Archive pour la catégorie ‘Non classé’

J’invite l’ensemble des directeurs d’écoles primaires…

Jeudi 4 février 2010


Le flicage Base eleve 1/2
envoyé par AtoumX2. - L’actualité du moment en vidéo.

Par la présente je tiens à informer les collectifs et citoyens de la coordination nationale des faits suivants :

Le 2 février 2010, au commissariat de police, j’ai porté plainte contre le directeur de l’école élémentaire dans laquelle sont scolarisés mes enfants. Cette plainte nominative vise sa collaboration à la collecte d’informations Base Élèves qui, selon toute vraisemblance, s’effectue dans la plus grande illégalité.

Malgré mes mises en gardes répétées à ce sujet, celui-ci préfère suivre les injonctions de sa hiérarchie plutôt que de respecter la loi. Il préfère collaborer à une collecte illégale d’informations plutôt que de prendre le risque d’une sanction disciplinaire. C’en est assez !!!

Peut-être ne sait-il pas que pour de tels faits le législateur sanctionne jusqu’à 300 000 euros d’amende et 5 ans de prison. Il convient donc de le lui rappeler.

Mais aussi, et surtout, il faut stopper cette machine infernale ! Afin de ne pas collaborer à la chasse aux enfants migrants, afin de protéger tous les enfants de France d’une utilisation frauduleuse et stigmatisante de leurs données, afin de leur éviter le fardeau inhumain d’un traçage permanent et informatisé - parce que nos gosses sont un trésor et non une crainte à domestiquer ! Afin de ne jamais les réduire à des objets, fussent-ils des objets d’analyses et d’essais dont les commanditaires portent le masque du progrès, afin de respecter le libre-arbitre, et parce que nos enfants incarnent la beauté et l’avenir, j’invite l’ensemble des directeurs d’écoles primaires de France à cesser immédiatement de prêter leur concours au renseignement de cette base de données.

Ceux qui le souhaitent pourront rejoindre le Collectif National de Résistance à Base Élèves qui saura les conseiller et les protéger contre les sanctions éventuelles de leur hiérarchie.

Et, si au lieu de quelques centaines, ils étaient des milliers ?


Qui songerait alors à les sanctionner ???


Cependant ils continueraient dignement, dans leurs écoles, à satisfaire à l’exigence de leurs missions.


J’encourage également les enseignants et directeurs en résistance pédagogique à se soutenir et à s’unir, de même qu’à porter plainte contre leurs supérieurs hiérarchiques lorsque ceux-ci exercent sur eux des pressions morales ou financières visiblement contraires à la loi.

Nous sommes dans un pays de droit !

N’attendons pas que l’ensemble de l’éducation nationale soit corrompu et managé comme un nouveau France Telecom !

Ne laissons pas enfants et enseignants payer cette folie de leur vie. Réagissons ! Ici et maintenant.


Le flicage Base eleve 2/2
envoyé par AtoumX2. - L’info internationale vidéo.

Billet de (Mauvaise) humeur

Lundi 25 janvier 2010
 Mauvaise Humeur par pedrouchkai

Mauvaise Humeur par pedrouchkai

En novembre, je me souviens d’un mail dans lequel je notais que le projet de loi de finances pour 2010 « oubliait » de mentionner les options E et G  parmi les formations spécialisées proposées aux enseignants du 1° degré.

Je pensais que cela signifiait clairement et simplement la volonté de mettre définitivement fin aux RASED. Je devais me tromper puisque –malgré la mobilisation des personnels des RASED l’an dernier- cet email n’a globalement provoqué aucune réaction.

Pourtant, dans le Pas de Calais, seulement 4 enseignant-e-s pourront partir en formation option E (en 2010/2011). Même au pays de Oui-Oui, il est difficile d’y voir une volonté de développement des RASED.

Combien de départs en formation pour l’option G ?  Au niveau national, la généreuse loterie permettrait à UNE personne (dans l’Yonne semble-t-il) de partir en formation…

Même au pays de Oui-Oui…etc. etc.…

Mais bon…la mobilisation lors de la journée du 21 janvier semble indiquer qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Pourtant, j’avais la sensation que les gilets jaunes étaient devenus des gilets noirs…sauf que le noir en question n’était pas celui d’une révolte mais celui d’un enterrement. (Petite satisfaction tout de même en entendant l’Internationale qui jaillissait de la sono du fourgon Solidaires à l’arrivée de la manif!! On se console comme on peut…)

Il est vrai que l’atonie syndicale actuelle et la sous-médiatisation des luttes qui existent ne sont pas des facteurs de mobilisation.

