FNAREN : compte-rendu de la réunion de l’Appel des Appels du 22 octobre 2011

La FNAREN a été invitée à participer à la nouvelle journée de l’Appel des appels qui s’est déroulée cette année à  St Denis.

400 participants, une trentaine de collectifs et d’associations, s’étaient réunis pour réfléchir, débattre, penser et construire ensemble autour du thème

« Amour du métier : comment redonner de la valeur aux luttes sociales  et culturelles ? »

L’appel des appels, qui s’est présenté à l’origine en 2008, sous la forme d’une pétition lancée par deux psychanalystes Roland Gori et Stéphan Chédri, est constitué maintenant en association loi 1901 et compte plusieurs comités locaux dans toute la France.

Il réunit des professionnels de l’espace public dont les métiers sont malmenés au travers des réformes gouvernementales successives, par des logiques purement financières et comptables qui dénaturent leur mission de Service Public.

Il les appelle à construire du « collectif » et à développer ensemble toute forme possible de résistance s’opposant aux normes qui détruisent ces métiers, les transformant en instruments de contrôle. Il propose à ces associations et ces collectifs de co-organiser à différents niveaux des évènements où l’on peut penser ensemble afin d’inventer de nouvelles alternatives à ces politiques du pire.

C’est dans cette voie que cette journée du 22 octobre a été organisée.

Une matinée en séance plénière avec en ouverture la présentation du manifeste ADA puis les interventions de Robert Castel, Vincent de Gauléjac (sociologues) et Robert Gelli (procureur) qui tous trois ont décliné le thème proposé depuis leur place et avec leur expérience :

Le passage d’un statut de l’emploi vers une précarisation des métiers doit nous conduire à tenter de domestiquer le marché, l’encadrer, le réguler (Robert Castel).

L’intégration inconsciente de normes « marchandes », de résultats quantifiables à atteindre, en contradiction avec des valeurs personnelles et éthiques rend fou. L’estime de soi est touchée, le passage à l’acte, le suicide ne sont pas loin. (Vincent de Gaulejac).

La demande de procédures rapides, simples, informatisées au détriment de la relation humaine (Robert Gelli).

Tous les métiers représentés ressentent de plus en plus difficilement cette pression, cette injonction de résultats, de chiffres, de grilles (suicides et malaise même dans la police), du traitement du symptôme sans se préoccuper de ses causes : beaucoup de choses communes, qui se recoupent, à partir de singularités très fortes.

L’après-midi, les participants ont été invités à participer à  l’un des 6 ateliers composés de représentants d’association et de collectifs. autour d’une question posée.

Francis Jauset est intervenu pour la FNAREN dans l’atelier « langage de pouvoir, paroles d’émancipation.. », le contenu de son intervention sera diffusé sur le lien FNAREN-AREN. A cet atelier témoignaient aussi des orthophonistes, des éducatrices de la PJJ et un représentant de l’ADA Marseille… Charles Sylvestre de l’ADA National animait le débat. Vincent de Gaulejac et Roland Gori sont venus rejoindre ce groupe d’une soixantaine de personnes. Ce dernier a évoqué la métaphore de la société liquide. On ne sait plus à qui on a à faire et à qui on doit s’opposer.

L’atelier s’est terminé sur une invitation à une pensée dynamique et transversale à partir de la métaphore de la pollinisation. Le travail de l’abeille ne se résume pas seulement à la fabrication du miel. Les évaluateurs, eux, ne voient que le miel. Mais une chose que l’on fait sert à l’ensemble d’une institution : il y a tout ce travail de l’invisibilité que nous avons à faire valoir.

Que faire, sinon se regrouper et penser ensemble pour comprendre, créer des ponts entre nous, communiquer, se rendre visible, ce qui est en fait le projet de la FNAREN.

Maryse CHARMET, Francis JAUSET du bureau National de la FNAREN

L’Appel des Appels

« Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

A l’Université, à l’École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d’une idéologie de « l’homme économique », le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois « naturelles » du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en « faillite » le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture.

Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »

Roland Gori et Stefan Chedri,  le 22 décembre 2008

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