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Communiqué de presse du Collectif de défense des RASED

Jeudi 2 septembre 2010

En dépit des dénégations de Luc Chatel quant à la disparition des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED), les élèves comme les écoles sont de plus en plus privés du recours aux aides spécialisées compte tenu des suppressions de postes années après années et du nombre insignifiant de départs en formations spécialisées qui ne permet pas d’assurer le renouvellement des collègues prenant leur retraite (postes non pourvus).

Le manque de lisibilité sur l’avenir des RASED conjugué aux conditions d’exercice qui ne cessent de se dégrader (zones d’intervention étendues, missions restreintes, frais de déplacement non remboursés) dissuadent par ailleurs les collègues d’occuper ces fonctions Cette situation va s’aggraver encore face aux nouvelles annonces budgétaires de suppressions de postes et de réductions des dépenses de l’éducation.

Le Collectif continue de réclamer le rétablissement des 3 000 postes supprimés et un nombre de départs en stage CAPA-SH et DEPS équivalent au nombre de départs à la retraite et aux postes vacants, condition sine qua non pour que survivent les RASED. Il a décidé plusieurs actions :

- L’élaboration d’un « supplément RASED » au guide des parents produit par le ministère afin d’informer la communauté éducative sur l’importance des interventions et le fonctionnement du RASED.

- L’envoi d’une lettre au ministre l’interpellant sur l’arrêt brutal et inexpliqué du cycle de réunions démarré au printemps dernier, et exigeant un réel état des lieux, ainsi qu’une clarification de ses intentions concernant l’avenir des aides spécialisées.

- L’interpellation des parlementaires sur l’avenir des RASED dans le cadre de la préparation du budget. Il s’agit de remettre sur le devant de la scène éducative les besoins en personnels spécialisés (enseignants spécialisés et psychologues scolaires) et les moyens nécessaires pour prévenir et remédier aux difficultés scolaires, une question qui n’est toujours pas traitée sur le fond comme l’indiquent les dernières évaluations CE1-CM2.

Le Collectif encourage également l’engagement de tous dans les mobilisations sociales à venir pour y porter l’exigence d’un service public de l’éducation de qualité et pour la réussite de tous les élèves.

Paris, le 30 août 2010

Le Collectif de défense des RASED :

Organisations syndicales : Cgt Educ’Action, Se-Unsa, Sgen-Cfdt, Snuipp-FSU
Associations professionnelles : Afpen, Agsas, Fname, Fnaren

FÉDÉRATION NATIONALE DES ASSOCIATIONS DES RÉÉDUCATEURS DE L’ÉDUCATION NATIONALE

Mercredi 1 septembre 2010

Lundi 30 août 2010, les partenaires syndicaux et associatifs rassemblés en collectif pour la défense des RASED se sont réunis à Paris. Étaient présents : FNAME, AFPEN, FNAREN, AGSAS , FO, SNU Ipp, CGT, SGEN, SE . N’ont pas répondu à l’invitation : FCPE, PEEP, Sud éducation.

Cette réunion prévue avait comme objectifs de faire un état des lieux en cette pré-rentrée et d’envisager des perspectives pour ce début d’année.

Constats :

- On est toujours dans la situation où les IA ont tout pouvoir.

- Des postes supprimés, peu de départs en formation, des enseignants inquiets qui quittent leur poste.

- Des RASED qui risquent de s’éteindre à petit feu.

- Un désengagement de l’ Éducatio Nationale dans la formation des enseignants spécialisés dans le cadre de la mastérisation.

- Un relâchement de l’appui des associations de parents d’élèves (absentes ce jour).

- Par delà l’attaque des personnels RASED, la mise à mal du statut de fonctionnaire d’état.

Idées d’actions à envisager :

- demander l’évaluation du DAP

- revaloriser la notion de tiers que représentent les RASED à l’école.

- Remettre en route la communication sur le rôle et le travail des RASED à l’école, les rendre visibles comme dispositif d’appui face aux difficultés auprès des équipes enseignantes.

- Ecrire une information pour les familles en complément de la brochure du ministère qui a « oublié » les RASED l’an dernier.

- Reparler de la prévention.

