Bachar, Poutine et compagnie

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

RASED : « un enseignant qui ne parvient pas à faire apprendre ses élèves est en souffrance »

Dans sa dernière étude, l’IREDU critique vivement les RASED, qu’il juge néfastes pour les élèves. Thérèse Auzou-Caillemet et Alain Terentjew, maîtres E, expliquent pourquoi selon eux ces réseaux sont indispensables.

Stigmatisation, mésestime de soi, effets négatifs sur les résultats… Dans sa dernière étude, l’IREDU égratigne les Réseaux d’aide aux élèves en difficulté (RASED). Thérèse Auzou-Caillemet, maître E et présidente de la FNAME, et Alain Terentjew, maître E également, répondent aux critiques et expliquent pourquoi les RASED sont des aides précieuses pour les enseignants.

Pouvez-vous présenter le fonctionnement des RASED ?

Alain Terentjew : Un RASED est un « trépied » comprenant un psychologue scolaire, un maître G (un éducateur travaillant plutôt sur les difficultés de comportement de l’enfant) et un maître E (qui travaille plutôt sur les difficultés pédagogiques). Cela permet d’avoir des regards croisés sur la difficulté de l’enfant, de le voir sous différentes facettes, et de déterminer ce qu’on peut faire, les uns et les autres, en complémentarité, pour l’accompagner et l’aider à progresser.

Thérèse Auzou-Caillemet : En plus de l’accompagnement de l’élève en difficulté, nous avons un second axe de travail qui est celui de l’accompagnement de l’enseignant. On leur jette souvent la pierre en disant qu’ils se « débarrassent » de la difficulté sur les RASED, mais c’est faux ! L’objectif d’un enseignant est de faire apprendre ses élèves, de transmettre, et c’est vraiment une souffrance pour lui quand il n’y parvient pas.

Dans sa dernière étude, l’IREDU critique violemment les RASED, affirmant notamment qu’ils ont des effets négatifs sur les résultats en maths des élèves…

AT : L’étude ne prend pas du tout en compte la complexité de la difficulté scolaire ! Elle n’est pas binaire, comme voudrait le faire croire l’IREDU.

TAC : Effectivement, cette étude s’appuie sur des données chiffrées pour qualifier le niveau d’un élève, sans tenir compte de son bien-être scolaire. Ce ne sont pas que des difficultés cognitives qui font qu’un élève est en difficulté. De plus, elle prend en compte les données d’élèves entrés en CP en 1997 ! Depuis, il y a eu des circulaires, des rapports, des avis parlementaires… Et des évolutions énormes du métier depuis 2000. Cette étude est une photographie de ce qu’étaient les RASED à l’époque et de ce qu’elles ne sont plus, parce qu’elles ont évolué avec l’école. Une étude sur les progrès en maths des élèves suivis par les RASED, datée de 2016, dit d’ailleurs l’inverse de celle de l’Iredu…

Le fait de sortir les élèves de la classe peut-il leur porter préjudice, comme l’indique l’étude ?

TAC : dire que pendant le temps où l’élève est sorti, les autres avancent, c’est ne pas tenir compte de l’intelligence des maîtres, car ils choisissent bien sûr le moment le plus approprié. Nous avons l’impression de retrouver Darcos, car c’est l’argument qu’il avait cité pour supprimer les RASED.

AT : et pourtant la Cour des Comptes avait sur eux un avis plutôt favorable !

Les auteurs pointent également du doigt des répercussions négatives sur l’estime de soi et une stigmatisation de l’élève vis-à-vis de l’enseignant, qu’en pensez-vous ?

TAC : Ce n’est pas de venir chercher l’élève dans la classe pour l’aider qui stigmatise l’élève, c’est la difficulté scolaire.

At : Justement, à certains moments, il est nécessaire de sortir l’enfant, pour lui redonner de l’estime et de la confiance en soi, des outils pour qu’ensuite il puisse retourner dans la classe. J’ai aidé une petite fille en CP que je sortais effectivement de la classe. Mais au moment où je la sortais, elle était à 10 000 lieues de ce qu’on lui proposait en cours.

Quels retours avez-vous de la part des enseignants avec lesquels vous travaillez ?

TAC : Je pense que les enseignants ont plus que jamais besoin de nous, car je ne suis jamais restée aussi tard dans les salles des maîtres qu’en ce moment. Ça les libère aussi de pouvoir parler de leurs difficultés, de les partager. Car l’estime de soi des enseignants est aussi mise à mal, ils sont toujours remis en cause, par les parents par exemple. On demande énormément de travail aux enseignants, beaucoup ont la tête dans le guidon, et le RASED leur apporte 3 regards différents et extérieurs sur leurs élèves.

AT : Croire que les enseignants laissés seuls dans leurs classes avec les élèves en difficulté pourront s’en sortir, même avec le professeur supplémentaire du plus de maîtres que de classes, c’est un leurre. Si les inspecteurs nous ont défendus à un moment donné, c’est qu’ils connaissent notre travail et savent bien le nombre de situations explosives auxquelles nous avons à faire face. Certes, nous ne pouvons pas tout résoudre, mais nous permettons aux élèves d’avancer.

Elsa Doladille

Source :

Publié dans presse | Marqué avec | Laisser un commentaire

Chanson du jour : « Oh Pénélope ! »

Publié dans Humour | Laisser un commentaire

Élections au CM2

Publié dans Humour | Laisser un commentaire

La peste et le choléra !

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Présidentielles : Actualité littéraire

Publié dans Humour | Laisser un commentaire

Humour : Macron

Publié dans Humour, video | Laisser un commentaire

Fillon : « le mépris »

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

FN, Police, Fichiers, Enquête

Publié dans presse | Marqué avec | Laisser un commentaire

Travail et profits

Publié dans video | Laisser un commentaire