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Hubert MONTAGNER : AVIS SUR LES PROCÉDURES D’ÉVALUATION DES ÉLÈVES DE L’ÉCOLE ÉLÉMENTAIRE EN CE1 ET EN CM2

Dimanche 17 janvier 2010
Enfants en... par philoo 14

Enfants en... par philoo 14

Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur du Laboratoire de Psychophysiologie de la Faculté des Sciences et des Techniques de Besançon, ancien Directeur de Recherche à l’INSERM et ancien Directeur de l’Unité 70 “Enfance Inadaptée” de l’INSERM, j’ai une expérience de plus de trente cinq ans dans la conduite d’études longitudinales avec des enfants de différents âges. Dans ce cadre, mes collaborateurs et moi-même avons élaboré et mis en œuvre des démarches, méthodes, protocoles et techniques reproductibles d’un jour à l’autre, d’une semaine à l’autre, d’un mois à l’autre … et vérifiables par d’autres équipes de recherche. Ces études ont permis notamment d’objectiver, de quantifier et d’évaluer à différents moments de l’année, et d’une année à l’autre, les comportements, interactions, systèmes de communication, rythmes et modalités de traitement de l’information chez des enfants accueillis à la crèche, à l’école maternelle ou à l’école élémentaire, à la fois dans leurs différents lieux de vie (domicile familial, structures éducatives…-), et dans des situations contrôlées de « laboratoire ». Pour plus de précisions, on peut consulter les articles publiés dans différents périodiques internationaux à comité de lecture, et donc validés par des pairs.

Soucieux du développement de l’enfant au fil de l’âge dans ses différents lieux de vie et d’éducation (parfois de soins), y compris à l’école primaire, j’ai pris connaissance des conditions dans lesquelles les évaluations scolaires avaient été réalisées au milieu de l’année scolaire 2008-2009 dans les écoles de la FRANCE. Pour un scientifique (on peut élargir à l’ensemble de la communauté scientifique sans risquer de se tromper), il est clair que les résultats des évaluations effectuées avec des élèves de CE1 ou de CM2 n’ont pas de valeur ni de crédibilité. En effet, ils ne peuvent  conduire à des conclusions fiables qui aboutissent à une connaissance réelle du comportement, des performances et du niveau des élèves, quelle que soit la classe, à cause des biais multiples qui entachent les résultats. On peut ainsi souligner les plus évidents :

1. une évaluation-bilan au cours d’une année scolaire ne peut avoir de signification et de sens que si elle permet de comparer chaque enfant à lui-même et à ses pairs de la même classe dans des situations et environnements identiques, à deux moments au moins de l’année scolaire, séparés par un intervalle suffisant pour cerner au mieux les évolutions temporelles qui peuvent être liées à l’âge, aux processus de développement, à la dynamique des constructions cognitives, à un changement de pédagogie, à des apprentissages de différente « nature » et complexité … Si on affirme qu’elle peut être utile et porteuse d’informations, une évaluation-bilan crédible pourrait être organisée par exemple au début et à la fin de l’année scolaire. Le premier moment pourrait être la mi-octobre alors que les enfants-élèves sont bien “installés” dans leur classe depuis environ un mois, qu’ils sont désormais familiarisés au maître et à sa pédagogie, mais aussi aux pairs, et qu’ils ne sont pas encore trop fatigués par les « rythmes scolaires » qui leur sont imposés. Un deuxième moment pourrait se situer au mois de mai ou au début de juin, avant que les enfants ne soient intellectuellement « saturés » par la succession des journées scolaires les plus longues, stressantes et épuisantes du monde, et qu’ils ne soient démobilisés à l’approche des vacances d’été. On pourrait alors mieux cerner à six-sept mois d’intervalle les progressions, « désorganisations », “régressions”, “paliers”, fluctuations … des comportements et “performances” des différents enfants dans telle ou telle “matière” en fonction de l’âge, du développement individuel, des constructions cognitives, des acquisitions successives … mais aussi des événements survenus entre les évaluations (changement de maître, changement de méthode pédagogique, problèmes familiaux, maladie, facteurs climatiques et saisonniers …). Or, au cours de l’année scolaire 2008-2009, il n’y a eu qu’une seule tentative d’évaluation. Sans aucune justification ou explication sérieuse, elle a été programmée arbitrairement en plein hiver au milieu de l’année scolaire. Le choix de ce moment ne repose sur aucune hypothèse crédible, ou alors il faudrait le comparer au début et à la fin de l’année scolaire. Ce qui, bien évidemment, n’est pas souhaitable ni réalisable ;

2. Comme dans tout processus d’évaluation, une évaluation-bilan ne peut conduire à des résultats comparables selon que les « tests », « tâches », « exercices » … sont organisés à tel ou tel moment de la journée. La recherche scientifique a en effet largement démontré que, dans toutes les classes d’âges explorées de la petite enfance au CM2 de l’école élémentaire, le niveau de vigilance, les capacités d’attention, la réceptivité, la disponibilité, les comportements et les capacités de traitement de l’information varient d’un moment à l’autre de la journée. Par exemple, ils ne sont pas les mêmes à 09h00, 11h00, 14h00 et 16h00. Or, si on se fonde sur les informations transmises par les écoles, les « épreuves » ont été organisées à n’importe quelle heure … quand elle est précisée. Globaliser les résultats sans tenir compte de l’heure de « passation », est une supercherie. En outre, ils ne sont pas les mêmes au cours des différents jours de la semaine. On peut faire l’hypothèse forte que, si on avait tenu compte de cette évidence, les résultats auraient été différents si les évaluations s’étaient déroulées un lundi, un mardi, un jeudi ou un vendredi, le matin ou l’après-midi. Les enfants-élèves ne sont pas des machines également disponibles et « performantes » aux différents moments de la journée, de la semaine … et de l’année ;

