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Déclaration d’Alain Refalo

Vendredi 24 juillet 2009

« Ne nous résignons pas. Osons dessiner, dès aujourd’hui, un à-venir pour l’école aux couleurs de la générosité et de l’espérance. »

En prenant l’initiative de désobéir aux dispositifs pédagogiques imposés par Xavier Darcos et en décidant de le faire savoir dans ma lettre « En conscience, je refuse d’obéir » adressée à mon inspecteur le 6 novembre 2008, je savais que je m’exposais au risque de la sanction. Afficher ma désobéissance était la seule attitude cohérente : elle me permettait d’affirmer une résistance qui se voulait constructive et ouverte au dialogue tout en demeurant loyal et honnête vis-à-vis de ma hiérarchie. J’ai voulu prendre à témoin l’institution que nous n’avions pas d’autres choix pour éprouver la fermeté de nos convictions que de risquer de désobéir ouvertement afin d’être entendus. Car peu importe à vrai dire pour l’institution que nous appliquions ou pas les « réformes », comme certains inspecteurs ont osé nous le dire, l’important pour elle est de montrer à l’opinion publique que ces « réformes » s’appliquent sans vague. Le défi que nous avons lancé est à la hauteur de celui qui a été imposé par le pouvoir, c’est-à-dire la mise en place d’un processus de démantèlement du service public d’éducation.

Cette action de désobéissance pédagogique qui s’est essentiellement cristallisée sur le dispositif de l’aide personnalisée a permis à des milliers d’enseignants du primaire d’en montrer toute la perversité et l’inefficacité tout en ayant une attitude responsable vis-à-vis des élèves en difficulté. Nous avons mis en lumière que ce dispositif en trompe-l’œil n’était pas destiné en réalité à aider les élèves qui en avaient le plus besoin, mais qu’il permettait au ministère de justifier la disparition de milliers de postes d’enseignants spécialisés du RASED, de supprimer deux heures de classe pour la majorité des élèves, de favoriser la semaine dite de 4 jours que tous les spécialistes considèrent comme néfaste pour le bien-être de l’enfant et de renoncer à déployer une formation pédagogique à la mesure des difficultés que tous les enseignants rencontrent aujourd’hui. Sur ce temps-là, nous avons mis en place des projets pédagogiques pour tous les élèves, sans discrimination, leur permettant ainsi de s’investir activement dans la classe et de remédier à leurs difficultés récurrentes. Refusant la stigmatisation des « mauvais élèves », nous avons choisi de les aider autrement et certainement de façon plus efficace.

Durant ces deux heures facultatives, avec l’accord explicite des parents qui m’ont soutenu depuis le départ dans ma démarche, j’ai organisé un atelier théâtre auquel ont participé tous les élèves. Parallèlement à cet atelier théâtre qui a permis aux élèves en difficulté de retrouver de la confiance en eux-mêmes, de reprendre goût à l’école, de s’investir davantage dans les apprentissages et d’acquérir des compétences liées notamment à la concentration, l’écoute, l’expression orale et la coopération, j’ai organisé sur le temps scolaire obligatoire des ateliers d’aide et de soutien spécifiquement pour les élèves en difficulté en utilisant toutes les potentialités et les ressources du groupe classe. Cela n’a pas été pris en compte ; l’institution s’est focalisée jusqu’à l’absurde sur la vérification de la mise en œuvre d’un dispositif particulier, sans prendre en compte la globalité de mon travail d’enseignant dans la classe.

Précisément parce que je n’ai pas appliqué les modalités du dispositif alors que j’en respectais largement la finalité, j’ai été sanctionné, depuis le mois de janvier, d’un retrait de salaire deux jours par semaine au motif fallacieux de « service non fait ». De surcroît, la promotion au grand choix à laquelle j’avais droit m’a été refusée au mois de février sous le prétexte étonnant que celle-ci aurait été considérée comme un encouragement à la désobéissance. Aujourd’hui, l’inspecteur d’académie de la Haute-Garonne en accord avec le ministre a décidé d’appliquer le principe, original, de la triple peine en me sanctionnant à nouveau sur le plan professionnel et financier. L’abaissement d’un échelon, cumulé au refus de promotion, conduit à une amputation de salaire de 7 000 euros sur quatre ans. Qui peut croire que la désobéissance limitée au dispositif de l’aide personnalisée justifie à elle seule cette sanction qui confine à l’acharnement ? Les motifs invoqués de manquement au devoir de réserve et d’incitation à la désobéissance collective, une première dans l’Education Nationale et dont on cherche en vain sur quels textes réglementaires ils s’appuient, témoignent d’une volonté de bâillonner les enseignants. Cette dérive dangereuse ne doit pas manquer d’interroger tous les démocrates sincèrement attachés aux libertés publiques.

La commission disciplinaire du 9 juillet a été organisée en dehors de toute règle élémentaire de droit. En ce sens, elle constitue une parodie de justice. Non seulement les membres de cette commission étaient juges et partie, mais les votes étaient acquis d’avance dès lors que les représentants de l’administration sont obligés à un vote de fonction et non un vote de conscience. Les défenseurs, les témoins, l’accusé ont été poliment et longuement écoutés, mais nullement entendus. Les représentants de l’administration sont restés muets. Seul l’inspecteur d’académie s’est exprimé, empêchant ainsi un débat contradictoire, approfondi, diversifié et soucieux de la recherche de la vérité. Cette commission fut à l’image du grand mépris que le ministère a affiché durant toute cette année à notre encontre, mépris doublé d’une volonté de minimiser ce mouvement tout en le caricaturant. La contradiction entre ses propos clamés dans les médias et le procès politique en sorcellerie décidé à l’encontre de l’un des porte-parole de ce mouvement n’a échappé à personne. En vérité, ce mouvement dérange, inquiète car il vise à neutraliser les prétendues « réformes » dont se targuent nos gouvernants auprès de l’opinion publique.

La vraie question est la suivante : Qui porte tort au service public d’éducation ? Les enseignants du primaire en résistance qui osent prendre la parole et dénoncer les graves dérives d’une politique qui n’a comme seul horizon que les restrictions budgétaires, le désengagement de l’Etat et à terme la privation de l’Education Nationale ? Ou bien nos gouvernants qui ne tolèrent plus l’idée même d’une contestation provenant des petits fonctionnaires que nous sommes. Ce qui est en définitive insupportable, au-delà du respect du devoir de réserve auquel nous ne sommes pas directement astreints, mais qui est opportunément brandi à la face des professeurs des écoles aujourd’hui, c’est que des instits de base, eux qui n’ont pas le « prestige » des enseignants du secondaire ou des universitaires, aient eu l’outrecuidance de se révolter, de le faire savoir et de lancer un défi à l’autorité qui se croyait à l’abri d’une insoumission contagieuse.