(En 2008) dés le mois de décembre, chacun-e était informé-e, préparé-e, mobilisé-e pour la journée d’action du 29 janvier 2009. Un an plus tard, coup de froid. Combien de regards étonnés, ébahis et même agacés de la part de collègues (syndiqué-e-s ou non)  à qui…j’apprends cette journée d’action. (« pourquoi y’a grève ?… »).

A de rares exceptions près, je n’ai pas entendu beaucoup de personnalités politiques (dites d’op-position) appeler à la mobilisation pour cette journée du 21 janvier. Certains estiment même « que le lycée coûte cher », et d’autre(s ?) au sujet des retraites « qu’on doit certainement aller vers 61 ou 62 ans ». Sans doute une volonté de rassemblement…

Cerise sur le gâteau, la Une du Parisien (Aujourd’hui en province) du 20 janvier (veille de la grève) consacrée aux Profs absents !!! Traduisez : « Ces fainéant-e-s de fonctionnaires privilégiés n’en foutent pas une ramée et en plus, demain i’ font grève ». Plus c’est gros, plus ça passe. Il serait temps que l’actionnaire mette fin aux pratiques de ces journalistes irresponsables…

Mais, on doit reconnaître qu’en termes de lutte, une journée de grève, sans lendemain, sans réels objectifs de luttes, ne pouvait aboutir qu’à un flop retentissant. Objectif atteint !

(22 janvier, autre cerise sur le gâteau…Conversations avec des collègues. « Hier, la mobilisation, c’était pas terrible hein…c’est triste…Enfin moi, j’ai pas fait grève… ».)

Au soir du 21 janvier, coup de fil de ma mère (pas franchement une ultra, mais franchement française…)…elle vient « d’apprendre » par la télé d’son maître qu’il y avait grève ce jour.

« alors, t’as travaillé aujourd’hui ? ». Traduction : « fainéant, comme t’étais en grève t’as rien foutu. ». Comme beaucoup d’autres, elle reste persuadée que je serai payé.

Et, la question qui tue : « alors, vous allez être augmentés ? ». Traduction : quand les fainéants font grève, c’est uniquement parce qu’ils veulent une augmentation de salaire.

Je ne pense pas qu’elle soit la seule à s’accrocher à ces schémas de « pensée ».

Il existe cependant un autre schéma de pensée (unique) : celui qui laisse croire qu’il suffit de se battre pour des postes (ou un budget). Se battre pour des postes ne conduit qu’à une individualisation des combats et les rend forcément stériles. Se battre pour garder son / des  poste(s) revient à s’attaquer à symptôme et uniquement à un symptôme. Ignorons-nous encore que ce qui se joue –encore qu’il ne s’agisse pas d’un jeu- c’est la fin des services publics au profit d’une logique ultra-libérale ?

Petits éléments réjouissants au pays de Oui-Oui :

A la veille de l’annonce des mesures de cartes scolaires, certain-e-s directeurs & directrices se voient fermement rappeler leur devoir de réserve par leur IEN. En d’autres termes, pas de commentaires, pas de vagues, pas d’actions, pas de déclarations.  (Est-il utile de rappeler leurs tentatives d’imposer les lettres de missions pour les personnels RASED ? ça le sera peut-être en fin d’année scolaire…).

Difficile de ne pas faire le lien avec la mise à pied de Gilles Lehmann, enseignant de CM2, signataire de l’appel des 200 au sujet des « évaluations » CM2

CAPES 2010. Lors de l’épreuve orale, les futurs profs devront présenter un exposé de 10 minutes sur le thème : «Agir en fonctionnaire de l’Etat de façon éthique et responsable. »

Quelques réactions tout de même : SNES : « cet exercice n’a qu’un but : mesurer la servilité des nouveaux professeurs » ; FSU qui compare cette épreuve au « serment des fonctionnaires » à l’époque du maréchal (celui de 1940…). (Source : Marianne n° 666.)

Suite à un…accident mortel dont est victime un ouvrier dans une usine de transport d’engrais, réaction de la direction : « Vu la situation de crise, on ne peut pas faire de travaux, il faut produire dés qu’on peut. Pour le reste, on verra après. » (Source : CQFD n° 74.)

Dans un édito des Echos, M Vittori nous apprend « qu’une entreprise doit chercher à renforcer sa compétitivité avant de sauver des emplois ». (Source : Marianne n° 666.)

Et moi, qui, pauvre naïf idéaliste, imagine que les chefs d’entreprises seraient rémunérés en fonctions des emplois décents qu’ils auraient créés, que ces pédégés seraient révocables par les employés (tout comme les politiques par les électeurs. Encore faut-il qu’ils élisent…).