3. puisqu’il s’agit de procéder à de nouvelles évaluations nationales, comment pourrait-on comparer l’année 2008-2009 à l’année 2007-2008, alors que les consignes, conditions et environnements n’ont pas été les mêmes ? Il en sera de même pour la comparaison éventuelle entre l’année 2008-2009 et l’année 2009-2010. Dès lors, comment pourrait-on conclure à une amélioration ou une dégradation des « résultats scolaires » d’une année à l’autre, à deux ou trois années d’intervalle, tous les dix ans …? A moins qu’il n’y ait des manipulation des résultats en fonction des objectifs fixés par le Ministère de l’Education Nationale ?;

4. on m’a rapporté que les conditions des passations au cours de l’évaluation-bilan de l’année 2008-2009 (consignes, durée, mutisme du maître ou explications complémentaires, corrections des fautes par le pédagogue ou non …) ont été très variables d’une classe ou d’une école à l’autre. Au point que personne ne peut les définir avec un minimum de rigueur, notamment dans le cadre éventuel d’un document officiel du Ministère de l’Éducation Nationale qui vaudrait pour tout le territoire national. En outre, comment pourrait-on comparer les passations complètes aux passations partielles ? Comment pourrait-on comparer les « performances » des enfants « lents » à celles des enfants qui réagissent sans délai aux attentes et directives du maître, surtout dans une situation nouvelle. Il leur faut en effet plus de temps pour mobiliser leurs capacités d’attention, pour traiter l’information, pour organiser une ou plusieurs réponses, pour réaliser la « tâche» … alors que leurs mécanismes et  processus cognitifs peuvent être tout aussi fonctionnels, et que leurs constructions intellectuelles sont comparables. Enfin, à partir de quels critères et données les tests, tâches, exercices … ont-ils été choisis ou élaborés ? Tout cela n’est pas sérieux. C’est la crédibilité des évaluations organisées par la France au sein de l’école qui se trouve engagée, en particulier aux yeux des organismes européens et autres qui s’efforcent d’objectiver les résultats des écoliers à l’école élémentaire ;

5. On m’a également rapporté que des résultats ont été falsifiés ou “inventés”, parfois à la demande des Inspecteurs de circonscription, parfois par les Inspecteurs eux-mêmes … pour satisfaire les attentes de la hiérarchie, en l’occurrence l’inspecteur  d’académie, les technocrates du Ministère qui ne connaissent pas les exigences d’une évaluation vérifiable et rigoureuse, et le Ministre lui-même. Je ne peux croire que cela soit vrai.

Tout concourt à la conclusion que les évaluations-bilans sont des opérations fausses qui ne veulent “rien dire”, à moins qu’elles ne cachent des arrières pensées politiques. C’est indigne de prendre les élèves en otage, de tromper leur famille et de créer le trouble dans les familles et à l’école avec des comparaisons inévitables des résultats obtenus par les différents enfants de la même classe ou d’une autre classe. C’est indigne de dénaturer les missions des enseignants. L’Éducation Nationale se déshonore en organisant une mascarade, ou en la couvrant, et en sanctionnant les professeurs des écoles qui ne veulent pas se prêter à un jeu indigne, à la fois parce qu’ils ont leur conscience de professionnel et d’humaniste pour eux, et parce qu’ils n’ont pas besoin d’une évaluation formelle pour connaître les acquisitions ou déficits cognitifs de chaque enfant, ses capacité de mobilisation des ressources intellectuelles et les insuffisances ou freins qui l’empêchent de comprendre et d’apprendre. En outre, un nouveau fichier informatique est objectivement constitué et donc accessible à tous pour « étiqueter », « cataloguer », voire « stigmatiser » les enfants … les familles  et les écoles. Transmis à la hiérarchie de l’Éducation Nationale, il pourra être ouvert par d’autres personnes et d’autres Administrations, puis « exploité » à des fins politiques.

Avec les évaluations-bilans, l’école perd un peu plus de son âme, de sa crédibilité et de son humanité. Il est temps de refonder l’école pour qu’elle ne “marche plus sur la tête”.

Lettre d’Amérique…

Dimanche 17 janvier 2010
 Mazouté le rêve ? par Tim Deschanel

Mazouté le rêve ? par Tim Deschanel

Voilà quelques mois à présent que j’enseigne en Louisiane dans un programme d’immersion (les élèves ont la majorité de leurs cours en français), dans la “middle school” de Pierre Part.
On dit souvent que les États-Unis ont 20 ans d’avance sur nous.

J’aimerais donc vous donner un petit aperçu de ce que pourrait être notre école dans quelques années, si nous continuons comme actuellement à suivre le modèle américain. Je crois savoir qu’en ce moment l’actualité est aux évaluations nationales de CM2. Ici aussi nous avons des évaluations d’ État en fin d’année scolaire, un examen que passent tous les élèves entre la première et la huitième année de l’école (CP à la 3ème pour nous).

