; animation et impulsion ; formation ; expertise. Il n’en reste que deux aujourd’hui, dont la dénomination est très évocatrice : « pilotage pédagogique et management ». * la mission d’inspection individuelle des enseignants était extrêmement détaillée dans le texte de 2005 qui allait jusqu’à préciser qu’elle comportait un entretien, qu’elle entraînait un rapport et une note. Plus aucune précision de cet ordre dans le texte d’aujourd’hui. * l’inspection était précédemment définie comme un acte de « contrôle et de conseil », comme une « appréciation des compétences, du respect des programmes, de l’implication dans le fonctionnement de l’école ».

La lecture de la suite montre qu’il n’est pas inutile de le rappeler.

Ce que dit la nouvelle circulaire

Pilotage pédagogique :

* « L’inspection individuelle des enseignants dans leur classe est essentielle pour vérifier la qualité de l’enseignement dispensé. * Elle l’est aussi pour assurer le pilotage de l’action éducative dans l’académie. * Elle permet une observation fine et une connaissance approfondie de l’état des disciplines et des activités de l’école ou de l’établissement. * Elle vérifie le respect des programmes, l’application des réformes et mesure l’efficacité de l’enseignement dispensé en fonction des résultats et des acquis des élèves.[...] * Un soin particulier est apporté au suivi des évaluations nationales et à l’analyse des résultats aux examens. * En la matière, l’expertise des inspecteurs ne se limite pas à dresser des constats. Les corps d’inspection ont le devoir de conseiller les professeurs, d’impulser et d’encourager les « bonnes pratiques ». La liberté pédagogique dont bénéficient, pour organiser leur enseignement, les personnels enseignants de l’enseignement scolaire, dans le cadre notamment des dispositions des articles L. 921-1-1 et L. 311-3 du code de l’éducation, ne sera pas le prétexte de pratiques qui font obstacle à l’acquisition des savoirs ».

Précision : les phrases reproduites ci-dessus sont, au mot près, issues de la circulaire.

Si certain(e)s collègues s’interrogeaient sur le sens du terme « pilotage pédagogique », celui-ci est clair : obéissance, obligation de résultats, respect et application des « réformes » sans état d’âme, « bonnes » pratiques…

Malgré cette conception très martiale de l’inspection, et à travers elle du métier même, il se pourrait qu’il puisse rester, par ci par là, d’irréductibles réfractaires à l’école libérale, compétitive et concurrentielle voulue et annoncée par le président de la République en septembre 2007 dans sa lettre aux éducateurs. Mais, Darcos, il a pensé à tout…

Management :

* « L’inspecteur conçoit ses interventions directes auprès du personnel enseignant comme un acte de gestion de la ressource humaine et éducative de l’académie. L’avis de l’inspecteur est sollicité par l’autorité académique dans tous les grands actes de gestion des personnels : titularisation, évaluation, avancement, promotion et affectation ».

On peut penser qu’à l’avenir, le changement d’échelon, la nomination sur un poste se feront donc aussi (surtout ?) après avis de l’inspecteur. Avis rendu bien sûr selon les critères énoncés plus haut mais aussi selon une « lettre de mission » écrite par le recteur d’académie aux inspecteurs afin de leur préciser leurs priorités. Sans oublier que « l’appréciation, par le recteur, de la manière de servir des inspecteurs est référée à la lettre de mission »…

Cette circulaire est donc bel et bien l’outil indispensable pour parachever la mise au pas de cette profession parfois frondeuse, toujours soucieuse de mener la réflexion sur son métier. Si les actes de désobéissance totale, partielle, publique, cachée se sont multipliés cette année sur les questions de l’aide personnalisée, des programmes ou des évaluations CE1-CM2, nous allons très bientôt sans doute avoir à réfléchir et agir collectivement sur la question de l’inspection…

Article publié le jeudi 18 juin 2009 sur le sire SNUipp 62.

http://62.snuipp.fr/

http://47.snuipp.fr/spip.php?article1321

Pas de Calais : Mouvement des “IEN”

Dimanche 28 juin 2009

Trop de chefs et pas assez d'indiens!!!