Dans la série enfumage émotionnel. On nous « informe » en boucle que les expulsions vers Haïti sont suspendues et qu’une trentaine d’enfants en attente d’adoption va faire le voyage vers leur famille adoptante (je résume).

En même temps, les migrants kurdes échoués en Corse sont d’abord « conduits » dans des CRA (Centre de Rétention Administratif, un doux euphémisme pour parler d’enfermement).

Parmi eux, des enfants.

Dans cette noirceur, (même si je n’ai pas totalement la fibre verte) je note tout de même la position claire d’un maire –via la gazette municipale- qui appelle à la solidarité envers les migrant-e-s. « …C’est pourquoi les vêtements, couvertures, aliments et autres produits de première nécessité susceptibles de leur servir seront les bienvenus. Ils seront transmis aux associations qui leur viennent en aide »

De même, le bois, les produits d’hygiène, les bâches, les bottes, les ustensiles de cuisine sont… Welcome. Une partie de ceux qui en ont besoin sont à quelques kilomètres de vous…

En hivers il fait froid et même il neiiiiiiige !!!! Alors, pour apaiser notre conscience à la veille de la ‘faites du libéralisme’ (Noël, galettes, soldes, reventes des K-do sur ebay…) on nous rappelle que certain-e-s dorment dehors, sans logement, pour certain-e-s sans boulot décent. Les migrants et les SDF on les voit pas, les messages des enfoirés ( !!!) on les entend…

Pourtant, quand il fait beau, dans les bureaux climatisés des écoles d’urbanisme, on planche sur le (nouveau) mobilier urbain.  Plans inclinés, bancs avec accoudoirs au milieu, cactus, herses, pierres…Bref, tout un ensemble d’éléments anodins pour ceux qui circulent dans les rues. En réalité, des armes anti-squatters, du design anti-SDF.

Après les prostitué-e-s, il s’agit de rendre invisible la pauvreté aux yeux du peuple. D’autant plus qu’il y a là un intéressant  plan business… En outre, la pauvreté, la précarité visibles, ça mettrait sacrément à mal certaines déclarations du style «  Si on n’est plus choqué quand quelqu’un n’a plus un toit lorsqu’il fait froid et qu’il est obligé de dormir dehors, c’est tout l’équilibre de la société qui s’en trouvera remis en cause »…il me semble qu’il était aussi question d’une période de 2 ans et de droit opposable au logement

J’ai parlé, plus haut, d’atonie syndicale. Pourtant :

Liberté syndicale : Plainte contre SUD Travail Affaires Sociales par le ministère du travail à la suite d’un tract considéré comme « injures publiques envers une administration ». De la ré interprétation de la liberté syndicale et de la liberté d’expression…(Cf. La Brique n° 20)

Liberté syndicale encore : SFR conteste la représentativité de SUD. Il paraît que le « socialisme autogestionnaire de SUD serait contraire au respect des lois républicaines qui constituent, depuis la loi de 2008, un des critères de la représentation syndicale ». Voir le très bon article synthétique de Pierre Concialdi dans le n° 66 de Siné Hebdo.

(Il est vrai qu’on pneu s’interroger sur ce qu’est la représentation syndicale…)

SUD porte plainte contre France Télécom (ou Orange pour la version marketing, mais c’est pourtant l’même). Voir Siné hebdo n° 67. Après un Nième suicide d’un employé de France Télécom le plan Com’ de l’entreprise dépêche un nouveau manager à Chambéry. Parole libérée, baisse du stress, entraide. Après quelques mois, fin du plan Com’ qui coûte trop cher… Circulez, y’a rien a voir. Fin de la couverture média (la grippe, Johnny, le débat machin, Copenhague, Super Seguin et Nanny c’est tout de même plus important).

Et vous, ça va ?  Moi…bof…

Laurent

La vidéo du dimanche

Dimanche 17 janvier 2010

Cadeau de nouvel an : Charles Pennequin

Samedi 9 janvier 2010

Week-end cArted Fanfarembert Charles Pennequin
envoyé par sandrahhh. - Découvrez plus de vidéos créatives.

