Communiqué : Agir en fonctionnaire de l’État

Communiqué de l’Association des professeurs de langues anciennes de l’enseignement supérieur

Les hauts responsables du ministère de l’Éducation Nationale révèlent les mobiles des choix gouvernementaux concernant une épreuve de recrutement des enseignants Dans une tribune publiée sur le site du SNUipp : « Concours de recrutement des enseignants : Deux hauts responsables révèlent les mobiles des choix gouvernementaux », André Ouzoulias revient sur un point très discuté de la réforme des concours de recrutement des enseignants promulguée dans le cadre de la « masterisation » de la formation : l’institution, lors de l’oral d’admission des concours, d’une épreuve intitulée « Agir en fonctionnaire de l’État et de manière éthique et responsable ».

Cette épreuve avait suscité un tollé en son temps, mais le ministre s’en était expliqué en arguant de l’importance pour un fonctionnaire de connaître le cadre réglementaire du système éducatif. Aujourd’hui, Christophe Kerrero, chargé des affaires pédagogiques et de l’égalité des chances auprès du ministre dévoile son intention première dans une audience accordée à l’Association des professeurs de langues anciennes de l’enseignement supérieur

« Les professeurs sont avant tout des fonctionnaires soumis à la hiérarchie administrative dans le passé, les IUFM étaient chargés de vérifier que les professeurs stagiaires étaient conscients des devoirs liés à l’appartenance à un corps. En aucun cas, il ne s’agit de porter la plus petite atteinte à l’autonomie pédagogique des enseignants. Cette épreuve, sur laquelle le ministère, qui est l’employeur des professeurs, ne reviendra pas, a été rendue nécessaire par le comportement parfois inadmissible de certains enseignants qui estiment à tort pouvoir se dispenser d’obéir à la hiérarchie sous prétexte d’autonomie pédagogique.»

Le contrôle de l’obéissance à la hiérarchie comme finalité du concours de recrutement des professeurs, la réduction des dépenses comme objectif avoué des réformes dans l’éducation, le tout pour que les entreprises « disposent d’une main-d’œuvre bien formée » ne parlons pas des élites qui se reproduisent naturellement par d’autres voies – voilà bien la première fois que l’intérêt de l’enfant et son épanouissement possible vers une vie adulte équilibrée sont totalement absents du débat et des mesures prises au ministère de l’Éducation nationale…

La justification de cette épreuve du concours de recrutement des enseignants montre encore une fois la volonté insistante du ministère de caporaliser les enseignants. Elle révèle ainsi que la désobéissance pédagogique des enseignants du primaire est une action qui l’inquiète plus que toute autre, car elle touche à ce qui fait la force du système de déconstruction de l’école : la soumission des enseignants et leur obéissance dans l’application des contre réformes. C’est finalement la reconnaissance que ces réformes ne peuvent s’appliquer que si les enseignants acceptent docilement de les mettre en œuvre, quand bien même ils les contesteraient par la voie légale.

Propos recueillis par l’Association des professeurs de langues anciennes de l’enseignement supérieur (APLAES) lors de l’audience qui leur a été accordée, fin janvier, par des membres du cabinet du ministre de l’Éducation nationale.

Compte-rendu disponible sur le site : www.aplaes.org/node/686

Lettre aux éducateurs de Nicolas Sarkozy, oct. 2007, page 30.

Obéir à une hiérarchie de pouvoir qui détruit méthodiquement l’école publique, c’est être complice d’une injustice préjudiciable aux élèves. Nous le redisons avec vigueur : un enseignant doit être homme avant d’être sujet. Un enseignant responsable obéit aux exigences de sa conscience plutôt que de se soumettre aveuglément aux injonctions de l’État. En tant que fonctionnaire de l’État, il est engagé au service du bien commun, mais ne saurait être un agent de politiques partisanes et destructrices.

L’état du monde exige que l’obéissance aveugle soit reléguée aux oubliettes de la barbarie, que l’éducation respecte enfin la vie dont chaque individu est porteur en éveillant ce dernier à son autonomie et à sa responsabilité, que la liberté soit protégée pour que chacun, dans sa collectivité particulière, soit maître de son destin.

Contacts :
Diane Combes, tel : 06 15 55 25 93
Alain Refalo, tel : 06 61 58 10 55
Réseau des enseignants du primaire en résistance
http://resistancepedagogique.org/site/
contact@resistancepedagogique.org

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