La CAPN traitant du 2éme temps du Mouvement des IEN s’est tenue le jeudi 25 juin dernier. 12 circonscriptions sur les 35 de notre département  changent de titulaires à la prochaine rentrée), il faut y rajouter les 3 pourvues lors du 1er temps : soit un total 15 circonscriptions sur 35!

2 nouveaux départs :

- Monsieur F Dierendonck (Avion) pour le Nord.
- Monsieur F Sergent (Liévin)  pour le Nord .

Les arrivées :

- Arras 3 : monsieur David Detève

- Arras 4 : madame Claire Pelosse

- Audruicq : monsieur Eric Ennebeck

- Avion : monsieur Vincent Cotton

- Beuvry : monsieur Franck Jolivet

- Boulogne : monsieur Eric Bouvier

- Lens : monsieur David Rataj

- Liévin : madame Patricia Picques

- Montigny-en-Gohelle : madame Brigitte Depret

- Saint Omer 1 : monsieur Mickaël Derosier

- Saint Omer rural : monsieur Hervé Dufour

- Vendin le Vieil : monsieur Lionel Lefebvre

La destruction de l’école primaire, l’heure d’un premier bilan

Dimanche 25 janvier 2009

Contribution de Pierre Frackowiak

De nombreux spécialistes, comme Claude Lelièvre, historien de l’éducation, récemment dans le Monde, des syndicalistes, des responsables de mouvements d’éducation populaire, des pédagogues célèbres comme Philippe Meirieu, André Giordan, Eveline Charmeux, Gérard de Vecchi, des praticiens reconnus comme Sylvain Grandserre , et tant d’autres personnalités, répètent inlassablement que nous assistons depuis quelques années à une terrible entreprise de destruction de l’école. Les démonstrations sont faites, elles ne sont guère contestables : nous allons à la catastrophe.

De bonnes âmes s’indignent de tels propos, en particulier chez les cadres qui prônent la loyauté, l’obligation de l’obéissance, le respect de la règle démocratique… Certaines s’expriment en conscience soit parce qu’elles adhèrent à l’idéologie ultra libérale mise en œuvre avec une détermination purement sarkozienne, ce qui est parfaitement leur droit , soit parce qu’elles méconnaissent l’histoire de l’école, ses fondements, ses enjeux, ce qui peut s’expliquer partiellement par l’absence totale de prise en compte de ces questions fondamentales dans leur formation, soit par une  soumission qui s’adapte à toutes les alternances. D’autres s’expriment par opportunisme, ce qui est moins honorable surtout si les mêmes, quand ils étaient en exercice en 1989/90/91, n’avaient pas les mêmes préoccupations et se seraient sans doute indignées si M. Jospin avait usé de l’autoritarisme, des sanctions, des menaces. Leur opposition affichée, leur désobéissance, leur résistance passive à cette époque auraient mérité des analyses plus poussées dans le cadre d’un bilan sérieux et honnête, qui n’a malheureusement jamais été fait, de la loi de 1989 .

Toutes les mesures prises successivement, tous les effets d’annonce, outre qu’ils ont été décidés, à chaque fois, dans la précipitation politicienne et sans la moindre concertation, sont des actes de destruction. Je sais que des membres de l’encadrement intermédiaire, des inspecteurs, contestent  ces propos et louent quelques unes de ces décisions… Il faut bien rechercher un peu de positif quelque part si l’on ne veut pas être suspecté de complaisance ou de compromission ou de naïveté. Je sais que plusieurs de ces mesures séduisent l’opinion publique… C’est normal, c’est bien d’abord pour cela qu’elles sont prises, les instituts de sondage et les cabinets de communication sont excellents dans notre pays et le soutien des grands médias est acquis.