Pierre Frakowiak : L’exigence de vérité à propos de l’aide personnalisée

Jeudi 7 janvier 2010
 VERité par Églantine

VERité par Églantine

Dans un entretien accordé à « L’enseignant », le journal du SE-UNSA Education, Sylvie Cèbe, professeure de sciences de l’éducation à l’université de Genève, déclare que son rêve a été réalisé. En décidant de mettre en place l’aide personnalisée, Sarkozy/Darcos ont « offert un plus aux enseignants ». Gloire leur soit donnée ! Selon elle, la mesure est « juste, équitable… Elle envoie un message fort à la société, elle reconnaît enfin les réelles compétences des enseignants, elle donne des arguments aux défenseurs des RASED ». A peine concède-t-elle du bout des doigts sur le clavier que les intentions du pouvoir n’étaient peut-être pas aussi nobles et qu’il manque un dispositif d’aide aux enseignants pour mettre en œuvre ce magnifique projet. Elle démolit en quelques lignes la pédagogie différenciée qui n’aurait pas « fait la preuve de son efficacité » malgré les moyens énormes, que « l’on ne compte plus », qui ont été accordés. Quel gâchis ! Enfin la solution, à laquelle aucun ministre n’avait pensé avant, a été trouvée.

Etonnant entretien ! On ne peut suspecter Sylvie Cèbe de complaisance, encore moins de compromission avec qui que ce soit. On connaît son intelligence et la qualité de ses travaux. Sa caution n’est donc pas négligeable. Et pourtant… elle se trompe et ses déclarations peuvent contribuer à tromper l’opinion.

Sur le plan des enjeux politiques, Sylvie Cèbe pense quand même que « le projet était plutôt sous-tendu par une volonté de faire faire à l’Etat des économies substantielles » mais relativise implicitement cet aspect. Or il s’agit bien d’abord de faire des économies… mais pas seulement, comme elle le développe, en supprimant les RASED. Cette mesure permet aussi d’économiser les crédits de la formation continue, l’animation pédagogique prévue pendant le temps libéré est considérée comme de la formation. Si elle l’est, c’est à beaucoup moindre coût. Les IEN et les conseillers pédagogiques ne sont pas des professeurs d’IUFM ou d’Université et les plannings des temps d’animation pédagogique offrent bien des surprises. On remplit des grilles puisqu’il le faut1, mais les contenus peuvent être très hétéroclites en fonction des compétences et des goûts de l’encadrement, ne susciter aucun intérêt pour les enseignants et n’avoir aucun impact sur les pratiques. Cette mesure permet également d’anticiper sur les revendications salariales légitimes des enseignants. On leur a enlevé 3 heures de travail en présence de toute une classe, on leur a accordé leur samedi matin, ils seraient quand même bien mal venus de réclamer…Nous sommes clairement dans le cadre général de la destruction programmée des services publics.

L’autre enjeu politique, voire idéologique, est de focaliser toute l’action éducative sur l’individu et sur ses carences. Pas sur ses réussites, pas sur ses talents, pas sur ses progrès… mais sur ses lacunes qu’il faudra combler. On évalue et on remédie. On tente ainsi de remédier ce qui n’a pas été correctement « médié ». On en profite pour cultiver ce travers des libéraux : transformer les victimes en coupables. On aura tout fait pour ces petits en difficulté, on leur a même « offert » du soutien gratuit. S’ils ne réussissent pas, c’est la fatalité ou c’est qu’ils ne travaillent pas assez, que les parents n’on pas fait leur travail de répétiteurs, etc… L’Etat, lui, peut parfaitement avoir bonne conscience… et il l’a. Et les sondages lui sont très favorables. Un certain nombre de cadres utilisent d’ailleurs l’argument pour justifier leur soutien à l’aide individualisée. Le raisonnement se résume parfois à un constat : les enfants sont heureux car ils ont leur maître plus proche d’eux, les parents sont contents car ils pensent que les problèmes de leurs enfants seront résolus, le ministre est content que tout le mode soit content, c’est donc que la mesure est bonne. La démonstration est quand même un peu courte. Observons que, dans le même temps, on fait une publicité énorme, indirecte, pour toutes les agences de soutien scolaire dont les chiffres d’affaires ne cessent de croître, en laissant penser que tout se joue dans l’aide individualisée.

On est très loin de la générosité et de l’image fabriquée par les médias sur le sujet.

