Archive pour la catégorie ‘presse’

« Professeur formé et compétent. » A saisir sur eBay !

Mercredi 17 février 2010
 jean vigo oversees par hello from lauren

jean vigo oversees par hello from lauren

Le 15 février 2010, un professeur du collège “Jean Vigo” d’Epinay-sur-Seine s’est mis en vente sur eBay. Lui et certains de ses collègues contestent la suppression de postes d’enseignants prévue à la rentrée 2010.

Le prix de l’inventivité gréviste ?

Lundi, un professeur « qui risque de devoir quitter (ce) collège » de Seine-Saint-Denis s’est mis aux enchères sur Internet dans l’après-midi. Quelques un des 85% des professeurs en grève préparaient leurs tentes pour une nuit de campement en face de ce collège, tandis que lui, postait sur le site :

Description de l’objet : « À vendre, cause restrictions budgétaires : Professeur formé et compétent ayant très peu servi dans un collège ZEP du 93. Pièce exceptionnelle. Occasion à saisir pour la rentrée 2010 ! ! »

Prix de départ : 10 euros.

Catégorie de mise en vente : antiquités.

Les enchères - quelque peu biaisées, bien sûr - ont été fulgurantes. Le 16 février à midi, le prix s’élevait à 12 050 euros. Le professeur joint par téléphone explique :

« Oui, c’est une action symbolique, menée avec le soutien de mes collègues. »

Dans l’après-midi du 16 février, l’annonce a été retirée. L’enseignant qui l’avait déposée nous a affirmé qu’il n’a pas effectué le retrait, ni eu de nouvelles de la part des services de modération d’eBay.

Chez eBay, on précise que toutes les annonces proposant des « organes humains » (à fortiori, un prof entier) sont retirées.

suite sur :

Soline Ledésert

Libération : “Surtout ne dites pas aux parents que vous n’êtes pas profs”…

Dimanche 14 février 2010

 Jackson Jazz is a lyer par camillaroad

Jackson Jazz is a lyer par camillaroad

Anna prépare le concours de professeur des écoles. Juste avant de partir en stage seule face à une classe, elle a reçu cette étrange recommandation de sa prof : “surtout ne dites pas aux parents que vous êtes en formation. Dites plutôt que vous êtes profs titulaires. Les parents pourraient faire des histoires et puis vous serez plus crédibles”.

Heureusement Anna n’a pas eu à mentir, aucun parent ne lui ayant demandé quoi que ce soit. Mais elle est révoltée. Le “conseil” a été donné tout à fait ouvertement par une maitre-formatrice de l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) où elle prépare son concours, en Région parisienne. Cette prof faisait un cours sur la législation scolaire juste avant que les étudiants partent en stage.

“On nous dit de mentir alors que l’on est appelé à former des citoyens. Et puis si l’on veut cacher quelque chose, c’est bien que c’est mal”.

La réforme de la formation des enseignants (”masterisation”), toujours très contestée, doit entrer en application à la rentrée. Mais cette année est une année de transition où certaines “nouveautés” s’appliquent déjà. Comme le fait d’envoyer des étudiants qui n’ont pas encore passé le concours en “stage en responsabilité”. Ils se retrouvent alors seuls devant des classes où ils remplacent des enseignants alors qu’ils n’ont pratiquement pas été formés…

Suite de l’article sur Libération

Les Rased toujours menacés : Le nombre de départs en formation des maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire est en chute libre.

Dimanche 7 février 2010

FacadeTonnerre

par Sandino91.fr

Face à la mobilisation, Xavier Darcos avait dû, en 2008, revenir sur son ambition de supprimer 3 000 postes de Rased. Pourtant, l’avenir de ces réseaux d’aide aux enfants en difficulté, qui regroupent quelque 9 000 enseignants spécialisés et psychologues scolaires, est loin d’être assuré.

En 2009, 1 500 postes ont été supprimés et 1 500 autres « sédentarisés » dans les établissements. « Même si le ministère dit qu’il ne veut pas nous remettre en cause, il est loin d’être acquis qu’il n’y aura pas d’autres suppressions », relève Michelle Frémont, secrétaire nationale du SNUipp-FSU. Selon elle, un deuxième risque plane désormais sur la tête des Rased  : l’assèchement des recrutements de maîtres spécialisés.

Pour parvenir à cette certification professionnelle, ces derniers effectuent, en effet, 400 heures de formation. « Or, on constate actuellement une absence inquiétante de départ en formation, relève Michelle Frémont. Chaque année, on en comptait environ 250. Pour 2009-2010, on en est à moins de 50… Au final, s’il n’y a personne à mettre sur les postes, ils seront fermés. »

Pourquoi une telle désaffection  ? La crainte chez les enseignants de se lancer dans une formation à l’avenir incertain joue sûrement. « Mais il y a surtout l’absence de volonté du gouvernement de donner des moyens, note Michelle Frémont. Les inspections académiques sont coincées avec un budget famélique. Du coup, elles font des choix et les formations de maîtres spécialisés en font les frais. »

L.M.

http://www.humanite.fr/

« Rendez-nous notre enseignant Rased »

Dimanche 17 janvier 2010

Dans deux écoles de Villejuif, le non-remplacement d’un enseignant « Rased », (qui assure le soutien scolaire des élèves les plus en difficulté) entraîne inquiétude et colère des parents d’élèves comme des enseignants.