Cette décision politique à l’encontre de l’initiateur du mouvement de résistance pédagogique vise assurément l’ensemble des enseignants du primaire en résistance. Le nouveau ministre espère ainsi écraser toute velléité de contestation à la rentrée. Il se trompe gravement. Il avait l’opportunité, lui qui s’est présenté comme un homme de dialogue et d’ouverture, de dénouer les fils de ce conflit qu’il a découvert en arrivant rue de Grenelle. Il vient de les resserrer. Et nous avions prévenu : « Plus ils nous sanctionneront, plus nous désobéirons ». Aujourd’hui, comme hier, le pouvoir ne nous laisse d’autre alternative que d’amplifier la résistance aux « réformes » qui déconstruisent le service public d’éducation et particulièrement aux dispositifs pédagogiques qui trahissent les valeurs profondes de l’école publique. En refusant le dialogue que nous n’avons cessé d’appeler de nos vœux, le pouvoir s’enferme dans une attitude répressive qui ne peut que susciter des tensions regrettables pour l’avenir.

Jusqu’à ce jour, les sanctions, aussi disproportionnées soit-elles, ne nous ont pas fait reculer. Elles ont au contraire suscité un élan de sympathie dans l’opinion publique que le pouvoir aurait tort de mésestimer. De nombreux enseignants du primaire qui n’ont jamais accepté ces réformes destructrices sans pour autant les contester trop ouvertement se sont montrés solidaires, y compris financièrement, et nous ont encouragés à ne pas céder. Nous avons également le soutien massif des parents de nos élèves et cela est décisif. C’est pourquoi, à titre personnel, je ne regrette rien et surtout je ne me sens « coupable » de rien. Mettre ses actes en cohérence avec ses pensées est certainement ce qu’il est donné de vivre de meilleur, surtout dans notre noble métier. C’est une action juste, motivée en conscience, au service de l’intérêt général et non pas de notre « confort » corporatiste. Collectivement, nous pouvons être fiers d’avoir impulsé un mouvement qui porte l’exigence d’une révolte éthique et professionnelle conjuguée à un esprit de responsabilité et d’honnêteté que personne, aucun pouvoir, ne pourra briser.

Et pendant tout ce temps consacré à pourchasser les enseignants en résistance, à vouloir faire appliquer des « réformes » injustes, néfastes et parfois inapplicables, on élude les vrais questions et les vrais problèmes qui se posent aux enseignants du primaire dans leur travail quotidien : la démotivation des élèves à l’égard de la chose scolaire, l’agitation et/ou l’apathie de beaucoup d’entre eux, leur difficulté à se concentrer et à écouter sur des périodes longues, le recul flagrant de la culture de l’écrit, l’hétérogénéité de nos classes avec des écarts de plus en plus importants entre les élèves, l’addiction des enfants aux jeux électroniques et à la télévision, la montée des marques d’irrespect à l’égard des enseignants, l’absence de régulation des conflits entre les élèves qui crée des climats de tension dans nos écoles. Nous avons besoin d’une révolution éducative qui prenne à bras le corps l’ensemble de ces problèmes et bien d’autres. C’est pourquoi, plus que jamais, des Etats Généraux de l’Education sont inévitables dans les prochains mois pour préparer une nouvelle ère qui définira l’éducation comme une grande priorité nationale.

Alors, à l’heure où la répression s’abat sur les enseignants en résistance qui refuse d’assister passivement à la déconstruction de l’école publique,

J’appelle, avec tous les enseignants du primaire en résistance, à une insurrection des consciences de la société civile pour sauver l’école de la République aujourd’hui menacée.

J’appelle les enseignants à se ressaisir en refusant cette attitude de soumission permanente et aveugle qu’une hiérarchie abusant de son autorité veut nous imposer au mépris de toute confiance et de tout respect envers les professeurs des écoles confrontés à des difficultés inégalées au quotidien.

J’appelle les syndicats d’enseignants à jouer pleinement leur rôle en organisant dès la rentrée un mouvement de résistance puissant à ces réformes scélérates qui aggravent une situation d’enseignement délicate et tout particulièrement à ces dispositifs pédagogiques qui trahissent l’esprit de notre mission qui est la réussite de tous les élèves.

J’appelle les parents d’élèves, les citoyens et les élus à se mobiliser pour défendre le service public d’éducation que le pouvoir veut démanteler alors que nous avons plus que jamais besoin d’un système éducatif cohérent, outillé pour affronter les défis de l’échec scolaire et de la violence juvénile.

A tous mes collègues déjà entrés en résistance et à tous ceux qui le seront inévitablement bientôt, je leur dis : ne nous résignons pas, car se résigner c’est déjà abdiquer de sa liberté, de sa raison et de sa dignité. Ayons confiance en nous-mêmes. Vous le savez, le verbe résister est un verbe qui se conjugue au présent… Alors osons dessiner, dès aujourd’hui, un a-venir pour l’école aux couleurs de la générosité et de l’espérance.

Intervention d’Alain REFALO : « PAROLES DE RESISTANCE »

Lundi 18 mai 2009

Association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui

Rassemblement  / pique-nique au Plateau des Glières  « PAROLES DE RESISTANCE »

Dimanche 17 mai 2009

Intervention d’Alain REFALO

Professeur des écoles, Colomiers (31)

Auteur de la lettre « En conscience, je refuse d’obéir ! » (6 novembre 2008)

Je remercie très chaleureusement l’association « Citoyens Résistants d’hier et d’Aujourd’hui », et tout particulièrement son président Didier Magnin, de m’avoir fait l’honneur de m’inviter à cette rencontre au plateau des Glières.

L’école de la République est en danger. Jamais un gouvernement n’avait osé porter des coups aussi sévères contre elle au point de l’ébranler dans ses fondements. Une école est en train de disparaître sous nos yeux. L’école où l’on prend plaisir à apprendre à lire, à écrire, à réfléchir, à découvrir le monde. L’école où la valeur centrale est celle de la coopération, de l’entraide et de la solidarité. L’école où l’on apprend la rencontre avec l’autre, le respect et le vivre ensemble. Désormais, selon l’esprit et les méthodes des nouvelles « réformes », c’est une logique de compétition qui doit prévaloir, une logique où l’on privilégie les automatismes au détriment de la réflexion, une logique où l’on favorise la course aux résultats et à la performance au détriment de l’art d’enseigner, d’éduquer, d’éveiller.

Ce gouvernement applique à l’école les bonnes vieilles recettes de l’économie de marché. La formation des élèves est assimilée à une marchandise, les parents d’élèves sont considérés comme des clients et l’école devient ainsi une vaste entreprise soumise à la loi de l’offre et de la demande. On ne travaillera plus pour l’épanouissement et le développement de l’élève, mais pour la réussite aux évaluations et pour la satisfaction des parents. La recherche à tout prix de résultats chiffrés pour alimenter les statistiques, l’efficacité et la rentabilité deviennent les valeurs suprêmes. Au nom de ces valeurs, on formate les esprits des élèves et des enseignants à se situer dans une logique individuelle de la réussite au détriment de tout projet collectif.