Il faut pourtant encore pousser plus loin l’analyse, et notamment plus loin que ne le fait Sylvie Cèbe:

D’abord, cette mesure participe de la volonté affichée et confirmée par de nombreuses autres décisions, comme, par exemple, la suppression de la formation professionnelle des enseignants, de dénier la pédagogie. En deux ans, on aura réussi une superbe performance : plus personne ne parle de pédagogie. Plus un mot sur les pratiques pédagogiques durant le temps scolaire normal ! On ne change rien, on ne met surtout pas en cause le modèle pédagogique toujours dominant centré sur le maître qui explique… Peu importe d’ailleurs la pédagogie, foin de la pédagogie différenciée, il y aura l’aide individualisée ! Ici où là, des enseignants, notamment les résistants déclarés, sont inspectés en aide individualisée. Les tâches de préparation de l’aide (dossier PPRE de 5 à 10 pages parfois pour les enfants repérés) et les demandes de comptes-rendus alourdissent considérablement la charge de travail des enseignants. Les rapports destinés à prouver que tout le monde est content s’accumulent sans que personne ne soit vraiment convaincu.

D’autre part, la communication qui est faite sur la générosité apparente du pouvoir qui « offre » l’aide individualisée conduit à occulter les vrais problèmes :

alors que tous les spécialistes affirment unanimement que le vrai problème n’est pas celui du samedi ou de la semaine, mais celui de la journée scolaire déjà trop lourde en France on l’alourdit encore en ajoutant de l’école soit le matin, soit le midi, soit le soir, tout de suite avant ou après la classe quand l’agitation règne, déjà ou encore, dans les couloirs, dans la cour. Les témoignages et les observations sur le terrain le confirment, les enfants et les enseignants le confirment : tout le monde est fatigué… Il est évident que les besoins de l’enfant ne sont nullement respectés. Les choix de l’heure de l’aide individualisée sont faits en prenant en compte une quantité de considérations qui en sont très éloignées : les questions de locaux, de pause méridienne, de disponibilité des enseignants… ce que l’on peut comprendre sans pour autant l’occulter.

seuls les enfants en difficulté sont à l’école hors du temps scolaire. Le bonnet d’âne n’est pas loin. Il faudrait bien évidemment éviter cette distinction très dangereuse en organisant l’aide individualisée dans le cadre d’un projet global dans un temps où tous les enfants sont à l’école pour des activités diverses qui ne soient pas que l’aide individualisée, mais des activités sportives, artistiques ou autres, offertes à tous évidemment. Si les enfants en difficulté étaient toujours en soutien et jamais en musique ou en théâtre, le bonnet d’âne qu’il est impératif d’éviter, pourrait ressurgir.

la mesure a été prise autoritairement sans la moindre concertation et sans la moindre prise en considération des autres dispositifs existants qui se superposent, par exemple, l’aide aux devoirs organisée par les associations. La recherche de cohérence est complètement absente et très dommageable. Elle accentue encore le clivage entre l’école et son environnement.

on sait que dans les faits, l’essentiel du temps de l’aide individualisée est consacré à un renforcement des explications magistrales. Du bled et des opérations. On fait la même chose avec 5 élèves qu’avec 25, mais la proximité du professeur est évidemment plus forte, ce qui contribue naturellement à l’image positive, habilement cultivée, de la mesure. Or, le problème est bien connu des pédagogues : ce n’est pas en faisant « plus et plus près de l’élève de la même chose »… que l’on peut réussir. Il faut faire autrement, reprendre le processus de construction des savoirs et des compétences en plaçant l’enfant dans des situations différentes et en analysant finement ses démarches, ses stratégies, bien en amont de l’exercice d’application réitéré et réexpliqué. C’est au moins aussi difficile que la pédagogie différenciée. Pour transposer une observation de Sylvie Cèbe qui a été institutrice mais qui est à l’évidence fort éloignée désormais des réalités du terrain2, disons à notre tour que seule une minorité d’entre eux mettent réellement en œuvre une pédagogie spécifique, différente, d’aide aux enfants en difficulté.

Au total, l’aide individualisée peut être considérée non pas comme un cadeau des puissants mais comme une escroquerie qui ne transformera en rien l’école, cultivera le règne de l’apparence et contribuera à sa destruction. L’expression de Sylvie Cèbe, « un plus offert aux enseignants » est, à cet égard, particulièrement malheureuse. La solution aux problèmes de l’école ne saurait être une juxtaposition de mesures destinées à faire de bons sondages d’opinion et des économies. Il faut un vrai projet éducatif global, cohérent, moderne, démocratique, inscrit dans un nouveau projet de société. Avec de nouveaux programmes, avec une nouvelle organisation du temps scolaire (la journée, les vacances), avec une nouvelle définition des missions des enseignants, avec, enfin, une place, toute sa place à la pédagogie. Tout ce qui contribue à brouiller cette exigence est une mauvaise action contre l’école.

Pour détourner encore une des grandes phrases de Sylvie Cèbe dans cet entretien, affirmons sans risque d’être démenti : si l’aide individualisée sans changer l’école « avait dû faire la preuve de son efficacité, elle l’aurait fait depuis longtemps et ça se saurait ».

