Le Monde : « Non M. Copé, les livres pour enfants ne sont pas des manuels de morale »

 


Extrait … UNE DISTANCE QUE LES ENFANTS COMPRENNENT PARFAITEMENT

La littérature les accompagne, les interpelle, les rassure, les ouvre à de grands sujets : la vie, les rapports à l’adulte, l’altérité, la mort, le monde… Il y a dans la littérature en général, donc dans la littérature de jeunesse, une distance que les enfants comprennent parfaitement. C’est pour « de faux », eux le savent bien. L’humour, la poésie, la loufoquerie sont souvent les vecteurs qui signalent cette distance.

Les propos de Jean François Copé pourraient donc prêter à sourire : ce livre ne figure pas dans liste préconisée par l’éducation nationale et l’album en question est bien inoffensif : « la maîtresse en maillot de bain » n’est-elle pas une ritournelle de cours de récréation ?

Il est troublant cependant que depuis quelques mois les attaques sur le contenu « pernicieux » de la littérature de jeunesse se multiplient. Il est inquiétant également que certains confondent plus ou moins délibérément les manuels scolaires qui servent à « faire la classe » comme le dit Jean François Copé et la littérature de jeunesse.

Cette dernière, si elle a effectivement toute sa place à l’école, garde néanmoins au sein de l’institution scolaire un rôle essentiel : raconter des histoires, découvrir des contes, des fables. Elle possède à ce titre un statut particulier celui de multiplier les points de vue.

Loin de moi l’idée de prendre à la légère ce que l’on met dans les mains des enfants. Mais les auteurs, les illustrateurs, les éditeurs qui font la littérature de jeunesse, les bibliothécaires, les libraires, les enseignants, médiateurs qui la transmettent sont des professionnels attentifs, compétents et sérieux.

Certes, il peut et il y a matière à discussion, dès lors que l’on s’attache à ouvrir le débat autrement que par des polémiques politiciennes et stériles.

Le Salon du livre et de la presse jeunesse va fêter ses trente ans cette année et l’on s’honorera de mettre en valeur tous les grands livres qui, comme les cours de récréation, bruissent d’impertinence.

Sylvie Vassallo (directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis)

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