« Dans une école comme la nôtre, où les besoins sont si importants, c’est hallucinant  ! » Anne Langlois, parent d’élève, n’en revient toujours pas. « Le poste d’enseignant Rased (qui assure le soutien scolaire des élèves les plus en difficulté – NDLR) est pour nos enfants fondamental. » Or, depuis fin octobre, les écoles Marcel-Cachin et des Hautes-Bruyères se trouvent dépourvues de leur enseignant spécialisé. Soit 51 élèves privés de soutien scolaire. Pourtant, dans ces deux établissements de Villejuif (Val-de-Marne), les besoins sont réels. D’après les résultats aux évaluations nationales en CM2, 52 % des élèves sont en grande difficulté en mathématiques et 35 % en français. Dès lors, parents d’élèves et syndicats enseignants, soutenus par la municipalité, se mobilisent. À l’origine de cette gronde, le non-remplacement par l’académie du poste laissé vacant. À l’orée des vacances de la Toussaint, l’institutrice en charge a en effet été mutée. « Sur proposition de l’académie, elle a été recrutée pour un poste à Fresnes. Mais on lui avait promis qu’elle serait remplacée », précise Anne Langlois. Également pointée du doigt, l’absence de dialogue de l’académie de Créteil. Le 15 novembre 2009, les parents ont adressé un courrier au recteur et à l’inspecteur d’académie leur faisant part de leurs inquiétudes. Initiative qui restera lettre morte. « Ils ne se sont même pas donné la peine de nous répondre », fulmine Mme Langlois. Les syndicats n’ont pas eu plus de chance. « J’ai effectué une demande d’audience dans le cadre de la commission paritaire, je me suis heurté à un refus catégorique », explique Luc Bénizeau, de FO-Snudi.

Du côté du rectorat, on se refuse à commenter officiellement ce cas. En expliquant toutefois « qu’en cours d’année, on ne remplace pas les postes spécialisés car il est difficile de trouver le personnel qualifié ». L’option adoptée est dès lors le redéploiement des moyens existants. Solution qui laisse parents comme enseignants perplexes. « Le résultat, c’est qu’on nous propose un jour d’intervention par semaine, contre quatre précédemment. C’est inadmissible  ! » tance Mme Langlois. Éliane Chavance, directrice de l’école Cachin, pointe pour sa part les conséquences pédagogiques d’une telle décision. « Un jour par semaine  ? Que peut-on faire avec des créneaux si courts  ? Nous manquons déjà de moyens, alors si on nous en retire davantage, que va-t-il rester  ? » Et Luc Bénizeau d’ajouter  : « Villejuif compte trois “maîtres E” (les fameux Rased – NDLR) pour près de 5 200 élèves de primaires, c’est nettement insuffisant. Derrière cette décision, il y a la volonté d’économiser un poste, c’est tout. » Pour sa part, le syndicaliste propose que « l’on recrute un poste sur liste complémentaire. Aujourd’hui, il y a des enseignants disposés pour remplacer le “maître E” ». En attendant, une pétition vient d’être lancée. Elle a déjà recueilli près de 250 signatures.

Lionel Decottignies

Source : l’Humanité

Désobéissance pédagogique : l’appel à l’insurrection des consciences d’Alain Refalo

Jeudi 7 janvier 2010
 resistance par in touch

resistance par in touch

Alain Refalo, 45 ans, l’instituteur de Colomiers (Haute Garonne) initiateur du mouvement de désobéissance pédagogique chez les enseignants du primaire, publie, le 14 janvier prochain, à la veille des évaluations nationales des élèves de CM2, un ouvrage consacré à cette lutte inédite dans l’Education Nationale.

- Malgré les sévères sanctions dont il a fait l’objet pour avoir refusé ouvertement d’appliquer les réformes de Xavier Darcos (lire libé Toulouse du 26/08/2009), il y justifie son combat en faveur de l’école publique menacée, selon lui, «par des réformes scélérates».

- Alain Refalo : Un grand désarroi règne chez les enseignants que les dernières réformes n’ont fait qu’accentuer. Ils ont le sentiment d’être méprisés, peu écoutés et en plus on ne leur fait pas confiance. La pression augmente avec la culture du résultat et de la performance qui est imposée par la hiérarchie. Alors que les difficultés auxquelles ils sont confrontés ne cessent de s’accroître, le gouvernement réduit drastiquement les moyens et supprime des dizaines de milliers de postes. Dans le primaire, l’esprit de compétition est en train de se distiller dans des dispositifs qui heurtent la conscience professionnelle de nombreux enseignants partagés entre résignation et révolte.

- Le mouvement de résistance pédagogique rassemble 3 000 enseignants-désobéisseurs sur les 380 000 en poste. Est-il un épiphénomène comme le cataloguent Xavier Darcos et son successeur Luc Chatel?

- Alain Refalo : 3 000 enseignants-désobéisseurs, c’est une minorité qui témoigne d’une forte résistance sur le terrain. 3 000 enseignants qui revendiquent leur désobéissance, ce sont plusieurs dizaines de milliers d’enseignants qui résistent aux réformes sans l’afficher trop ouvertement. Malgré les sanctions, ce mouvement qui a été largement soutenu par les parents de nos élèves, n’a pas faibli et se poursuit. Nous avons montré que notre détermination, motivée en conscience, était capable de déjouer une répression disproportionnée. D’autant que les tribunaux administratifs nous donnent systématiquement raison.

- Dans les nouveaux programmes, vous contestez l’instruction morale et civique et notamment l’apprentissage de la Marseillaise.

- Alain Refalo : Les auteurs de ces programmes avaient la nostalgie de la phrase de morale inscrite au tableau noir. Si l’amélioration du comportement des enfants tenait dans ces quelques maximes apprises par cœur, cela se saurait ! Nous préférons parler d’éducation citoyenne, d’éducation au vivre ensemble. Ce n’est pas l’étude en classe de la Marseillaise qui pose problème que d’apprendre aux élèves à la chanter comme un hymne sacré et immuable. Cela s’apparente à de l’embrigadement ! Il est essentiel de resituer ce chant dans son contexte guerrier, mais également de dénoncer tout qui dans ce chant légitime la haine et la violence. C’est faire œuvre utile pour l’avenir que d’apprendre aux élèves à faire preuve de discernement et de pensée, tant vis-à-vis des paroles de la Marseillaise que des lois de la République, comme le préconisait d’ailleurs le ministre de l’instruction publique Paul Bert, en 1882. C’est pourquoi je suggère que nous rendions un grand service à la Nation en proposant aux élèves de réécrire certaines paroles de l’hymne national pour en faire véritablement un hymne à la fraternité. Car dans ce monde malade de la violence, c’est bien de fraternité dont nous avons besoin.

