ÉRIC DROIT DANS SES BOTTES SE REPREND LES PIEDS DANS LE TAPIS

14 août 2010
E. Woerth : une nouvelle décoration suspecte - kewego
Le site Mediapart a révélé vendredi que le ministre du Travail Eric Woerth a accordé il y a deux ans la Légion d’honneur au comptable ayant certifié sa campagne aux dernières élections municipales.

LDH : APPEL À MOBILISATION À HÉNIN-BEAUMONT

13 août 2010

Le 4 septembre, à Hénin-Beaumont, 16H30 devant la mairie, tous ensemble, faisons revivre les valeurs de la République !

Sciemment, c’est au cœur de l’été, dans un contexte peu favorable à la mobilisation, que Nicolas Sarkozy a fait des déclarations intolérables au regard des droits de l’Homme et dont certaines sont en violation de l’esprit et du texte de la Constitution de la République dont il est par ailleurs en théorie le garant en tant que Président de la République.

Face à cette situation, très inquiétante aux yeux même de la C.N.C.D.H. (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme), inquiétude corroborée aujourd’hui par les réactions d’experts de l’ONU membres du C.E.R.D. (Comité pour l’Élimination de la Discrimination Raciale) qui critiquent la politique menée actuellement en France et les propos tenus, la Ligue des droits de l’Homme a aussitôt pris l’initiative au niveau national d’organiser la riposte : 35 associations, syndicats et partis politiques ont immédiatement donné leur accord pour :

- publier un communiqué commun de protestation
- appeler à signer une pétition en ligne appelée « déclaration citoyenne » (sur le site nonalapolitiquedupilori.com)
- organiser le 4 septembre prochain, à l’occasion du 140ème anniversaire de la proclamation de la République par Gambetta, une journée de mobilisation pour défendre les valeurs de la République face à ces attaques indignes et inadmissibles. Une grande manifestation est donc prévue à Paris.

Dans la région Nord-Pas-de-Calais, compte tenu de la Braderie de Lille qui se déroule précisément ce jour-là, il n’est pas envisageable d’organiser une manifestation régionale de type habituel sur la métropole. Néanmoins, pour permettre au plus grand nombre de participer à cette journée nationale, plusieurs initiatives seront proposées par la LDH, tant dans le Nord (à Lille, Tourcoing…) que dans le Pas-de-Calais.

Dans le Pas-de-Calais, c’est à Hénin-Beaumont, ville emblématique dans le cadre de la lutte contre l’extrême-droite et de la reconquête républicaine que la Fédération départementale de la Ligue des droits de l’Homme organise, avec la section d’Hénin-Carvin, une manifestation en appui de la manifestation nationale ce samedi 4 septembre 2010.

La Fédération de la LDH du Pas-de-Calais invite toutes les organisations départementales, signataires au niveau national de l’appel, ainsi que toutes les autres organisations (associations, syndicats, partis politiques) à lancer un appel commun pour que cette manifestation soit une réussite.

En ce qui concerne le texte d’appel, il semble logique de reprendre tout simplement l’appel national sur lequel nous ferons figurer les signataires au niveau départemental.

Déroulé proposé :

- Rassemblement devant l’Hôtel de Ville d’Hénin-Beaumont à 16 h 30.
- Manifestation dans les rues du centre de la ville.
- Retour devant l’Hôtel de Ville pour rassemblement militant et festif qui fera alterner des prises de parole et des chansons républicaines, ceci avec le soutien du club guitare de l’amicale laïque d’Hénin-Beaumont.
- Large diffusion avant le 4 septembre du texte de l’appel sous forme de tracts, de communiqués de presse, d’envois par mail…
- Diffusion du texte de la pétition tout au long de la manifestation.

Il faudra bien sûr limiter le temps des prises de parole et veiller à ne pas trop se répéter. On peut par exemple proposer que chaque intervention soit orientée sur un aspect plus spécifique, en rapport avec les atteintes aux droits et aux valeurs de la République enregistrées dans la période récente.