On peut prendre chacune des mesures et les analyser avec un peu de hauteur, en recherchant les perspectives. Toutes sans exception s’inscrivent de manière cohérente dans Toutes sans exception s’inscrivent de manière cohérente dans cette volonté de destruction qui inquiète tous les progressistes et qui provoquent des réactions hostiles compréhensibles de la part d’enseignants désobéissants de plus en plus nombreux. Il ne s’agit pas de taxer le ministre d’une sorte de machiavélisme ou de perversion. Il fait son travail, il prépare, tranquillement pendant un temps, plus fiévreusement aujourd’hui, l’installation du système libéral à l’anglo-saxonne, une école à deux vitesses, avec toute une série de mesurettes pour les pauvres, pour se donner bonne conscience. « Vous voyez bien : on fait tout pour eux (le soutien, les stages, des programmes plus simples, des devoirs identiques à ceux qu’avaient leurs parents, etc), ils sont bêtes, on n’y peut rien, c’est comme ça ». Tout est dans l’apparence. C’est un phénomène nouveau en France, à ce point d’exacerbation, car pendant longtemps la droite sous l’influence du gaullisme, n’était pas assimilable à l’ultra libéralisme et l’a même combattu. Il faut dire que l’absence de vrai projet neuf (qui ne soit pas que de l’aménagement de l’ancien) à gauche lui a facilité la tâche.

Les nouveaux vieux programmes. Aucune concertation. Aucune idée des auteurs. Aucun fondement théorique. Une réalité : le mépris pour tous les efforts accomplis depuis 1969 pour transformer l’école à l’initiative des gouvernements successifs de droite et de gauche. Une anomalie : le rejet brutal des programmes de 2002 qui avaient fait consensus et qui avaient obtenu l’aval de M. Darcos lui-même. Une évidence : ces programmes constituent une régression incroyable privilégiant totalement la mécanique à l’intelligence. Rappelons à nouveau que la référence commode aux bases, malgré sa logique apparente, n’a pas de sens. Signalons à nouveau, par exemple, que l’on peut connaître par cœur toutes les règles de grammaire, toutes les définitions, tous les tableaux de conjugaison… et être incapable d’exprimer une pensée structurée, une émotion, une indignation ? Nos prédécesseurs s’en étaient rendu compte dans les années 60 et avaient impulsé, avec l’INRP d’alors, des transformations de pratiques faisant le pari de l’intelligence. Aujourd’hui, plus personne n’en parle. Bientôt, il faudra remettre en chantier toute la rénovation pédagogique abandonnée. Que de temps perdu, d’énergie gaspillée, de bonne volonté méprisée !

Le service minimum d’accueil. Aucune concertation, même pas avec les maires pourtant concernés au premier chef. Une manière de dévaloriser l’école et les enseignants en suggérant à une partie des citoyens sous informés sur ces questions, que faire l’école, ce n’est pas si difficile, en instillant l’idée que les enseignants sont toujours en grève et s’opposent à tout, en prenant bien soin de ne pas évoquer ce service minimum quand il s’agit de remplacer les enseignants en cas d’absence, de maladie, de congés légaux. Un développement inévitable des conflits entre enseignants et parents… Et, qu’on le veuille ou non, dans les faits, une atteinte au droit de grève. Je connais des enseignants, passionnés enthousiastes, consciencieux, qui renoncent à faire grève au seul motif qu’ils veulent retrouver leur classe et leur matériel en parfait état le lendemain de la grève. On pourrait en sourire, ce serait ignorer totalement le niveau exceptionnel de conscience professionnelle  des enseignants des écoles.

La semaine scolaire. Aucune concertation ni avec les enseignants, ni avec les élus locaux, ni avec le secteur associatif. Une annonce. Une mesure autoritaire. Un alourdissement de la journée pour les enfants en difficulté. Une surcharge de travail pour les enseignants astreints à une quantité de réunions et d’enquêtes inutiles. Chacun sait que le vrai problème est celui de la journée scolaire trop chargée, que les activités de soutien doivent trouver leur place à des moments où tous les enfants sont à l’école pour des activités diverses dans le cadre de projets éducatifs locaux concertés. Cela n’a aucune importance pour le pouvoir. L’ordre du ministre « débrouillez-vous ! » reste dans les mémoires. L’essentiel est l’affichage et les sondages.