- Pourquoi contestez-vous les évaluations nationales et que proposez-vous ?

- Alain Refalo : Les évaluations nationales, telles qu’elles sont conçues, incitent les enseignants à faire du bachotage, à préparer les élèves à passer des tests formatés et simplificateurs qui ne permettront pas de les aider dans leurs difficultés. Les résultats de ces évaluations seront publiés pour alimenter des statistiques et organiser la mise en concurrence des établissements scolaires. Faire passer ces évaluations qui portent sur l’ensemble du programme en milieu d’année est une aberration pédagogique. C’est mélanger l’évaluation bilan avec l’évaluation diagnostique. Un rapport parlementaire vient d’ailleurs de dénoncer cette inconséquence. Les évaluations doivent être au service des élèves, pour organiser des remédiations utiles et non pas pour stigmatiser et classer.

- Vous épinglez l’action décevante des syndicats d’enseignants, lesquels devraient, selon vous, revisiter leur logiciel de résistance.

- Alain Refalo : Ils sont en retard d’une bataille. Ils sont majoritairement restés sur le mythe de 1995 lorsque les grèves et les manifestations avaient fait reculer le gouvernement Juppé. Le pouvoir a su tirer les leçons de cet échec. Il sait faire face à des mouvements de grève et ne pas reculer. Les syndicats d’enseignants sont-ils prêts à neutraliser les réformes néfastes qui déconstruisent l’école publique ou bien vont-ils continuer à s’en accommoder tout en organisant de temps en temps des journées d’action ponctuelles et sans lendemain ? La résistance par la désobéissance apporte des pistes nouvelles d’action collective sur la manière d’organiser une pression permanente sur le pouvoir, tout en mettant en œuvre des alternatives constructives au service de tous les élèves. Ce qui rend cette action très populaire. Les syndicats devraient s’en inspirer.

- Dans votre livre, vous faites l’éloge de «l’insurrection des consciences qui vient».

- Alain Refalo
: C’est un clin d’œil à Xavier Darcos qui nous a accusés d’être manipulés par l’ultra-gauche, précisément en pleine affaire Julien Coupat ! Depuis plusieurs années, des citoyens s’engagent dans des actions de désobéissance civile, par exemple aux côtés des sans papiers et des exclus. Ces luttes contre les injustices sociales et économiques sont porteuses d’espérance. Lorsqu’un gouvernement abuse de son autorité, malmène la démocratie et les libertés publiques, l’insoumission collective non-violente m’apparaît comme la seule voie radicale, responsable et réaliste pour sortir de la «servitude volontaire» dans laquelle le pouvoir aimerait tant maintenir le peuple d’en bas. Face à la répression et la politique de la peur, la résistance non-violente est une exigence morale tout autant que politique.

Propos recueillis par Jean-Manuel Escarnot

http://www.libetoulouse.fr/

http://www.libetoulouse.fr/

«En conscience, je refuse d’obéir. Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école», Editions des Ilots de résistance, 256 p. Parution le 14 janvier. Prix : 16 euros

Plus d’infos sur : http://www.resistancepedagogique.org/site/

Aide aux élèves en grande difficulté : « À terme, les RASED n’existeront plus »

Mercredi 23 décembre 2009
 Qui supprime prime ! par Frédéric de Villamil

Qui supprime prime ! par Frédéric de Villamil

Les enseignants RASED viennent en aide aux enfants en grande difficulté. Les enseignants RASED viennent en aide aux enfants en grande difficulté.

Depuis l’an dernier et l’annonce de Xavier Darcos, alors ministre … de l’Éducation nationale, de supprimer 1 500 postes de RASED au niveau national, l’inquiétude prévaut dans les rangs des enseignants du premier degré et des parents d’élèves de Villeneuve-d’Ascq. Les RASED, pour Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté, sont sur la sellette : deux postes ont été « sédentarisés » cette année dans la circonscription sud, un poste vacant a été supprimé. D’après nos informations, « aucun changement pour l’heure » n’a été constaté dans la circonscription nord.

Pour les collègues enseignants, le rôle de ces professeurs RASED est prépondérant. Ils interviennent dans la classe, font progresser les élèves par petit groupe pendant une heure ou plus. Quand l’enseignant titulaire ne peut, pendant ses cours, consacrer « qu’un quart d’heure » à ses enfants en grande difficulté. « Les autres ont aussi besoin d’attention » et, hélas, le don d’ubiquité ne s’enseigne pas encore dans les IUFM.

« C’est sûr que si notre poste RASED disparaît, cela ne va pas être simple. Son travail est indispensable », confie un directeur d’école villeneuvois qui ne souhaite pas en dire plus, « devoir de réserve » oblige.

Qui pour les remplacer ?

« Pour l’instant, l’enseignante est toujours là, tant mieux, on ne va pas s’en plaindre ! », lance un autre chef d’établissement villeneuvois. La nouvelle carte scolaire, qui sera tracée dans les prochains mois, devra définir le redéploiement, la suppression ou la sédentarisation des postes d’enseignants chargés du soutien des élèves en grande difficulté. « Cette année, Villeneuve-d’Ascq a été privilégiée,estime une enseignante. Le pire est à venir. La prochaine rentrée : c’est là où l’on devrait sentir les effets de cette réforme. » Pour cette institutrice pas de doute : « À terme, les RASED n’existeront plus ».

