FNAREN : Rencontre avec Bruno Julliard, en charge des questions d’éducation au PS

Nous présentons la FNAREN, les RASED, l’aide rééducative. Nous faisons un bref résumé de la dernière action RASED (3000 bougies), en précisant que le ministère dit ne pas vouloir supprimer les RASED mais les redéployer sur les secteurs où la difficulté est importante.

BJ nous présente à son tour les points importants du projet du PS en matière d’éducation.

Ce projet est bien avancé mais pas encore finalisé, le texte est encore à améliorer, notamment pour tout ce qui touche à la difficulté scolaire. Nous arrivons donc au bon moment. Le PS souhaite faire de l’éducation un thème central. Au-delà de l’étude récente PISA, l’état actuel du système scolaire et la crise de confiance de la société envers son école le justifient pleinement. Les racines de la crise sont profondes, il y a un réel tri scolaire et social qui se manifeste particulièrement au collège (le budget des lycées est 10% plus élevé qu’il ne le devrait, celui de l’école primaire est sous évalué de 10%).

1) L’effort doit donc porter sur la petite enfance et l’école primaire.

2) Le collège ne doit plus être l’antichambre du lycée mais avoir plus de continuité avec l’école élémentaire.

3) Il faut une plus grande justice au niveau de la carte scolaire (favoriser la mixité sociale)

4) Il est envisagé d’attribuer les moyens de manière plus juste en individualisant au niveau des établissements (donner plus à ceux qui en ont besoin, initiatives innovantes)

5) Il y a nécessité à créer une alliance éducative avec les personnels en revalorisant le métier (aspect salarial, métier, missions, travail en équipe, autonomie, formation initiale et continue)

6) Pour le collège, la lutte contre l’échec ne devrait pas être externalisé hors de l’établissement, ni hors de la classe. C’est d’abord la classe qui se transforme (décloisonnement, travail de cycle, co-animation)

Nous avons bien sûr réagi sur ce dernier point (qui concernait aussi le primaire) et avons développé les raisons pour lesquelles nous travaillons avec des élèves hors la classe. Pour BJ, il s’agissait d’éviter de « stigmatiser » les élèves. Nous avons donné des exemples précis et expliqué que c’était plus l’échec scolaire qui marginalisait un élève que sa sortie de classe. L’aide proposée était nécessaire, efficace et passagère puisqu’après 30 séances (en moyenne), l’élève retrouvait l’envie d’apprendre et n’avait plus besoin de sortir de la classe. Parallèlement, l’aide personnalisée est plus « stigmatisante » puisqu’elle a lieu hors temps scolaire pendant que les camarades se détendent. Par ailleurs, pour les élèves agités, anxieux ou passifs, elle n’est pas pertinente. C’est à ce moment, qu’il a saisi que la réponse à ce type de difficulté ne pouvait pas être uniquement pédagogique.

Nous avons enchaîné sur la recherche avec Paris-Descartes qui compare ces deux types d’aides à l’avantage de la rééducation (développement de compétences autres que scolaires en plus). Suite à une question de BJ, nous avons argumenté également sur ce temps où l’enfant est privé de classe (nous rappelons que l’enfant est de toute façon peu ou pas disponible aux apprentissages et que nous choisissons avec l’enseignant le moment le moins pénalisant pour l’enfant). C’est une inquiétude qu’on retrouve chez les parents et il s’agit de leur en expliquer les raisons.

Nous avons longuement développé le travail du RASED, à partir de la demande de l’enseignant, avec l’accord et la participation de l’enfant et de sa famille. Nous avons insisté sur la nécessité de préserver ce dispositif avec trois spécificités, trois regards différents et le travail de co-réflexion (et non d’expert) que nous menons auprès des enseignants et des familles. Ce travail permet de faire évoluer les représentations des uns et des autres par le questionnement et la recherche de solutions pour aider l’enfant. ( autonomie, autorité, estime de soi…)

Nous avons ensuite abordé le document FNAREN sur la difficulté scolaire aujourd’hui, en insistant sur aujourd’hui (apparition de nouvelles causes de difficulté) et interaction (c’est l’intrication de ces causes qui est bien souvent à l’origine de la difficulté scolaire), d’où la nécessité de réfléchir en équipe RASED avec l’enseignant puis la famille.

