Compte rendu de la rencontre de la FNAREN avec Éric DEBARBIEUX

Éric Debarbieux, Président du Conseil scientifique des États généraux de la Sécurité à l’école, nous a reçus très cordialement, dans le cadre des consultations qu’il organise sur la prévention du harcèlement entre pairs à l’école primaire.

Même si ce n’était pas l’objet de cette réunion, nous avons tenu à rappeler en tout début d’entretien que les Inspecteurs d’Académie continuaient à proposer de nombreuses suppressions de postes RASED. II était au courant pour certains départements que nous avons mentionnés, comme le Val de Marne. Il n’a malheureusement pas d’influence directe sur ces suppressions mais il continue à faire entendre notre voix au sein du ministère.

A l’issue de ces consultations sur le harcèlement, une réunion des différentes organisations reçues sera organisée le 2 et 3 mai au Lycée Louis le Grand (350 à 400 personnes). Éric Debarbieux propose que la FNAREN soit invitée et puisse participer à des ateliers sur la formation, la place des enseignants spécialisés, le rôle de prévention de l’aide rééducative, … L’idée est d’utiliser les compétences existantes et de les augmenter en s’appuyant éventuellement sur des approches pertinentes venant d’autres pays comme par exemple celle des psychoéducateurs du Québec.

Pour préparer ces journées, nous sommes invités à lui remettre, début mars, un rapport sur nos propositions quant à l’intérêt de l’aide rééducative et des actions de prévention concernant cette question du harcèlement, ainsi que nos besoins en formation. Le BN se charge d’en faire une synthèse que nous soumettrons au CA de mars.

Ce nouveau projet viendrait s’ajouter au travail avec l’observatoire international de la violence à l’école. D’ailleurs à cet égard, nous n’avons recensé pour le moment que 15 retours de projets expérimentés alors qu’il en faudrait environ 200 pour des raisons statistiques. Il est important de démontrer la vitalité de notre association en faisant remonter un maximum de pratiques de terrain (même si elles sont identiques d’un endroit à l’autre). Bien évidemment cette nouvelle proposition de travail qui nous est faite par Éric Debarbieux dans le cadre de ses missions ministérielles reste indépendante de notre collaboration associative avec l’observatoire international de la violence qu’il préside par ailleurs.

Le Conseil scientifique travaille en collaboration avec la DGESCO mais Eric Debarbieux pense que la mobilisation doit aller au-delà de l’Éducation nationale, et qu’un partenariat élargi est la seule solution actuellement pour obtenir des financements pour un projet. Ainsi, en s’appuyant sur un rapport et des expériences menées en Pologne sur ce thème, il nous explique qu’il envisage une coopération incluant les médias et pourquoi pas des opérateurs de téléphonie pour monter des formations et des projets. En effet, les fournisseurs d’accès Internet et opérateurs de téléphonie sont directement impliqués dans les phénomènes de « cyber harcèlement » qui sont en constante augmentation aujourd’hui. Cela nous assurerait de surcroît une médiatisation certaine.

Sur ces questions, il a fait référence à Serge Tisseron, qu’il espère recevoir. Serge Tisseron est membre du Comité Scientifique de la FNAREN. Dans l’expérience polonaise qu’il commente et où 15% des écoles ont participé, il y a eu une diminution de 50% des phénomènes de harcèlement sur 3 ans.

Ce rapport montre l’intérêt de concentrer les efforts sur l’école primaire. Nos actions de prévention en maternelle et élémentaire ont donc toute leur place dans ces projets.
Un point est fait également sur l’étude réalisée par l’observatoire international de la violence à l’école dont Eric Debarbieux est le Président. Si 9,1% des enfants se disent victimes de violence, la moitié est en grande souffrance. Certains sont en effet, à la fois, agressés et agresseurs et ont un ressenti de souffrance moindre. Nous avons alors évoqué l’importance du jeu de rôle et des changements de rôle en prévention, en rééducation. Le travail sur l’empathie, la décentration, l’amélioration des relations sociales. L’aide aux enfants victimes (bouc émissaire) en renforçant l’estime de soi et leurs capacités à se défendre. Nous étions bien au cœur de notre métier.

Actuellement, un corps de 80 personnes, choisies par les Recteurs, ont participé à des formations dispensées par le Conseil Scientifique. Parmi ces personnes de terrain, Eric Debarbieux a mentionné des professeurs, des CPE, des IEN, des maîtres formateurs, des enseignants de SEGPA… Le second et le premier degré sont concernés, pas de rééducateurs à notre connaissance. Il espère élargir ce groupe en organisant un stage de formation national, la FNAREN y serait invitée. Ces formateurs de formateurs pourront ensuite trouver des relais auprès des Conseillers Pédagogiques, des RASED, des médecins scolaires…

En conclusion, un entretien très intéressant, avec des propositions ouvertes à travers lesquelles nous pourrons réaffirmer la pertinence et la valeur de notre métier pour lutter contre une forme de souffrance des enfants à l’école, aussi bien ceux qui agressent, passent à l’acte car ils ne se sentent pas en paix avec eux-mêmes, que ceux qui subissent la loi du plus fort.

N’oublions pas non plus que la lutte contre l’échec scolaire, partie intégrante de notre travail, est une forme de prévention contre la violence, car bien souvent, l’échec massif conduit à la mésestime de soi, de l’institution, des autres, à la désespérance ou à des actes violents.

Des interrogations demeurent en ce qui concerne les financeurs privés. De quoi l’école publique sera-t-elle redevable ? Par ailleurs est-il raisonnable de ne compter que sur des financements éducation nationale dans le contexte actuel ? Pour l’heure l’enjeu n’est-il pas d’être présent dans les rares projets qui verront le jour, afin de faire reconnaître nos compétences, nos savoirs faire, notre métier avant qu’il ne disparaisse ? Car une chose est certaine, ces projets existeront bel et bien de toute façon, avec …ou sans nous.

D’autres interrogations concernent aussi ce métier de psychoéducateur, qui présente des similitudes avec le nôtre et qu’on trouve seulement au Québec. En quoi est-il différent ? Comment croiser nos pratiques, comment s’en nourrir ? Quels aspects pourrions-nous transposer sur notre école, notre société ? La commission communication a prévu de prendre contact avec eux pour échanger sur leurs fondements théoriques et leurs pratiques.

Le débat est lancé…

Catherine CARRIC, Maryse CHARMET, Francis JAUSET

http://www.fnaren.com/

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Une réponse à Compte rendu de la rencontre de la FNAREN avec Éric DEBARBIEUX

  1. admin dit :

    La FNAREN me semble faire fausse route. Pensez vous qu’essayer de se rendre indispensable en fréquentant les ministères, va sauver notre métier ?
    Nos ennemis doivent bien se marrer rue de Grenelle à voir l’association des maîtres G tenter la collaboration pour essayer de survivre.

    Alors tout est bon, ici, un projet violence, là, une formation spécifique à l’accueil des handicapés.

    Vous connaissez mal vos bourreaux, ils ne lâcheront rien. Seul un rapport de force qui leur serait défavorable peut les faire fléchir un temps.

    Que dire de la phrase : « Par ailleurs est-il raisonnable de ne compter que sur des financements éducation nationale dans le contexte actuel ? »

    Mais quelle société défendez vous ? Quel est exactement votre rapport avec le fric privé ?
    Va-t-on se faire sponsoriser par le laboratoire CIBA qui distribue la RITALINE ?

    Ressaisissez vous, vous faites pitié

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