Qui pour les remplacer alors ? Qui pour suivre ou aider les enfants en grande difficulté ? Les professeurs des écoles. « Les collègues ne laisseront pas tomber les élèves en difficulté », insiste une enseignante RASED. D’ores et déjà, du soutien, dispensé par les professeurs des écoles, a été mis en place après les cours.
« Les élèves en difficulté décrochent »

Mais, pour les enfants, ces heures s’additionnent à leur journée de cours (quand les enseignantes RASED intervenaient pendant la classe). « Les élèves en grande difficulté sont plus fatigués, plus “fatigables”, et ont un temps de concentration plus faible. On leur demande de travailler plus alors que déjà, en classe, ils décrochent. » Un enseignant nuance : « Après les cours, on peut travailler les apprentissages. En revanche, pour le comportement (la concentration, la relation avec les autres), c’est plus compliqué pour ces élèves qui ont déjà du mal à rester attentifs en classe. » Enfin, quels que soient leur qualité et leur professionnalisme, les enseignants « classiques » n’ont pas suivi la formation spécifique, dispensée pendant un an aux maîtres et maîtresses des RASED.

Source : Article écrit par : S. CH pour VDN

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Seclin/actualite/Secteur_Seclin/2009/11/27/article_aide-aux-eleves-en-grande-difficulte-a.shtml

Non résistance au fric bourgeois : “Rased Charity Business” à l’école de Verteuil sur Charente

Samedi 19 décembre 2009

Le Rotary club de Ruffec a décidé de participer au combat contre l’illettrisme avec le réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (Rased) travaillant à l’école de Verteuil-sur-Charente. Une réunion vient d’avoir lieu en présence de Stéphan Brunie, inspecteur de l’Education nationale de Confolens, d’Isabelle Provost membre du Rased, des enseignants, de la municipalité et des parents d’élèves.

«C’est avec plaisir que nous apportons notre soutien en finançant des supports pédagogiques au Rased de Verteuil. Nous avons constaté que dans de nombreuses écoles, des élèves ont des difficultés liées à la lecture et arrivent au collège avec des lacunes. C’est le risque d’un handicap important tout au long de leur vie», a expliqué Alain Barbou, président du Rotary club de Ruffec (1).

Financer les outils appropriés

«Nous avons mené, avec mon collègue Christian Puddu, un travail de réflexion sur les nouvelles approches et les outils mis à la disposition des enseignants. Ce travail nous a conduits à faire un choix sur les matériels nécessaires paraissant répondre à notre mission. La participation du Rotary club arrive à un moment particulièrement opportun», a souligné Isabelle Provost…

Suite de l’article : “charente libre

Inquiétudes sur les aides aux élèves

Samedi 12 décembre 2009
 Let the children play par elielid

Let the children play par elielid

Cinq syndicats de l’Education nationale et les associations de parents FCPE et Peep ont adressé aujourd’hui une lettre ouverte au ministre de l’Education, Luc Chatel, pour lui faire part de leurs inquiétudes à l’égard des personnels chargés d’aider les élèves en très grande difficulté.

La lettre est signée par le Snuipp, SE-Unsa Sgen-CFDT, Snudi-FO et CGT Educ’Action, qui représentent au total près de 85% des enseignants du public du premier degré.
Trois associations représentant ces enseignants spécialisés, l’Association française des psychologues de l’éducation (Afpen), la Fname et la Fnaren, se sont jointes à l’appel.

Ils demandent une audience au ministre pour “exiger que les dispositifs d’aides spécialisées aient les moyens de poursuivre leur mission pour la réussite de tous les enfants à l’école”, indiquent-ils dans un communiqué commun.

Leur inquiétude porte sur la pérennisation des Rased (Réseau d’aide spécialisé aux enfants en difficulté), des équipes composées d’un psychologue, d’un rééducateur en psycho-motricité et d’un enseignant spécialisé, qui viennent en aide à des enfants en grande difficulté, souffrant parfois de difficultés familiales ou psychologiques.

Ils demandent le maintien de tous ces postes de Rased alors que 3.000 d’entre eux ont été supprimés dans le budget 2009.

L’identité nationale : un vieux mythe et une vieille question jamais réglée à gauche

Samedi 12 décembre 2009
identité nationale : cest quoi...

identité nationale : c'est quoi...

(Ce texte reproduit une intervention orale dans le cadre d’une discussion organisée par le Collectif anarchiste des Alpes maritimes CAAAM le 11 décembre 2009, à Nice)

On ne peut nier que cette question intéresse ou en tout cas concerne directement un certain nombre de travailleurs, à commencer par les 3,5 millions d’« étrangers » qui vivent en France et se demandent à quelle sauce l’Etat français va prochainement les manger ! Ce débat concerne tous ceux qui vivent dans d’autres pays et qui ont de la famille en France, et qui projettent de venir étudier, travailler ou vivre ici pendant un moment. Ce débat concerne aussi les enfants, les ados, les jeunes qui ont de la famille dans au moins deux pays différents et qu’on somme aujourd’hui de choisir entre leur prétendue « identité nationale française » et une autre prétendue « identité nationale ». C’est le fameux et sinistre : « Tu aimes la France, ou tu la quittes. »

Mon exposé va être plutôt historique. En effet je crois que si l’on ignore et le contexte historique français sur la longue duré et le contexte européen actuel de la discussion sur l’identité nationale, on est condamné à répéter pendant des années le même argumentaire que depuis 1944 : Vichy revient, De Gaulle c’est le fascisme, Giscard c’est le pétainisme, Sarkozy c’est Vichy 2 et autres absurdités.

Je vais plutôt tenter de montrer comment on peut se saisir de ce débat truqué, à condition d’en refuser les termes et d’envisager la question dans une perspective tout à fait différente.

