Archive pour la catégorie ‘Humour’

Inspection Abracadémique : Priorités de mise en œuvre des réformes de l’enseignement primaire

Samedi 6 mars 2010
 Connecting Clowns par MIMI the Clown

Connecting Clowns par MIMI the Clown

L’école enfin en mouvement !

Après des décennies d’inaction politique et d’immobilisme des enseignants, notre gouvernement impulse enfin une nouvelle dynamique, pour faire de l’école une entreprise rentable, performante et productive, et pour permettre à nos futurs adultes d’intégrer dans les meilleurs conditions le monde exaltant du travail.

Luc Chatel, un spécialiste de l’éducation : Son DESS de marketing et son expérience de DRH dans l’industrie cosmétique (groupe L’Oréal) en font aujourd’hui le dirigeant le plus qualifié pour gérer le Ministère de l’Éducation Nationale.

Retour aux fondamentaux : enfin les choses sérieuses !

Comme l’ont admirablement souligné les Inspecteurs Généraux dans leur rapport* remis en juillet 2009, il est «indispensable de lutter contre les habitudes de grignotage du temps installées avec les sorties scolaires et les interventions extérieures, qui déconcentrent les élèves et font perdre beaucoup de temps sur les apprentissages, en prenant des mesures de restriction des empiètements tolérés, et parfois encouragés, sur le temps scolaire, en revoyant et limitant les agréments et autorisations». Les nouveaux programmes sont le symbole fort de ce recentrage des apprentissages vers les compétences réellement nécessaires à une insertion réussie des enfants de France dans le monde professionnel. Les nouvelles évaluations nationales, «puissant levier pour une mise en oeuvre complète des nouveaux programmes»*, permettront de vaincre progressivement les réticences des enseignants.

Une prise en charge de la difficulté enfin efficace !

Le démantèlement progressif des RASED, outil vieillissant et qui a largement prouvé son inutilité, marque une étape importante pour les élèves en difficulté. Déjà, dans chaque école, les résultats positifs de l’Aide Personnalisée se font sentir : des élèves autrefois démotivés deviennent des éléments moteurs, les enseignants autrefois découragés retrouvent une nouvelle jeunesse, et les parents unanimes encensent le gouvernement pour cette nouvelle manière de “faire l’école”.

Pour de meilleures conditions de travail: des effectifs réduits !

Conscient des problèmes de sur-effectif, le gouvernement mène une politique audacieuse de réduction des postes. A la rentrée prochaine, les bancs des écoles et des lycées seront débarrassés de 16000 enseignants supplémentaires. Moins nombreux, les enseignants bénéficieront eux aussi d’une aide personnalisée, pour affronter sereinement les difficultés d’adaptation à cette nouvelle école que nous mettons en place.

Remplacement : des solutions inédites !

Luc Chatel a annoncé récemment de nouvelles possibilités offertes à l’administration pour pallier les nombreuses absences, souvent injustifiées, des enseignants. L’Éducation Nationale pourra passer «des partenariats avec Pôle emploi, en mobilisant ici ou là de jeunes retraités de l’Éducation Nationale ou en travaillant avec des étudiants qui ne sont pas encore admis aux concours»**. Une chance pour nos aînés, qui bien souvent s’ennuient chez eux après avoir quitté le monde merveilleux du travail.

Inspection générale de l’administration, juillet 2009 De nouvelles évaluations, pour optimiser les performances des élèves et des enseignants !

Depuis l’année dernière, l’école a fait un grand pas vers un monde meilleur avec la mise en place d’évaluations nationales. Cet outil enfin efficace permettra dans les années à venir un «pilotage par la performance»* efficient. La publication prochaine des résultats par école permettra aux équipes de prendre conscience du niveau réel de qualité de leurs enseignements, par comparaison avec les écoles voisines. Cette nouveauté sera, n’en doutons pas, un élément réel de motivation ! Avec la suppression de la carte scolaire promise par Nicolas Sarkozy, les parents auront enfin la liberté de choisir l’établissement qui convient le mieux à leur enfant. Les données des évaluations nationales seront pour les familles un outil de choix précieux. Ces évaluations faciliteront également la tâche des IEN, puisqu’elles permettront «le suivi continu des résultats des élèves sur lesquels les IEN pourront recentrer leurs inspections»*.