Nous proposons qu’il y ait une grande banderole unitaire qui pourrait par exemple s’intituler « Ensemble défendons la République ! », ce qui n’interdit pas à chaque organisation d’apporter ses drapeaux, logos et pancartes spécifiques. Il est important de montrer la diversité des participants et des revendications en matière de droits de l’Homme.

La Fédération départementale de la LDH fera les démarches nécessaires vis-à-vis de la Préfecture du Pas-de-Calais en ce qui concerne la déclaration de manifestation. La section d’Hénin-Carvin de la LDH prend les contacts avec la municipalité d’Hénin-Beaumont pour les questions techniques. Il faudra aussi qu’on se répartisse la prise en charge du tirage des tracts d’appel.

Compte tenu de la période estivale, il est difficilement envisageable d’organiser une réunion de préparation, mais il est commode de procéder par échange de mails pour peaufiner cette organisation.

Pour Jean-Pierre Dubois, président national de la LDH, il s’agit de « faire de cette journée du 4 septembre, qui marquera un rassemblement sans précédent depuis longtemps, un outil efficace pour faire basculer l’opinion publique face au cap vers l’extrême droite pris par le Président de la République pour la fin de son mandat, une mobilisation spectaculaire, coup d’envoi d’une riposte populaire aux régressions des droits ».

Nous espérons que cette initiative retiendra votre attention et que nous pourrons nous mobiliser ensemble pour faire de ce 4 septembre une grande journée citoyenne de défense des droits et des valeurs de la République.

Arras le 13 août 2010, Cordialement.

Danièle PRUVOT Présidente de la Fédération du Pas-de-Calais de la LDH
Alain PRUVOT Président de la section LDH d’Hénin-Carvin et Délégué régional Nord-Pas-de-Calais

Ligue des droits de l’Homme Fédération du Pas-de Calais

http://www.ldh-france.org/spip.php?page=carte&departement=62

Calais : La chasse à l’enfant

12 août 2010

Mardi 10 août, 9h45 : Un camion de CRS passe devant la rue Lamy. Cinq hommes en surgissent et arrêtent quatre enfants afghans qui attendaient devant la grille du lieu où est distribué chaque matin par SALAM un petit déjeuner.

La mairie a autorisé l’association à organiser cette distribution sur le terrain des repas, à 10 heures. Les forces de l’ordre procédant à des interpellations, les migrants sont victimes de guets-apens.

Pourquoi cette arrestation ?

Une consigne est donnée aux CRS de ne pas arrêter les migrants qui vont ou qui reviennent d’un lieu de distribution.

Pour mettre ces jeunes en sécurité ???

Nous savons quel sort leur est réservé : ils seront relâchés quelques heures plus tard. Ils devront alors revenir à pied de l’hôtel de police de Coquelles (5 km) ou seront emmenés vers un foyer d’où ils s’échapperont…

Rien n’est fait pour protéger ces jeunes et les nombreuses réunions ou visites politiques ou non n’ont abouti à rien.

Nous dénonçons avec fermeté cette arrestation qui vise des enfants dont le seul tort était d’espérer prendre un verre de thé et un peu de pain après une longue nuit éprouvante.

Association SALAM Nord/Pas-de-Calais :

Bruxelles le 08 Aout 2010

12 août 2010

Il est de ces villes qui déroulent leurs rues comme on ouvre les bras, dont chaque balcon ouvragé, chaque bow window et jusqu’à la moindre petite fleur de céramique, vous invite à entrer, à s’installer, à vivre là. On arpente les trottoirs comme les veines d’un corps aimé. On explore, on s’y perd , on se sent bien. On ne se pose pas la question de savoir d’où l’on est puisqu’on y est. Bien sur, on est de passage. On regarde tout d’un air curieux , étonné et connaisseur à la fois. On joue à croire mieux connaitre la ville que ses habitants eux mêmes. On se satisfait de ses émotions esthétiques et on se joue de croire à la douceur de vivre là.

Bien entendu on ne cherchera ni logement, ni travail, ni autorisation de séjour; On n’en n’a pas besoin. On se rit de la pluie; on sait bien nous, que c’est l’été et que cette petite ondée n’est que pour rafraichir. On n’a pas froid, pas faim.