Pour cela je vais vous proposer 6 hypothèses de façon très résumée.

1. Les questions de l’identité nationale et de l’immigration sont étroitement liées en France pour des raisons qui tiennent à l’histoire particulière du capitalisme et de l’Etat français.

La France est restée un pays de paysans, et de petits propriétaires, beaucoup plus longtemps que ses voisins européens les plus développés. En effet, il faudra attendre 1931 pour que les deux populations (urbaine et rurale) s’équilibrent et l’année 1954 pour que la France devienne un pays majoritairement urbain. Cette situation s’explique à la fois par un calcul politique des classes dominantes et par une farouche résistance de la paysannerie française face à l’industrialisation. Les gouvernements du Second Empire puis de la Troisième République ont voulu s’appuyer sur une masse de petits propriétaires paysans. Ils ont en effet voulu éviter à tout prix les conséquences sociales et politiques d’un exode rural massif, comme celui qui s’est produit en Angleterre par exemple. Pour cela ils ont d’abord massivement « importé » de la main-d’œuvre étrangère qualifiée (des artisans suisses, belges, allemands, anglais au XIXe siècle). Puis ils ont fait venir des travailleurs non qualifiés ou peu qualifiés : en Europe, les Italiens, Polonais, Espagnols et enfin les Portugais après la Seconde Guerre mondiale ; en Afrique, les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, les Maliens, les Sénégalais, etc ; en Asie, principalement les Chinois et les Vietnamiens. Au Moyen Orient : les Turcs. La présence d’une main-d’œuvre étrangère importante sur le territoire français a donc fait débat dès la fin du XIXe siècle.

Dans ces débats, on a délibérément négligé plusieurs phénomènes importants

- comme je l’ai déjà dit, l’ « importation » de main-d’œuvre étrangère a empêché un exode rural massif, et a permis à la paysannerie française de survivre presque un siècle de plus,

- l’immigration a permis à une bonne partie des fils de paysans, plutôt que de devenir des ouvriers non qualifiés dans l’industrie, de devenir employés, petits fonctionnaires ou instituteurs ;

- dans les usines elles-mêmes, l’immigration a permis à une partie des ouvriers français de tenir les postes les plus qualifiés et de grimper un peu dans la hiérarchie de l’usine, d’accéder à des postes de contremaître ou de chef d’équipe ; l’immigration a permis à leurs enfants d’avoir davantage de chances de devenir employés, fonctionnaires, professeurs, etc.

Pour simplifier, c’est autant la présence d’une main-d’œuvre étrangère non qualifiée que le développement de l’industrie (et, ce qui va avec, le développement de l’instruction publique), qui ont permis à beaucoup de Franco-Français de vivre mieux que leurs parents ou que leurs grands-parents, ouvriers ou paysans.

2. C’est parce qu’une main-d’œuvre étrangère importante vit et travaille en France depuis longtemps que le débat sur l’identité nationale est récurrent depuis au moins les débuts de la Troisième République, soit 1870
.

Ce débat a évidemment pris une tournure particulière parce que la France disposait d’un empire colonial. À la xénophobie anti-allemande ou anti-italienne, est venu s’ajouter le racisme anti-arabe ou anti-africain, ou anti-asiatique. Bien sûr, le discours colonial républicain a toujours prétendu assimiler complètement les personnes dites « étrangères », à partir de considérations très universalistes. Son objectif était d’élever, dans tous les sens du terme, les « indigènes » dans le respect des valeurs républicaines.

Aujourd’hui l’UMP et Sarkozy oscillent entre une politique d’intégration traditionnelle (la politique assimilationniste prônée par la droite et la gauche républicaines) et une politique plus proche du multiculturalisme anglosaxon.

Quant aux bagarres politiques et juridiques pour définir qui est français et qui ne l’est pas, qui a le droit de travailler ou de vivre en France, au bout de combien d’années un étranger naturalisé peut devenir fonctionnaire, ces discussions ne datent pas de la présidentielle de 2007. Elles sont récurrentes depuis le XIXe siècle et elles n’ont jamais vu les syndicats et partis de gauche défendre une position clairement antinationaliste et encore moins anationaliste. Il suffit de mentionner la question de la préférence nationale dans la fonction publique ou du droit de vote des étrangers, pour l’illustrer.

Ceux qui ont le plus réfléchi aux critères permettant de définir la prétendue « identité nationale », ceux qui ont écrit et pensé toutes les lois et circulaires entre 1870 et 1940, durant toute la Troisième République, ce ne sont pas des politiciens de droite ou d’extrême droite, les antisémites et les nationalistes de l’Action française, par exemple. Ce sont des universitaires, des juristes, des économistes ou des démographes, tous bons républicains de gauche ou radicaux (au sens du Parti radical, on dirait des centristes aujourd’hui, sans la connotation chrétienne). Ce sont ces gens-là qui ont établi les critères de la nationalité et de la naturalisation de 1870 à 1940. Bien avant Pétain donc. Et sans que la gauche et les syndicats mènent un combat frontal contre leur définition de la nationalité ou leurs critères de naturalisation.

3. Le fichage et le flicage des “étrangers” sont toujours allés de pair avec des débats parlementaires sur l’identité nationale pendant le XIXe siècle et le XXe siècle. Ils sont allés de pair aussi avec de multiples lois et circulaires répressives – bien avant le CESEDA, ce code du séjour des “étrangers” qui a été voté en 2006.

Dès les années 20 l’Etat français était un modèle de répression des “étrangers” pour tous les États du monde capitaliste occidental. À l’époque, des responsables des services américains de l’immigration sont venus étudier à Paris le système de fichage de la population étrangère mis au point par la préfecture de police, fichage exemplaire à une période où n’existaient pas encore les ordinateurs et les empreintes génétiques.