Et si l’aide individualisée avait été créée pour ne pas changer l’école

Faire l’école autrement pour tous, c’est beaucoup plus difficile… et beaucoup plus coûteux pour l’Etat et pour les collectivités que de succomber aux délices de la politique de l’image et la perspective du néo libéralisme qui s’installe.

Pierre Frackowiak

Co-auteur avec Philippe Meirieu de “L’éducation peut-elle être encore au cœur d’un projet de société?”. Editions de l’Aube. Mai 2008. Réédition en format de poche, octobre 2009

Auteur de “Pour une école du futur. Du neuf et du courage.” Préface de Philippe Meirieu. Editions La chronique sociale. Lyon. Septembre 2009

1 Les IEN doivent rendre beaucoup de comptes. Pas sur la transformation des pratiques pendant le temps de classe normal… mais sur la mise en place de l’aide individualisée… Pas sur l’aspect qualitatif de l’aide.. mais sur le respect des obligations. Même pour les enfants en difficulté, la pédagogie n’a aucune importance pour les décideurs

2 Elle ignore à l’évidence la réalité des pratiques actuelles, la faiblesse de la formation à la pédagogie différenciée au cours des années écoulées, la persistance de modèles anciens chez les formateurs de formateurs… Elle ignore le phénomène considérable de résistance passive qui fait que la chasse aux désobéisseurs est particulièrement injuste. Ceux qui déclarent leur opposition sont gravement sanctionnés, ceux qui s’opposent sans le dire et qui travaillent aujourd’hui sans conviction et sans enthousiasme sont bien plus nombreux mais, chut ! on ne le dira pas.

Comité Citoyen Artois-Gohelle

Samedi 12 décembre 2009
 Exhibition 4 (Pastels) par hannah** (busy)
Exhibition 4 (Pastels) par hannah** (busy)

Ecole surchargée, enfant sacrifié

Les 39000 suppressions de postes prévues dans  l’éducation nationale en 2009 et 2010 ont commencé leur effet destructeur avec leur cortège de fermetures de classes dans le primaire et les suppressions de filières dans le secondaire ou le supérieur. C’est comme cela que l’on observe des classes de maternelle à 27 ou plus, des élémentaires à 29 et des classes de seconde à 35 !!!.

Est ce que dans ces conditions nos enfants bénéficient du meilleur de l’éducation nationale ?

Non, car pour assurer la meilleure réussite de tous les élèves, les recommandations sont de 24 par classe  (au maximum et non pas en moyenne)

Ces  sur-effectifs entraînent pour les enfants des conséquences graves sur leurs apprentissages.

Plus le nombre d’enfants est élevé, plus la mise en route sera longue. Par exemple en CP les enfants  sont loin d’être totalement autonomes pour les gestes du quotidien .Les enseignants sont obligés de proscrire les déplacements dans la classe et  limitent fortement les interventions orales. On sait qu’il est possible de faire lire les enfants de CP deux à trois minutes à voix haute par jour, ceci dans une classe de 24 élèves . Cela fait à peine  dix minutes par semaine , ce qui n’est plus le cas avec des effectifs à 29. Cette démonstration est valable pour tous les autres apprentissages (maths, leçons, poésie, exposé, etc…) et dans les autres niveaux.

Du fait du nombre important, l’enseignant consacre moins de temps à chaque élève.  Il est donc  contraint de multiplier le travail personnel à la maison sous la responsabilité des parents qui sont chargés de réexpliquer, de repérer les lacunes. Tous ne sont pas en mesure de le faire. Des études ont mis en évidence que le recours au travail à la maison accentuait les inégalités entre les enfants.

Pour conserver des effectifs  équilibrés (26 quand même) des écoles primaires font le choix  de créer des classes à double niveau .Une vaste étude (enfin !) , menée par deux chercheurs de l’Institut de recherche sur l’éducation (Iredu) de Dijon,  a montré qu’elles sont néfastes pour les enfants qui rencontrent des difficultés.
Cela correspond complètement à ce que peut ressentir l’enseignant qui ne peut pas être partout ni différencier de la même façon.

En effet, les temps de travail individuel où il pourrait se déplacer pour aider les élèves dans une classe simple doivent être consacrés à l’autre niveau. De plus, préparer une classe pour plusieurs niveaux différents implique forcément de passer moins de temps à préparer chaque niveau, ce qui porte préjudice aux élèves qui ont besoin de situations plus “fouillées” pour apprendre. Cette organisation demande aux élèves encore plus d’autonomie, encore plus de discipline et encore plus de travail à la maison, ce qui n’est pas possible pour tous.