On marche , on marche et on on se permet d’être triste; de se souvenir qu’on avait découvert cette ville à deux, que nos amis ne sont plus que les miens. On lève la tête vers les folles volutes des balcons, on admire les vitraux, les arabesques et on se souvient qu’il disait tout étonné, «Tu m’as appris à marcher la tête en l’air, en regardant là haut. ». On grimpe et on se perd dans les perspectives arts nouveaux. On admire le ciel toujours si présent à Bruxelles et toujours si capricieux. On déplore les constructions modernes silaides et si inhumaines ; on n’est pas original.

Jusqu’à cette exposition sur l’immigration qui commençait si bien avec des «bienvenue Mohamed, Luigi, Liu et Rosa!» mais qui oublie les sans papiers , les centres fermés, et la violence des expulsions, qui ne parle d’exploitation que des mineurs et qu’au passé. Et les détails s’accumulent; les caméras par milliers, qui envahissent l’espace urbain posées par des apprentis Big brothers, les portillons claquants de la STIB1 qui commencent à remplacer les bornes à composter si sympathiques; celles qui disaient: «Entrez, on vous fait confiance. », les contrôles policiers auxquels on n’ échappe plus. On aurait bien failli oublier ou bien aimé oublier que l’horreur européenne s’exprime ici aussi , que la surveillance croissante des populations , les expulsions des uns et l’exploitation forcenée des autres n’avaient jamais cessé et qu’on ne saurait croire à la douceur de la civilisation qu’un tout petit moment, un très court instant; on appelle ça le tourisme je crois.

Marie-Cécile Plà sans Nordine

1) La RATP Bruxelloise

Gitans - Tziganes - Roms

12 août 2010


Gitans-tziganes-roms
envoyé par orcim. - Découvrez plus de vidéos créatives.

LA PESTE : DOUBLE DISCOURS

11 août 2010


Nicolas Sarkozy et l'immigration : changement de ton
envoyé par lemondefr. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Lettre d’info : ÉCOLE EN DANGER, Collectif Écoles Ouest Lyonnais

10 août 2010

Nouveaux articles

** Encore un petit effort ! Supprimons le social et l’éducation ! Par Laurent OTT **

- 1er août 2010

C’est en bonne voie, écoles de réinsertion sociale, déchéance de étrangers, emprisonnement des parents de sauvageons, jardins d’éveil, etc. Le social et l’éducation c’est un vieux truc, un truc de mous, de complices de délinquants. Supprimons donc tout cela. C’est vrai au niveau national, c’est vrai au niveau local. Là l’exemple, c’est nous à Longjumeau, et “nous” c’est l’association Intermèdes-Robinson, qui fait de la pédagogie sociale (avec la première association, puis la
seconde ça fait 13 ans qu’on (…)

-> http://ecoleendanger69ouest.free.fr/spip.php?article1065

** Guy GEOFFROY, député UMP de Seine et Marne répond à une question sur le sort des RASED dans le schéma d’emploi 2010-2013 **

- 1er août 2010

Vous avez bien voulu attirer mon attention sur les moyens nouveaux de lutte contre l’échec scolaire et la place les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) à cet effet et je vous en remercie. Le traitement de la difficulté scolaire et la lutte contre l’échec scolaire constituent un des objectifs prioritaires du ministère de l’éducation nationale. La réforme de l’enseignement primaire a permis de recentrer les actions de l’école sur les apprentissages fondamentaux. Elle vise à ce que (…)

-> http://ecoleendanger69ouest.free.fr/spip.php?article1064

** Élèves perdus, élèves punis : le ministre de l’Éducation nationale rouvre des colonies pénitentiaires. Par Lubin **

- 31 juillet 2010

Sans aucune concertation, par une simple circulaire parue au Bulletin Officiel (29/06/2010), le ministre de l’Éducation nationale décide l’ouverture d’un nouveau type d’établissements qui devraient voir le jour durant l’année 2010-2011. Ces établissements dits de « réinsertion scolaire » (ou ERS, c’est leur dénomination officielle) s’appuient en réalité sur des principes qui n’ont plus rien à voir avec l’école ou la scolarité. Il s’agit de recevoir dans le cadre d’un internat des élèves qualifiés de « (…)