Et le préfet de police de Paris tenait tellement à ces fiches qu’en 1940 il chargea ces centaines de milliers de fiches dans des péniches qui heureusement coulèrent, ce qui fait que les Allemands renoncèrent à les exploiter, vu leur mauvais état.

Le fichage des citoyens et des “étrangers” est donc une tradition « nationale », bien française, de tous les régimes politiques républicains depuis 1870, et bien antérieure à Sarkozy. La discussion sur ce que sont les fameuses et les fumeuses « valeurs républicaines » qui fonderaient la prétendue « identité nationale française » a plus d’un siècle. Et dans cette discussion il y a toujours eu beaucoup plus de convergences entre la droite et la gauche, que de divergences.

4. Derrière la discussion sur l’identité nationale pointe une peur récurrente d’une « invasion » étrangère, clandestine ou pas, et cette peur a été créée par un facteur très concret : la baisse de la natalité. Cette peur agite les politiciens depuis que les démographes ont découvert, à la fin du XIXe siècle, que les paysans français puis les ouvriers pratiquaient la contraception et la limitation volontaire des naissances bien avant l’apparition de la pilule ou des distributeurs de préservatifs.

Après la défaite de 1870 et face à la rivalité avec l’Allemagne, c’est cette baisse de la natalité qui a poussé les hommes politiques français à faciliter les conditions de séjour, puis de naturalisation des “étrangers”. Entre les deux guerres, cette peur de l’”étranger” a persisté, avec des tendances contradictoires : d’un côté, le patronat voulait continuer à « importer » de la main-d’œuvre surtout après la saignée considérable provoquée par la Première Guerre mondiale ; mais, de l’autre côté, l’Etat français voulait contrôler ce qu’il appelait les « flux migratoires » afin de pouvoir se servir encore une fois des “étrangers” comme boucs émissaires face à la crise et de les précariser au maximum.

Après la Seconde Guerre mondiale on a de nouveau ouvert les frontières, pour les refermer à partir de 1974. En période de crise économique, le débat sur l’identité nationale, avec sa composante démographique cachée, revient sur le devant de la scène politique, en période de prospérité il recule. Mais derrière ce débat, il y a toujours la peur d’une baisse démographique qui « noierait » la fameuse et fumeuse identité française sous un tsunami d’étrangers « barbares ».

5. La discussion sur l’identité nationale plonge ses racines dans l’histoire politique et sociale de la France, comme j’ai essayé de le montrer très rapidement dans les points précédents.

Quand Sarkozy a annoncé la création d’un ministère de l’Identité nationale, on ne peut pas dire que la gauche et l’extrême gauche se soient tellement mobilisées. Pour ce qui concerne la gauche, c’est un peu normal car un chevènementiste comme Max Gallo, un gaulliste comme Henri Guaino ou un socialiste comme Eric Besson ont beaucoup de choses en commun. Et tous les trois sont des proches de l’actuel Président. En gros, Sarkozy a fait appel à certains éléments de la gauche nationaliste, souverainiste, pour mettre en place son idéologie. Aujourd’hui ce discours chauvin, type Troisième république, ne provient pas des rangs de la droite mais bien de ceux de la gauche, et il révèle les liens troublants que la gauche entretient et a toujours entrenus avec le nationalisme. C’est d’ailleurs pourquoi la gauche refuse de discuter de l’identité nationale car elle est incapable de la dénoncer comme une fumisterie et s’accroche encore au fantasme d’une bonne « nation ».

De plus, si l’on tient à repérer les origines plus récentes de ce débat, l’initiative ne vient pas du tout de l’UMP française mais des chrétiens-démocrates allemands.

Ce n’est sans doute pas un hasard si ce débat a commencé en Allemagne : cela semble logique lorsque deux Etats (la RFA et la RDA) qui s’étaient combattus idéologiquement pendant 50 ans se réunifient brusquement. Le nationalisme allemand a pris une nouvelle vigueur, après avoir adopté un profil bas pendant presque un demi-siècle, à cause du nazisme. Mais surtout la chute de l’empire soviétique, la fin des blocs, a provoqué une remise en question du rôle de l’Europe à l’échelle mondiale, et aussi des rapports de force entre chaque État européen, donc un regain des nationalismes.

Comme je le disais, ce sont les chrétiens-démocrates allemands qui ont lancé la discussion sur l’identité nationale dans leur pays il y a une quinzaine d’années, puis qui l’ont exportée aux Pays-Bas avec un grand succès. En Hollande ce débat a renforcé le courant national-populiste et poussé le Parlement néerlandais à revenir sur la politique dite du multiculturalisme qu’il prônait et pratiquait depuis des années.

Cette discussion internationale sur l’identité de chaque pays européen est donc liée aux transformations que connaît l’Europe ; à la fin de la guerre froide, et aux effets de plus en plus évidents de la mondialisation sur ce continent.

Si l’on veut comprendre la discussion sur l’identité nationale en France, il faut donc la resituer dans le cadre de débats qui traversent tous les pays européens. En ce moment, en Espagne, il y a par exemple une discussion sur le fait de savoir si la Cour constitutionnelle de l’Etat espagnol a le droit de se prononcer sur les résultats positifs d’un référendum où les Catalans ont décidé, entre autres, qu’il existait une nation catalane distincte des nations ou nationalités basque, castillane, etc.

