Pédagogie sociale développement communautaire : La Révolution que nous sommes…

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Si la révolution concerne l’avenir, alors elle n’est rien. Je me consumerai en attente, je perdrai mon temps à annoncer qu’elle arrive. Je me servirai inutilement de son nom pour justifier l’absurdité de mon quotidien ou bien le fait que je supporte ici et maintenant bien trop d’injustices. Y croire m’éloignera de mes contemporains et ne me rapprochera de personne. Focaliser ma vie sur cet idéal risque de m’amener à négliger mon environnement et mes proches.

Si la révolution concerne les autres, nécessite une quantité de conditions à réunir, si elle attend que tout soit prêt ou propice, alors elle n’arrivera jamais.

Dans les deux cas, à l’évoquer et l’invoquer, je ne fais que renforcer la résignation et le découragement. Plus je la parle, plus j’en fais une idée et en éloigne le sens; j’en invoque les principes mais cela n’aboutit au final qu’à la faire apparaître un peu plus illusoire, et à en condamner la perspective.

Il ne peut y avoir de révolution que celle qui commence ici; par le détournement de mon environnement, par mon investissement, mon appropriation, ma préoccupation de celui-ci. Par mon renoncement à rêver d’utopies et de cadres plus propices, …

Il ne peut y avoir de révolution que celle qui commence maintenant ; que j’engage donc par moi même et sans attendre, même à contre courant , même dans une période apparemment défavorable.

Il ne peut y avoir de révolution qui ne commence par créer un sens à la faire. Il est perdu le temps des idéologies sur-mesure, des paradis standardisés, des mots vagues , mais admis par tous: communisme, autogestion, justice, égalité. Aujourd’hui , c’est ici et maintenant que nous avons d’abord à bâtir des raisons d’agir.

On ne défendra ni ne revendiquera le partage, la solidarité, la liberté si on ne les a pas connus, même en petit; si dans notre parcours nous en avons été empêchés, à tous les étages, même dans les institutions qui en faisaient l’éloge. On ne défendra ni ne revendiquera la liberté d’expression si tout en nous n’a inspiré que des « Tais toi ! « . On ne défendra, ni revendiquera la liberté d’apprendre et de produire des savoirs si on nous a toujours déclaré mauvais et incompétents.

Notre première tâche est de donner du sens, du corps, de la réalité à ce qu’on prétend souhaiter.

Loin de cette chape de plomb que nous inspire l’impasse de notre système politique, de la confiscation des pouvoirs toujours par les mêmes, de l’épuisement de la délégation, de la représentation, nous devrions nous apercevoir de ce qui change déjà , juste par nous mêmes.

La révolution, c’est ce que nous sommes : elle n’est ni avenir, ni idéal, ni lointaine espérance, encore moins une croyance; elle est ce que nous faisons, ce que nous disons, écrivons, partageons.

Elle est déjà là parce que nous sommes là, que les ateliers fleurissent, que nos idées se répandent, et que nous nous rendons compte, jour après jour, qu’elles « gagnent » la pensée commune, qu’elles sont de plus acceptées, reconnues.

A bien y penser, la révolution n’est ni une activité, ni un projet : elle est le sens qu’on donne au monde. El le monde en ce moment en a grand besoin.

Nous sommes la révolution à chaque fois que nous mettons en œuvre des actions ouvertes à tous, dans un monde qui se ferme; nous sommes la révolution à chaque fois que nous basons notre jugement sur notre expérience et non sur ce qu’on nous dit; nous sommes la révolution quand nous créons des actions éducatives et sociales inconditionnelles; nous sommes la révolution à chaque fois que nous refusons l’usage du contrat, la dictature des projets, et toute évaluation dont nous n’avons pas créé les critères.

Nous sommes la révolution quand nous osons le gratuit, quand nous refusons la punition, l’exclusion. Nous sommes la révolution quand nous n’attendons pas pour agir, la réciproque, le paiement le retour ou l’autorisation.

Nous sommes la révolution qui est déjà là…

Source : Intermedes

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