Violences à Marseille : Jean-Marc Coppola, vice-président Front de Gauche de la Région PACA, cite les RASED dans son communiqué

« Protégeons les jeunes en leur donnant les moyens de vivre ! »

13ème règlement de compte à Marseille depuis le début de l’année 2013, un jeune, une fois de plus pris dans l’engrenage de trafics et de la prison. Insupportable et personne ne veut s’y habituer, inacceptable et pourtant chacun se dit à quand le suivant.

Comme à chaque crime sanglant, violent, le plus souvent impuni par la justice, de nombreux élus y vont de leurs formules, et tous réclament de nécessaires et légitimes moyens policiers pour ne plus revivre ces atrocités et pour rassurer la population.

Énième visite de ministres à Marseille, venant apporter leur solidarité, exprimer leur volonté de lutter contre cette situation, pourtant peu de monde croit en la solution miracle, peut-être parce qu’elle n’existe pas. Et certainement parce que jugés aux actes, ceux-ci n’en commettent pas à la hauteur de la crise sociale profonde qui frappe les quartiers populaires.

Le gouvernement fait la sourde oreille aux demandes de renforts policiers. Ou lorsque ces renforts sont mis en œuvre, ce n’est que partiellement en quadrillant une cité, et épisodiquement en mettant tous les habitants au régime du « couvre-feu », comme si tous étaient délinquants.

Où est cette police de proximité, permanente qui connait, qui écoute, qui agit et qui rassure et protège ?

La municipalité et son premier magistrat se sentent la conscience tranquille, parce qu’ils ont installé de la vidéosurveillance au centre-ville mais sans que les résultats soient à la hauteur de l’investissement.

Je n’ai pas de solution miracle, mais à mon sens il faut agir à deux niveaux et sur le fond.

Le premier dans l’immédiateté avec des moyens supplémentaires pour la police d’investigation et la justice pour démanteler les réseaux de trafiquants.

Le second en s’attaquant à la racine du mal : la pauvreté.

Il ne suffit pas de dire que les quartiers populaires de Marseille ont été abandonnés. Qu’a fait le gouvernement Ayrault depuis le Comité interministériel de septembre 2012 ? Rien, excepté l’annonce de la Métropole… en 2016, qui ne règlera pas les problèmes sociaux et économiques de Marseille.

Marseille compte 25 des 100 quartiers les plus pauvres de France. Marseille est une des villes les plus inégalitaires de notre pays.

C’est donc sur l’éducation, la formation, l’emploi et la vie associative qu’il faut agir avec des moyens financiers importants, pour rompre avec la misère, les discriminations et le chômage massif, particulièrement chez les jeunes de ces quartiers parce que justement, ils sont de ces quartiers.

Je propose donc un grand plan d’action en direction des jeunes pour les protéger tout d’abord, des prédateurs mafieux, des marchands d’illusion, des exploitants en tout genre.

Un grand plan d’action pour leur donner les moyens de vivre de manière autonome, avec l’éducation pour tous (rétablissement des RASED pour les plus jeunes), une formation et un vrai emploi.

C’est par la jeunesse que tout se règlera. Élus, collectivités locales, État, chefs d’entreprises, organismes de formation et associations d’éducation populaire, doivent se mettre autour de la table pour relever ce défi, construire ce projet, mettre en œuvre cette ambition, sans quoi nous compterons encore longtemps des actes barbares indignes qui sacrifient les jeunes, en premier. »

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