- Interpeller les politiques avec un questionnaire précis sur leur futur positionnement pour l’école.

- Écrire aux députés avant l’échéance du vote du budget afin de maintenir la pression.

- Participer à la journée du refus de l’échec scolaire organisée le 22/9/10 par l’AFEV.

Les participants à cette réunion se sont quittés avec 3 projets d’actions après s’être entendus sur l’importance symbolique de la réussite de la grève du 7 septembre contre les projets du gouvernement :

1. Une lettre au ministère pour demander des explications au sujet des rencontres annulées au printemps dernier.

2. la rédaction d’une plaquette par les 3 associations professionnelles présentant le dispositif RASED qui sera diffusé par les réseaux des syndicats.

3. Un projet de lettre aux élus avant le vote du budget.

Lydie Morales, pour le BN de la FNAREN.
Siège social : 143 , rue A. Pajeaud 92160 ANTONY

fnaren@fnaren.asso.fr
http://www.fnaren.asso.fr

Réseau des enseignants du primaire en résistance : Communiqué de presse

Mardi 31 août 2010

Lundi 30 août 2010

Le Réseau des enseignants du primaire en résistance a tenu sa 2ème université d’été à Lyon du 23 au 25 août. A l’issue de cette rencontre qui a réuni de nombreux enseignants-désobéisseurs du primaire de toute la France et qui a permis la rencontre avec plusieurs partenaires invités, a été adopté le texte d’orientations, d’actions et de propositions ci-joint.

Courant septembre, le Réseau lancera une campagne d’informations et d’actions sur le thème “L’éducation est un droit, pas un privilège” afin d’ élargir la résistance à la mise en place d’une école élitiste tournée vers la compétition. Cette campagne permettra aussi de faire connaître l’école que nous défendons et les valeurs éducatives qui nous animent. Une lettre collective de résistance, commune au 1er et au 2ème degré, sera diffusée à cette occasion et soumise à signatures.

Les enseignants du primaire en résistance participeront à toutes les initiatives associatives et syndicales qui favoriseront la convergence des luttes dans les services publics et plus largement pour une autre société plus fraternelle, plus tolérante et plus solidaire.

Dès la rentrée et lors des rassemblements du 4 septembre prochain, l’Appel à l’insoumission à la politique sécuritaire du gouvernement que nous avons lancé le 18 août dernier sera largement diffusé.

http://resistancepedagogique.org/site/

Contacts : 06 61 58 10 55 /  06 81 47 28 61

Lettre écrite par un parent au directeur d’une école élémentaire de Vincennes

Vendredi 27 août 2010

“A l’attention de Monsieur le Directeur de l’école élémentaire Est-Libération
106 rue Diderot - 94300 VINCENNES

Copies :

Monsieur C - Instituteur de la classe de CM1 B
Madame F - Institutrice de la classe de CP C
Madame la Directrice de l’école maternelle Clément Viénot
Mairie de Vincennes
Le Collectif Parents Enseignants de Vincennes
Fédération FCPE Vincennes
Association APEV
FCPE 94
AG nationale des collectifs Parents Enseignants
Collectif National de Résistance à Base Elèves

Vincennes, le 11 octobre 2009

Monsieur le Directeur,

Ce courrier fait suite à l’entretien que nous avons eu lundi 28 septembre concernant le logiciel de base de données Base Elèves dans lequel des enregistrements concernant mes enfants et moi-même se trouvent renseignés. Vos propos se sont voulus rassurants quant à la nature et la destination des données saisies. Je comprends votre démarche mais je tiens à vous dire que vos explications sont loin d’être satisfaisantes à mes yeux.

Tout d’abord vous me dîtes que les données saisies ne sont que des informations générales, non sensibles, « que de toute façon l’administration connaît déjà ». Dans ce cas pourquoi vous demande-t-on de collecter, de saisir et de mettre à disposition des données sans intérêt ? N’avez-vous pas mieux à faire ? Vous affubler d’un travail sans aucune valeur ajoutée n’est-il pas en totale contradiction avec les objectifs de performance partout affichés ? Et quant bien même vous ne renseigneriez que le minimum d’informations, qui me dit que votre successeur aura la même attitude ? Qui me garantit de la sécurité des informations saisies ? Et qui m’assure qu’un traitement informatique batch ne viendra pas concaténer des informations complémentaires ? Données fiscales, données sociales, dossier médical… ? Enfin, songez que l’Identifiant National Elève, la clef du fichier qui se crée lors de la première saisie, est conçue pour être valide 35 ans ! Simplement pour stocker nom, prénom, adresse ???