Voilà comment ça se passe :

Que fait l’État de Louisiane de cet examen ? Cet examen, donné chaque année, permet d’évaluer les connaissances des élèves en anglais ; maths, sciences sociales et sciences. Les résultats sont ensuite publiés par école, ce qui permet d’attribuer à chaque établissement un nombre d’étoiles (oui comme les hôtels !). Nous, à Pierre Part, nous sommes une école 3 étoiles, pas mal hein ? En tous cas, c’est en fonction de ce nombre d’étoiles que les subventions de l’État sont attribuées, donc en gros, plus on a d’étoiles (donc les meilleurs résultats aux examens), plus on a de sous. Logique ?

Comment préparons-nous cet examen ? Toute l’année scolaire est orientée vers la préparation de cet examen, et chaque notion abordée doit l’être dans la forme et dans le fond, comme elle sera présentée dans l’examen. Cela signifie aucune variété pédagogique, des leçons calibrées avec des manuels scolaires imposés et des exercices formatés. Cela signifie également une pression continue sur les élèves ainsi que sur les enseignants qui se verront très certainement montrer la porte s’ils n’amènent pas leurs élèves à un niveau suffisant pour réussir l’examen !

Et oui, ici on juge les professeurs sur la réussite de leurs élèves, je vous laisse imaginer la bataille pour avoir les meilleurs dans sa classe ! Quelle pessimiste je fais là ! Mais non ça n’arrivera pas chez nous tout ça ! Chez nous, les évaluations sont anonymes, aucun risque que les écoles se retrouvent en concurrence, que les résultats soient publiés ! Aucune chance ?

Source : SNUIPP 47

Le ministère recherche activement 200 désobéisseurs

Mercredi 13 janvier 2010

 avis de recherche par danslesnuages/ Emmanuelle Gerun

avis de recherche par danslesnuages/ Emmanuelle Gerun

Après l’appel des 200 maîtres contre les évaluations CM2, le Ministère de l’Education nationale a demandé aux inspecteurs de se mettre à la recherche de ces maîtres qui appellent à des formes d’actions qui paralyseraient les évaluations CM2 2010.

Plusieurs Inspecteurs de l’Education nationale ont pris contact avec les signataires de l’appel des 200 maîtres afin de prendre rendez-vous pour connaître les raisons de l’Appel (?) et les actions qui seront entreprises au moment des prochaines évaluations CM2, du 18 au 22 janvier.

Est-ce que l’administration aura le même souci de « dialogue » avec la dizaine de sections syndicales qui ont déjà appelées au boycott ?  Est-ce que des sanctions seront prévues contre Gérard Aschiéri de la FSU qui, avec la CGT et Solidaires, appelle à la grève le 21 janvier ce qui pourrait avoir comme conséquence d’invalider totalement les évaluations si la grève est bien suivie ?

En effet, l’année dernière, lors de la saisie des résultats, les directeurs ont eu la surprise de voir automatiquement supprimé de la base de données les élèves qui ont été absents une seule journée pendant le temps de la passation. Preuve, s’il en fallait une, que cette évaluation n’est pas un outil pour construire une aide individualisée pour les élèves (contrairement aux évaluations d’avant Darcos) mais une compilation de chiffres dont le but est tout autre. D’ailleurs aucun logiciel n’a été pensé pour permettre aux enseignants des classes de CM2 d’exploiter les résultats (encore une foi, contrairemant aux évaluations d’avant Darcos ).

Le Ministère doit avoir le courage de refondre ces évaluations et de les placer en début d’année scolaire. Il ne serait pas inutile, selon un avis tout personnel, qu’il y ait des évaluations à chaque niveau, chaque rentrée. Elles pourraient être constituées de questions portant sur un noyau de compétences fondamentales (déchiffrage, compréhension de texte simple, base de la numération) et de questions par niveau (de la grande section au cm1) sur les contenus et les compétences travaillés tout le long de la scolarité.

Sébastien Rome

Sud éducation : non aux évaluations CE1/CM2

Samedi 9 janvier 2010

La fédération sud éducation appelle les équipes enseignantes à organiser le boycott des évaluations CM2 et CE1.

S’appuyant sur un rapport partial et orienté de L’inspection Générale de l’Éducation Nationale,le ministère lance sa deuxième campagne d’évaluations nationales en 2010, alors qu’aucun bilan rigoureux des évaluations de l’an passé n’a été fait.

Malgré les protestations d’enseignants, de chercheurs,de parents d’élèves,de parlementaires, les évaluations sont programmées en janvier pour le CM2 et en mai pour le CE1.

Ces tests sont pédagogiquement inadaptés, et il n’a pas été démontré en quoi ils permettraient de faire progresser les acquis des élèves; ils n’ont pas de fiabilité ni de rigueur scientifique. L’existence des évaluations sert simplement à justifier celle des nouveaux programmes que nous refusons.

C’est un diagnostic pour construire le projet d’école et non une aide pour remédier aux difficultés de l’élève et c’est l’introduction d’une logique de concurrence entre écoles qui est inacceptable au regard des objectifs de l’école publique.

C’est un pion de plus qui s’ajoute à d’autres dispositifs pour viser le démantèlement du service public d’éducation Nationale : Base-élève, la mise en place des Établissements Publics d’ Enseignement Primaire et leur corollaire de prérogatives en matière de recrutement des enseignants (sans statuts, masterisation oblige) et des élèves (la carte scolaire étant rendue perméable).