Il faut ajouter à ce changement de valeurs, les bouleversements structurels induits par le désengagement de l’Etat dans l’Education Nationale : la suppression de plusieurs dizaines de milliers de postes, et notamment les postes d’enseignants spécialisés du RASED, le recrutement d’enseignants vacataires pour assurer les remplacements, la création de jardins d’éveil qui, progressivement, vont se substituer à l’école maternelle, le démantèlement de la formation pédagogique initiale des jeunes enseignants avec la disparition des IUFM et enfin la transformation des écoles en EPEP (Etablissements Public d’Enseignement du Primaire) qui seront sous la coupe des communes.  Le service public d’éducation a vécu. L’Etat ne sera plus le garant de la qualité du service sur tout le territoire.

A travers cette école publique que l’on veut privatiser et que l’on déconstruit, c’est toute la société qui est menacée de délitement. L’école est le ciment de la République. En s’attaquant frontalement à l’école, c’est à la République que ce gouvernement s’attaque.

Alors, il est des moments dans une existence où le silence devient complicité avec l’injustice. Il est des moments où obéir passivement et appliquer les lois et les décrets sans discernement constituent un reniement profond des valeurs qui nous animent. Il est des moments où la désobéissance devient inéluctable pour ne pas participer soi-même au mal que l’on condamne. Il nous est rappelé que nous devons  être des fonctionnaires obéissants, nous avons fait le choix d’être des fonctionnaires responsables, lucides, comptables de nos actes. Nous savons, même si comparaison n’est pas raison, que l’obéissance inconditionnelle aux ordres des supérieurs peut aboutir aux pires situations d’injustice. Ce qui veut dire qu’un fonctionnaire doit être un homme avant d’être un sujet, un homme qui obéit aux exigences de sa raison et de sa conscience avant de se soumettre aux ordres et aux injonctions de l’Etat.

Alors, le 6 novembre 2008, je décide d’écrire à mon inspecteur de l’Education Nationale pour l’informer qu’ « en conscience, je ne puis plus me taire, en conscience, je refuse d’obéir ! ». Dans cette lettre, je lui fais savoir que je refuse de participer par ma collaboration active ou mon silence complice au démantèlement programmé de l’Education nationale. Je lui précise que je n’appliquerai pas les dispositifs pédagogiques qui me sont imposés car ils heurtent profondément ma conscience d’enseignant.

Permettez que je cite un court extrait de cette lettre :

« Si aujourd’hui je décide d’entrer en résistance et même en désobéissance, c’est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. Aujourd’hui, c’est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d’enseigner et esprit de responsabilité qu’il est de mon devoir de refuser d’appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l’espérance que cette résistance portera ces fruits. J’espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. »

En écrivant cette lettre, je me suis souvenu des mots d’Albert Camus : un homme révolté est « un homme qui dit non », mais c’est aussi « un homme qui dit oui dès son premier mouvement ». Par ce que je refuse, j’exprime explicitement ce à quoi j’aspire, ce que je veux. En effet, cette objection de conscience que je manifeste, qui dit non, qui affirme un refus s’affiche d’emblée comme une action positive, constructive, tournée vers l’avenir. C’est pourquoi j’informe mon inspecteur qu’en toute responsabilité, je mettrais en place des dispositifs alternatifs à ceux qui me sont imposés afin de rester fidèle au sens profond de la mission qui m’a été confiée, c’est-à-dire la réussite de tous les élèves.

La lettre diffusée largement sur internet suscite alors l’assentiment de nombreux enseignants du primaire, signe que le temps était venu d’entendre une autre voix qui propose une résistance audacieuse. En quelques semaines, ce sont des centaines, puis des milliers de professeurs des écoles qui entrent à leur tour en résistance et en désobéissance ouvertes en écrivant à leur inspecteur. Ils sont devenus des « désobéisseurs », c’est-à-dire des enseignants qui affichent ouvertement leur désobéissance, l’assument, la revendiquent en prenant le risque de la sanction. « En conscience, nous refusons d’obéir ! », avons-nous écrit collectivement au ministre au mois de janvier. Ce  ministre ne nous a jamais répondu, a traité notre démarche par le mépris, a toujours minimisé notre mouvement et a même tenté de le discréditer en l’accusant d’être manipulé par des groupuscules politiques !

Au fil des mois, ce mouvement n’a cessé de se développer. Les enseignants annoncent qu’ils continuent à travailler dans l’esprit des anciens programmes qui favorisent la construction de la pensée et des apprentissages, ils refusent d’appliquer le dispositif de l’aide personnalisée qui stigmatise les élèves en difficulté et ils mettent en place des dispositifs alternatifs pour tous les élèves, des enseignants résistent à la passation des évaluations nationales qui servirons bientôt à la mise en concurrence des établissements scolaires. Des directeurs d’école refusent de renseigner le fichier du contrôle social Base Elèves. Ce sont aujourd’hui 3 000 enseignants du primaire en désobéissance pédagogique et plusieurs dizaines de milliers qui sont en résistance sans l’afficher ouvertement. Cette nouvelle force non-violente qui est née n’est pas prête de retomber !

Cette désobéissance est peut être un signe des temps. Des enseignants, des fonctionnaires de la République qui entrent en insoumission ouverte alors que de par leur statut ils sont contraints à l’obéissance, n’est-ce pas le signe que nous vivons un moment particulièrement grave de l’histoire de notre démocratie ? N’est-ce pas le signe que l’heure est venue où les exigences de la conscience doivent prévaloir sur les ordres, les injonctions, les lois qu’il nous faut appliquer sans discuter ? N’est-ce pas le signe que le temps est venu de nous réapproprier le pouvoir de la pensée pour nous élever dignement contre les méthodes arbitraires de ce pouvoir, méthodes qui dénaturent les principes d’une démocratie respectueuse des opinions, des idées et plus largement de l’intelligence des citoyens ?

Cette désobéissance a un prix. Dès le départ, nous savions que nous encourions des risques professionnels importants. Certains ont vu la promotion à laquelle ils avaient droit retardée. Plusieurs dizaines d’entre nous ont été sanctionnés par des retraits de salaire, deux jours de retrait par semaine depuis le mois de janvier pour ce qui me concerne alors que j’effectue l’intégralité de mon service devant les élèves. A Marseille, deux enseignants se sont vus retirer 32 jours de salaire pour le premier trimestre de l’année 2009. Cette répression disproportionnée n’a pas entamé notre détermination. Dans la démarche de la désobéissance civile, la répression n’est pas un échec, mais une reconnaissance. L’administration, en sanctionnant durement, reconnaît que cette action l’inquiète et admet qu’elle constitue une véritable menace. Mais cette répression, nous l’avons retournée à notre avantage car elle nous a permis de populariser la cause de l’école publique en danger et de susciter le soutien des parents d’élèves et plus largement de l’opinion publique à notre démarche. Des caisses de solidarité se sont mises en place pour nous aider à poursuivre sans faiblir cette résistance.

Nous n’avons pas cédé, et nous ne cèderons pas. Ce mouvement de résistance des enseignants du primaire est porteur d’une exigence éthique conjuguée à un engagement professionnel et pédagogique qu’aucun pouvoir ne pourra briser. Nous continuerons, avec le soutien des parents d’élèves, des citoyens et des élus à défendre l’école publique, aujourd’hui menacée par des lois et des décrets scélérats. Nous ne faiblirons pas dans notre résistance. Plus ils nous sanctionneront, plus nous résisterons.