On le constate donc encore une fois, l’économie de moyens que veut faire le gouvernement se paye directement par les enfants fragilisés ou qui rencontrent des difficultés.

L’école qui doit être un lieu d’égalité aujourd’hui renforce les inégalités.

L’école publique est en danger ! Tous les niveaux , ses valeurs et ses moyens sont concernés.

Le comité citoyen pour l’école publique Artois-Gohelle agit pour empêcher la régression et promouvoir le progrès du service public d’éducation, gratuit et laïc.

Une contribution de Jacques : vision catastrophe?

Lundi 26 octobre 2009

Il ne faudra pas compter sur les médias nationaux pour faire remonter jusqu’aux oreilles du ministère ce qui s’est dit lors des assises de la rééducation le 24 : résultat de la recherche sur les effets comparatifs aide personnalisée-aide spécialisée puis réflexion sur l’évolution des missions des RASED et plus particulièrement des rééducateurs.

Le temps et peut-être l’envie nous ont manqué pour réfléchir à ce que nous allions nous-même tenter pour cela. Il faudrait y réfléchir rapidement ( les travaux préparatoires aux CTP de cartes scolaires ont commencé ) au niveau national et dans les départements.

48 heures après ces assises, il m’est revenu “brutalement” les mots de M. Guillarmé souhaitant l’extension des RASED au collège ( très bien) mais en rattachant ce projet à la formation 2.CASH ( en 150 h par module d’une semaine si je ne me trompe) telle qu’elle exixte déjà dans les collèges pour les enseignants souhaitant améliorer leurs compétences dans le domaine de l’aide au collègien en difficulté scolaire…..

C’est là que la “vision catastrophe” m’est venue…Peut-être M. Guillarmé l’at-il eue avant moi d’ailleurs ou peut-être est-il un peu informé ou initié?….N’allons-nous pas vers des formations spécialisées sur le modèle 2.CASH, ce qui expliquerait bien la disparition des formations CAPA.SH plus copieuses bien qu’insuffisantes?

Le MEN pourrait dire aux parents et citoyens que les formations continuent, que les RASED existent toujours voire se développent au collège.

Bien entendu, il deviendrait encore plus facile de considérer ces RASED là comme des dispositifs d’intervention d’urgence, leurs personnels comme des comme des professeurs surnuméraires aux missions et aux pratiques réduites à l’application de protocoles et techniques “ayant fait leurs preuves” dans la gestion rapide des situations gênantes ou encore disponibles pour co-intervenir dans les classes “difficiles”.

Il est évident qu’un tel scénario ne ferait pas de place à la rééducation. Les 5 préconisations que M . Guillarmé nous a faites l’après -midi allaient d’ailleurs plutôt (selon moi ) dans ce sens.

Je crois peu à la forte mobilisation des maîtres pour les aides spécialisées, je crois peu à leur forte mobilisation pour les RASED ( à plus forte raison pour la rééducation) et surtout pour un maintien du fonctionnement en RASED tel que la circulaire de 2002 le préconisait.

Il faudra surtout compter sur nous-mêmes si nous voulons que les aides spécialisées à l’école ( avec une approche globale du sujet, sans priorité donnée à la rentabilité et à la performance-compétition, etc) puissent continuer d’exister.

Je crois qu’aux communications écrites et orales il nous faudra ajouter du corps visible: Si les médias, les élus, les parents, ont parlé des RASED et des rééducateurs, c’est parce qu’ils étaient dans la rue avec leurs gilets jaunes,leurs banderoles,leurs pancartes,leurs chants,leurs slogans etc..avec les partenaires sensibilisés.

J’espère me tromper…

EDUQUER EN PRESERVANT LA LIBERTE DE CONSCIENCE

Dimanche 25 octobre 2009

Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée en 1948

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.»

D’emblée, cet article nous annonce l’essentiel : l’être humain NAÎT LIBRE

Liberté originelle, indépendante de toutes les causalités du monde sensible, liberté absolue qui sous la gouverne de la raison devient le Libre Arbitre qui nous permet de décider et d’agir en exerçant notre volonté en dehors de tout déterminisme et influence extérieure.

La liberté de conscience est sacrée, elle est un don de la vie, manifestation la plus plénière du métaphysique dans le physique. Elle ne se donne pas, ne s’apprend pas et est impossible à définir pour la simple raison que toute définition serait réductrice. Elle est partie intégrante de la conscience et l’éducation doit mener à sa réalisation et à son respect inconditionnel.