Soyons honnêtes, cette base de données n’a pas été créée pour rien. Elle est née dans un contexte idéologique de fichage et de xénophobie indigne d’une démocratie comme la nôtre. Je ne puis oublier qu’il était question à l’origine de saisir des informations aussi personnelles que la religion ou la langue parlée à la maison… Ne sommes-nous pas dans un pays libre et laïc ? Devra-t-on prochainement s’excuser de ne pas suivre le culte officiel de la nation ou bien porter un signe distinctif à son veston ? Je ne puis oublier qu’il existe aujourd’hui un Ministère de l’Identité Nationale dont le seul énoncé est une injure à la devise de notre pays. L’identité nationale est une valeur, un caractère, c’est l’âme que forme la mosaïque des peuples et des cultures qui composent une nation. Aucun Etat ni aucun gouvernement ne peut en édicter la forme, sauf à prouver alors son caractère fasciste. Enfin, je ne puis fermer les yeux sur les cas d’irruption des forces de l’ordre au sein même de certains établissements scolaires. Des policiers parfois accompagnés de chiens qui entrent dans la classe pour chercher des élèves ! Comment appelle-t-on cela ? Des rafles ?

Je ne puis oublier non plus les déclarations du gouvernement s’agissant de « prévenir la délinquance dès la maternelle » ni les propos du Chef de l’Etat indiquant que certains éléments de « La délinquance » étaient selon lui « de nature génétique ».

Nous savons l’un comme l’autre ce qu’ont pu produire dans le passé des théories eugénistes mises en œuvre par une administration servile. Des plaques de triste mémoire sont accrochées sur le mur d’entrée de notre école afin que nous n’oubliions pas, et vous voudriez me voir fermer les yeux ?

Je note qu’en ce moment-même des directeurs d’école, des enseignants et des maires refusent publiquement de renseigner ce fichier et alertent l’opinion sur la grave dérive que constitue la mise en œuvre de ce logiciel espion. L’ONU elle-même condamne cet outil et rappelle la France à l’ordre,  le Conseil d’Etat demande lui aussi des explications et vous voudriez me voir rassuré ?

Voici pour la partie morale et pour les craintes légitimes qu’inspirent cette application.

Sur le plan strictement juridique maintenant. J’avance que ce fichier est illégal.

En effet, le droit à l’information préalable à la collecte d’informations personnelles n’a pas été respecté, ni d’ailleurs l’autorité parentale puisqu’en matière de saisie de données l’article 57 de la loi informatique et liberté prévoit que les personnes auprès desquelles sont recueillies des données à caractère personnel ou à propos desquelles de telles données sont transmises sont, avant le début du traitement de ces données, individuellement informées de la nature des informations transmises, de la finalité du traitement de données, des personnes physiques ou morales destinataires des données, du droit d’accès et de rectification institué aux articles 39 et 40, du droit d’opposition institué aux premier et troisième alinéas de l’article 56.

Or vous renseignez Base Elèves. Avez-vous prévenu les parents ? NON. Avons-nous accès aux données ? NON. Avons-nous un droit d’opposition ? NON.

Concernant mes objections sur la légalité du fichier vous me dîtes que tout cela « prête à discussion », que le présent fichier est « légal pour les uns, illégal pour les autres ». Diriez-vous de la loi informatique et liberté qu’elle prête à discussion ? Je ne le crois pas. Dès lors elle doit s’appliquer à tous et partout. Et c’est bien pour la faire respecter que plus de mille parents d’élèves ont porté plainte solidairement à la procédure engagée par le Collectif National de Résistance à Base Elèves et défendue par le Syndicat des Avocats de France. Et je ne doute pas que de nombreux parents de notre ville et du département voudront bientôt s’y associer. Je les y aiderai au mieux dans la mesure de mes capacités.