17 boulevard de la Libération
93200 Saint-Denis
tél 01 42 43 90 09
fax 01 42 43 90 32

fede@sudeducation.org

http://sudeduc5962.lautre.net/

Les évaluations : “Ça s’en va et ça revient…”

Mercredi 9 décembre 2009
 Inutilitées utiles à linutile. par Alizée VAUQUELIN

Inutilitées utiles à l'inutile. par Alizée VAUQUELIN

Eh ! Vous nous reconnaissez ?

Telles des méduses, nous avons envahi l’an dernier vos plages (horaires) et les bancs (des classes) de CE1 et CM2. Aussi adaptées à vos besoins que des tongues sur la banquise, notre fonctionnement binaire ne comprend que le bâton ou la carotte, le 1 ou le 0, peut-être la note à nous attribuer. Mais nous parviendrons tôt ou tard à vous faire profiter des bienfaits de la compétition scolaire ! Alors, vous avez trouvé ? Nous sommes, nous sommes, nous sommes…. inutiles, néfastes, dangereuses, inefficaces, tordues, rétrogrades, nuisibles : les nouvelles évaluations nationales !

Dénoncées et largement repoussées par les professionnels de l’éducation, critiquées même dans un rapport parlementaire de l’UMP, nous avons massivement jeté le trouble, perturbant à la fois des professeurs invités à faire n’importe quoi et ridiculisant les équipes de circonscription qui ont cherché à nous défendre. N’oubliez pas les fonctionnaires : vous êtes là pour fonctionner !

Le bazar a été tout aussi véritable dans le versement des primes. On vous a fait jouer aux traders, pour mieux vous diviser. Vous vous êtes parfois disputés à cause de nous et de la cagnotte mise sur la table ! Ici on a versé l’argent à tout le monde, là on a soigneusement vérifié les certificats d’obéissance. Pareil pour les sanctions puisque certains ont perdu les 400 € quand d’autres se voyaient en plus prélever une journée de salaire ! Le bazar on vous dit ! Qu’est-ce qu’on se marre !

Même si 30 % des résultats de CM2 ne sont jamais parvenus à notre hiérarchie et si nous craignons fortement le boycott, le détournement de nos documents ou la non-remontée des réponses, nous comptons sur le découragement, l’écœurement, la fatigue, le désespoir et la souffrance des maîtres et des maîtresses pour continuer notre avancée. Notre arme de destruction massive c’est d’articuler cela avec la suppression de la carte scolaire et un prochain salaire au mérite.

Certes, nous avons beaucoup souffert l’an dernier d’une couverture médiatique honteuse qui a largement donné la parole à nos vulgaires opposants, les laissant même expliquer notre dangerosité dans les journaux, à la radio ou à la télévision. Peyrefitte reviens ! Sans parler de ces terroristes qui ont mis en ligne sur internet les documents des évaluations avant leur passation. Sabotage !

Toujours sans intérêt pour les enseignants, les élèves et les parents, nous serons là dès janvier pour mesurer les acquis d’une année de CM2, incapables de discerner le niveau d’acquisition des compétences et toujours susceptibles de permettre une mise en concurrence des établissements. Surtout, accueillez-nous avec autant de docilité que nous vous avons méprisés !

Attention : on nous signale qu’à nouveau vous êtes appelés à nous boycotter, ou au moins à ne pas transmettre les informations à votre hiérarchie. Des collègues vous proposent d’utiliser autrement nos livrets. Vous n’allez pas nous faire ça tout de même ! On serait alors dans le même état que des méduses échouées à marée basse. La honte !

Sylvain Grandserre

L’UMP veut confier les évaluations scolaires à un organisme indépendant

Samedi 24 octobre 2009

Selon une dépêche AFP, un groupe de travail parlementaire UMP a vivement critiqué les évaluations mises en place par X Darcos et souhaité qu’un organisme indépendant soit chargé de l’évaluation de l’ École. Les oreilles de Xavier Darcos ont dû siffler mardi 20 octobre. Un groupe de travail parlementaire UMP a violemment critiqué les évaluations de CE1 et CM2 qu’il avait mises en place. Il est vrai que le ministère avait dû, dans les documents budgétaires, reconnaître que ces évaluations étaient peu fiables.

Pour les parlementaires UMP il faut “mieux associer la communauté éducative” aux évaluations. Cette concertation “a fait assez largement défaut”. La méthode doit être incontestée “ce qui n’a pas été le cas”. Les parlementaires demandent une clarification des objectifs poursuivis, particulièrement en Cm2. Ils envisagent “un système indépendant chargé de l’évaluation du système éducatif en remplacement des organismes ou directions centrales en charge de cette mission”.

Ces prises de position font écho au rejet majoritaire des évaluations de CM2 l’an dernier, les enseignants ayant souvent refusé de suivre le protocole d’évaluation. Le ministère lui-même reconnaît “un taux élevé de réponses incomplètes (et) la faible qualité des données recueillies”.

Mais la démarche parlementaire réagit aussi à un autre héritage de X Darcos : la censure impitoyable qu’il a exercée sur sa direction chargée des enquêtes, la DEPP. Seuls les travaux utilisables par le cabinet étaient publiées.  De ce fait, sa crédibilité comme organisme scientifique a été dégradée.