Le 21 avril dernier, nous avons solennellement appelé à une insurrection des consciences, à une insurrection non-violente de la société civile pour sauver l’école de la République, de la maternelle à l’université. Ce pouvoir autoritaire impose des réformes brutales qui violent les consciences, affaiblissent les services publics et remettent en cause le pacte social de solidarité issu de la Résistance. Ce gouvernement a délibérément choisi l’intimidation, la répression et la peur pour étouffer toute velléité de résistance sociale d’envergure. Alors je le dis avec gravité : notre responsabilité est de ne pas tomber dans le piège de la violence que le  pouvoir nous tend. Le principe de Gandhi qui énonce que la fin est dans les moyens comme l’arbre dans la semence est plus que jamais d’actualité. Seuls des moyens justes, c’est-à-dire non-violents, pourront servir notre juste cause. Face à la violence des situations d’injustice que la politique de ce gouvernement génère, nous devons porter l’exigence d’une révolte éthique et politique qui refuse toute légitimité à la violence. Comme l’écrivait si bien le grand Albert Camus, dans l’une des périodes sombres de notre histoire, « il s’agit de servir la dignité de l’homme par des moyens qui restent dignes au milieu d’une histoire qui ne l’est pas. » Notre responsabilité est désormais de résister radicalement à la violence du pouvoir, mais sans nous renier, en étant fidèles aux valeurs de respect de l’humanité de l’homme.

Oui, l’heure est grave ! Il est minuit moins cinq dans la nuit où le gouvernement a programmé la mort de l’école de la République. Il n’est pas fatal que cette heure sonne ! Pour sortir de la culture de la violence et de la guerre qui domine notre histoire, notre civilisation, nous avons plus que jamais besoin d’investir dans l’éducation et dans l’école pour former des esprits libres, responsables qui sauront faire prévaloir les exigences de la raison, de la pensée contre toutes les idéologies discriminatoires, les idéologies du racisme et de l’exclusion qui portent la violence et la guerre dans leurs gènes. L’école ne devra jamais être un lieu de soumission à l’idéologie dominante du marché, de la consommation, et de la violence, mais devra être un espace où l’on apprend à résister à la haine, à l’intolérance, à la violence, un lieu où l’on apprend le respect, le vivre ensemble et la non-violence. Cette école citoyenne, elle reste à inventer et à construire.

Pour que cette école que nous appelons de nos vœux voit le jour, encore faut-il que nous y croyons nous-mêmes. Car sans l’espérance d’un à-venir, nous sommes condamnés de façon certaine à subir un aujourd’hui qui prépare des lendemains qui déchantent ! Nous n’avons plus le choix. Aurons-nous l’audace de résister aux forces conservatrices qui véhiculent l’idée d’une éducation soumise à la loi du marché ? Aurons-nous l’audace de refuser une école de la discrimination, de la compétition et de la sélection ? Aurons-nous l’audace de nous mobiliser pour que l’école demeure un lieu d’épanouissement, de coopération et de rencontre de l’autre ? Aurons-nous l’audace de prendre des risques pour défendre l’école issue des Lumières, école sans laquelle aucune société démocratique digne de ce nom n’est possible ? Aurons-nous l’audace de vivre dès aujourd’hui notre rêve d’une école qui émancipe et qui élève, sans attendre « le grand soir » ? Aurons-nous l’audace de faire les premiers pas qui réveilleront les consciences endormies ? Aurons-nous l’audace de traduire dans les actes le mot « résistance » pour sauver l’école de la République ? Oui, c’est « de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! » dont nous avons besoin pour être à la hauteur du défi qui nous a été lancé par ce pouvoir.

L’avenir de l’école dépend de nous tous ! Ce combat sera rude, mais il ne peut être perdu, car ce serait la défaite d’une certaine idée de la civilisation. Nous avons besoin du soutien des Résistants de la première heure, eux qui ont écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de notre pays. Nous avons besoin du soutien des citoyens et des élus, car seuls nous ne gagnerons pas. Ne nous résignons pas, ayons confiance en nous-mêmes, et si tous ensemble nous disons « nous le pouvons », alors j’en suis persuadé, nous le ferons ! Oui, la victoire de l’école publique et laïque est possible, si nous le décidons !

Désobéisseurs : Monsieur l’inspecteur, soyez loyal, mais non servile !

Mercredi 25 mars 2009

Mr Alain REFALO                           Colomiers, le lundi 23 mars 2009

École Jules Ferry
Allée des Fenassiers
31770 COLOMIERS

Inspection de l’Education Nationale
17ème circonscription de la Haute-Garonne
Place Joseph Verseilles
31770 COLOMIERS

Objet : Monsieur l’inspecteur, soyez loyal, mais non servile !

Monsieur l’inspecteur,

Mardi 10 mars, pour la cinquième fois depuis le mois de novembre, vous êtes venu dans ma classe pendant une heure sur le temps de l’aide personnalisée. Et pour la cinquième fois, vous avez pu constater que je faisais bien ce que je vous avais écrit le 6 novembre, à savoir une activité théâtre pour tous les élèves, avec l’accord explicite des parents. Combien de visites de contrôle vous faudra-t-il encore pour vérifier que je ne mets pas en œuvre le dispositif de l’aide personnalisée dans le temps extra-scolaire ?

Je viens de recevoir votre troisième rapport de visite. J’avais souligné dans votre premier rapport du 12 décembre les inexactitudes qu’il contenait, tout en acceptant le constat de désobéissance. Vous ne m’avez pas répondu sur les points que je contestais. Je n’ai pas estimé utile de réagir à votre deuxième rapport puisqu’il m’a été communiqué le mercredi 21 janvier lors de l’audience à l’Inspection Académique, audience au cours de laquelle il m’a été signifié une sanction financière sous la forme d’un retrait de salaire deux jours par semaine à compter du 5 janvier.

A la lecture de ce troisième rapport, je crois de mon devoir d’attirer votre attention sur ce que je considère comme une attitude inacceptable vis-à-vis d’un instituteur de la République. Je suis profondément scandalisé par vos commentaires qui vont au-delà de la mission d’observation qui vous a été confiée.

Je cite : « A l’issue de ce nouveau contrôle, je constate que Mr Refalo ne s’applique toujours pas dans son service d’enseignement à mettre en œuvre les conditions nécessaires permettant de dispenser véritablement une aide personnalisée aux élèves de sa classe rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages » (c’est moi qui souligne). (rapport de visite du 13 janvier).