La discussion sur l’identité nationale essaie de manipuler trois sortes de peurs provoquées par trois phénomènes qui concernent tous les pays d’Europe, même si ce n’est pas dans les mêmes proportions.

a) la présence sur le territoire européen d’une dizaine de millions de travailleurs dits « extracommunautaires », ou « allochtones », en clair Africains, des Asiatiques, Turcs et Latino-Américains. Ces travailleurs ont l’intention de s’installer en Europe et plusieurs millions d’entre eux ont acquis ou vont acquérir la nationalité européenne. Il faut ajouter à ces 10 millions d’ « extra communautaires » une douzaine de millions d’Européens qui ne vivent et ne travaillent pas dans leur pays d’origine. 22 millions sur 450 millions d’habitants cela ne représente pas un grand pourcentage de la population européenne totale, mais suffisamment pour être l’objet de toutes sortes de manipulations politiques et de peurs irrationnelles. À moins de prétendre qu’il y ait des millions de travailleurs clandestins, ce que ne se privent pas de dire la droite et l’extrême droite.

b) l’Union européenne est en train de s’engager dans un projet d’Europe fédérale dont on ignore s’il se réalisera un jour et quelle forme il prendra, mais dont on sait déjà qu’il remet en cause le pouvoir et les attributions de chaque Etat. La construction de l’Union européenne ravive toutes sortes de peurs nationales voire régionales (cf. La Ligue du Nord, mais aussi les partis nationalistes catalan, basque, écossais, flamand, etc.), qui sont exploitées par les partis conservateurs et d’extrême droite ;

c) Depuis le premier choc pétrolier d’octobre 1973, une série de crises économiques rapprochées a abouti à des restructurations, à la création de nouvelles entreprises internationales ou transnationales, à des licenciements de masse, à une montée du chômage, à la disparition de secteurs économiques entiers (mines, textile, sidérurgie, chantiers navals, etc.), à la vente ou au démantèlement d’entreprises publiques à des transnationales, etc. Cette crise, ces crises donnent l’occasion à tous les partis conservateurs de se servir des « étrangers » comme boucs émissaires. Et cette crise gêne considérablement les partis et syndicats de gauche.

6. Dernière hypothèse. Les réactionnaires, quand ils sont habiles, ne se déclarent plus ouvertement racistes, ils n’avancent plus ouvertement le discours sur la supériorité des races. Ils vantent la défense des cultures nationales ou ethniques, des nations, voire même des « peuples premiers », c’est-à-dire les Indiens d’Amazonie ou les aborigènes d’Australie. Si l’on ne combat pas les réactionnaires sur ces terrains-là aussi, alors leurs idées pollueront de plus en plus toutes les discussions politiques. Et elles le font déjà.

Les courants les plus « subtils » de l’extrême droite et de la droite sont parfaitement capables de louer l’originalité de la culture malienne, turque, ou chinoise, ou même arabo-musulmane, tant que les porteurs de ces fameuses « cultures » nationalistes restent dans leurs pays d’origine.

Les réactionnaires sont présents et actifs dans les mouvements altermondialistes et écologistes, ils récupèrent leurs thèmes et parfois leurs thèses ; ils empruntent une partie de son vocabulaire à la gauche ou à l’extrême gauche ; ils se présentent comme multiculturalistes ou comme hostiles à l’impérialisme américain, ou comme anti-libéraux.

Quant à la droite sarkozyste elle nous donne le tournis : un jour elle nous parle de « multiculturalisme », le lendemain des « racines chrétiennes de la France » et le surlendemain elle dénonce « l’islamophobie » puis « l’islamisme ». Face à une telle confusion, il n’est pas évident de se repérer, d’avoir des positions claires.

En tout cas, il faut commencer au moins par se mettre d’accord sur quelques définitions :

Je vais prendre trois notions et leurs définitions d’après le Robert, et essayer de souligner leurs limites, pour ne pas dire leur caractère politiquement dangereux.

-  Identité : « le fait pour une personne d’être tel individu et de pouvoir être également reconnue pour tel sans nulle confusion grâce aux éléments (état civil, signalement) qui l’individualisent » ou bien ces éléments : état civil+signalement. »

-  L’identité se réduirait à l’apparence physique (ce que le dictionnaire appelle pudiquement le « signalement », et qui peut ouvrir la porte à un fichage ethnique comme c’est le cas aux Etats-Unis sur les passeports) et à la possession d’une carte d’identité, qui (elle) est une question purement juridique et administrative. On me permettra de douter qu’un individu puisse se réduire à ces éléments matériels-là, même s’ils sont très utiles pour la police et la justice, pour ficher les individus ou pour définir leurs droits (si l’on admet que le titulaire d’une carte d’identité ne doit pas avoir les mêmes droits qu’un non-titulaire).
-
-  Nation : « groupe humain constituant une communauté politique établie sur un territoire défini et personnifié par une autorité souveraine ».
-
-  Cette définition n’est pas plus satisfaisante. Car il existe des Etats sans nation unique (la Suisse, le Royaume uni et l’Espagne), des nations sans Etat unique (les Kurdes, par exemple) et même des nations (des « peuples ») qui ne veulent surtout pas d’Etat (les Roms).

-  La définition juridique fournie par le dico n’est pas meilleure car elle indique que la nation serait une « personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l’Etat ». Cette définition implique que si le chef d’un État dit démocratique prend une décision (par exemple si Bush envoie des troupes en Irak, ou Sarkozy décide d’intervenir en Afghanistan) tous les individus citoyens de cet État, membres donc de cet Etat, sont engagés par sa décision, puisqu’ils ne forment qu’un avec le Président qui représente la Nation.

-  On voit que derrière la neutralité apparente des mots, il s’agit d’obliger les individus à respecter l’ « autorité souveraine » d’un Etat, et à taire ou à minimiser ce qui différencie ou caractérise chacun de nous.