Une évaluation indépendante ? Du coup, l’habitude s’est déjà prise d’aller chercher ailleurs une évaluation de l’Ecole. C’est ce qu’on fait avec les évaluations internationales comme Pisa ou Timms. Des voix se sont élevées pour demander un système indépendant. En février 2009, Bruno Suchaut, directeur de l’Iredu, nous disait : ” L’évaluation est évidemment utile au niveau de la politique éducative, toute la question réside dans l’utilisation de ces évaluations et de son instrumentalisation éventuelle. Le recours à un organisme indépendant permettrait certainement de lever les doutes sur des intentions politiques des outils d’évaluation”. Il semble que ce soit le chemin que veulent emprunter les élus UMP. Au risque de heurter les enseignants.

Evaluation CE1 : 75% des CE1 maîtrisent les savoirs pour entrer en CE2

Vendredi 3 juillet 2009

Selon une évaluation du ministère de l’Education nationale réalisée fin mai, 75% des élèves de CE1 maîtrisaient bien les savoirs essentiels en français et en mathématiques pour entrer en CE2 en septembre prochain.

Parmi les 25% connaissant des difficultés, l’évaluation distingue ceux dont les acquis “sont encore fragiles et qui doivent être soutenus”, et ceux “dont les difficultés plus lourdes relèvent de dispositifs d’aide plus importants”.

Cette évaluation a été réalisée entre le 25 et le 29 mai dernier, auprès des élèves de CE1 des écoles publiques et privées de France métropolitaine et des départements d’outre-mer.

Selon l’évaluation, “75% des élèves vont entrer en CE2 en sachant bien lire, en maîtrisant les nombres et les premières opérations, en étant capable de rédiger un texte de quelques lignes”. “Près de la moitié des élèves ont même d’excellents résultats (44% en français et 47% en mathématiques)”, précise le ministère.

Parmi les 25% d’élèves “qui n’ont pas encore toutes les compétences attendues” le ministère note 18% d’élèves en français et 15% en mathématiques ayant des acquis “encore fragiles (…) qui doivent être soutenus”. Et 9% des élèves en français, 10% en mathématiques, ont des “difficultés plus lourdes (qui) relèvent de dispositifs d’aide plus importants”.

“Dès le début du mois de juin, les maîtres ont pu informer chaque parent des résultats de son enfant”, précise le ministère vendredi dans un communiqué. “Ce dialogue permet de mieux expliquer les attentes de l’école et de présenter les dispositifs mis en oeuvre pour aider chaque élève. C’est en effet à partir de l’analyse des réponses de chaque élève, de la description précise des réussites et des difficultés, que les équipes enseignantes préparent la rentrée”.

Selon le ministère, “les maîtres de CE2 disposent désormais d’un ensemble complet d’informations sur les points forts et les points faibles de chaque élève qu’ils accueilleront à la rentrée”.

“Ceux chez qui des faiblesses ont été détectées et analysées recevront, dès la rentrée, des aides immédiates: travail adapté au sein même de la classe, aide personnalisée, aides spécialisées le cas échéant”, assure le ministère. AP

http://tempsreel.nouvelobs.com/

“ÉVALUATIONS CE1 : QUAND Y EN A PLUS, Y EN A ENCORE” !

Jeudi 14 mai 2009

« Vous avez aimé les évaluations de CM2 ? Vous allez adorer celles de CE1 ! »

Voilà ce qu’aurait pu dire le Ministre de l’Education Nationale qui confond une fois encore la détermination dont il se prévaut avec un entêtement bien regrettable. Car aucune leçon n’a été tirée du détestable épisode de janvier dernier qui aura vu, fait historique, l’administration demander aux enseignants de mettre eux-mêmes leurs élèves en échec !

Certes, la communication des résultats en mars 2009, à partir d’éléments très lacunaires (bilans incomplets et au moins 22 % de non remontée) n’a pas participé pour une fois au discours catastrophiste auquel on nous avait habitués. Mais les risques liés à ces nouvelles évaluations demeurent entiers. D’abord par la difficulté de certains items (dans la logique des nouveaux programmes). Ensuite par le système d’évaluation révélateur de la pensée actuelle : binaire (1 ou 0, bon ou faux) ! Enfin, par la menace persistante d’une publication qu’aucun pouvoir politique ou judiciaire ne pourra empêcher. D’ailleurs, on a déjà pu voir sur internet des classements par académie dignes d’un championnat !

Par ailleurs ces évaluations vont suivre les élèves, car elles font partie du nouveau livret national unique et obligatoire qui va en plus être informatisé. Elles seront même l’essentiel de ce document, puisqu’elles vont servir de base pour l’inscription dans ce même livret des « compétences » du « socle commun » censées être acquises par les élèves. Ces évaluations vont donc (comme celles de CM2) entraîner une concurrence entre élèves, entre enseignants et, rapidement, entre écoles. Si tel devait être le cas, ce serait la fin de l’école publique que nous connaissons et défendons.

Devant tant d’incompréhension, mais aussi en raison des risques encourus par ceux qui ont affronté l’administration dans cette affaire des évaluations (jusqu’à 4 jours de retrait de salaire pour des enseignants qui ont pourtant fait classe la semaine de passation), nous appelons plus que jamais les collègues concernés, soutenus par les Conseils de Maîtres, voire les Conseil d’Ecole où siègent les Parents d’Elèves (qui peuvent inciter à ne pas mettre les élèves de CE1 une matinée dans la période d’évaluation),  à ne rien faire remonter des résultats partiels ou globaux qui pourraient être récupérés.