Je cite : « Cette attitude délibérée manque désormais totalement à ses devoirs professionnels (c’est moi qui souligne), en qualité de professeur des écoles et atteste d’un refus caractérisé de remplir correctement la mission qui lui est confiée auprès des élèves ». (rapport de visite du 13 janvier)

Je cite : « Au terme de cette troisième visite, je constate que malgré mes rappels et recommandations réitérés, et ce dans une volonté clairement communiquée de vous convaincre du caractère inadapté de votre attitude professionnelle (c’est moi qui souligne), tant vis-à-vis de vos devoirs et obligations de fonctionnaire que vis-à-vis de l’intérêt même des élèves et des parents de votre classe, je constate et prends acte de votre nouveau refus de faire évoluer d’une quelconque manière la position que vous avez prise ». (rapport de visite du 10 mars)

Je cite : « Ces dispositions maintenues contribuent autant aujourd’hui que précédemment à perturber le bon fonctionnement de l’école, à mettre en cause la cohérence et l’image du service public auquel vous appartenez  (c’est moi qui souligne) et auquel vous vous devez d’apporter votre entière contribution professionnelle. » (rapport de visite du 10 mars)

Je cite : « Au vu du nouveau constat de ce jour, je ne peux que conclure  à votre refus réaffirmé de ne pas vouloir vous conformer aux obligations de service qui sont les vôtres en qualité de professeur des écoles » (c’est moi qui souligne). (rapport de visite du 10 mars)

Je récuse absolument les jugements sans appel que vous croyez pouvoir porter sur mon travail d’enseignant, qui n’ont d’autre visée que de le discréditer et de le stigmatiser et qui, en définitive, voudraient me déconsidérer et me déshonorer. Les propos accusateurs que vous tenez à mon encontre sont totalement excessifs, outranciers, in-justifiés, in-sensés, in-acceptables. Ils procèdent d’un acharnement vraiment déraisonnable à vouloir me dénigrer.

L’ensemble de ces commentaires vise à instruire une culpabilisation de l’enseignant en essayant de le convaincre qu’il fait mal son travail, qu’il nuit à ses élèves et au fonctionnement du service public. Il s’agit d’une forme de pression morale qui ne peut que chercher à déstabiliser l’enseignant qui s’efforce de raisonner, de penser et d’agir pour ne pas être complice du démantèlement du service public d’éducation. Les enseignants, y compris les enseignants désobéisseurs, ont droit à être respectés dans leur intégrité professionnelle. Par ces jugements que vous portez sur mon travail, à contre-pied de l’ensemble des rapports que mes inspecteurs ont produits depuis le début de ma carrière, vous me condamnez sur le plan professionnel et vous alimentez les éléments à charge qui permettent à l’inspecteur d’académie de prendre des sanctions par ailleurs totalement disproportionnées.

A aucun moment, à l’occasion de vos visites, vous ne vous êtes intéressé à l’ensemble du travail que j’ai mis en œuvre dans le cadre des 24h hebdomadaires obligatoires. Comment juger de la qualité ou de la « nocivité » d’un travail sur la base de l’observation d’un dispositif situé par ailleurs sur un temps extra-scolaire et soumis à l’approbation des parents ? Il s’agit là d’une grave dérive administrative qui ne peut qu’attiser notre révolte.

Pourquoi donc, Monsieur l’inspecteur, tenez-vous à exprimer autant de malveillance à mon égard ? Comment pouvez-vous vous refusez à ce point à comprendre le sens de ma démarche ? Pensez-vous vraiment que c’est en vous enfermant dans une attitude entièrement négative que vous favoriserez une issue constructive au conflit auquel vous devez faire face ?

Ces jugements sont d’autant plus inacceptables que je vous rappelle les faits suivants :

- Lors de votre première visite le vendredi 14 novembre, vous aviez envoyé un mail à l’école à 15h10 pour prévenir de votre visite à 15h30. Il se trouve que ce jour-là, à 13h30, j’ai du amener en urgence à la clinique ma compagne dont la grossesse arrivait à terme. Alors que l’examen n’était pas terminé, j’ai laissé ma compagne à la clinique pour retourner à l’école afin de pouvoir assurer à l’heure la séance théâtre. Les élèves avaient été répartis dans les classes en attendant mon retour. Compte tenu des circonstances, - votre visite impromptue et l’émotion légitime de mon aller-retour à la clinique - je vous ai demandé de reporter cette visite. Vous avez refusé et devant mon insistance, vous avez appelé au téléphone l’inspecteur d’académie qui vous a explicitement dit que je n’avais pas le choix. Chacun appréciera l’humanité de cette décision et de cette attitude alors que je n’étais présent à ce moment-là que par conscience professionnelle et que le bon sens aurait voulu que je reste auprès de ma compagne hospitalisée. J’ai donc rejoint mes élèves et vous avez assisté à la séance théâtre.

- Vous avez totalement justifié et approuvé, à l’occasion d’un entretien récent, la sanction professionnelle de l’inspecteur d’académie, à savoir le refus de promotion au grand choix que je méritais dans le cadre du tableau d’avancement du corps des professeurs des écoles. Cette sanction professionnelle faisait suite à la décision prise quelques jours auparavant de me sanctionner financièrement. Alors qu’en droit français, la double peine n’existe pas, vous considérez de surcroît qu’il ne s’agit pas d’une « sanction ». Selon vous, la promotion devait m’être refusée car le contraire aurait été un encouragement à la désobéissance ! Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans le déni de la réalité et l’allégeance servile à des décisions dont le caractère politique n’a échappé à personne ?

Au vu de ses éléments, je considère désormais que le rapport de confiance professionnel qui devrait nous lier est rompu. Je vous informe donc que je ne souhaite plus votre présence dans ma classe à compter de ce jour, surtout s’il s’agit de constater une nouvelle fois ce que vous savez déjà et que j’assume pleinement. Je vous ferai gagner une heure sur votre temps précieux et mes élèves n’auront plus à me demander : « Pourquoi est-ce que l’inspecteur vient encore dans la classe ? »

Ces visites répétées dans ma classe, les différents rapports que vous m’avez transmis, vos justifications des sanctions financières et professionnelles qui m’ont été infligées constituent une forme de « harcèlement » moral et professionnel  que je décide aujourd’hui de dénoncer en tant que tel. Je vous informe que j’ai décidé de m’adresser à un conseiller juridique pour faire valoir mes droits en la matière afin que cesse cette pression permanente qui, forcément, à la longue, porte atteinte à la sérénité de mon travail.

Monsieur l’inspecteur, j’en appelle à votre conscience, à votre responsabilité et à votre humanité. Cessez de trahir votre mission première qui est de soutenir et d’encourager les enseignants dans les classes. Refusez d’obéir à des ordres contraires à l’éthique de notre profession. Renoncez à écrire des rapports à charge qui ont pour objectif de discréditer un collègue. Ouvrez-vous au dialogue vrai sans vous réfugier en permanence derrière une argutie juridique déconnectée des réalités du terrain. Soyez loyal à votre hiérarchie, mais non servile !

Sachez, monsieur l’inspecteur, que le mouvement des enseignants désobéisseurs ne cesse de progresser. 2 650 enseignants du primaire sont en désobéissance ouverte et affichée. Il s’agit du plus important mouvement de désobéissance pédagogique que l’Education Nationale ait connu.  A ce jour, la réponse de l’administration est soit de fermer les yeux (comme vous le faites pour un certain nombre de désobéisseurs sur la commune), soit de réprimer certains brutalement par des retraits de salaire et des refus de promotion. Cette incohérence témoigne que votre objectif n’est pas tant de savoir si les dispositifs que vous défendez sont réellement efficaces, que de vous assurez que l’ordre règne dans l’école par l’obéissance des enseignants aux injonctions de la hiérarchie et aux décrets absurdes du Ministère.