Un nouveau statut pour les écoles : Vive l’autonomie !

Grâce à la mise en place des EPEP, les établissements seront bientôt débarrassés des lourdeurs administratives, véritables plaies du service public, pour s’orienter vers une gestion moderne et entreprenariale. Sous l’égide du Conseil d’Administration, les directeurs des ressources humaines pourront gérer leurs écoles et leurs budgets comme de vrais managers modernes et dynamiques. Autonomes financièrement, les établissements les plus attractifs trouveront sans peine de nouveaux partenaires pour offrir à leurs clients élèves le meilleur service. Les directeurs enfin reconnus Avec les EPEP, les directeurs verront leur rôle de manager enfin reconnu par tous. Leur statut de supérieur hiérarchique, nommé et révocable directement par l’Inspection Académique, leur permettra de reprendre en main des équipes enseignantes peu impliquées et souvent trop revendicatrices. Ils pourront participer pleinement à la progression de la «culture de l’évaluation» et du «pilotage par la performance»*.

Un grand bravo aux enseignants !

«Les enseignants des écoles ont démontré leur capacité de réaction rapide, d’adaptation à des exigences nouvelles, de compréhension des notions et des enjeux , leur curiosité et finalement leur intérêt pour ce qui sert la réussite des élèves et la lutte contre l’échec scolaire»*. Grâce à l’adhésion forte des enseignants aux réformes en cours, il ne fait aucun doute que l’école sera de nouveau bientôt le lieu de toutes les réussites et de tous les bonheurs !

* Troisième note de synthèse sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire,
Inspection générale de l’administration, juillet 2009
** Interview sur Europe1, janvier 2010

Source : Collectif SEPT Strasbourg

“La Brique” à Arras

Vendredi 22 janvier 2010
 The Revolutionary par pelusanana

The Revolutionary par pelusanana

Jeudi 28 janvier, le collectif Indymedia Lille débarque à Arras. Et il ne sera pas tout seul ! En effet, nous serons en compagnie de La Brique - journal d’infos et d’enquêtes de Lille et d’ailleurs - et de la station de radio arrageoise PFM.

Objectifs de la soirée : regarder ensemble le film “((i)), Indymedia, l’Argentine et les questions de communication”, discuter, débattre, vous montrer comment on fonctionne, comment participer, comment se saisir de l’information pour la faire soi-même.

Rendez-vous à l’Office Culturel jeudi 28/01 à 19h ! 61 Grand Place, à Arras.

En plus c’est gratuit !

Le film ((i)) est une réflexion sur les relations entre les médias et le pouvoir à partir de l’expérience du plus grand réseau mondial de media-activistes : INDYMEDIA. Le documentaire suit la première année d’un petit collectif de Buenos Aires à travers ses luttes au milieu d’assassinats, d’une économie en ruine et des bouleversements politiques argentins.

Liens :

- Indymedia Lille :  http://lille.indymedia.org
- Radio PFM  : http://www.radiopfm.com/
- La Brique :  http://labrique.lille.free.fr/



Clip UMP : Le paradis nous gouverne

Samedi 12 décembre 2009

Pour la rentrée scolaire, Nicolas Sarkozy fait une visite surprise dans une école.

Mercredi 26 août 2009

L’institutrice de CM2, en pleine séance de vocabulaire, propose à notre président de prendre sa place.

La discussion tourne sur le mot « tragédie ».

Sarkozy demande à la classe un exemple de “tragédie”.

Un petit garçon se lève et propose : “Si mon meilleur ami, qui vit dans une ferme, est en train de jouer dans un champ et qu’un tracteur lui roule dessus et le tue, c’est une tragédie”.

“Non”, dit Sarkozy, “ce serait un accident”.

Une petite fille lève la main : “Si un bus scolaire transportant 50 enfants tombe d’une falaise, et que tout le monde est tué à l’intérieur, c’est une tragédie”.

“Je crains que non”, expliqua Sarkozy. “c’est ce qu’on appellerait une grande perte”.

Le silence se fait dans la salle. Aucun autre enfant ne se porte volontaire.
Sarkozy cherche dans la salle. “N’y a-t-il personne ici qui puisse me donner un exemple de tragédie?”