L’enfant vient au monde, la conscience vierge. Ce n’est que graduellement qu’il prendra conscience de son corps physique et de ses tendances psychiques. Il n’est alors pas encore programmé, voire formaté, par les valeurs morales et sociales du milieu dans lequel il va grandir etévoluer. Il est donc par essence et par naissance toute ouverture, réceptivité pure. Sa perception du monde n’est entachée d’aucun préjugé et d’aucune spéculation.

C’est en le conscientisant, tout au long de l’éducation, à sa dimension universelle qu’il sauvegardera sa liberté et sa pureté originelle. Ainsi, de façon équilibrée, réaliste, il développera les aptitudes et tendances de sa personnalité qui constituent ses moyens de perception et d’expression dans le monde.

Comment l’enfant qui, dès son plus jeune âge, manifeste autant de curiosité vis-à-vis de son environnement, pourrait-il être dans le rejet de la différence ? Il n’est qu’à voir le regard débordant d’innocence et de curiosité du petit enfant face à l’étranger pour réaliser que l’enfant ne connaît au départ ni la méchanceté ni le racisme et que c’est l’adulte qui, inconsciemment, lui inocule, peu à peu, ses propres peurs et sa méfiance maladive.

Eduquer un enfant n’est pas le rendre obéissant, dépendant de l’autorité d’une quelconque idéologie religieuse ou politique, c’est ouvrir sa conscience aux réalités du monde dans lequel il doit grandir et plus tard servir, TOUT EN L’ÉVEILLANT  A SA PROPRE RÉFÉRENCE INTÉRIEURE, c’est-à-dire à L’AUTORITÉ EN SOI qu’est la dimension universelle de sa conscience -l’Inconscient universel- fondement de son individualité et de son unicité.

Par une éducation respectueuse de la liberté originelle, l’enfant réalise son autonomie dans le respect absolu de lui-même et des autres, en accord avec l’Inconscient universel, référence intérieure commune à tous les hommes.Intégrer l’Inconscient dans le conscient (cf. Jung) devrait être l’objet de toute éducation qui cherche à marier coeur et raison, c’est-à-dire l’intelligence sensible -laquelle nous relie par voie intuitive à l’unité intérieure, identité commune à tous les hommes- avec l’intelligence spéculative qui nous relie à la diversité du monde.

Marier cœur et raison permet d’être en équilibre et de vivre nos différences de manière non conflictuelle, dans la complémentarité d’une solidarité naturelle, base de tout contexte social harmonieux. Préserver la pureté et la liberté originelle de l’enfant tout en l’amenant à s’intégrer dans le monde révolutionne la manière de considérer et de vivre la condition humaine.

Ainsi, on ne contribue plus à la fabrication de « moutons de Panurge » à la merci de n’importe quel système manipulateur, mais à une éducation qui ouvre un champ d’expérimentation individuel et social où la dignité et la responsabilité sont garanties.

Synthèse d’un travail collectif du R.I.R.E. (Réseau Informel de Réflexion sur l’Éducation) http://reseaueducation.blogspot.comr.i.r.e@orange.fr

La “jungle” de Calais dans le “jt” des enfants de “MonQuotidien” .

Vendredi 18 septembre 2009
Les infos des enfants du 18 septembre 2009
envoyé par MonQuotidien. - Regardez les dernières vidéos d’actu.

Souffrance au travail : SUICIDES : 21 morts chez France Télécom!!! Attention aux réformes trop rapides et au management par la terreur!!!

Samedi 12 septembre 2009



Aujourd’hui :

- Hier

La femme de 32 ans a succombé à ses blessures…

Selon la station RTL, une employée de France Telecom s’est suicidée, ce vendredi, dans le 17ème arrondissement, à Paris. Elle aurait succombé à ses blessures. Joint par 20minutes.fr,

France Telecom confirme qu’une «personne est tombée du 4ème étage» mais précise «ne pas connaître son identité», et donc ne pas savoir s’il s’agit d’un employé de l’entreprise.

Pierre Morville, délégué syndical central CFE-CGC, présice qu’il s’agit d’une jeune femme âgée de 32 ans, chargée de clientèle au service de recouvrement Orange. Selon lui, le drame s’est déroulé vers 16h30, «à l’issue d’une discussion sur les réorganisations de services» …

Lisez la suite de cet article sur : 20minutes.fr

Pour comprendre, écoutez :

Travail et Souffrance, avec Christophe Dejours, hier soir sur “France Culture” en cliquant sur le lien suivant : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabrique-de-lhumain/index.php?emission_id=110060158