Ce mouvement ne faiblira pas, malgré les sanctions. Il est porteur d’une exigence éthique conjuguée à un volontarisme professionnel et pédagogique qu’aucun pouvoir ne pourra briser. Nous continuerons, avec le soutien des parents d’élèves, à défendre l’école publique, aujourd’hui menacée par des lois et des décrets scélérats. Nous ne faiblirons pas dans notre résistance. Plus vous nous sanctionnerez, plus nous désobéirons.

Notre mouvement n’est pas seulement un mouvement de contestation. Il se veut également une force de proposition. Nous attendons que la porte du dialogue s’ouvre avec les enseignants en résistance afin que la raison et la sagesse aient le dernier mot dans l’intérêt du service public d’éducation que nous avons l’honneur de servir.

Je vous prie de recevoir, Monsieur l’inspecteur, l’expression de mes sentiments déterminés et respectueux.

Alain REFALO

Plus d’infos : http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html

Alain Refalo à la télé

Jeudi 15 janvier 2009

Alain Refalo passe au journal télévisé de 2O Heures demain sur TF1.

Rappel :

Instituteur à Colomiers en Haute-Garonne, Alain Refalo, 44 ans, est un Objecteur de Réforme. Il a fait savoir par lettre, en novembre, à son inspecteur d’académie qu’il ne participerait pas au « démantèlement de l’Education nationale ».

Il est entré en « désobéissance pédagogique »

Pour plus d’informations tapez Alain Refalo dans l’onglet “chercher” colonne de droite sur cette page.

Désobéissance

Jeudi 18 décembre 2008

Le mouvement lancé par Alain Refalo qui consiste à entrer en résistance pédagogique contre l’application des mesures liées à la réforme de 2008 de l’école prend de l’ampleur dans toute la France.

Une pétition intersyndicale ayant recueilli 10 000 signatures sera remise cet après-midi à Toulouse à l’inspection académique à l’occasion de la manifestation contre la suppression de 3 000 des 8 000 postes Rased (Réseau d’aide spécialisée aux enfants en difficulté). Des manifestations identiques auront lieu un peu partout et notamment au Havre et à Montpellier où se rendra d’ailleurs Alain Refalo pour soutenir un enseignant qui a adopté la même démarche que lui est qui est sanctionné sévèrement.

À Colomiers, d’autres enseignants ont aussi fait part de leur désobéissance dans des lettres adressées à l’inspection académique. Cette dernière a aussi reçu des lettres de protestation signées par les parents d’élèves de la classe d’Alain Refalo ; des parents d’élèves élus du conseil d’école, de la FCPE.

Selon Alain Refalo, plusieurs écoles élémentaires et maternelles de Colomiers ont décidé de repasser aux 26 heures dès la rentrée de janvier, suspendant ainsi l’application du dispositif d’aide personnalisée.

L’enseignant contestataire a reçu par trois fois dans sa classe la visite de l’inspecteur de circonscription Frédéric Lombardo lequel a dressé par lettre un constat de désobéissance. Il reviendra en janvier pour voir si le dispositif est appliqué.

suite de l’article de la Dépêche.fr : http://www.ladepeche.fr/article/2008/12/17/509153-Education-nationale-C-est-la-Journee-nationale-de-la-desobeissance.html

Manifeste de désobéissance

Samedi 13 décembre 2008

Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale s/c de l’inspecteur(trice) d’Académie



Pour avoir écrit cette lettre à son inspecteur, Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers (31) est menacé de sanctions. Je tiens à vous faire savoir que je soutiens ce collègue et que, comme lui, je ne puis plus me taire !

C’est pourquoi je m’engage en toute conscience, dans la même démarche de désobéissance, car il est de mon devoir, en tant que personnel de l’Éducation nationale, de résister au démantèlement de ce service public.

Colomiers le 6 novembre 2008

Monsieur l’Inspecteur,

Je vous écris cette lettre, car aujourd’hui, en conscience, je ne puis plus me taire !
En conscience, je refuse d’obéir.

Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un processus négatif de déconstruction de l’Éducation Nationale s’est engagé qui désespère de plus en plus d’enseignants. Dans la plus grande précipitation, sans aucune concertation digne de ce nom, au mépris de l’opinion des enseignants qui sont pourtant les « experts » du quotidien sur le terrain, les annonces médiatiques de « réformes » de l’école se succèdent, suscitant tantôt de l’inquiétude, tantôt de la colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de découragement. La méthode est détestable. Elle témoigne de beaucoup de mépris et d’arrogance vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La qualité d’une réforme se juge autant par son contenu que par la façon dont elle est préparée, expliquée et mise en œuvre. L’Éducation Nationale n’est pas l’armée ! Il n’y a pas d’un côté ceux qui décident et d’un autre côté ceux qui exécutent ! L’honneur de notre métier est aussi de faire œuvre de raison, de critique et de jugement.

Aujourd’hui, la coupe est pleine ! Le démantèlement pensé et organisé de l’Éducation Nationale n’est plus à démontrer tant les mesures décidées et imposées par ce gouvernement l’attestent au grand jour : des milliers de suppressions de postes qui aggravent une situation d’enseignement déjà difficile, la diminution du volume horaire hebdomadaire, la préférence accordée à la semaine de 4 jours, pourtant dénoncée par tous les chronobiologistes, l’alourdissement des programmes scolaires malgré une rhétorique qui prétend le contraire, la suppression des IUFM, la disparition annoncée des RASED alors qu’aucun bilan de leur action n’a été réalisé, la réaffectation dans les classes des enseignants travaillant dans les associations complémentaires de l’école, ce qui mettra à bas grand nombre de projets éducatifs dont l’utilité n’est plus à démontrer, la mise en place d’une agence chargée du remplacement avec l’utilisation de vacataires, la création des EPEP où les parents et les enseignants seront minoritaires dans le Conseil d’Administration, la dévalorisation du métier d’enseignant dans les écoles maternelles et les menaces qui pèsent sur celles-ci, la liste est longue des renoncements, des coupes franches et finalement des mauvais coups portés à notre système éducatif. Sans compter, ce qui m’est le plus insupportable, l’insistance à dénoncer le soit disant « pédagogisme », c’est à dire les mouvements pédagogiques qui, depuis des décennies, apportent des réponses innovantes, crédibles, raisonnables à l’échec scolaire.

Le démantèlement des fondements de l’Éducation Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir. L’objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement. En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou mon silence complice à la déconstruction d’un système, certes imparfait, mais qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre tout autant un « art de faire » qu’un « art de vivre », en donnant toutes ces chances à chaque élève, sans aucune distinction.