Le soutien et les stages de remise à niveau. Aucune concertation. Une curieuse manière, sous couvert de garantie de l’égalité républicaine, de faire de la publicité indirecte pour les officines privées qui étaient déjà fort prospères et qui se multiplient. Une valorisation systématique du travail des élèves hors temps scolaire au détriment de leur travail dans le temps normal de classe. Aucune réflexion sur l’individualisation, sur la prise en compte de l’hétérogénéité, sur la pédagogie de la réussite . Un renforcement systématique de « l’évaluationnite », de la pédagogie de l’exercice et de la répétition, de la responsabilisation des enfants qui ne travaillent pas assez et des parents qui n’assument plus leurs responsabilités. Une volonté de transformer les victimes en coupables. Et on réussit presque à convaincre des esprits pourtant éclairés que la seule solution pour construire l’école d’aujourd’hui est de reprendre les méthodes qui ont échoué avant-hier. Ne soyons pas dupes. Avec tous ces dispositifs, on peut faire de grandes économies : supprimer les RASED, supprimer la formation initiale et continue… et dévaloriser le métier d’enseignant . L’ultra libéralisme est consubstantiel à la réduction de la dépense publique.

Le renforcement de l’autorité hiérarchique. Pour réussir ou donner une apparence de réussite, on transforme de fait, fondamentalement, les missions des cadres intermédiaires pour en faire des exécutants et des contrôleurs de l’exécution. Avalanche de notes, d’instructions, d’enquêtes, de contrôles, de réunions d’où il ne sort rien, mais personne ne le dit et un sourire poli suffit à satisfaire les responsables. Les témoignages innombrables que je reçois révèlent un malaise profond dans les écoles, des tensions entre les « pour le retour » au siècle dernier et les « contre », des colères contenues contre certains hiérarques qui vont au-delà même de ce que l’institution leur demande de faire et qui deviennent des propagandistes non pas de textes officiels mais de l’idéologie ultra libérale, le retour de la peur . Que penser de l’inspectrice qui le soir même d’un dépôt de motions des enseignants résistants s’empresse de publier sur le site de sa circonscription, les obligations légales des fonctionnaires et les risques de sanction présentées par un juriste ? Si elle était en exercice dans les années 1989/90/91 ou si elle l’avait été, a-t-elle, aurait-elle, utilisé le même type de menaces pour ceux qui s’opposaient à la loi de 89 ou qui faisaient preuve, parfois avec la bénédiction de leurs supérieurs, de formes de résistance passive qui ont réellement handicapé la mise en œuvre de cette loi, dont les historiens reconnaîtront qu’elle constituait une avancée considérable dans l’histoire de l’école ?

On peut ajouter au tableau noir tous les discours sur l’école maternelle, sur la suppression des aides éducateurs et la création d’un corps de contrôleurs de l’absentéisme, sur le système des primes, sur le pilotage par les résultats sans analyse de ce qui produit ces résultats, sur l’évaluation des maîtres au vu des résultats de l’année ou du mois…

L’entreprise de destruction de l’école primaire engagée après 2002 et renforcée en 2005 fait son œuvre. Les résultats de cette politique seront déplorables. Les coupables seront rapidement trouvés : les enseignants.

Le bilan de M. Darcos est catastrophique pour l’’école primaire. Les conséquences les plus graves ne seront réellement perceptibles que dans quelques années. On pouvait réellement s’attendre à autre chose quand il a été nommé. Son successeur aura un énorme travail. Même s’il persiste, comme on peut le penser, dans la perspective ultra libérale actuelle, il aura à retisser les liens entre l’école et les familles, entre les enseignants eux-mêmes au sein des écoles, entre les enseignants et une partie de leur hiérarchie, entre l’école et la nation…

Les professeurs des écoles maternelles et élémentaires ont besoin d’être soutenus, accompagnés, compris, respectés,ce n’est pas en essayant de les mettre au pas, en renforçant « l’administratisation », la technicisation, « l’évaluationnite » aigue, les contrôles et le menaces, en méprisant tous les efforts qu’ils ont réalisés depuis la fin des années 60, que l’on pourra obtenir leur mobilisation réelle et l’amélioration de la réussite scolaire.

Au-delà de ce nécessaire pacte de confiance à reconstruire avec les enseignants des écoles, il faudra bien se décider sans tarder davantage à expliquer quel citoyen et quelle société nous voulons former avec l’école. L’individualisme et la compétition, la loi du plus fort et la résignation des faibles, la soumission ou la responsabilité, la reproduction ou le pari de l’intelligence, l’école enfermée ou l’école ouverte sur la cité, sur la société de la connaissance et de la communication, sur l’éducation tout au long de la vie…

On s’est terriblement éloigné de toutes ces questions fondamentales. Bientôt, elles nous exploseront au visage. Espérons au moins un petit sursaut…dès le prochain renouvellement ministériel et un nouvel élan progressiste, mobilisateur, enthousiasmant… un peu plus tard… mais pas trop tard  !