Finalement, au fond de la salle, un petit garçon lève la main…
“Si l’avion présidentiel vous transportant vous et Carla était frappé par un “tir de missile ami” et était complètement désintégré, ce serait une tragédie”.

“Formidable!” s’exclame Sarkozy. “C’est exact. Et peux-tu nous dire pourquoi ce serait une tragédie?”

“Eh bien”, dit le garçon, “il faut bien que ce soit une tragédie, car ce ne serait certainement pas une grande perte, et probablement pas un accident non plus.”

Le Printemps des RASED dimanche 17 mai à Paris Des nouvelles de l’organisation

Jeudi 14 mai 2009

La déclaration en préfecture a été faite ce jour comme prévu.

C’est dimanche 17 mai que nous nous réunirons au Champs de Mars pour exprimer notre profond désaccord avec notre ministère.

Notre volonté est forcer celui-ci à rétablir l’idée même du concept des RASED qu’il a mise à mal.

1) Nous aurons trois banderoles :

- Contre la suppression des 3000 postes des RASED :

RASED AMPUTES = ÉCOLE ESTROPIÉE

- Sur la formation des enseignants spécialisés et l’analyse pluridisciplinaire nécessaire au bon fonctionnement des RASED Maître E, Psychologue Scolaire, Rééducateur formés pour penser, dénouer, dépasser la difficulté de l’enfant à l’école.

- Sur la place de la rééducation à l’école. La rééducation, une place à prendre pour apprendre.

2) 15 000 exemplaires du manifeste du Comité scientifique de la FNAREN seront à distribuer.

3) Un point presse avec sono.

4) Un point présentation/vente de nos publications FNAREN.

N’oubliez pas votre pique-nique !



pour le bureau national
Jean-Paul Martegoutte

Stop aux gendarmes à l’école

Jeudi 26 février 2009

Les faits

Cela s’est passé au collège de Marciac (Gers), mais cela se passe un peu partout comme ça en France. Un triste matin, les gendarmes font irruption. En force. En armes. Avec leurs camions et leurs gyrophares. Avec des chiens, policiers, comme eux. Suivant les scénarios, les enfants sont plaqués contre les murs, les mains en l’air (genre “descente” pendant la dernière guerre) ou bien enfermés dans leur salle de classe, mais toujours avec défense absolue de faire le moindre mouvement. Les chiens sont lâchés. Ils reniflent les affaires. Ils bavent sur les élèves. S’il y a un internat, ils vont mettre leur sale museau dans l’intimité des literies.

Pendant ce temps, un gendarme continue à hurler : “Le chien mordra ceux qui bougent”. Il profère des menaces contre les “drogués”, ricane. Et malheur à celui qu’un chien désigne. Car, alors, tout est permis : fouille poussée, pressions psychologiques, humiliations verbales.

Zoé, petite fille de 13 ans, Zoé qui a eu le grand courage de témoigner à Marciac, doit sortir de classe devant tout le monde pour se déshabiller dans le couloir. Là, une gendarme fouille dans son soutien gorge, lui passe la main sur sa petite culotte. Dans le couloir, d’autres gendarmes, hommes ceux-là, assistent à la scène. De leurs regards, de ces mains qui la palpent, de cette situation nauséeuse, Zoé en ressort avec le sentiment
d’avoir été violée. Ces camarades sont envahis par le même dégoût. Et c’est comme ça que des enfants sont traités partout en France, avec la complicité active de responsables de l’institution scolaire. Dans un pesant silence.

Un silence que Zoé et sa famille ont rompu ; comme, l’avait fait, quelques jours auparavant un enseignant du Centre de formation des apprentis de

Pavie (toujours dans le Gers) dont le témoignage rigoureux est terrible de précision ; et comme l’a fait, quelques jours, après le chanteur Daniel Guichard, scandalisé lui aussi en découvrant ces agissements gendarmesques alors qu’il amenait son fils au collège (cette fois-ci, dans l’Héraut). Maintenant, plus personne ne pourra dire “Je ne savais pas” ! Le voile de la honte s’est déchiré.


Pourquoi tant de violence à l’encontre de nos enfants ?