Nous avons commenté à l’aide d’exemples certains points de notre analyse de la difficulté scolaire (le rapport au temps, à l’image, la crise de l’autorité, l’homogénéité sociale, l’isolement des enseignants, l’absence de formation à la relation, le morcellement de l’enseignement, les rythmes scolaires).

Sur la formation, nous lui expliquons que la diminution massive des heures de formation initiale lors du passage CAPSAIS (800h) à CAPA-SH (400h) freine les candidatures pour partir en formation spécialisée ainsi que l’avenir incertain fait aux RASED et surtout la sous information distillée à compte-goutte dans les départements (contraintes budgétaires des Académies qui espèrent récupérer des postes). Nous lui donnons les chiffres des derniers départs en formation pour les rééducateurs sur le plan national (36 en 2009, une cinquantaine en 2010 contre 250 les années précédentes). Nous lui communiquons également les chiffres des suppressions de postes de rééducateurs sous l’ère Darcos (1020) et des suppressions de la rentrée 2010 (enquête FNAREN) : estimation : 200 suppressions et 300 postes vacants risquant d’être supprimés. Sur la sédentarisation, nous faisons un petit détour pour lui expliquer le passage du GAPP au RASED pour pouvoir intervenir sur tout le territoire et aider tous les élèves. Cette logique des RASED n’est plus respectée avec la sédentarisation. Des secteurs sont découverts. Des élèves ne sont plus aidés. Nos craintes sont accentuées par les déclarations récentes de la DGESCO (reventilation). Nous avons abordé les différentes actions de prévention (accueil PS, prévention/maturation MS, ateliers de philosophie, groupe de parole, l’accompagnement pour les passages GS/CP – CM2/collège).

L’échange a, par la suite pris un tour plus politique où nous avons échangé de nouveau sur certains points du programme du PS (mixité sociale, collège, rythmes scolaires) et au cours duquel nous avons insisté sur les suppressions de postes, la formation dans le cadre de la mastérisation et les trois spécificités pour l’analyse de la difficulté scolaire et leurs réponses diversifiées et adaptées. BJ a compris que les aides devaient être plurielles dans la mesures où leurs origines étaient diverses, il a pris note de la plupart de nos remarques.

Nous lui avons remis l’ensemble des documents préparés (le triptyque difficulté scolaires, le témoignage de L’IEN avec lettre de l’IA, un numéro d’envie d’école sur la recherche FNAREN/ Paris Descartes).

Loïc DOUET et Francis JAUSET

http://rgbr.free.fr/

Ce contenu a été publié dans Comptes rendus, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à FNAREN : Rencontre avec Bruno Julliard, en charge des questions d’éducation au PS

  1. admin dit :

    Attention : « Pour le collège, la lutte contre l’échec ne devrait pas être externalisé hors de l’établissement, ni hors de la classe. C’est d’abord la classe qui se transforme (décloisonnement, travail de cycle, co-animation). »

    Ça fait peur même s’il est écrit : « pour le collège »… brrr !!!

    Si Sarko est mis dehors en 2012, nous ne sommes pas encore sûr de survivre.
    Le projet du P.S. sur « l’égalité réelle » ne parle pas des Rased.
    Les mauvaises surprises récentes ne sont pas oubliées !
    Souvenez vous du merveilleux ministre socialiste de l’Éducation Nationale, il s’appelait… ALLÈGRE LE DÉGRAISSEUR DE MAMMOUTH.
    D’un très mauvais souvenir nait une très grande méfiance !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *