Les Rased, des maîtres spécialisés en mode survie

Les chiffres sont éloquents : 5 000 postes de Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) gommés entre 2007 et 2012, à peine 72 recréés en cette rentrée. « À ce rythme-là, il faudra pas loin d’un demi-siècle pour rétablir les emplois supprimés », s’impatiente Nathalie Caujac, vice-présidente de la FCPE, l’une des quatorze organisations membres du collectif national pour la défense de ces maîtres spécialisés dans le traitement de la difficulté scolaire.

Désormais, le collectif Rased en appelle à François Hollande. Durant la campagne présidentielle, le chef de l’État s’était en effet engagé à rétablir ce dispositif malmené par son adversaire, Nicolas Sarkozy. Considérant qu’il faisait doublon avec les deux heures hebdomadaires d’accompagnement personnalisé instaurées au moment du passage à la semaine des quatre jours, en 2008, la droite, à la recherche d’économies budgétaires, avait tenté de le démanteler complètement. Avant de reculer, face à une forte mobilisation du monde éducatif, et de se contenter de réduire d’un tiers la voilure…
Des Rased affectés à d’autres fonctions

Aujourd’hui, officiellement, un peu moins de 10 000 emplois sont alloués aux Rased (les maîtres E, chargés de l’aide à dominante pédagogique, les maîtres G, spécialisés dans la rééducation, et les psychologues scolaires). « Dans les faits, cependant, beaucoup remplissent désormais, loin du terrain, des fonctions qui ne correspondent pas à leur mission, celles par exemple de référents pour les troubles du comportement ou pour les situations de crise », déplore Maryse Charmet, présidente de la Fédération nationale des associations des rééducateurs de l’Éducation nationale (FNAREN). « Les Rased servent trop souvent de variables d’ajustement », estime-t-elle.

De même, le ministère n’a prévu cette année qu’une centaine de places de formation pour permettre à des professeurs des écoles de rejoindre un réseau Rased, à l’issue d’un cursus d’un an. Un peu comme si l’on cherchait à « assécher le dispositif », avancent certains de ses membres…
« Rased » et « Plus de maîtres que de classes », des dispositifs complémentaires

Aurait-on, au moment des arbitrages, sacrifié les Rased sur l’autel du « plus de maîtres de classe », autre dispositif réclamé de longue date par le principal syndicat du primaire, le SNUipp, et que le ministère a choisi de mettre en œuvre à partir de cette année, avec 1 000 postes à la clé ? « Dans la transformation pédagogique, les maîtres spécialisés ont leur partition à jouer », réfute Sébastien Sihr, le secrétaire général de ce syndicat, convaincu que les deux dispositifs ont des finalités différentes et complémentaires.

Comme le résume Thérèse Auzou-Caillemet, présidente de Fédération nationale des associations de maîtres E, « les maîtres supplémentaires interviennent en cas de difficultés dans l’apprentissage, tandis que les maîtres spécialisés s’attaquent aux difficultés de l’apprentissage », lorsque l’acte d’apprendre constitue un problème en soi. « Les Rased permettent d’éviter de médicaliser l’aide, d’inscrire l’enfant dans un centre médico-psycho – pédagogique », fait encore valoir Maryse Charmet…

Lire la suite de l’article de DENIS PEIRON 

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