En outre, afin de protéger mes propres enfants de même que vous affranchir d’une tâche indigne de votre fonction, j’envisage de porter plainte contre la personne physique que je sais renseigner ce fichier illégal, c’est à dire vous-même.
Pour information, en l’état actuel de ma réflexion,

Vous priant d’agréer mes respectueuses salutations.”

Mardi 24 Août 2010
J. H.

Décision du Conseil d’État (19.07.10) : Le fichage Base Élèves n’est ni anodin, ni un progrès !

Vendredi 27 août 2010

Nos enfants sont fichés, ne nous en fichons pas …

La Base Élèves est illégale ! Parents, vous pouvez désormais vous opposer au fichage de votre enfant dans Base Élèves.

Modèle de lettre

Nom …………..       à Mme la Directrice (M le Directeur) de l’école …………..

Par décision en date du 19 juillet 2010, le Conseil d’État a invalidé sur plusieurs points les traitements de données « Base Élèves 1er degré » et « BNIE » (Décisions consultables sur le site du Conseil d’état : http://www.conseil-etat.fr/cde/node.php?articleid=2099).

Le Conseil d’État rappelle que « L’article 38 de la loi de 1978 donne à toute personne physique le droit de s’opposer, pour des motifs légitimes, à ce que des données à caractère personnel la concernant fassent l’objet d’un traitement. »

En conséquence, il « annule les dispositions de cet arrêté qui interdisent, dans sa deuxième version, toute possibilité d’exercice de ce droit d’opposition ».

(L’arrêté est celui du 20 octobre 2008, créant officiellement Base Élèves.)

De ce fait, je souhaite faire valoir mes droits et je vous informe que je m’oppose à ce que les données concernant mon enfant (mes enfants) ……… soient enregistrées dans le fichier Base Élèves et dans la Base Nationale Identifiants Elèves.

Je vous prie d’agréer, Mme la Directrice (M le Directeur), mes respectueuses salutations.

Infos CNRBE : http://retraitbaseeleves.wordpress.com/

Contact Collectif : collectif.ecoles.ouest.lyonnais@gmail.com

Maternelle et Élémentaire : la saignée à blanc !

Dimanche 22 août 2010

On vient d’apprendre que l’enseignement primaire est saigné à blanc dans les annonces de postes faites pour 2011 : moins de la moitié des recrutements par rapport à 2010 : 2 916 postes de professeurs des écoles sont proposés contre 6 577 l’année dernière (1). À titre d’exemple, l’académie de Versailles qui est l’une de celles où il y a le plus d’élèves, passe de 750 postes à 480 (2) ! C’est dramatique pour les jeunes qui envisagent de passer ce concours. Mais c’est aussi terrible pour les enfants et les familles. Car la natalité se maintient et augmente, même par rapport au baby-boom de l’an 2000 (796 000 nouveaux nés en 2008 contre 774 800 en 2000 – chiffres Insee). Et environ 11 000 professeurs des écoles partiront en retraite en septembre 2011. Qui va enseigner à ces élèves ?

La tactique, pour le gouvernement est double. D’ici à un an ou deux, au nom de l’autonomie des établissements, l’État veut obliger à des recrutements locaux d’enseignants vacataires (pour les établissements qui le pourront selon les dons du privé, des familles et des collectivités locales). Cette application de la conception européenne des services rendus aux publics dans un fonctionnement marchand est une trahison envers l’école de la République, un gâchis face aux besoins d’une nouvelle étape de démocratisation scolaire. À court terme, le gouvernement veut fermer les classes de toute petite, petite et moyenne section de maternelle pour récupérer les postes en élémentaire et y maintenir un nombre d’enseignants tolérable face aux élèves. C’est déjà ce qui s’était passé depuis le baby-boom de l’an 2000, où ce sont les élèves de deux ans, puis trois ans (et même des quatre ans dans les zones à plus faible densité) qui n’ont plus été accueillis.