-  Culture : « ensemble des aspects intellectuels d’une civilisation ». Cette définition ne nous apprend rien et est même plutôt inquiétante car quand on va voir le mot « civilisation » le dictionnaire nous indique d’abord qu’il s’agirait de l’« ensemble des caractères communs aux vastes sociétés les plus évoluées » …. Vous avez bien entendu, « vastes » et « les plus évoluées ». Un peu plus loin, le dictionnaire précise que la culture désigne les « phénomènes sociaux, religieux, moraux, esthétiques, scientifiques, techniques propres à une grande société ou à un groupe de sociétés ». Mais cette définition exclut ele aussi les petits « peuples » (encore un terme piégé !), disons les petites sociétés humaines, ou celles dont l’histoire n’a pas eu un rayonnement international ou universel.

-  Qu’il s’agisse de l’identité, de la nation, du peuple ou de la culture, tous ces termes sont piégés. On peut bien sûr s’en servir mais avec beaucoup de précautions car, si nous prétendons changer radicalement la société, nous pouvons difficilement nous servir de ces mots sans être prisonniers des sens qu’ils véhiculent.

-  En effet, ils ont surtout pour fonction de mettre tous les individus dans le même sac. Ils servent à nous faire oublier qu’un ouvrier basque n’a pas les mêmes intérêts que son patron basque ; qu’un travailleur sans-papiers chinois n’a pas les mêmes intérêts que son marchand de sommeil chinois ; que le fait d’avoir la même carte d’identité qu’un flic ou un militaire français ne m’oblige pas à le respecter au nom d’une prétendue « citoyenneté » commune, ni à croire que la police est faite pour protéger les braves gens ou que l’armée est faite pour défendre la « démocratie » en Afghanistan.

-  Tout ce qui aboutit à une quelconque union ou paix entre les classes, à une union nationale, au bénéfice d’un Etat freine et dévoie toujours les luttes des travailleurs. En ce moment, en France, comme dans le reste de l’Europe, on remarque un inquiétant durcissement à droite avec ce thème de la prétendue identité nationale. Mais on constate aussi qu’il est relayé par la gauche nationaliste, souverainiste, voire altermondialiste. Il n’y a pas un bon et un mauvais nationalisme. Tous les nationalismes sont mortifères.

-  Cette montée du nationalisme qu’il soit purement français ou qu’il soit européen doit nous alerter, nous mobiliser et nous inciter à développer un solide argumentaire que, j’espère, nous évoquerons au cours de la discussion.

Y.C. (10/12/2009)

Suite de l’article sur le site : http://www.mondialisme.org/

Une façon particulière d’expliquer le massacre de Gaza par “Le Petit Quotidien”

Mardi 10 novembre 2009

 Gazza children are still crying par Mo7amaD

Gazza children are still crying par Mo7amaD

Publié le 6-11-2009

La propagande se glisse partout, y compris là où on ne l’attendrait pas, et c’est particulièrement scandaleux quand on essaie d’intoxiquer des enfants du primaire, en misant sur la confiance des parents. Qui se méfierait du journal “Le Petit Quotidien”, réservé aux 6-10 ans, et spécialisé dans les histoires de dinosaures et autres animaux ? Et pourtant…

Ces éditions pour enfants qui existent depuis 1985, proposent au sein des écoles, par le biais des chefs d’établissements ou des enseignants, des abonnements à “un quotidien amusant pour s’habituer à lire un peu chaque jour”, ont commis une “fiche découverte” scandaleuse sur les bombardements israéliens contre Gaza.

Nous découvrons en effet que le 8 janvier dernier, c’est à dire au plus fort des massacres israéliens de la population civile gazaouie, les Editions Playbac, prenaient l’initiative de consacrer une “fiche découverte” à cet événement.

Et que peut-on y lire ?

Tout d’abord : “Un pays appelé Israël est de nouveau attaqué par de petites bombes envoyées par le Hamas ” !!! Et que : ” Fin décembre, Israël a répondu à ces attaques “.

Résultat : “De nombreux civils, dont des enfants ont été tués ou blessés dans ces combats”

Quels civils ? Quels enfants ? Quels combats ? Nos chères têtes blondes et brunes ne le sauront jamais.

Mais “Le petit Quotidien” pose la question : “Pourquoi sont-ils ennemis ?” et y répond en conseillant notamment de “relire aussi la fiche sur les camps d’extermination où des millions de juifs ont été tués durant la seconde guerre mondiale” !!!

Nos enfants (les 6-10 ans) découvriront aussi par la même occasion à propos de la Palestine que “deux peuples y vivent depuis des siècles. Mais ne cherchez pas les mots “occupés” ou “occupation” : ils n’existent pas. Les fiches “découverte” ne sont pas faites pour cela, apparemment.

En conclusion : “Dès 1948, la guerre éclate entre les deux peuples. Depuis, ils n’ont jamais respecté le partage et se battent”

Certes le partage n’a pas vraiment été respecté : Israël a annexé plus de 80 % des terres palestiniennes à ce jour, et occupe le reste !

Mais comment peut-on accepter que l’on vienne laver le cerveau des enfants de cette manière ?

Les éditions Playbac se vantent sur leur site ( www.playbac.fr ) “d’expliquer l’actualité à vos enfants” et de “n’utiliser que des informations totalement fiables ou valorisant le doute quand il subsiste”.

Interrogé par téléphone, le service Relations Clients-Abonnements, affirme au demeurant que le quotidien destiné au 6-10 ans “parle exclusivement d’animaux”.

C’est pourquoi, il nous semble impératif que vous interpelliez la Directrice Générale des Editions, Mme Anne-Lous PLANTINGA : 01 53 01 24 57 ou al.plantinga@playbac.fr pour protester contre ce bourrage de jeunes crânes.

Et bien entendu que vous désabonniez vos enfants de ce journal mensonger.

Playbac Editions Spéciales : 14 bis rue des Minimes. 75140 Paris cedex 03 (01 53 01 24 74.. Service clients : lepetitquotidien@cba.fr. Tel de la rédaction : 01 53 01 23 60

CAPJPO-EuroPalestine : http://www.europalestine.com/