-> http://ecoleendanger69ouest.free.fr/spip.php?article1063

** Dalloz actualités : Le Conseil d’État donne une leçon d’informatique et libertés à l’Éducation nationale. Par M.-C. de Montecler **

- 29 juillet 2010

Plusieurs décisions du ministre de l’éducation nationale concernant les très contestés traitements de données « Base élèves 1er degré » et « Base nationale des identifiants des élèves » (BNIE) ont été annulées par le Conseil d’État. Il a demandé à ce que ces fichiers soient en partie modifiés. >> CE 19 juill. 2010, M. Fristot et Mme Charpy, req. n° 317182 >> CE 19 juillet 2010, M. Fristot et Mme Charpy, req. n° 334014 Administratif | Institution administrative Commentaire : Le Conseil d’État a annulé, le 19 (…)

-> http://ecoleendanger69ouest.free.fr/spip.php?article1062

** Aucun enfant né en 2007 ne doit être exclu de la maternelle ! **

- 27 juillet 2010

L’école maternelle se retrouve premier réservoir de postes pour satisfaire le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Dans plusieurs départements, une décision grave a été prise juste avant les grandes vacances, alors que de nombreux enfants sont déjà inscrits en maternelle pour la rentrée de septembre : les enfants qui n’auraient pas trois ans révolus au jour de la rentrée scolaire (c’est-à-dire qui auront trois ans entre le 2 septembre et le 31 décembre 2010), (…)

-> http://ecoleendanger69ouest.free.fr/spip.php?article1061

http://www.ecoleendanger.org/

La vidéo du dimanche : Pixels

8 août 2010


PIXELS by PATRICK JEAN.
envoyé par onemoreprod. - Regardez plus de courts métrages.

Grenoble : Un autre point de vue

7 août 2010

La Villeneuve, c’est la technopole

Ce qui se joue ces heures-ci à Grenoble se nomme une bataille d’image.

Une bataille cruciale pour le techno- gratin local si attaché à développer l’attractivité du territoire. Le “mythe grenoblois”, façonné depuis des décennies par la propagande officielle, est le meilleur atout des chasseurs de têtes de la “Silicon valley française”. Il suffit, pour séduire les ingénieurs et cadres américains, allemands ou hollandais, dont les élus locaux sont si friands, de leur conter la belle histoire du “laboratoire grenoblois”, capitale des chercheurs montagnards, et d’agiter sous leur nez les clichés publicitaires de la “Capitale des Alpes” : mère de toutes les technopoles, pionnière en tout, modèle de la ville du futur, “Brasilia”, comme la nommait Paris Match en 1968.

Une experte ingénierie de population à l’œuvre depuis des décennies permet à la ville, à la fois d’enfler à toute vitesse avec l’objectif de devenir en 2020 “une métropole à échelle européenne” (le fameux Sillon alpin, de Genève à Valence), et de choisir ses habitants grâce à un tri qui ne dit pas son nom, mais qui filtre dans les déclarations des décideurs.

Florilège :

Un exemple d’expérimentation du “laboratoire grenoblois” ?

En 2002 la préfecture ouvre une cellule d’accueil, non pour les Roms expulsés du campus, mais pour les riches expatriés. Celle-ci est chargée de “répondre aux demandes d’inscription des enfants d’étrangers dans les établissements scolaires, et de mieux soutenir les parents dans leur implantation en Isère”, tandis que des agences de “relocation” s’occupent “d’aplanir toutes les difficultés liées à l’installation. Pour un forfait situé entre 3000 et 4000 €, elles accompagnent les nouveaux venus dans leurs démarches : recherche du logement, démarches administratives, inscription à l’école, achat de la voiture ou du mobilier. Certaines affirment même pouvoir accomplir des “miracles”, tels que l’obtention du permis de séjour en épargnant aux intéressés l’attente aux guichets de l’administration !”
“C’est la tyrannie de la réussite, les pauvres laissent la place aux riches” (Bernard Pecqueur, ancien conseiller municipal PS).