Notes :

1 On peut lire leurs textes sur les sites Internet consacrés à l’éducation, qui prolifèrent et qui démontrent la richesse de la réflexion pédagogique en France.

2 Mais il serait plus honnête de le dire…

3 L’un des désobéissants les plus connus, M. Le Bris, volant au secours de son ministre, M. de Robien, que j’interpellais sur un plateau de télévision à ce sujet, déclarait qu’il avait toujours refusé, et violemment, d’appliquer la loi de 89, car de son point de vue fort éclairé, elle était inapplicable. C’est peut-être cet acte de bravoure, nullement sanctionné, qui lui a valu l’une des plus hautes distinctions de la République, des mains même de M. Darcos.

4 Avec un a priori angélique : « tout ne peut quand même pas être mauvais »

5 Le modèle pédagogique de la transmission, de l’explication magistrale, de l’exercice d’application est redevenu le modèle officiel. On ne se pose même plus la question des pratiques. On ne parle plus de pédagogie… Le soutien vous dis-je ! On avance.

6 Si cette politique persiste encore, on réussira à prouver que l’école maternelle est inutile, que les activités périscolaires peuvent être offertes au secteur marchand, que les profs du premier degré n’ont pas besoin de bac +5 ou 6. On avance.

7 Un directeur d’application chevronné à ses adjoints : « Ah, non, on ne peut pas refuser cela, que va dire l’inspecteur ? » Les pressions en cascade, les ordres dans les tuyaux d’orgue, les parapluies à chaque niveau. Des questionnaires auxquels l’auteur ne saurait pas répondre lui-même…Etc. Une ambiance au beau fixe ; On avance.

8 C’est quand les prochaines élections ? Y aura-t-il un vrai débat sur la question scolaire, sur la place de l’éducation dans la société ? Osera-t-on reparler de la pédagogie ?

Pierre Frackowiak
Inspecteur honoraire de l’Education Nationale

(Editions de l’Aube. Mai 2008)

SNPI-FSU Évaluations CM2 : halte au feu !

Dimanche 25 janvier 2009

Le SNPI-FSU appelle tous les acteurs du système scolaire à reconsidérer l’actuel dispositif des évaluations CM2 comme ce qu’il est en l’état : une gigantesque maldonne.

Personne, ni au sommet de l’État, ni dans le monde enseignant, ni dans les familles, n’a plus intérêt à prêter à ce dispositif engagé dans la confusion et l’erreur d’appréciation le caractère significatif qui devait être le sien sur l’état des connaissances scolaires des élèves de CM2 et sur la qualité du système. Imposer cette signification dans la conjoncture que nous connaissons conduirait à déchirer de manière gravissime le tissu humain d’un secteur incontestablement au bord de la crise de nerfs. Chacun s’accordera à redouter que les plus grandes victimes soient les élèves que toute la dispute engagée depuis des mois ne peut que dépasser.

Il devient impératif de dédramatiser une situation désormais dangereuse pour notre institution. Car maintenant, une chose est sûre : les résultats qui sortiront de ces évaluations n’auront plus guère de sens alors que de très nombreuses écoles ont refusé de les mettre en œuvre dans les conditions imparties, et alors que la nature même du protocole conçu pour ces évaluations est sujette à caution. En effet, comment peut-on prétendre, contre toute évidence, qu’il s’agit là d’évaluations bilan calibrées sur une moitié semestrielle de programme qui n’est définie nulle part ? Comment peut-on affirmer qu’il n’est absolument pas question que ces évaluations soient utilisées pour organiser un marché concurrentiel des écoles primaires alors que cela a été mis en tension dans une communication politique volontariste pendant des mois et des mois au gré des écrits et discours officiels ? Et enfin, comment peut-on suggérer sans courir le risque d’attiser l’incendie que les enseignants contestataires refusent le principe même d’une évaluation de leurs élèves, alors qu’ils ont développé la culture de l’évaluation depuis plus d’une décennie ?
Une chose s’impose désormais : la crise de confiance que d’aucuns pressentaient est en train de se cristalliser dans le développement d’un spectaculaire mouvement de désobéissance où se retrouvent des milliers d’enseignants et de familles.
Les inspecteurs assurent actuellement leurs missions statutaires au milieu de cette tempête institutionnelle d’une gravité sans précédent. Le ministère les a résolument engagés dans un système d’obligation de résultats et de contrôle de qualité aux effets évidemment stressants. Certains d’entre eux, assimilés spontanément par les familles ou par les enseignants au bras armé du ministère, se sont vus personnellement mis en cause dans leur dignité humaine de manière inacceptable. Désormais, le seuil d’alerte est atteint. Tout le monde fonce droit dans le mur.

