Quelques nouvelles d’ici et là autour des luttes contre la réforme des retraites

Boulogne, Angoulême, St Nazaire, Belfort…

Blocage de la zone industrielle du port de Boulogne-sur-Mer

À la marge et en opposition à la logique de l’intersyndicale, s’est tenu un rassemblement à partir de 4 heures du matin sur «Capécure», la zone industrielle du port de Boulogne-sur-Mer.

Une bonne centaine de personnes. Une moitié d’ouvriers des boîtes de la zone, une bonne moitié venue sur contacts persos.

C’est tout de même moitié moins que ce que l’on attendait et ce que l’on espérait à l’AG préparatoire, ce qui a fragilisé dès le départ les points de blocage.

Les six points immédiatement mis en place, comme on s’y attendait les choses sont allées très vite.

D’entrée de jeu le ton est donné, les flics sont arrivés pour dégager le point le plus sensible et offrir un passage aux camions.

Affrontements immédiats. Tirs de lacrymos, replis de part et d’autres. Nouvelle tentative de forcer le passage, les flics abandonnent une gazeuze et une bagnole qui a bien encaissé dans la mêlée. Nouvelle charge pour récupérer la voiture.

Va s’en suivre une série de charges et de répliques durant quelques temps.

Abandon de ce point de blocage et repli lorsque arrivent sept camions de CRS sur la zone.

Les autres points tiendront jusque midi sans nouvel affrontement. Ils créeront une certaine pagaille sur la zone mais il est clair que les camions pouvaient désormais quitter le port.

Super logistique : camionnette pour approvisionner en pneus et palettes. Solidarité des ouvriers des boîtes de marée qui bossaient, des gars de deux entreprises différentes nous ont approvisionné en palettes et pneus sur leur temps de boulot, d’autres nous ont prêté leur transpal.

À 10 heures manif, un flyer a été distribué dès le départ appelant à rejoindre les barrages. Bide total, incompréhension, mais aussi des : «pourquoi ne venez-vous pas manifester»…

Vers midi les effectifs diminuant, concentration en centre-ville pour blocage d’un axe principal jusque midi.

Fin de la partie.
OCL, 25 septembre 2010.

Angoulême : tentative de bloquer les voies

La manifestation angoumoisine contre les retraites a rassemblé près de 25.000 personnes selon les syndicats.

Les manifestants ont défilé pacifiquement en jouant à cache cache avec les forces de l’ordre.

C’est après le retour à la gare que les choses se sont gâtées: une petite centaine de personnes, à l’initiative du collectif de défense des retraites, a forcé le cordon de policiers qui barrait l’accès au hall, tentant de se frayer un chemin jusqu’aux voies, pourtant désertes en ce jour de grève.

Acculés, en petit nombre, les policiers ont lancé des grenades lacrymogènes, et lâché quelques coups de matraque.

La foule a reflué sur le parvis, où la colère est montée d’un cran, dénonçant les « violences policières ». La foule a grossi, et le face à face, très tendu, a duré plus d’une heure et demi.
Pour en savoir plus : http://www.charentelibre.com/article-11-coup-de-chaud-sur-la-retraite.html?id_article=344066

Nantes, pont bloqué, permanence UMP murée

Retraites : le pont de Pirmil , à Nantes, bloqué par des manifestants
Depuis 11 h, le pont de Pirmil, à l’entrée sud de Nantes, est bloqué par des militants de l’union locale CGT sud-Loire. Les manifestants ont prévu de rester sur place jusqu’à 13 h. La circulation est fortement perturbée. En début de matinée, les militants CGT ont également muré l’entrée de la permanence parlementaire du député UMP Serge Poignant, à Basse-Goulaine.

Saint Nazaire : 3 manifestants en prison après une déviation de manif

La mobilisation contre les retraites est parmi les plus massives que la ville a connu ces dernières années. Les incidents de fin de journée ont été contenus.

11 h. Devant les installations du port à Montoir, des feux de pneus dégagent d’épaisses fumées. Des transporteurs tentent de rejoindre à grand-peine les sites de chargement. La mobilisation prend forme. Sur le pont de Saint-Nazaire, la circulation sud nord est quasiment paralysée. Un cortège de voitures en opération escargot apporte son lot de manifestants du Pays de Retz.

14 h 30. La foule se masse sur la place de l’Amérique-Latine. Les discours de l’intersyndicale reprennent les mêmes arguments que le 7 septembre. Mais le ton monte d’un cran. Les salariés de la raffinerie de Donges, en grève illimitée, sont applaudis par la foule.

15 h. Le défilé démarre, rue Henri-Gautier. Devant la banderole de l’intersyndicale qui ouvre normalement le cortège, 250 militants Force ouvrière forment un premier groupe de tête. Non officiel. « On ne nous invite plus aux intersyndicales. On nous réserve toujours une place en fin de cortège. On a décidé de prendre la tête, » explique Yvonnick Dréno.

15 h 15, Force ouvrière enfile la rue Henri-Gautier, l’itinéraire prévu de la manifestation. L’intersyndicale les laisse filer et bifurque rue Albert-de-Mun. Force ouvrière est marginalisé : « Ils cultivent la division et ils veulent prendre la tête de la manif ! » s’indigne Christian Duval, secrétaire de la CGT. Peu de manifestants ont conscience de l’incident.  La première fusée de gaz lacrymogène est tirée depuis l’intérieur de la sous-préfecture. Deux escadrons prennent rapidement position dans les rues voisines. Les manifestants sont tenus en respect. Les pompiers se faufilent pour éteindre un feu de poubelles allumé devant la grille.