Si on ne connaissait pas le niveau de perversité qu’atteint dans ce cas là le discours administratif, on en tomberait à la renverse, car la réponse officielle est : “Pour les protéger” ! Ce déploiement traumatisant de force brute se fait au nom de la prévention de la “drogue”, (en réalité, du cannabis). Ce prétexte mérite qu’on l’examine.

Faisons tout d’abord remarquer qu’à Marciac comme dans l’Héraut le résultat de ces descentes a été de rien du tout et, à Pavie, de quelques grammes. Ridicule, parfaitement ridicule. Ensuite, posons-nous la question du coût : une douzaine de gendarmes (salaires, primes, charges sociales, vêtements, …), des chiens (nourriture, chenil,…), leurs véhicules (carburant, usure,…), entre le temps de préparation (concertation avec
le chef d’établissement, plannings,…) et la demi-journée pour faire le mauvais coup, ça met l’opération à au moins 1 500 euros !

Poursuivons enfin sur l’efficacité : en trente ans, la France, qui avait des taux de consommations de cannabis très bas, est montée dans le peloton de tête des pays d’Europe. Depuis au moins 20 ans, des gendarmes (FRAD) et des policiers sillonnent les collèges, d’abord pour montrer les produits (avec une “mallette”) ensuite pour des fouilles. Aucun des pays d’Europe qui, sur la même période, a maintenu des niveaux bas ou même a réussi à diminuer cette consommation, n’a fait comme ça. Leurs politiques sont même franchement à l’opposé de la politique française dans ce domaine. Le “remède” français est donc pire que le “mal”, d’autant d’ailleurs que le “remède” en question est en fait un puissant propagateur du “mal” : montrer des produits (que l’on possède, puisqu’on les montre) en insistant sur leur caractère interdit, c’est bien sûr pousser des jeunes à la transgression. Affaiblir l’estime de soi par l’humiliation et par la peur est un facteur reconnu de consommations de psychotropes.

Des explications lamentables mais éclairantes

Mis brutalement en pleine lumière, ceux qui agissaient jusqu’à présent dans une ombre propice ont dû se justifier. Le spectacle a été minable. A tout seigneur, tout honneur. La parole est à un certain Christian Pethieu, principal du collège, qui a demandé la descente : “L’intervention s’est déroulée dans un climat que j’ai jugé serein et sans excès” [1]. Sans excès, vraiment ? Qu’est-ce qu’il faudrait, pour que ce soit un “excès”, monsieur le principal ? Que la police aille jusqu’au doigt dans le c… ?

Donnons-là tout de suite après à la Procureuse de la République, Chantal Firmigier-Michel : “Ça crée de la bonne insécurité”1. A dire vrai, nous nous en doutions un peu. Mais c’est bien la première fois qu’une haute représentante de l’Etat l’avoue aussi clairement : quand ça l’arrange, c’est la justice, avec l’aide de la police et de la gendarmerie, qui organise elle-même l’insécurité. Rappelons que les êtres humains visés par cette sorte de terrorisme de basse intensité sont, dans le cas présent, des enfants, et qui n’ont strictement rien fait de répréhensible.

Laissons la conclusion au premier syndicat enseignant de France, le SNES. Son représentant du coin, le camarade Franck Gombaud, sait que pour ne pas résoudre un vrai problème, rien ne vaut une mauvaise revendication. Et là, en homme manifestement bien rodé à cet exercice, il a trouvé ce qu’il faut : une bonne muselière. Sans rire, il réclame “que l’on en revienne à des opérations de prévention mieux préparées, et que, si les gendarmes font venir des chiens, ils soient muselés.”1 Que les collégiens facétieux n’en concluent pas, comme la phrase peut le laisser entendre, que le SNES réclame une muselière pour les gendarmes. L’impertinence syndicale ne va vraiment pas jusques là. Quand à la pertinence (syndicale), ça fait longtemps qu’elle a sombré dans l’indigence de la pensée.

Mettre fin aux exactions

Côtés parents, élèves et même côté “tout le monde”, la réaction n’a pas été aussi “compréhensive” et la vague montante d’indignation a forcé les ministères concernés à demander à leurs troupes de faire preuve d’un peu plus de tact.