C’est dramatique car aucune structure ne peut mieux que l’école maternelle permettre le développement de l’enfant par le biais du savoir, lui faire acquérir ce qui est indispensable à l’entrée au CP (savoir découper, tenir un stylo, classer des éléments par critères, reconnaître des sons, identifier les étapes d’une histoire…). La scolarité obligatoire dès l’âge de trois ans (et la scolarisation dès deux ans pour les familles qui le souhaitent) est nécessaire pour avancer vers l’égalité de réussite scolaire, pour préparer chacun à une scolarité longue, indispensable dans un monde où les savoirs seront plus complexes. Créons des collectifs de lutte, école par école, pour obtenir l’ouverture des classes nécessaires à cette scolarisation.

Avant deux ans, les naissances se poursuivant, l’exigence grandit de création d’un service public de la petite enfance pour à la fois harmoniser les structures existantes et déployer les capacités d’accueil sur tout le territoire national. Ces structures sont un atout pour le développement de l’enfant. Elles le sont aussi pour libérer les couples, et en particulier les jeunes mères dans leur vie sociale et professionnelle.

L’augmentation des effectifs montre un défi : répondons-y non par le marché, mais par le service public d’éducation, comme un enjeu de civilisation !

(1) http://www.education.gouv.fr/cid52536/postes-offerts-aux-concours-de-recrutement-2011.html.

(2) Les chiffres par académie : http://www.education.gouv.fr/cid4438/postes-offerts-aux-concours-externes.html.

Par Emilie Lecroq, Saint-Denis, 
réseau école du PCF

SUD ÉDUCATION 59/62 : DÉCLARATION RENTRÉE 2010

Mercredi 18 août 2010

Cette rentrée dans le service public d’éducation s’effectue de manière tout à fait particulière. Le but ici n’est pas d’énumérer les multiples mesures mises en place depuis de nombreuses années, qui cassent le service public d’éducation et contribuent, dans l’ensemble de la société, à l’enrichissement de quelques un-es au détriment de tou-te-s les autres et des ressources naturelles. La liste serait trop longue.

Si nous devions ne retenir que deux dispositifs délétères ce serait, au niveau de l’éducation nationale, le « schéma d’emploi 2011-2013 » et au niveau interprofessionnel, la contre-réforme des retraites.

Dans l’éducation,  les 16 000 suppressions de postes effectives pour cette rentrée s’ajoutant à celles des années précédentes ne suffisent pas aux yeux du gouvernement à mettre suffisamment à mal le service public d’éducation. En effet, puisque le dogme, prôné par le gouvernement et son président, du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux  partant à la retraite « doit » s’appliquer, il faut alors trouver des marges de manœuvre au détriment de la qualité du service public d’éducation.

Même si une analyse sommaire des dispositifs mis en place permet de le deviner, ce n’est pas affiché publiquement. Mais les documents de travail internes au ministère, qui ont fuité, sur le « schéma d’emplois 2011-2013 » dans l’éducation ne laissent plus planer aucun doute: le service public d’éducation n’est plus vu qu’en termes de « leviers d’emplois » ou autre « gisements d’efficience ». En clair: faisons fi de la pédagogie et des préoccupations des parents et des élèves et cherchons à supprimer des postes.

Ce n’est pas que les besoins manquent mais il s’agit de discréditer le public face au privé mais aussi de remplacer les postes de titulaires par des précaires, plus malléables sur le plan budgétaire, au détriment des conditions de travail des personnels et des élèves.

Cette logique aboutit, à la rentrée, à affecter des enseignants stagiaires sans expérience à temps plein avec une formation réduite à sa portion congrue. Le métier d’enseignant ne s’apprendrait-il plus?

Parmi les mesures prônées comme « leviers d’emploi » dans l’éducation, il y entre autres, clairement écrites :

- l’augmentation du nombre d’élève par classe ;

- le relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classes ;

- l’évolution du réseau des établissements ;

- la rationalisation de l’offre de formation.

C’est l’ensemble du service public d’éducation et de ses personnels qui est touché.

Mais prenons des exemples: il suffit de regarder la progression du nombre d’élèves par classe, même dans les établissements difficiles. On va alors nous répondre à nous, professionnels de l’éducation, que rien ne prouve que la réduction du nombre d’élèves par classe améliore les résultats. Passons même la mise à l’index récente d’un rapport officiel dit rapport « Picketty » qui concluait à l’efficacité de la baisse des effectifs par classe ; c’est bien nos compétences professionnelles qui sont mises en cause.

