Vincent Peillon face aux fédérations d’enseignants : le calendrier à l’épreuve de la réalité

La voici enfin venue, la première audience officielle des fédérations d’enseignants reçues, ce lundi 4 juin, par le nouveau locataire de la rue de Grenelle, Vincent Peillon, et la ministre déléguée à la réussite éducative, George-Pau Langevin. A leurs côtés, le directeur de cabinet du ministre de l’éducation, Pierre-Yves Duwoye, le « conseiller spécial », Jean-Paul Delahaye, ou encore le « conseiller concertation », Bruno Julliard. Et face à eux, d’abord les représentants de la FSU – de 8 h 30 à 10 h 30. Puis ceux de l’UNSA-Education – de 11 heures à 13 heures. Deux audiences longues, portant moins sur le fond des dossiers que sur le calendrier et la méthode,  témoignent les représentants des syndicats d’enseignants. « C’est une première prise de contact », rappelle Bruno Julliard. « La grande concertation débutera, elle, après les élections législatives ». Elle devrait durer tout le mois de juillet, et probablement reprendre en septembre, confient les représentants des organisations syndicales, que nous avons interrogés à leur sortie du ministère.

« Aller vite, sans aller trop vite : c’est un impératif »
Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp-FSU

« L’entrevue s’est bien passée. C’était une rencontre nécessaire et utile. On a fait préciser au ministre Vincent Peillon qu’il y aurait bien deux temps. Un « temps 1 », celui du plan d’urgence, qui verra la création de 1 000 postes d’enseignants en primaire. Nous savons que ces emplois ne seront pas suffisants, bien qu’ils constituent une bouffée d’oxygène. Nous avons donc demandé que la répartition de ces postes se fasse sur des critères transparents – comme le taux d’encadrement, les conditions socio-économiques des territoires, le taux de réussite des élèves. Et qu’elle soit visible, c’est-à-dire qu’elle se traduise par des ouvertures de classes, des moyens réaffectés pour lutter contre la difficulté scolaire – notamment les RASED -, des moyens donnés au remplacement pour permettre aux enseignants stagiaires d’être accompagnés, au moins pendant les premières semaines de la rentrée, par un maître-formateur.

Le « temps 2 » sera celui de la « refondation » de l’école,annoncée et affichée par le ministre. Ce temps-là viendra après les élections législatives : là-dessus, nous sommes tous d’accord. Mais après la « grande concertation » du mois de juillet, un point d’étape nous semble nécessaire et utile en septembre, après la rentrée ; un temps de débat et d’expression pour les enseignants. Le ministre nous a bien dit que rien ne sera définitivement arrêté en juillet. Le calendrier est déféré en septembre, mais le vote de la loi d’orientation se fera, comme prévu, au cours de l’automne.

Aller vite, sans aller trop vite : c’est là l’impératif…. Il ne faut pas que le calendrier soit une épine dans le pied. Une fois les questions de méthode et de programme évacuées, on pourra entrer aborder le fond des dossiers, ouvrir les chantiers de la formation des enseignants, de la maternelle, du fonctionnement de l’école – le « plus de maîtres que de classe », les dispositifs pédagogiques, les RASED…. Tout cela sera au programme de la concertation dès juillet. »

 

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Une réponse à Vincent Peillon face aux fédérations d’enseignants : le calendrier à l’épreuve de la réalité

  1. Caizergues dit :

    Les Rased ne peuvent rester la seule remédiation à la difficulté scolaire. Leur efficience sur le temps scolaire a montré des limites évidentes. Leurs interventions spécialisées pourraient avoir lieu après la classe, auprès d’élèves en petits groupe Les élèves fragiles ne seraient plus soustraits au groupe classe, et bénéficieraient ainsi de 100% des enseignements suivis par leurs petits camarades. L’aide spécialisée devenant de fait une aide personnalisée qui côtoierait celle existante depuis 5 ans.

    La polyvalence des enseignants est un obstacle fondamental à la revalorisation et la remise en selle de l’école maternelle et élémentaire. La formation initiale et continue restent, de ce fait, une éternelle course à l’échalotte : Elle pourrait reculer au profit d’une spécialisation dans des champs disciplinaires. On éviterait la hiérarchisation des enseignements… On obtiendrait un véritable levier pour dissocier le temps d’enseignements des P.E qui doit baisser, et celui des élèves qui peut être modulé. S’ajouterait à la pédagogie des enseignants une nouvelle dimension qui serait celle de la didactique des disciplines enseignées. Et …Les maires qui décident ici ou là du « coup de pouce » en rémunérant les intervenants municipaux en Musique ou en EPS …. feraient des économies…

    La baisse du temps de travail des P.E est la condition de la prise de recul vis à vis de la classe et des élèves, la condition du débriefing, la condition de l’anticipation, la condition d’une prise en charge mieux pensée et plus individualisée des élèves.

    Michel P.E.

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