Et comme le dit lui-même Xavier Darcos (Ouest-France, le 6 mai 2009) : « Je serais un prof du premier degré, je serais sans doute parmi les mecs qui gueulent ». Comme on le comprend !

Sylvain Grandserre

Porte-parole de l’appel des 100 maîtres

La comédie de l’évaluation et du soutien

Mardi 28 avril 2009

“Cette grande opération n’a donc servi à rien et comme elle n’a servi à rien, on recommencera l’année prochaine. Les complaisants diront que cela sera mieux l’année prochaine. Il est vrai qu’il est impossible que ce soit pire”.

Pierre Frackowiak revient sur l’évaluation de CM2 dont les résultats viennent d’être publiés après des mois de tension avec les enseignants :

“Tout ça pour ça ?”

Le ministre a jugé préférable de ne pas s’exposer à propos de cette opération fortement contestée d’évaluation au CM2. Il a laissé officier, Jean-Louis Nembrini, le directeur de l’enseignement scolaire, qui a porté ce projet et qui donne l’impression d’y croire. A écouter et à lire les propos de M. Nembrini, on ne peut honnêtement que s’exclamer et se révolter :

« tout ça pour ça ? »

Des tonnes de papier, des centaines d’instructions en cascade dans les tuyaux d’orgue de l’institution, des centaines de réunions, des négociations et des marchandages, des pressions à tous les niveaux de la pyramide, un développement de l’autoritarisme, le stress des enfants et de leurs familles, une démobilisation voire l’écœurement des enseignants, un contrôle pesant de l’exécution des ordres, des tricheries et des suspicions de tricheries, des résistances naturelles et légitimes, des inspecteurs qui se sont coupés des enseignants, une détérioration du climat dans les écoles…

Et tout cela, pour découvrir ce que l’on savait déjà. On s’attendait au pire avec, par exemple, la suite du procès des enseignants de l’école publique. Il n’est même pas arrivé. Il est vrai que des instructions très supérieures venaient d’être données : il fallait calmer le jeu. C’est fait.

Reste que tout ce travail avec ses dégâts collatéraux n’aura servi à rien ou à presque rien. Il aura servi à répéter que tout ce qui a été fait avant 2007 était mauvais et que le pouvoir actuel a enfin trouvé la solution qui s’impose : la réduction de la semaine scolaire qui a permis l’organisation d’un soutien qui ne coûte rien à l’Etat. Mais pourquoi diable personne n’y avait pensé avant ! Il aura servi, à travers un consensus artificiel sur le soutien, à obtenir habilement une approbation tacite de toutes les mesures prises : nouveaux vieux programmes, semaine de 4 jours, fin de la formation professionnelle des enseignants… On se battra encore pour les postes. Pour le reste… on dira, on dit déjà ici ou là, que ce n’est pas très important et on cautionnera l’irréversibilité souhaitée par le pouvoir

Cette grande opération n’a donc servi à rien et comme elle n’a servi à rien, on recommencera l’année prochaine. Les complaisants diront que cela sera mieux l’année prochaine. Il est vrai qu’il est impossible que ce soit pire.

D’ici là, rappelons de manière synthétique quelques évidences :

- Tout maître est parfaitement capable de repérer, sans le secours de l’évaluation nationale, les 15% d’élèves en grande difficulté, leurs domaines de faiblesse et de concevoir des activités de soutien personnalisé. Avec une formation pédagogique améliorée, tout maître pourrait même mieux prendre en compte l’hétérogénéité de ses élèves pendant le temps scolaire normal. Si l’Etat a besoin de grandes évaluations nationales pour définir sa politique, rien ne l’empêche de les concevoir, mais il peut parfaitement le faire selon des modalités et avec des moyens modernes qui permettent de travailler sur des échantillons significatifs sans imposer un branle-bas de combat dans toutes les écoles.

- Personne ne peut prouver que les enseignants utilisent ces évaluations pour transformer leurs pratiques en profondeur. Ces outils leur disent ce qu’ils savent déjà et les conduisent encore souvent, faute d’outils d’analyse de leurs pratiques, à considérer dans leur for intérieur qu’ils n’y peuvent rien. Affirmer cela, ce n’est nullement mettre en cause leur conscience professionnelle et l’importance de leur travail effectif, c’est simplement souligner les lacunes de leur formation, cette formation pédagogique que le ministre décide de supprimer plutôt que de l’améliorer. Ceux qui connaissent bien le terrain, les représentations des enseignants, les raisons de leurs choix pédagogiques, le savent bien. La pesanteur des programmes « à faire, que l’on ne parvient jamais à finir » et la gestion du temps scolaire expliquent la réalité. L’absence d’accompagnement, l’inspection devenant de plus en plus contrôle de la mise en œuvre des nouvelles mesures ministérielles et la détérioration des rapports inspecteur/inspecté, renforcent les tendances naturelles. Dans ce domaine complexe, les incantations et les recommandations ne suffisent pas. Dans des contextes incertains et contestés, la tendance est d’ailleurs toujours au retour aux pratiques que l’on connaît le mieux, c’est-à-dire celles que l’on a vécues.

Les résultats aux évaluations justifieraient donc, selon M. Nembrini, la pertinence de l’organisation du soutien. On peut toujours le penser, se satisfaire des apparences comme c’est souvent le cas en matière de politiques éducatives.