Le SNPI-FSU, qui en décembre dernier avait alerté en vain le ministre sur la dangereuse montée du climat d’inquiétude, demande avec gravité au Premier ministre de tout faire pour apaiser une situation qui devient chaque jour insupportable. Il est nécessaire que s’instaure un vrai dialogue avec tous les représentants institutionnels de l’école et de ses partenaires afin de dédramatiser la crise et de refonder le pacte de confiance indispensable à la réussite de notre système scolaire. L’écoute, la sincérité et la transparence s’imposent pour sortir de cette invraisemblable situation minée par une RGPP désormais insupportable par sa perspective exclusivement comptable et par ses effets sociaux. Il faut redonner une chance à l’espérance ! Notre école en a fondamentalement besoin !

Les inspecteurs seront parmi ceux qui le réclameront avec force et conviction le 29 janvier prochain.

Les Lilas, le 21 janvier 2009

Les inspecteurs “SNPI fsu” du Pas de Calais disent non à la suppression des RASED

Samedi 6 décembre 2008

Les inspecteurs du Pas de Calais, adhérents au SNPI-FSU, réprouvent la mesure annoncée de suppression de 3000 postes d’enseignants spécialisés en France.

Ils considèrent que cette décision s’apparente plus à une logique économique inscrite dans la mise en œuvre de la Révision Générale des Politiques Publiques qu’à une volonté d’amélioration du service public d’éducation.

Les arguments rapportés par Mr Luc CHATEL, porte parole du gouvernement, attestent la méconnaissance d’un dispositif qui, faut-il le rappeler, réclame une expertise certifiée par l’obtention d’un diplôme.
Comment peut-on croire qu’il suffira d’une aide personnalisé et de quelques heures de remise à niveau pour résorber des difficultés scolaires particulièrement ancrées ?

Pilotés par les inspecteurs de l’éducation nationale qui leur indiquent précisément leurs missions, les maîtres spécialisés du RASED élaborent, en concertation avec les enseignants et les parents, des projets ambitieux particulièrement adaptés aux élèves les plus en difficulté.

Ce n’est donc pas d’une « sédentarisation » qu’il doit être question, mais des moyens qu’il conviendrait d’affecter prioritairement aux écoles dont la situation appelle des analyses et des plans d’action adaptés.

Nous constatons que cette volonté ministérielle fait suite à des propos qui auront réussi à cristalliser les mécontentements (la scolarisation à deux ans…) et précède d’éventuelles décisions de nature à bouleverser le fonctionnement et la gestion du premier degré (les Etablissements Primaires de l’Enseignement Public dont l’évocation se sera accompagnée de propos méprisants à l’égard de notre corps par les députés ayant déposé la proposition de loi…).

Nous nous devons d’ajouter que des priorités ne sont plus correctement satisfaites à ce jour et que le « bricolage » auquel nous sommes contraints n’a que trop duré : moyens de remplacement insuffisants, formation continue moribonde, information syndicale (justifiée) des enseignants prise sur le temps des animations pédagogiques…

Dans un tel contexte, il apparaît de plus en plus difficile d’opérer le lien entre les objectifs de démocratisation et d’élévation du niveau général des élèves affichés par le ministère et le sentiment (pour ne pas dire la conviction) d’une dégradation progressive des conditions nécessaires à la mise en œuvre d’un service public de qualité.