  • Les « nouveaux » programmes constituent une régression sans précédent. Ils tournent le dos à la pédagogie du projet qui permet aux élèves de s’impliquer dans les savoirs, de donner du sens à ce qu’ils font, de trouver des sources de motivation dans leur travail. Cette vision mécaniste et rétrograde des enseignement, qui privilégie l’apprentissage et la mémorisation, va certainement enfoncer les élèves en difficulté et accentuer l’échec scolaire. Ces programmes sont conçus pour pouvoir fournir des résultats « quantifiables, publiables et comparables ». Or, « en éducation, tout n’est pas quantifiable, ni même évaluable en termes d’acquisitions immédiatement repérables » (Philippe Meirieu). Nous sommes bien dans une logique d’entreprise et de libéralisation de l’école. Désormais, les enseignants seront évalués sur les progrès des acquis des élèves, c’est à dire sur la progression des résultats chiffrés. C’est notre liberté pédagogique qui est ainsi menacée. Dans la mesure où les programmes de 2002 n’ont fait l’objet d’aucune évaluation sérieuse et que d’autre part nous ne savons toujours pas qui a élaboré et rédigé les programmes de 2008, d’ailleurs sans aucune concertation digne de ce nom, nous sommes en présence d’un déni de démocratie et de pédagogie. Pour toutes ces raisons, je considère que ces programmes sont totalement illégitimes. C’est pourquoi en conscience, j’ai décidé de ne pas les appliquer et de continuer à travailler dans l’esprit des programmes de 2002
  • Tout particulièrement, je refuse de m’inscrire dans la logique d’une « instruction morale et civique » aux relents passéistes. C’est une insulte faite aux enseignants et aux élèves de penser que l’inscription d’une règle de morale au tableau, apprise par cœur par les élèves, fera changer un tant soit peu leur comportement ! Aujourd’hui, plus que jamais nous avons besoin de mettre en place dans nos classes des dispositifs qui offrent aux élèves la possibilité de se connaître, de se rencontrer, d’échanger, de se respecter. Nous avons besoin d’une éducation au vivre ensemble, car si nous ne le faisons pas, qui le fera ? L’éducation citoyenne est l’un des piliers de l’école pour construire une société ouverte, démocratique et libérées de l’emprise de la violence. La priorité aujourd’hui est d’apprendre aux élèves à se respecter, à réguler positivement les inévitables conflits du quotidien par la parole, la coopération, la médiation. Aujourd’hui, comme hier, en conscience, j’ai fait le choix d’une éducation citoyenne qui permette aux élèves de découvrir leur potentiel créatif et émotionnel au service du mieux vivre ensemble.
  • La réduction du volume horaire de la semaine scolaire de 26 h à 24 h apporte des bouleversements tels dans l’organisation des écoles, qu’il faut aujourd’hui parler de désorganisation structurelle. Le dispositif d’aide personnalisée pour « les élèves en difficulté » n’est qu’un prétexte démagogique pour supprimer les RASED. Ce dispositif porte un coup fatal à la crédibilité du métier d’enseignant. En effet, de nombreuses expériences pédagogiques d’hier et d’aujourd’hui ont montré et montrent que la difficulté scolaire se traite avec efficacité avec l’ensemble du groupe-classe, dans des dynamiques de coopération, de tutorat, de travail différencié, d’ateliers de besoin, etc. Le dispositif actuel considère que la difficulté doit être traitée de façon « médicale », avec un remède individuel, en dehors de toute motivation et de tout projet de classe. C’est une grave erreur. Ce dispositif est une faute contre l’esprit et la pédagogie. Dès la rentrée, en conscience, je n’appliquerai pas ce dispositif d’aide personnalisée tel qu’il est actuellement organisé. Ces deux heures seront mises à profit pour mener à bien un projet théâtre, avec tous les élèves de la classe, répartis en demi-groupe, le mardi et le vendredi de 15 h 30 à 16 h 30, ceci avec l’accord des parents.
  • Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires à destination des élèves de CM1 et CM2 sont eux aussi des dispositifs scandaleux et démagogiques destinés à caresser l’opinion publique dans le sens du poil. Mis en place sous le motif populiste qu’il est anormal que seuls les riches peuvent se payer des heures de soutien scolaire (dixit notre ministre), ces stages dont certains ne seront pas animés par des enseignants, ne régleront en rien l’échec scolaire. Ils sont destinés à appâter les enseignants qui souhaitent faire des heures supplémentaires avec bonne conscience, alors que dans le même temps des milliers de postes sont supprimés, aggravant ainsi les conditions de travail dans les écoles. Parce que je respecte profondément les élèves qui ont des difficultés et leurs parents et que je suis persuadé que ce dispositif est néfaste, je continuerai à refuser de transmettre des listes d’élèves pour les stages de remise à niveau.
  • La loi sur le service minimum d’accueil dans les écoles les jours de grève n’est pas autre chose qu’une loi de remise en question des modalités d’application du droit de grève. Il est demandé aux enseignants de se déclarer grévistes 48 h avant la grève afin que ce service minimum puisse se mettre en place. Ce qui signifie clairement que les enseignants doivent collaborer à la remise en cause du droit de grève ! On ne saurait être plus cynique ! La commune de Colomiers ayant décidé de ne pas organiser ce service minimum d’accueil des jours de grève, il devient inutile de se déclarer gréviste 48 h avant. En conscience, je ne me déclarerai pas gréviste à l’administration et j’informerai les parents trois jours avant de mon intention de faire grève.
  • Dans son dernier ouvrage, « Pédagogie : le devoir de résister », Philippe Meirieu écrit : « Nous avons le devoir de résister : résister, à notre échelle et partout où c’est possible, à tout ce qui humilie, assujettit et sépare. Pour transmettre ce qui grandit, libère et réunit. Notre liberté pédagogique, c’est celle de la pédagogie de la liberté. Nous n’avons rien à lâcher sur ces principes pédagogiques. Car ils ne relèvent pas de choix passagers de majorités politiques, mais bien de ce qui fonde, en deçà de toutes les circulaires et de toutes les réformes, le métier de professeur dans une société démocratique.
    Et devant les errances de la modernité, le professeur n’a rien à rabattre de ses ambitions, bien au contraire… Face à la dictature de l’immédiateté, il doit travailler sur la temporalité. Quand, partout, on exalte la pulsion, il doit permettre l’émergence du désir. Contre les rapports de force institués, il doit promouvoir la recherche de la vérité et du bien commun. Pour contrecarrer la marchandisation de notre monde, il doit défendre le partage de la culture. Afin d’éviter la sélection par l’échec, il doit incarner l’exigence pour tous.
    Personne ne prétend que la tâche est facile. Elle exige du courage. Et la force de nager à contre-courant. Il ne faut pas avoir peur de la marginalité. Car, plus que jamais et selon la belle formule de Jean Luc Godard, « c’est la marge qui tient la page. »
    »

    Si aujourd’hui je décide d’entrer en résistance et même en désobéissance, c’est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. C’est parce que je ne pourrai plus concilier liberté pédagogique, plaisir d’enseigner et esprit de responsabilité qu’il est de mon devoir de refuser d’appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais le choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l’espérance que cette résistance portera ces fruits. J’espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. Cette action est une action constructive car dans le même temps il s’agit aussi de mettre en place des alternatives pédagogiques concrètes, raisonnables et efficaces.