Les réalités sont autres :

- Le soutien ne saurait être la priorité. Aujourd’hui, on ne parle que du soutien hors temps scolaire normal faisant l’impasse sur les pratiques pédagogiques pendant le temps scolaire normal. Plus personne n’en parle. Tout ce passe comme si l’échec scolaire était une fatalité et que le soutien viendrait compenser les lacunes et les difficultés d’apprentissage. Ce constat n’est pas complètement étonnant si on le réfère à l’idéologie qui sous-tend les mesures prises depuis 2007. La société de la réussite individuelle, des gagnants et des perdants qui sont toujours les mêmes, de la reproduction sociale, atténuée par les bonnes œuvres qui donnent bonne conscience aux gouvernants, peut se satisfaire de ce système. Et il est évident que le fait de reconnaître l’importance prioritaire du temps scolaire imposerait des investissements importants, contraires à la volonté de réduire la dépense publique.

- Le soutien ne peut pas être efficace malgré la bonne volonté des maîtres s’il se situe dans le cadre d’une journée scolaire déjà trop lourde. On sait que le vrai problème n’est pas celui de la semaine scolaire. Il est d’abord celui de la journée scolaire et celui de l’année scolaire. Faire du soutien une demi-heure avant la classe quand l’école commence à s’envahir et à s’agiter un quart d’heure avant la classe, une demi-heure le midi quand les enfants qui déjeunent au restaurant scolaire jouent dans la cour, une demi-heure le soir après 6 heures de classe et parfois 8 h de présence dans les locaux scolaires n’a pas de sens. La capacité d’attention déjà de plus en plus faible en temps scolaire doit voisiner les 10% du temps de soutien, 20% en tenant compte du petit nombre d’élèves concernés et du talent des enseignants.

- Le soutien ne peut être efficace que si les activités prévues sont bien articulées avec les activités de la classe, ce qui est concevable quand le maître de la classe assure le soutien, ce qui l’est moins pour les stages de remédiation qui sont souvent pris en charge par d’autres enseignants. L’évaluation n’apporte rien de plus que l’enseignant ne savait, il n’a d’ailleurs pas attendu cette opération pour faire le soutien. Les enseignants y étaient contraints. On sait que ceux qui l’ont refusé ont d’ailleurs subi les foudres de leur hiérarchie jusqu’à être sanctionné par des retraits de salaire, ce qui ne s’était jamais vu en France. On sait surtout que le soutien ne peut pas être efficace s’il est réduit à des exercices supplémentaires, à « du bled » et à des opérations, même avec une débauche d’explications magistrales individualisées. Le vrai problème de l’apprentissage réussi se situe en amont du processus d’apprentissage, au moment de la construction du savoir et des compétences dans des situations de découverte, d’analyse, de résolution de problèmes, de recherche, d’expression et comparaison des procédures. Le vrai problème est donc pédagogique, il est aux antipodes des présupposés ministériels dont les programmes donnent la priorité à la mécanique plutôt qu’à l’intelligence, considérant d’une certaine manière qu’il faut d’abord apprendre mécaniquement, bêtement, pour espérer apprendre intelligemment plus tard.

Reste qu’en dehors des « désobéisseurs », qui ont quand même travaillé et organisé des activités qui n’étaient pas forcément idiotes et mauvaises, les enseignants se sont engagés, beaucoup sans conviction mais par devoir, certains avec le sentiment de répondre au besoin d’apparence voulue par leur hiérarchie, d’autres en cherchant à améliorer ce qui est mauvais, tout en sachant pour la plupart qu’il est difficile, même avec la meilleure volonté, de transformer du « mauvais en bon ». Mais les enfants sont contents, les parents aussi, les sondages sont bons… Il n’en faut pas plus pour que le ministre soit content et que toute la pyramide soit contente qu’il soit content. Le règne de l’apparence satisfait aussi curieusement des partenaires réputés progressistes prêts à renier tout ce qu’ils ont dit et fait précédemment. Les pédagogues savent que la voie choisie ne peut conduire qu’au désastre à moyen terme et que d’autres voies existent qui ont fait l’objet d’une abondante littérature pédagogique constructive.

Rappelons quelques principes que tout le monde connaît :

- L’urgent est de revoir la question de la journée scolaire… et de toutes ses conséquences. Il faut réduire le temps des apprentissages pendant la journée, concevoir un temps quotidien pendant lequel, en accord avec les collectivités locales et les mouvements d’éducation populaire, dans le cadre de projets éducatifs locaux concertés et contractualisés pour des durées pluriannuelles. Cela suppose de revenir sur la semaine de 4 jours, de revoir sérieusement les programmes, de relancer les contrats éducatifs locaux abandonnés…

- L’urgent est de placer le temps du soutien durant le temps où tous les enfants sont à l’école pour des activités diverses, en gérant le temps du soutien de manière à ce que les enfants en difficulté ne soient pas stigmatisés comme ils le sont actuellement.

- L’urgent est de relancer la réflexion sur les pratiques pédagogiques pendant le temps scolaire. Eviter au maximum l’échec pour éviter le soutien, revoir le rôle de l’inspection en termes d’accompagnement de l’évolution des pratiques, rappeler qu’il est vain de prétendre mesurer les performances des élèves sans les mettre en relation avec les pratiques et les contextes qui les produisent. Il s’agit de ressortir la pédagogie des placards, d’améliorer la prise en compte de l’hétérogénéité, de donner du sens aux apprentissages, de prendre en compte les savoirs non-scolaires, de développer l’utilisation des TIC, etc

- L’urgent est de remettre à plat tout ce qui est abusivement nommé évaluation. Le contrôle des résultats à des exercices n’est pas de l’évaluation. L’évaluation, c’est la mesure de la capacité de mobiliser tous ses savoirs et ses compétences pour réaliser une tâche ou résoudre un problème dans un contexte porteur de sens. On n’a pas le droit de mélanger, contrôle et évaluation, évaluation pour la régulation de la pratique de classe et évaluation pour situer les politiques éducatives nationales par rapport à d’autres, pour mesurer l’efficacité des politiques, etc.