Pour transformer ce recul tactique en recul tout court, et puisque tout ceci se fait au nom de la “prévention”, prenons les devants. Qui que nous soyons - élèves, parents, professeurs qui ne se retrouvent pas dans la revendication de la muselière… - faisons fermement savoir par avance à tout chef d’établissement que nous sommes contre ces exactions, que nous ne nous laisserons pas faire et qu’ils seront tenus pour responsables de tout problème.

Si un chef d’établissement ose trouver ces pratiques “sereines et sans excès”, exigeons qu’il se mette en slip dans le couloir, devant une délégation d’élèves et enseignants, et qu’il s’y fasse peloter les fesses : après tout, c’est sa fonction que de donner l’exemple.

Exigeons que le budget alloué à ce type d’opération soit versé à celui de l’établissement pour des activités pédagogiques2. Exigeons que, si prévention il y a, elle soit faite par de véritables professionnels de la chose, pas par des professionnels de la répression. Etre à la fois dans la prévention et dans la répression, c’est comme être à la fois juge et partie, une monstruosité éthique.

Flics, patrons, curés, hors des collèges, des facs et des lycées !

Jules F .

[1] Les trois citations de cet article sont tirées de : “Stupéfiante
descente au collège” http://www.liberation.fr /societe/0101302685

[2] Que ce ne soit pas le même budget importe peu : c’est les mêmes
impôts, les nôtres. Aux technocrates de se débrouiller pour faire les
transferts.

Affaire Marciac : Zoé témoigne de la violence des gendarmes et des maîtres-chiens

Le 19 novembre dernier, dans le cadre d’une opération anti-drogue au collège de Marciac (Gers), des gendarmes et des maîtres-chiens ont fouillé des élèves. Suffisamment brutalement pour que la ministre de l’Intérieur demande une enquête interne et pour que Zoé, 14 ans, témoigne. Voici son récit.

Le père de Zoé, Frédéric DAVID : Le week-end dernier, j’accueille ma fille Zoé – elle a 14 ans – de retour du collège de Marciac (Gers)… Elle me raconte son mercredi au collège… colère à l’intérieur de moi… révolte… que faire ? J’ai demandé à Zoé d’écrire ce qu’elle me disait là. Elle a accepté.
Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle.

« Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.
Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs.
A peine 10 minutes plus tard, nous étions assis, deux gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous étions, les regardait en nous disant « Ils font leur ronde !?? ». Elle n’était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain, la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes… Enfin non, pas exactement ! Il y avait un monsieur chauve habillé en militaire (le dresseur de chien en fait !) et un gendarme très gros.
Le chauve nous a dit : « Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! » Enfin il a dit ça, à peu près… Je me rappelle surtout du « Quand il mord, ça pique ! » Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités de la classe tandis que le dresseur regardait son chien déjà à l’oeuvre. Le chien s’appelait Bigo. Bigo s’est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait.

Quant à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée.

Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant : « Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires ! » Elle a rangé son sac, s’est levée et s’est apprêtée à sortir mais le dresseur l’a repris vite : « Et ton manteau ! » Elle a rougi et emporté aussi son blouson. Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors m’attendait une petite troupe de gendarmes… Enfin, non, pas dehors : nous étions entre deux salles de classe. Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent fini, ils s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je n’étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller les poches par une gendarme.
Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures. La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe.

C’était à mon tour ! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le regards des deux autres gendarmes… Je décris : Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme : « On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais… » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte ! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas !
Je dis à l’intention de tous : « C’est bon arrêtez, je n’ai rien ! » La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m’a dit : « tu peux ranger ! ». J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis repartie en classe après avoir donné le nom du village où j’habite. De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je lui ai répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j’ai eu du mal à me consacrer aux maths !

Tout ça c’est ce que j’ai vécu, mais mon amie dans la classe à côté m’a aussi raconté. Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont carrément emmenée à l’internat où nous dormons. Le chien s’est acharné sur toutes ses affaires m’a-t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle connaissait des fumeurs de hash, vue qu’ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le WE dernier elle a assisté à un concert ! Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté.
Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et nous a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le monde.