Le Daubé, 04/06/02

“Il nous faut du pognon et des patrons” (Michel Destot).

Le Figaro, 1/10/98


“La qualité de vie devient aujourd’hui aussi déterminante que le dynamisme économique pour attirer entreprises, cadres dirigeants, chercheurs, étudiants et leurs familles respectives. (…) Il convient donc de développer une image valorisante auprès du grand public, afin que Grenoble soit reconnue comme une destination très prisée.” (Chambre de Commerce et d’Industrie de Grenoble, avril 2003, dont l’ex-président déclarait au Monde en 2004 : “J’ai l’habitude de côtoyer des socialistes, je n’ai rien à redire sur leur action économique”).

“Je préfère gérer des problèmes de riches plutôt que des problèmes de pauvres” (Michel Destot, maire PS de Grenoble).
28/02/04, réunion “Comprendre la Ville”


“Je peux ramener à Dominique (Strauss-Kahn) bon nombre de patrons du CAC 40″ (Michel Destot).

Le Point, 8/04/10
“J’avais envisagé l’espace libéré par la caserne de Bonne comme un espace de relance pour des gens à pouvoir d’achat élevé. Avec Minatec, on a 2000 personnes qui ne vont pas venir à Grenoble pour habiter en HLM. Il faut les loger in situ, dans la ville, où leurs femmes et leurs enfants ont une ville qui corresponde à leur niveau social. Sur l’espace de Bonne, on pourrait faire de l’immobilier de très grande qualité, un vrai centre culturel et d’habitat, et l’avenue Alsace-Lorraine, à côté, reprendrait l’allure qu’elle avait, celle d’une vitrine où les gens achèteraient des objets de classe au lieu d’aller les acheter à Lyon. Ce n’est pas contradictoire avec la mixité sociale !” (Max Micoud, ex-conseiller municipal de droite)

Le Daubé, 14/12/01
“On n’attire pas Minkowski (chef d’orchestre) avec des MJC” (Destot).

Le Monde, 22/01/02
“On élargit le territoire (NDR : du centre ville, avec le nouveau quartier de Bonne) en faisant augmenter la qualité de l’offre, d’autant que nous avons une grande partie de la population possédant un pouvoir d’achat élevé ” (Geneviève Fioraso, adjointe au maire PS en charge de l’économie).

Le Daubé, 17/02/05
Les Affiches de Grenoble
En somme, vue de l’extérieur, de la Chambre de Commerce ou d’une salle blanche de Minatec, Grenoble est un rêve de technopole en expansion, peuplée de jeunes gens modernes, performants et bien rémunérés. Mais alors, d’où sortent ces sauvageons furieux, qui brûlent les voitures et tirent sur la police ? Où étaient-ils, tandis que le maire vantait partout le modèle de développement grenoblois, et assurait qu’en livrant la ville aux labos et aux entreprises high tech, il œuvrait pour “l’emploi, la première des solidarités”2 ? A quoi s’occupaient- ils, pendant que Destot “s’activ(ait) au sein de son club, Inventer à gauche”, contactant Bouygues, patron de TF1, pour le compte de son ami DSK en prévision des prochaines présidentielles (cf Le Point, 8/04/10) ?

Ils vivaient à la Villeneuve, la face cachée de la technopole.

Jusqu’à ces jours-ci, Destot et ses complices, Safar ou Fioraso, avaient réussi à diffuser le mythe d’une “ville riche”. Las, le 20 juillet 2010 Le Monde le révèle à la France entière : “L’image de la “capitale des Alpes” écornée”. Ce n’est pas faute, pourtant, d’avoir enquêté et informé sur les ravages sociaux et humains de la technopolisation.

Depuis bientôt dix ans, Pièces et Main d’œuvre démonte le “laboratoire grenoblois” pour mettre à jour ses rouages : destruction du territoire, des quartiers populaires aux zones agricoles, au profit de l’industrie high tech ; connivence du techno-gratin qui défend ses intérêts derrière l’écran de fumée du social-futurisme ; expulsion des classes populaires du centre vers la périphérie (bientôt, le quartier Saint-Bruno en aura lui aussi fini avec ses pauvres), remplacées par les ingénieurs à hauts revenus dans des résidences Haute Qualité environnementale à 3500 € le mètre carré ; mais aussi et surtout aggravation du fossé entre le pouvoir et les sans-pouvoir par la technification.