Le service public d’éducation ne serait donc plus une affaire de pédagogues qualifiés mais serait à livrer en pâture à des gestionnaires aux yeux rivés sur les coûts et les marges à dégager.

Pour pallier (cet accroissement des effectifs consécutif aux) (les) suppressions massives de postes  de ces dernières années (50000 suppressions depuis 2006), c’est, par exemple, (dans le premier degré) (dans le second degré): (ici peut s’insérer un pavé spécifique à chaque degré)

Cette triste réalité s’articule avec une communication/publicité onéreuse du ministère.

L’école que SUD éducation défend n’est pas celle, faite de marchandisation de l’éducation, qu’on nous propose. Elle ne nie pas les spécificités des élèves mais s’appuie sur une pédagogie efficace ayant pour but l’acquisition des savoirs et l’émancipation des individus. Alors oui, cette école-là coûte cher mais ce n’est rien par rapport aux coûts sociaux que peut engendrer la marchandisation de l’éducation. Nous défendons notre modèle d’école pour la construction d’une société solidaire. Oui, ça coûte cher mais ça n’a pas de prix.

Autre chose qui n’a pas de prix: le temps. Pour le gouvernement, le peuple devrait vivre pour travailler et non travailler pour vivre. En effet, plus le peuple travaille et plus les puissants peuvent s’accaparer une part importante des richesses produites.

C’est en ce sens que la contre-réforme des retraites sera présentée au parlement ce 07 septembre. Alors que de multiples solutions existent (une taxation infime des revenus financiers, par exemple) pour permettre de sauver et développer le système par répartition, le gouvernement, utilisant un soi-disant bon sens éhonté, continue de présenter le « travailler plus » comme unique solution (que ce soit l’âge légal de départ à la retraite ou l’augmentation du nombre d’annuités). Or il sait bien que ce qui est en train de se passer et de s’aggraver: la baisse du niveau des pensions car très peu de personnes ont une réelle possibilité et/ou volonté de travailler plus longtemps (alors que le travail fourni tout au long de la vie s’intensifie).

C’est alors un boulevard qui s’ouvre pour les retraites complémentaires et autres capitalisations, basculant les retraites et donc le débat sur le temps de vie dans la sphère privée et financière.

En effet, cette contre-réforme poursuit la logique de transferts massif d’argent du travail vers le capital et du public vers le privé qui a connu une de ses illustrations les plus criantes lors du sauvetage des banques et des financiers en pleine « crise des subprimes ». Et c’est à cause de ces transferts que les gouvernements instaurent, au niveau international, une politique de rigueur pour les peuples. C’est comme si nous étions dans un véhicule sans frein et, voyant le mur arriver on nous demandait d’accélérer…

Bien sûr les deux dispositifs étudiés dans ce texte ne sont que des parties infimes d’un plan plus global d’appropriation des richesses crées.

Pour SUD éducation et Solidaires, l’union syndicale interprofessionnelle à laquelle il appartient, il est plus que temps de mettre fin à cette logique prédatrice car ce n’est pas à nous de payer les crises du capitalisme.

Il nous faut donc renverser le rapport de forces. Les grévistes et manifestant-es de ces dernières années et plus particulièrement du 24 juin dernier le savent bien. Mais il nous faut construire un mouvement plus dur car face à nous, ils/elles sont sourd-es.

C’est en ce sens que SUD éducation 59/62 appelle l’ensemble des personnels à se réunir, s’informer et décider à la base des actions à mener. Et pour permettre une mise en branle la plus rapide possible, SUD éducation 59/62 appelle à la grève le 06 septembre dans l’ensemble de l’éducation et se joint à la grève à partir du 07 septembre au niveau interprofessionnel. Ces temps forts doivent nous permettre de nous organiser le plus efficacement possible afin de préparer la suite et de renverser la vapeur.