Une prévention ? Avec des chiens ? Armés comme aujourd’hui ?
Une élève de 4ème nous a dit que le chien s’est jeté sur son sac car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur.
Les profs ne nous en ont pas reparlé… Ils avaient l’air aussi surpris que nous ! Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même question : Que se passe-t-il ? Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n’ont pas été directement concernés ! »

Zoé

Qu’en pensez vous ? Que dois je faire ? Qui parle de violence ? Il me semble important d’écrire ici que, ni le principal, ni quiconque du collège a jugé important de communiquer sur ces faits ( !?) Nous sommes lundi 24/11/2008, il est 15h30 et si Zoé ne m’en avait pas parlé, je n’en saurais rien. Combien de parents sont au courant ?
Les enfants « victimes » – et je pèse ce mot – de ces actes sont en 4ème et 3ème. Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n’en reviens pas….

Frédéric DAVID

Pour l’inspecteur d’Académie du Pas de Calais !

Mardi 10 février 2009

Monsieur l’ Inspecteur d’ Académie du Pas de Calais.

Je sais bien que vous m’avez core arien demindé, mais j’ ai si kaire printe les devants pour pas que vous saquiez vote nez quand vous vous serez décidé à m’écrire.

J’ imagine que cha vous déminche et que vous vous tortignez comme un vier qui aurot attrapé un cop d’ louchet, in vous demindant  si vous n’allez par finir par m’ mette in colère.

Alors que cha seuche clair tout d’ suite intre nous…CH’ EST  NAN !!!

NAN…j’ irai pas faire mumuse dins les écoles , l ’ prochain jour d’ grève pour rimplacher les instituteurs qui n’ veulent pas travailler ch’ jour là !.

Min grand-père il a pas été foutu à l’cour de l’ Compagnie des Mines d’ Marles in 48 pour vire sin pitit garchon devenir briseux d’ grèfes , 60 ans après !.

J’vous signale in plus que j’ai travaillé dins les RASED et que vous êtes mate d’ dire que ch’ est des manoqueux qui servent à rien et qu’ in peut les supprimer.

Je m’ vos mal arriver dins les écoles et dire à ches parints d’ élèfes : « Comme j’étos un bon à rien , Monsieur l’ Inspecteur d’ Académie i m’ a demindé d’ vénir m’occuper d’ vous éfants ! » . Sauf vote respect , ch’ est pas mi qui va passer pour eune andoule et vous allez finir par vous faire moquer d’ vous !.

J’ va donc rester à m’ maison ch’ jour là ,  pour faire faire les devoirs à mes deux petits garchons. I n’ n’ a un au CP et l’ aute au CE1 …normalemint j’ devros y arriver !

J’ voulos vous dire aussi d’ pas trop compter sur m’ femme non pus . Comme o l’ savez suremint,  alle a fait l’ école toute s’ vie à des petites sections d’ école maternelle , et comme i dit vote minisse , alle est jusse bonne à canger des couches  …ch’est donc cha qu’ alle va faire avec nou pétite file qui vient d’avoir ses 6 mos …….comme i dijot un de vos collaborateurs… «  I faut optimiser la valorisation des compétences  »

Voilà Monsieur l’ Inspecteur d’ Académie chu que j’avos à vous dire . J’espère que j’ vous ai pas trop contrarié mais au moins, vous aurez gagné un timpe .

Veuillez archuvoir Monsieur l’ Inspecteur d’ Académie , l’espression de min profond respect et tous mes incouragemints pasque j’cros que vous n’allez pas l’ l’ avoir à belle dins les mos qui vont suife.

Bertrand Cocq , pinsionné inscrit sur le grand livre de la dette publique.

Jouez avec “Sarko” sur Rased en Lutte

Mercredi 21 janvier 2009

Attrapez le avec la souris et secouez lui les puces, ça dé-stresse !!!!

http://www.planetdan.net/pics/misc/sarkozy.htm

Le Président et le Ministre : Pièce en vers

Lundi 19 janvier 2009

LE PRESIDENT

Entrez-donc mon ami et venez prendre place,
Afin de me conter ce qui vous embarrasse.
La réforme est lancée, elle avance à grands pas,
Mais je vois bien qu’à tous celle-ci ne plait pas.
Aussi voudrais-je entendre de votre propre bouche
Pourquoi les enseignants prennent ainsi la mouche.

LE MINISTRE

Mon bienfaiteur et Prince ne vous alarmez point,
Voyez comme en ces temps je sais rester serein.
J’ai fait ce qu’il fallait et fait preuve d’audace.