La Villeneuve, c’est la technopole.

Ce modèle de ville moderne, fondée sur la liaison recherche-université- industrie-pouvoirs publics (civils et militaires), et sur la tyrannie de l’innovation – tu t’adaptes ou tu crèves. Ce que le techno-gratin a dissimulé, dans ses présentations PowerPoint des “atouts de l’écosystème grenoblois” pour pomper les subventions d’Etat et le label “Pôle de compétitivité mondial”, c’est la place réservée à ceux qui ne s’adaptent pas, pas assez vite. Les 15 000 habitants de la Villeneuve n’ont pas le profil technopolitain des Ingénieurs, Techniciens, Cadres, qui cultivent tout ensemble la foi dans le Progrès, la dénégation et la bien- pensance autosatisfaite. Il fallait mettre quelque part les autres, si possible loin du centre ville où s’épanouissent désormais de gras vendeurs de vêtements de luxe et de vulgaires tenancières de “spas”, équipés de 4×4 et de résidences sur les côteaux du Grésivaudan. Ce Grenoble-là, qui s’étale dans les pages glacées de magazines pour parvenus de province - tels ce “Beaux Quartiers”, non distribué à la Villeneuve – a pointé sous Carignon, puis a été développé par Destot. Et chacun, parmi les 20 % de Grenoblois qui travaillent dans la recherche et l’enseignement, de faire semblant d’ignorer l’existence des en-dehors.

Ce qui nous attend maintenant, c’est la poursuite du programme de Technopolis. Enfin désigné publiquement, le nouvel ennemi va faire l’objet d’un traitement de pointe, comme toujours à Grenoble. Et Destot d’embrayer, les carcasses de bagnoles encore fumantes : “Nous avons été les pionniers dans de nombreux domaines, nous pouvons désormais l’être dans le traitement de ce nouveau fléau qu’est celui de la délinquance urbaine” (Le Monde, 20/07/10). Car, désormais, “la sécurité est la première des solidarités”.

Ça tombe bien, elle est aussi l’un des premiers débouchés de l’industrie high tech, ailleurs comme à Grenoble. Il faut s’attendre à voir fleurir, non pas des caméras de vidéosurveillance, mais des caméras intelligentes, à reconnaissance faciale et détection de comportements atypiques – ville pionnière oblige. Comme celles que concoctent les ingénieurs de l’INRIA de Grenoble, déjà testées en 2005 à La Villeneuve, en partenariat avec la société Blue Eye Vidéo. Bon, la technique était bancale, l’affaire a capoté, mais depuis on n’a pas arrêté le progrès. Les partenaires du Pôle de compétitivité Minalogic ont les cartons plein de projets de mouchards électroniques RFID, à disséminer sur le territoire pour mieux contenir la population dans les mailles du filet, selon le programme de la “planète intelligente” d’IBM auquel Michel Destot apporte son inconditionnel soutien.

Le maire-ingénieur de Grenoble, qui avoue regarder “attentivement l’expérience de Singapour”, la ville électronique totalitaire où chacun est sommé de se comporter en fourmi numérique sous contrôle et surveillance permanente. Enfin, faisons confiance à Clinatec, le laboratoire très discret de Minatec dédié aux manipulations du cerveau, via implants électroniques, pour fournir au pouvoir les moyen de maintenir la “sécurité, première des solidarités.”

Source : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=267

CONTRE LA PESTE : APPEL CITOYEN

7 août 2010

APPEL CITOYEN

Face à la xénophobie et à la politique du pilori :

Liberté, Égalité, Fraternité

Les plus hautes autorités de l’État ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.

Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.

La Constitution de la France , République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.

Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.

Nous appelons à une manifestation le samedi 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, afin de fêter le 140e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternelle.

Signer la pétition : http://nonalapolitiquedupilori.org/