A bientôt donc dans l’action.

http://sudeduc5962.lautre.net/

Calais : La chasse à l’enfant

Jeudi 12 août 2010

Mardi 10 août, 9h45 : Un camion de CRS passe devant la rue Lamy. Cinq hommes en surgissent et arrêtent quatre enfants afghans qui attendaient devant la grille du lieu où est distribué chaque matin par SALAM un petit déjeuner.

La mairie a autorisé l’association à organiser cette distribution sur le terrain des repas, à 10 heures. Les forces de l’ordre procédant à des interpellations, les migrants sont victimes de guets-apens.

Pourquoi cette arrestation ?

Une consigne est donnée aux CRS de ne pas arrêter les migrants qui vont ou qui reviennent d’un lieu de distribution.

Pour mettre ces jeunes en sécurité ???

Nous savons quel sort leur est réservé : ils seront relâchés quelques heures plus tard. Ils devront alors revenir à pied de l’hôtel de police de Coquelles (5 km) ou seront emmenés vers un foyer d’où ils s’échapperont…

Rien n’est fait pour protéger ces jeunes et les nombreuses réunions ou visites politiques ou non n’ont abouti à rien.

Nous dénonçons avec fermeté cette arrestation qui vise des enfants dont le seul tort était d’espérer prendre un verre de thé et un peu de pain après une longue nuit éprouvante.

Association SALAM Nord/Pas-de-Calais :

Lettre d’info : ÉCOLE EN DANGER, Collectif Écoles Ouest Lyonnais

Mardi 10 août 2010

Nouveaux articles

** Encore un petit effort ! Supprimons le social et l’éducation ! Par Laurent OTT **

- 1er août 2010

C’est en bonne voie, écoles de réinsertion sociale, déchéance de étrangers, emprisonnement des parents de sauvageons, jardins d’éveil, etc. Le social et l’éducation c’est un vieux truc, un truc de mous, de complices de délinquants. Supprimons donc tout cela. C’est vrai au niveau national, c’est vrai au niveau local. Là l’exemple, c’est nous à Longjumeau, et “nous” c’est l’association Intermèdes-Robinson, qui fait de la pédagogie sociale (avec la première association, puis la
seconde ça fait 13 ans qu’on (…)

-> http://ecoleendanger69ouest.free.fr/spip.php?article1065

** Guy GEOFFROY, député UMP de Seine et Marne répond à une question sur le sort des RASED dans le schéma d’emploi 2010-2013 **

- 1er août 2010

Vous avez bien voulu attirer mon attention sur les moyens nouveaux de lutte contre l’échec scolaire et la place les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) à cet effet et je vous en remercie. Le traitement de la difficulté scolaire et la lutte contre l’échec scolaire constituent un des objectifs prioritaires du ministère de l’éducation nationale. La réforme de l’enseignement primaire a permis de recentrer les actions de l’école sur les apprentissages fondamentaux. Elle vise à ce que (…)

-> http://ecoleendanger69ouest.free.fr/spip.php?article1064

** Élèves perdus, élèves punis : le ministre de l’Éducation nationale rouvre des colonies pénitentiaires. Par Lubin **

- 31 juillet 2010

Sans aucune concertation, par une simple circulaire parue au Bulletin Officiel (29/06/2010), le ministre de l’Éducation nationale décide l’ouverture d’un nouveau type d’établissements qui devraient voir le jour durant l’année 2010-2011. Ces établissements dits de « réinsertion scolaire » (ou ERS, c’est leur dénomination officielle) s’appuient en réalité sur des principes qui n’ont plus rien à voir avec l’école ou la scolarité. Il s’agit de recevoir dans le cadre d’un internat des élèves qualifiés de « (…)

-> http://ecoleendanger69ouest.free.fr/spip.php?article1063

** Dalloz actualités : Le Conseil d’État donne une leçon d’informatique et libertés à l’Éducation nationale. Par M.-C. de Montecler **

- 29 juillet 2010

Plusieurs décisions du ministre de l’éducation nationale concernant les très contestés traitements de données « Base élèves 1er degré » et « Base nationale des identifiants des élèves » (BNIE) ont été annulées par le Conseil d’État. Il a demandé à ce que ces fichiers soient en partie modifiés. >> CE 19 juill. 2010, M. Fristot et Mme Charpy, req. n° 317182 >> CE 19 juillet 2010, M. Fristot et Mme Charpy, req. n° 334014 Administratif | Institution administrative Commentaire : Le Conseil d’État a annulé, le 19 (…)