Nous sommes bien loin de tout cela. Nous sommes dans le règne de l’apparence et de la comédie du pouvoir.


- Il est vrai que beaucoup s’en accommodent pour des raisons diverses, idéologiques, tactiques, circonstancielles… ne mesurant pas bien les effets de cette politique à l’échelle de la société et d’une génération.

- Il est vrai que les propositions des pédagogues coûteraient très cher à l’Etat et aux collectivités. Et ce n’est pas dans l’air du temps.

- Il est vrai que ces propositions nécessitent beaucoup de courage pour être mises en œuvre.

- Il faut pourtant savoir ce que l’on veut et faire tout ce que l’on peut pour y parvenir.

Pierre Frackowiak

Evaluation CM2 : Saisir la CNIL

Jeudi 12 février 2009

Evaluations CM2, après les lettres aux instits et directeurs, d’autres actions sont encore possibles, même après remontée des résultats par les directrices/teurs :

Saisir la CNIL: La CNIL nous engage fortement à porter plainte auprès de ses services pour dénoncer la volonté du ministère de mettre en place des fichiers informatisés de saisie des résultats des évaluations de CM2 sans son accord.Il est possible pour tout citoyen d’écrire sur papier libre à cet organisme par simple courrier à l’attention du : Président de la CNIL,Commission Nationale de l’Informatique et des Liberté,8, rue Vivienne CS 30223 75083 Paris cedex 02.

Lettre-type de la CNIL adaptée aux faits présents.Plus il y aura de plaintes enregistrées, plus la CNIL sera en position de force pour agir.

Refuser la saisie des résultats de votre enfant

Parent : ………………………………

Enfant : ………………………………

Classe : …………

(lieu), le

Objet : Opposition au traitement des évaluations CM2

Madame , Directrice,

Madame, Monsieur ……………………….. , Instituteur(trice),

En ma qualité de représentant légal de l’enfant …………………………… actuellement inscrit dans votre > établissement en classe de CM2 et en application des dispositions de l’article 38 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, je vous informe m’opposer à ce que les données personnelles nominatives relatives à mon enfant et résultant des évaluations pratiquées fassent l’objet d’un traitement automatique notamment par saisie informatique desdites évaluations.Cette opposition vise toute personne devant effectuer la saisie des évaluations, ainsi que tout responsable de la mise en oeuvre de ce traitement et tout destinataire de celui-ci.

D’une part, il n’existe pas à ma connaissance de dispositions légales particulières permettant ce traitement dans le cadre des évaluations 2009 en CM2, ni de dispositions expresses permettant d’écarter l’application de l’article 38 précité pour ce cas.

D’autre part, il apparaît que les données recueillies sont traitées et conservées de manière nominative au niveau de l’établissement et que leur procédure d’anonymisation pour leur transmission et leur utilisation en dehors de l’établissement laisse planer les plus grands doutes.

Notamment, cette procédure d’anonymisation ne semble offrir aucune garantie dans la mesure où l’attribution d’un numéro par évaluation permet de retrouver l’élève concerné – À cet égard, vous voudrez bien me justifier de ce que la procédure d’anonymisation utilisée a préalablement été reconnue conforme à la loi par la CNIL.

Par ailleurs, au mépris des dispositions de l’article 32 de la même loi, je n’ai pas été personnellement rendu destinataire des informations permettant ma connaissance de la mise en œuvre de ce traitement, de sa finalité, de son utilisation et des droits d’accès et de modification que je détiens sur les données en cause.

À cet égard, vous voudrez bien me justifier de la déclaration préalable du fichier créé par le regroupement de ces données et de son autorisation par la CNIL.Je vous rappelle que la loi n° 78-17 prévoit des sanctions pénales pour les infractions commises à ses dispositions, outre toutes sanctions civiles de droit.

Je vous prie d’agréer l’expression de ma considération distinguée.

Signature

Déposer plainte à la CNIL

SAISIE DE LA COMMISSION NATIONALE INFORMATIQUE ET LIBERTÉ (CNIL)

(Lettre simple)  (nom)  (adresse)

Monsieur le Président de la CNIL,

21, rue Saint Guillaume 75007 Paris

Lieu, Date :

Monsieur le président,

Je soussigné (nom, prénom, adresse, profession), ai l’honneur de saisir votre Commission pour les faits suivants.

Des informations concernant la vie privée de mon enfant : ses résultats aux évaluations nationales CM2 2009 ont été recueillies sans mon autorisation  (ou  malgré mon opposition par (le directeur/la directrice de l’école (nom adresse), sur demande expresse de l’Inspection Académique de…).

Je souhaite, en outre, porter plainte contre (le Ministère de l’Education Nationale) responsable de ces pratiques. Ses coordonnées sont les suivantes (110 r Grenelle 75007 PARIS)

Veuillez agréer, Monsieur le président, l’expression de mes sentiments distingués.

Signature

Pièces jointes : photocopie de la carte d’identité.