Communiqué de la FNAREN : Le dépistage ce n’est pas de la prévention

FÉDÉRATION NATIONALE DES ASSOCIATIONS DES RÉÉDUCATEURS DE L’ÉDUCATION NATIONALE

Suite à la lecture du rapport « La prévention de la délinquance des jeunes » rédigé par Jean-Marie Bockel, secrétaire d’état à la justice, la FNAREN alerte sur les dangers d’une confusion entre le dépistage et la prévention. Ces deux modalités d’action sont radicalement différentes et produisent des effets contraires. La logique du dépistage vise à repérer précocement les conduites inadaptées en vue de les traiter.

Cette approche présente des inconvénients : les réponses apportées, parce qu’elles se focalisent sur les conséquences et cherchent à faire disparaître les manifestations de la souffrance sans travailler réellement sur leurs causes, sont inefficaces dans la durée. De plus, elles figent les personnes dans une identité construite sur le sentiment d’incompétence, la mésestime de soi, l’opposition, voire la transgression. Les conduites inadaptées sont alors renforcées.

Or, le respect des règles et la socialisation ne sont pas innés. Ils font l’objet d’apprentissages, étapes normales du développement de l’enfant. La prévention se base sur le postulat d’éducabilité et propose dès le plus jeune âge des dispositifs favorisant ces apprentissages, en lien avec les familles et les professionnels de l’éducation, dans un travail de co-réflexion et de coopération.

A contrario, le dépistage précoce stigmatise parce qu’il désigne très tôt des enfants comme étant hors norme, présentant des risques, et par là même les exclut du processus normal d’apprentissage. Les répercussions sont très négatives sur l’image que l’enfant se fait de lui-même et sur la façon dont les parents investissent leur rôle. L’éducation de leur enfant leur échappe au profit de structures extérieures qui prennent en charge et dictent les conduites à tenir, plaçant de fait les parents dans une position infantilisée, déparentalisée.

Ainsi la vidéo-surveillance, le coaching parental, la présence de policiers dans les établissements ne relèvent pas de la prévention mais bien d’une logique de dépistage.

C’est parce que l’école est désignée comme le creuset de la citoyenneté et le lieu de la réussite de chacun que les réponses doivent être trouvées en son sein, dans le lien avec les familles. Or les RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) œuvrent dans l’école à la mise en place de dispositifs de prévention à destination des enfants, dès leur entrée en maternelle. Ils accompagnent les parents et les enseignants dans leur réflexion, sans penser pour eux, et soutiennent les compétences des uns et des autres afin que chacun trouve sa juste place pour aider les enfants à se construire. Les RASED apportent également des aides adaptées aux enfants qui sont en souffrance et qui manifestent des difficultés à l’école, en impliquant les maîtres et les familles et en faisant le lien le cas échéant avec les services médicaux, sociaux ou judiciaires.

Il est devenu urgent aujourd’hui de permettre aux professionnels des RASED de continuer à faire leur travail et d’occuper pleinement leur place dans la prévention des difficultés à l’école, qu’elles soient scolaires ou comportementales.

Le bureau national de la FNAREN

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