LE PRESIDENT

Allez contez moi donc  je ne tiens plus en place.

LE MINISTRE

J’ai d’abord, pour vous plaire, modifié les programmes
Pour faire des élèves des besogneux sans âme.
Ils se feront gaver du matin jusqu’au soir
Et n’auront plus de sens à donner au savoir.
Voilà qui nous fera des citoyens dociles,
Qui ne s’attacheront qu’à des choses futiles.

LE PRESIDENT

Fort bien, les programmes sont un bel artifice,
Pour manœuvrer les gens non sans quelque malice.
Voyez ce que je fis pour prendre le pouvoir,
Promettant des réformes, n’en disant que très peu,
Pour qu’une fois reçu l’aval des isoloirs,
Je puisse me sentir libre et faire ce que je veux.
Mais veuillez donc poursuivre votre plan de disgrâce,
Car je veux tout savoir.

LE MINISTRE

Voilà ce qui se passe :
Je commence par rayer en trois ans les RASED
Et pour tromper les gens sur le maintien de l’aide
Je laisse aux enseignants l’entière liberté
De s’occuper tous seuls de la difficulté.
Ils auront pour cela comme unique bagage
La chance de pouvoir faire quelques journées de stage.
J’ai enlevé deux heures d’école par semaine
Mais évidemment pas pour ceux qui mal apprennent.
On dit la journée de trop longue durée
Qu’il faudrait réformer notre calendrier
Et moi je vous dis qu’il en faut d’avantage
Et qu’il faut les forcer même jusqu’au gavage.

LE PRESIDENT

C ‘est à n’en point douter une idée fort plaisante,
Le mérite sera la seule valeur payante.

LE MINISTRE

Pour ceux qui veulent apprendre de maître le métier
Je les envoie le faire à l’université.
Voyez l’inanité d’une bonne formation
Nous qui n’avons besoin que d’agents et de pions !
Cela vous plait-il ?

LE  PRESIDENT

Assurément je pense,
Mon humeur est ravie et elle est d’importance
Car c’est elle qui règle le cours de mes pensées
Qui font toujours écho à l’actualité.
Mon caprice me met dans des emportements,
J’ai des mots qui ne sont plus ceux d’un Président,
Je flatte ce qu’il faut des instincts les plus bas,
Parle plus en mon nom qu’en tant que chef d’état,
Sur toutes mes idées je veux qu’on légifère
Et ne supporte pas qu’on m’empêche de le faire.
Des médias je me sers et grâce à mon emprise
Ils me suivent au mieux dans toutes mes entreprises,
Enfin, si j’utilise les services de la presse
C’est parce qu’aux yeux de tous il faut  que je paraisse.
Mais contez-moi encore votre train de mesures.

LE MINISTRE

De l’école en danger j’augmente la fêlure :
Il existe des classes que l’Europe nous envie
Accueillant les plus jeunes des enfants du pays.
Il serait opportun de les faire disparaître
Pour affecter ailleurs ce réservoir de maîtres
Qui ne font de leur temps que des couches changer
Et ne connaissent point les joies de la dictée.
Des enseignants en moins réduiraient nos dépenses
Et il n’y aurait plus de maternelles en France !
Afin de remplacer les absences des maîtres
Avec tous ceux qui veulent, une agence va naître.
Si celui qui remplace se trouve être plombier,
La chaudière de l’école il pourra réparer,
S’il est mécanicien et connait son affaire
Les voitures des collègues il pourra bien refaire,
Et si par de la chance il se trouve enseignant
Il pourra prendre en charge d’une classe les enfants !

LE PRESIDENT

Je reconnais bien là votre astuce admirable
Et votre esprit retors qui ne se sent coupable !
Cette école qui veut faire des citoyens
Il faut qu’à l’avenir elle n’en fasse rien !
Œuvrez donc mon ami, la tâche n’est pas mince
Car c’est l’éducation qui menace les Princes !!!!

Chanson revendicative en patois

Mercredi 14 janvier 2009

Je me disais bien que j’oubliais quelque chose…..

Le 31 décembre 2008, devant la préfecture d’Arras nous avons chanté au Préfet de police une petite ritournelle en patois à la gloire de notre cher ministre de l’éducation.