-> http://ecoleendanger69ouest.free.fr/spip.php?article1062

** Aucun enfant né en 2007 ne doit être exclu de la maternelle ! **

- 27 juillet 2010

L’école maternelle se retrouve premier réservoir de postes pour satisfaire le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Dans plusieurs départements, une décision grave a été prise juste avant les grandes vacances, alors que de nombreux enfants sont déjà inscrits en maternelle pour la rentrée de septembre : les enfants qui n’auraient pas trois ans révolus au jour de la rentrée scolaire (c’est-à-dire qui auront trois ans entre le 2 septembre et le 31 décembre 2010), (…)

-> http://ecoleendanger69ouest.free.fr/spip.php?article1061

http://www.ecoleendanger.org/

CONTRE LA PESTE : LES “CITOYENS RÉSISTANTS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI”

Vendredi 6 août 2010

Communiqué  de « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui »

4 août 2010

Comme Stéphane Hessel, l’un de nos parrains, comme beaucoup de citoyens fidèles à l’esprit républicain et aux idéaux de la Résistance, notre association « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » (CRHA) dénonce les annonces graves du président de la République et les projets de lois envisagés contre les immigrés, leurs enfants, les gens du voyage, les Roms…

Avec un tel discours discriminatoire, en stigmatisant ainsi les gens du voyage, les citoyens européens que sont les Roms, en voulant rendre responsables de l’insécurité les étrangers installés en France, Nicolas SARKOZY s’attaque aux fondements mêmes de la République.

Si de telles lois scélérates sont votées, osera-t-on encore parler de liberté, d’égalité et de fraternité ?

Seul le Front National, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, a proposé  comme mesure systématique,la déchéance de la nationalité, et il faut remonter au régime de Vichy pour trouver une application d’une telle mesure, quand PETAIN a déchu les juifs étrangers de la nationalité française.

Comment peut-on envisager de condamner des parents de jeunes mineurs récidivistes, donc des personnes qui n’ont commis aucun délit ?

Ces projets de lois sont contraires à la constitution de la 5ème République de 1958, en particulier de son article 1 :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

Tout citoyen doit être sanctionné pour le délit ou le crime qu’il a commis et non pas en raison de ses origines.

Le président de la République ne cherche pas à s’attaquer aux causes de la délinquance, il agite l’épouvantail de la sécurité à des fins électoralistes en voulant rendre l’étranger responsable de tous nos malheurs, en tentant de faire oublier sa politique qui attaque systématiquement le socle des conquêtes sociales issues de la Résistance et de la Libération.

Le 4 mai 2008, au Plateau des Glières, Stéphane HESSEL, nous rappelait que l’esprit de résistance vient de notre capacité à nous indigner… et aujourd’hui, nous avons de quoi nous indigner, alors résistons contre ces dérives fascisantes.

Nous devons nous mobiliser très fortement contre cette xénophobie d’Etat. C’est une sérieuse remise en cause de nos valeurs républicaines.

Le 16 mai 2010, toujours au Plateau des Glières, le magistrat Serge PORTELLI, vice président de la Cour de Paris, évoquait le glissement de la démocratie vers un état autoritaire.

« Nous ne sommes plus vraiment en démocratie, disait-il, nous ne sommes pas encore dans un état autoritaire, nous sommes dans un état limite ».

Avec ces projets de lois annoncés, nous dépasserions cette limite…

Alors, résistons, soyons vigilants, participons activement aux mobilisations qui se préparent pour début septembre.

EXIGEONS LE REJET DE CES LOIS INDIGNES, CONTRAIRES AUX VALEURS REPUBLICAINES ET AUX DROITS DE L’HOMME.
CRHA

L’association ” Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui ” (CRHA)

CRHA, 1442, Route de la Luaz, 74570 Thorens-Glières

citoyen.2008@yahoo.fr

Tél. 04 50 22 46 21