    Monsieur l’Inspecteur, vous l’avez compris, cette lettre n’est pas dirigé contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l’adresser et de la faire connaître. Le propre de l’esprit responsable est d’agir à visage découvert, sans faux-fuyant, en assumant les risques inhérents à cette action. C’est ce que je fais aujourd’hui.
    Je vous prie de recevoir, Monsieur l’Inspecteur, l’assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.

    Alain Refalo, professeur des écoles, École Jules Ferry, Colomiers (31)


    Aujourd’hui 13 décembre 2008, il y a 334 signatures électroniques enregistrées depuis le 4 décembre 2008

    L’affichage des signataires ne sera possible qu’une fois atteint le seuil de 2000 signataires

    Pour signer le manifeste : http://desobeissance-pedagogique.org/

  • Pétition de soutien avec Alain REFALO

    Mardi 18 novembre 2008

    Avec le concours du SNUipp, SE Education, Sgen-CFDT, SUD-Education, CGT-Education

    Nous soutenons Alain Réfalo : Pétition à retourner à la section SNUipp de la Haute Garonne .

    L’un de nos collègues de l’école Jules Ferry de Colomiers a décidé d’informer l’Inspecteur d’Académie de son refus de se soumettre aux injonctions ministérielles de manière à dénoncer  un processus réfléchi et destructeur des fondamentaux du système éducatif français. Les restrictions budgétaires insupportables sont en effet indissociables d’une régression sans précédent en terme de politique éducative.

    Soumise à une avalanche de réformes qui orientent l’école sur une très mauvaise pente, confrontée à l’annonce de suppressions de postes considérables, obligée de travailler dans des conditions de plus en plus dégradées, notre profession est mise à mal comme jamais.

    Nous nous sentons méprisés, niés dans notre professionnalité.

    Dans les écoles, nous croulons sous les injonctions et tâches supplémentaires, devons rendre de plus en plus des comptes à l’administration au détriment du cœur de notre métier : l’enseignement auprès des élèves.

    La négation d’un véritable dialogue social, les décisions prises sans aucune concertation, l’absence de réponse du ministre de l’éducation face aux revendications et mobilisations répétées des personnels est une marque supplémentaire de mépris et suscite la colère.

    Dans ce contexte, nous considérons que la prise de position d’Alain Réfalo ne doit pas être considérée comme un acte isolé mais bien comme l’expression de ce que nous subissons et ressentons au quotidien.

    Sa lettre entre profondément en résonance avec l’état d’esprit actuel de la profession.

    C’est la raison pour laquelle nous soutenons notre collègue et demandons qu’aucune sanction disciplinaire ne soit prise à son encontre.

    Nom                        Prénom                              École                      Signature

    Solidarité avec Alain Refalo : Je refuse d’obéir !

    Samedi 15 novembre 2008

    12-11-2008 21:00 un article paru dans METRO

    “Assumons notre résistance”

    Un instituteur de Colomiers s’insurge contre la réforme des écoles

    Alain Refalo est directeur de l’école primaire Jules Ferry, à Colomiers.

    Depuis sa diffusion sur le site : http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html il y a cinq jours, la lettre ouverte d’Alain Refalo, professeur des écoles depuis près de 20 ans, adressée à l’Inspection Académique fait l’objet d’un véritable buzz sur Internet. Intitulée « En conscience, je refuse d’obéir », il y explique pourquoi il n’appliquera pas certaines réformes engagées par l’Education Nationale.

    Pourquoi avez-vous décidé d’envoyer cette lettre ?

    Parce que toutes les initiatives prises jusqu’à présent pour protester contre les réformes qui nous ont été imposées sans concertation n’ont pas abouties. Il y a pourtant un grand ras-le-bol qui s’exprime au quotidien dans les salles des maîtres.
    J’ai donc pris la décision, en conscience, de ne pas appliquer un certain nombre de mesures comme le changement des programmes par exemple et de le faire savoir à mon inspecteur. Pour moi, ces mesures sont en effet néfastes par rapport à l’idée que je me fais de l’éducation et de la réussite pour tous.

    Rejetez-vous en bloc toutes les propositions de l’Education Nationale ?

    Non, mais toutes celles qui nous sont proposées depuis un an et demi vont dans le même sens qui est de démanteler le système éducatif pour aller vers un système privé, à l’anglaise, où les écoles sont comparées selon des notations chiffrées. Toutes les dispositions prises ont pour seul but de faire des économies.
    La suppression de postes, par exemple, rend de plus en plus difficile l’enseignement dans les écoles. On nous a par ailleurs annoncé la création d’une agence de remplacement qui va faire appel à des vacataires pour remplacer les instits malades. Pourquoi supprimer des milliers de postes mais recruter par ailleurs des personnes dont on ne sait même pas s’ils seront formés à l’enseignement ?

    On reproche souvent aux enseignants d’être réfractaires aux réformes, vous êtes pourtant aussi critique face au système éducatif actuel…
    L’idée n’est pas d’être seulement dans le dénigrement. On veut aussi montrer qu’on peut proposer des alternatives, qu’on est capables d’avoir des réponses adaptées. Oui au changement, mais en concertation avec les enseignants, sinon il y a un décalage avec la réalité.
    On est confrontés à des tas de problèmes dont nous n’avons pas forcément les réponses, surtout par manque de formation. Celle que l’on reçoit dans les IUFM est largement insuffisante et pas assez adaptée aux exigences du terrain, mais là-dessus le Ministère a baissé les bras. Si on continue comme ça, on va aggraver la situation des élèves en difficulté. Et ça, c’est très dangereux.

    Votre lettre a beaucoup de succès sur Internet. Votre blog reçoit d’ailleurs plus de 4 000 visiteurs par jour. Vous y attendiez-vous ?

    Je ne pensais pas que ça aurait un tel écho. Mais ce n’est pas parce qu’elle est beaucoup diffusée qu’il va se passer quelque chose. Il faut désormais que les enseignants se mobilisent, qu’ils assument leur résistance. Dans l’idéal, il faudrait que des milliers de lettres similaires soient envoyées. C’est le seul moyen d’avoir un vrai rapport de force constructif avec le Ministère.

    Lundi, vous avez d’ailleurs déjà été convoqué par l’Inspection Académique…

    Oui, et c’est justement le Ministère qui a demandé à ce qu’une enquête soit ouverte afin que l’Inspection Académique puisse faire un rapport. L’Education Nationale a par  ailleurs lancé un appel d’offre afin de structurer une veille sur les opinions qui circulent sur Internet. Ca montre bien qu’ils ont peur que ça explose !

    N’avez-vous pas peur d’être sanctionné ?

    Je suis prêt à assumer une sanction raisonnable, mais n’accepterais pas une sanction qui remette en cause mon avenir dans l’Education Nationale.

    Nos collègues de la Haute Garonne nous demandent d’envoyer de nombreuses lettres soutenant Alain Refalo

    Aucune SANCTION ne doit être prise à son encontre !!!!!

    Voici l’adresse de l’inspecteur d’Académie du 31

    M BAGLAN
    Inspecteur d’ Académie de la Haute-Garonne
    cité administrative bat f
    bd Armand Duportal
    BP 636

    31003 toulouse CEDEX

    http://www.ac-toulouse.fr/web/104-inspection-academique-de-la-haute-garonne.php