Il va sans dire, que dans cette atmosphère de fort mécontentement, le versement de primes pour des actes professionnels que les enseignants n’avaient jamais songé à faire rémunérer (il faudrait sans doute le signaler au concepteur de cette mesure et lui faire remarquer que ce précédent risque d’entraîner des récriminations chez ceux qui continueront à œuvrer gratuitement !) et l’allocation d’une prime modulée de charges administratives aux IEN (au fait, comment sera-t-elle calculée ?) ne font que renforcer notre défiance à l’égard de pilotes décidément bien peu au fait des valeurs de notre institution.

Sauvons les RASED : Déclaration du SNPI-fsu

Samedi 22 novembre 2008

Tout d’abord quatre remarques préliminaires :

  1. Décision autoritaire sans argument,
  2. Décision sans analyse des apports réalisés par les RASED dans les écoles,
  3. Décision fortement contestée par le monde éducatif,
  4. Décision sans perspective d’avenir pour tous les élèves et les enseignants aidés.


Cette décision coïncide avec la mise en place du dispositif d’aides personnalisées ; il faut comprendre que cette initiative était le premier niveau de la décision actuelle : il n’y pas de hasard, ici, comme ailleurs, nous sommes face à un système qui veut détruire l’idée d’un service public d’éducation ouvert à tous.

Le SNPI-fsu déplore cette mesure car elle fait croire que le dispositif d’aides personnalisées s’adresse aux mêmes élèves – il n’en est rien ! Cette suppression des RASED fait perdre une ressource originale et attendue dans tous les territoires : néanmoins les obstacles à leur exercice ne sont pas nouveaux (faiblesse des recrutements, réduction du temps de formation, baisse des frais de déplacement, équipes incomplètes.
Cette décision est celle d’un comptable myope qui ne voit pas plus loin que ses colonnes de nombres ; en supprimant les RASED, le ministre ampute le service public d’une ressource de recours pour l’école dans l’école – nombreux seront les élèves abandonnés sur le bord de la route de l’éducation scolaire (parions que ce seront les plus faibles ou les plus éloignés des centres urbains).

Le SNPI-fsu conteste ce choix et appelle à sa levée. D’autres solutions existent, encore faut-il consulter les professionnels !

RASED : MOTION DU SI.EN Académie de LILLE – département du Nord

Samedi 22 novembre 2008

19 novembre 2008

Les Inspecteurs du Nord, adhérents au SI EN, s’inquiètent des mesures annoncées de suppression de 3000 postes de RASED, cela devrait se traduire par la suppression de plus de 140 postes dans le Nord.

Cette suppression s’inscrit nettement plus dans une logique comptable de récupération de postes que dans une claire dynamique d’amélioration du service public d’Education. Pilotés par les IEN, les membres des RASED participent activement à la lutte contre la difficulté scolaire. Leur expertise est reconnue dans l’analyse fine des difficultés des élèves et l’élaboration de projets adaptés. Leur complémentarité avec les maîtres des classes est reconnue. Les élèves seront les premiers pénalisés par cette mesure.

Nous souhaitons que la « sédentarisation » annoncée, suppression déguisée, soit ajournée et qu’une véritable réflexion soit menée.

Le SI EN Nord regrette que les diverses annonces abruptes des réformes, en des lieux divers, remplacent la claire énonciation d’un plan cohérent et promoteur des valeurs de la République et de son Service public d ’Éducation.

Quid des EPEP, des circonscriptions, de la Formation continue, de la scolarisation des enfants de deux ans, des remplacements ? Quelle école pour demain ?

Au-delà d’un discours ministériel volontariste qui veut lutter contre la difficulté scolaire, nous assistons davantage à un démantèlement, à une « vente par lots » de notre grande maison. Les crispations du terrain sont très fortes, les IEN sont parfois des cibles privilégiées et faciles, pour des discours démagogiques ou au service d’intentions moins avouables. Notre loyauté est évidente mais nous ne pouvons ni ne voulons taire nos inquiétudes.

En ce qui concerne le service d’accueil en cas de grève, les IEN souhaitent rester dans l’application du Texte et ne pas être amenés à interroger les maires.
En ce qui concerne l’augmentation de l’indemnité de circonscription, le SI EN demande que les critères utilisés pour sa modulation soient clairement expliqués.