
Février 2010
Lors du 5ème regroupement de l’ALRAL 62 qui a eu lieu à Wizernes le 20 janvier, nous avons eu le plaisir d’être interviewés par Claire Cortyl, journaliste à RDL, une radio locale qui diffuse ses émissions sur plusieurs secteurs du département. Le petit reportage réalisé a été diffusé toute la journée du 21 janvier, journée de grève et d’action des personnels de l’éducation nationale. Nous avons réaffirmé la place et le rôle des personnels des Rased et les dangers de leurs suppressions.
· Formation CAPA-SH ?
Comme vous le savez déjà, les formations CAPA-SH à la rentrée 2010 dans le Pas de Calais, concerneront essentiellement les options D, F et quelques E. Les collègues intéressés et présents se sont vus refuser la possibilité d’une formation de l’option G. Selon les propos d’un IEN ASH, l’accent serait mis sur la difficulté pédagogique. Ce même IEN trouve ce choix inadapté, car les difficultés des élèves seraient de plus en plus comportementales. Est-ce une tendance vérifiée sur le terrain ? Certains d’entre nous l’ont constatée sur leur secteur.
· L’Inspecteur d’Académie :
Il a répondu à notre courrier le 22 janvier. Il réaffirme la nécessité d’une aide spécialisée en complémentarité de l’aide personnalisée. (Réponse jointe à cet Alral-info). Mais il ne mentionne pas le sort des postes vacants de cette année, ni de ceux qui seront libérés par les collègues qui partent à la retraite ou sur une autre fonction. Pas de commentaire non plus sur la formation spécialisée, qui était la principale revendication de notre courrier.
Une demande d’audience commune aux trois associations a été envoyée à l’I.A. :
Cette audience aura lieu le jeudi 25 février à 16h. Nous serons reçues par Mr Tenne en personne et une adjointe Mme Blondel. Nous souhaitons à nouveau faire part de notre inquiétude quant aux réponses données aux candidats au CAPA-SH option G. Quel est l’avenir de cette option ?
· Formation vécue :
Des collègues ont bénéficié d’une formation avec un IEN ASH autour de petits conseils à mettre en place en classe face aux élèves perturbateurs. Elles font part de leur interrogation quant à la mission qui leur est demandée : il s’agirait d’apporter des éléments aux enseignants des classes pour aider les enfants qui perturbent. S’il s’agit de donner des conseils, nous estimons qu’on ne peut pas se contenter de cette seule réponse. Il faut garder les réponses multiples d’aides du dispositif RASED.
Nous pensons aussi que cette formation serait utile auprès de tous les enseignants du département. Pourquoi ne pas donner directement ces infos aux IEN et aux collègues en classe ?
· Aides spécialisées et aides personnalisées :
Chaque IEN parle d’articulation entre les deux dispositifs et même de complémentarité, faisant de l’aide personnalisée la panacée en matière de lutte contre l’échec scolaire..
Or sur le terrain, nous constatons qu’il n’y a pas de véritable réflexion sur l’aide personnalisée. Il faut remplir un temps et des groupes pour la faire fonctionner. Il est vrai que les collègues disposent de peu de temps pour la préparer dans la concertation. Les horaires ne sont pas adaptés. De plus, les AP commencent trop tôt. Pourquoi les mettre en route dès la troisième semaine de septembre ?
Il y a un acharnement à travailler sur les lacunes dans certaines notions et ce n’est pas toujours la bonne réponse aux difficultés de l’élève. On est dans une politique d’observer ce qui manque et non plus ce qui est.
Les aides personnalisées laissent de côté le corporel, très peu de jeux ou de parcours moteurs sont proposés, très peu d’activités sportives en primaire. On passe tout de suite à des fondamentaux : parler, apprendre du vocabulaire, écrire, lire, compter…
On ne parle pas vraiment des besoins des enfants.
L’aide personnalisée a entrainé une dérive au sein des classes. La pédagogie différenciée est peu à peu abandonnée. Si l’élève ne comprend pas, il verra cette notion en AP. L’enseignement redevient uniforme et non au plus près de la zone proximale de développement. C’est le constat de plusieurs d’entre nous.
L’ALRAL 62 aimerait mener une réflexion sur les aides personnalisées. En restant dans l’idée de la recherche de J.J. Guillarmé et D. Lucciani, à savoir que l’aide spécialisée apporte une aide plus globale que les AP. Nous posons donc la question : proposer d’abord une prise en charge spécialisée permettrait il ensuite, pour l’élève suivi, une meilleure approche des aides personnalisées ?
Pouvons nous au sein de l’association, recueillir des données et des témoignages de collègues, des ressentis sur l’articulation actuelle de ces aides ?
· A Wizernes :
Nous nous sommes penchés sur le PIA (Projet individuel d’aides) et sa signature. Nous nous sommes rendu compte de la diversité des conditions dans lesquelles le PIA était signé.
Pour la majorité, c’est le moment indispensable pour mobiliser la famille autour de l’enfant à l’école et s’engager ensemble autour d’un projet commun. La rencontre se fait entre la famille, l’enfant et le rééducateur. L’enseignant de la classe y est associé mais souvent rencontré à part.
D’autres collègues préfèrent voir tous les partenaires en même temps. Et parfois même le directeur de l’école. Ils trouvent que cette rencontre commune libère les infos et la parole et que certaines situations se débloquent plus facilement.
Nous avons convenu que lorsque le clivage entre l’école, la famille et l’enfant est trop grand, il est important de repositionner le PIA.
A qui est il destiné ? C’est un outil de travail propre au rééducateur, qui sert de cadre à une aide particulière à l’enfant. Qu’y met-on dedans ? Pour certains, c’est l’occasion de cibler les objectifs de l’école et ceux que l’on s’est fixés pour cet élève. Pour d’autres, c’est un document administratif avec une mention très succincte des objectifs de travail. C’est plutôt dans le projet rééducatif que vont apparaître les détails de l’aide à l’enfant.
Cette matinée a permis aussi d’aborder le retour en classe des élèves suivis en rééducation. Ce n’est pas facile pour eux. L’enseignant ne s’adapte pas toujours à la difficulté de l’élève.
Comment faire pour que le regard du maître change ?
Comment faire pour que l’élève ne s’enferme pas dans une attitude régressive ?
Prochain regroupement : Mercredi 3 mars à Arras, 9h30 -12h30, Maison des Sociétés, rue Aristide Briand
Il y a toujours possibilité de prendre le repas ensemble le midi.
Regroupements futurs de l’ALRAL :
Mercredi 28 avril
Mercredi 19 mai
Notre Assemblée Générale se tiendra le 23 juin à Arras
Ordre du jour :
* analyse de pratiques en rééducation et en prévention.
* Réflexion sur le retour en classe : comment le préparer ? Comment faire le lien ?