Je m’étais promis de vous transmettre les paroles à chanter sur l’air de : “Il mingeot des tomates” de Edmond Tanière.

Voici le texte :

Not’ Minisse

(sur l’air des “Tomates” du regretté Edmond Tanière)

1)    Ch’est un ancien prof, i s’app’lot Darcos, il étot Minisse ed’l’Education
I n’savot qwo faire, pour laicher sin nom ; canger ches programmes ? cha été vite fait !
Au long d’ses journées, dins sin Ministère, i s’intrainot à_ faire des soustractions
“Si qu’j’inlièfe cheux lal, qu’j’in supprime ed’z’aut’es, qwo qué j’peux cor faire ?
cha y’est j’ai treuvé !”

REFRAIN :    Supprimer les Rasèè-deu, les Rasèè-deu, les Rasèè-deu !
Ech’ pof garchon, in l’veyot bien, que s’chervelle al trainot dins l’bren
Car dins s’z’écoles, sans RASED, ch’est ainsi
Que d’soyer l’ branque sus l’quelle ô z’êtes assis !

2)    I n’savot qwo dir’, pour êt’ intindu, pour fair’ comme i dit “ed z’économies”
‘Fallot des réformes, fallot tout canger, y’a donc cominché par inl’ver l’sam’di…
Ch’tot pas cor assez, y’a continué, y’a fermé des classes, inl’vé d’z'inseignants
Y’étot contint d’li, y’étot pas peu fier, pour li, ches z’instit’s, ch’est des fainéants !

REFRAIN :    Supprimer les Rasèè-deu, les Rasèè-deu, les Rasèè-deu !
Ech’ pof garchon, in l’veyot bien, que s’chervelle al trainot dins l’bren
Car dins s’z’écoles, sans RASED, ch’est ainsi
Que d’soyer l’ branque sus l’quelle ô z’êtes assis !

3)    Un jour qu’i busiot, après sin rével, i l’avot rêvé à ches maternelles
“Surveiller la sieste, pis canger des couches, in n’a jamais vu un métier parel !”
Y’a fait des cadeaux à s’z'écoles privées, car pour sin patron : “rien n’vaut ches curés !”
Du qu’il allot quère ed’z'idées parelles ? In matière ed’couches, il in tient inne belle !

REFRAIN :    Supprimer les Rasèè-deu, les Rasèè-deu, les Rasèè-deu !
Ech’ pof garchon, in l’veyot bien, que s’chervelle al trainot dins l’bren
Car dins s’z’écoles, sans RASED, ch’est ainsi
Que d’soyer l’ branque sus l’quelle ô z’êtes assis !

4)    Et dins ches lycées, cha s’a mal passé ; pour calmer ches jonnes, i s’a raclaqué
Ch’tot avant Noël, fallot s’z'es calmer, il a dit : “m’réforme, ej’va l’artirer !”
I faijot comm’ si qu’i avot intindu, d’vant ches syndicats, s’qui dijot dins l’rue
Mais au fond d’li mê-meu, fallot s’in douter, i restot butté dins s’première pinsée !

REFRAIN :    Supprimer les Rasèè-deu, les Rasèè-deu, les Rasèè-deu !
Ech’ pof garchon, in l’veyot bien, que s’chervelle al trainot dins l’bren
Car dins s’z’écoles, sans RASED, ch’est ainsi
Que d’soyer l’ branque sus l’quelle ô z’êtes assis !
Un  grand merci à Jean Louis Bruno, auteur des paroles et chanteur intrépide .

On pourrait peut-être chanter cette chanson dans les prochaines manif ?

Succès assuré!

Franck

Allez un petit Hommage :

encore un ?

Edmond Tannière, né à Fouquières-lez-Lens en 1937 et décédé en 1991 dans un accident de cyclomoteur, est un chanteur et compositeur de chansons en Ch’ti (patois du Nord-Pas-de-Calais).

La plupart des chansons que chante Renaud dans son album Renaud cante el nord sont des chansons composées par Edmond Tanière. Il était également un accordéoniste talentueux qui est toujours présent dans le souvenir des anciens mineurs.

Ses chansons, pleines de réalisme et d’humour, sont restées gravées dans la mémoire collective des mineurs du Nord.