17 h 10. Charge des gendarmes mobiles. Sous les arbres qui bordent l’église Saint-Nazaire, l’atmosphère est irrespirable. Le rond-point des Quatre-Horloges est « repris » aux manifestants. Le face-à-face se poursuit dans l’avenue de Gaulle, et rue Henri-Gautier.

17 h 30. Les gaz lacrymogènes ont vidé les terrasses du Ruban bleu. Les commerçants verrouillent les portes. Les courses poursuites à pied dans les rues et entre les feux de poubelles vont s’étirer jusque vers 19 h. Un policier sera légèrement blessé et sept manifestants interpellés.

Concernant les personnes arrêtées, au moins 2 sont aujourd’hui en prison :
Les trois prévenus comparaissaient pour le même chef d’inculpation, à savoir jets de projectile et attroupement illicite avec possession d’armes (à savoir des bouteilles). Le procureur demande 3 mois ferme avec mandat de dépôt pour les trois prévenus. À plusieurs reprises il évoque la nécessité de l’exemplarité et quand les avocats demandent une peine juste, il répond qu’il demande bien peu étant donné que les peines prévues par le code pénal pour ces chefs d’accusation vont jusqu’à 3 ans ferme voire 5 ans.

Le premier prévenu, M. B., sans emploi depuis juillet et en reconversion professionnelle, a un casier judiciaire mais rien depuis 4 ans. L’avocat insiste sur la question des sommations qui n’ont pas été entendues en rappelant le jugement en appel de l’affaire de l’année dernière et en évoquant un PV laconique sur la question des sommations.

Les deux autres prévenus sont défendus conjointement. Les avocats demandent la nullité de la garde à vue (voir conclusion de la Cour européenne des droits de l’Homme), la requête cependant ne peut aboutir car la législation actuelle reste en vigueur jusqu’au 1er juillet 2011.

Monsieur D., soudeur père de famille sans casier (0,47g d’alcool par litre d’air expiré) a jeté une canette sur une voiture, qui s’est avérée être un véhicule de police. Il s’excuse et précise qu’il ne savait pas qu’il s’agissait de policiers. Le procureur s’étonne qu’il n’ait pas entendu les sommations d’une part et qu’il n’ait pas reconnu le véhicule (peut-être à cause de l’alcool selon lui). En l’occurrence les faits n’ont pas eu lieu sur le lieu de l’attroupement rappelle l’avocat et le véhicule était banalisé. Il précise que par ailleurs aucun des responsables syndicaux présents dans la salle n’a entendu les sommations. Son avocat souligne par ailleurs que lors de la garde à vue le chef d’accusation était de dégradations (or le rapport ne mentionne que des dégâts mineurs) et que celui-ci a été changé. Il déplore l’absence d’avocats lors de la garde à vue (aucun prévenu n’en
a demandé).

Monsieur Z., agent SNCF (0,97g d’alcool par litre d’air expiré) a un casier (conduite en état d’ivresse). Il a renvoyé une goupille de lacrymo. Sa petite amie témoigne, ils ont été arrêtés sur un parking et ont dit qu’ils étaient devant la sous-préfecture. Il se rappelle de son acte, qu’il assume et souligne à propos de l’alcoolémie que l’alcool désinhibe. Il évoque la mention d’un film sur lequel on le verrait lors de sa garde à vue. Au tribunal il n’y a que des photos sur lequel on ne le voit pas, pas plus que les autres d’ailleurs. L’avocat s’étonne lors de sa plaidoierie que l’on qualifie de violence le renvoi d’une grenade vide par un manifestant alors que l’envoi de grenades pleines par les forces de l’ordre est considéré comme normal.

Le délibéré dure environ 5 minutes et la sentence tombe : 2 mois ferme avec mandat de dépôt pour MM. B. et Z., un mois ferme sans mandat de dépôt pour M. D. qui est convoqué chez le juge d’application des peines.

Maître Lemoigne a immédiatement fait appel de la décision concernant M. Z.

Un lycéen de 16 ans gardé à vue et poursuivi

J., 16 ans, a également été arrêté à l’issue de la manifestation. D’après nos informations, il semblerait qu’il ait été frappé lors de son arrestation et/ou garde à vue et conduit à l’hôpital.

Il est accusé de jets de projectiles et de bris de vitrines

Il est convoqué le 30 novembre devant le tribunal pour enfants.


Belfort, prolongation de manif qui se termine par des gardes à vue et des rassemblement devant le commissariat :

Deux manifestants en garde à vue à Belfort

À Belfort, deux manifestants ont été placés en garde à vue ce matin [23 septembre] vers 11h45. L’un est soupçonné d’avoir porté deux coups de poing au visage d’un officier de police, l’autre aurait essayé de lui donner un coup de couteau. Hier après-midi, tous deux contestaient cette version des faits.

Les incidents se sont produits à la fin de la manifestation. Il était initialement prévu qu’elle se disloque sur la place Corbis, mais un groupe d’environ 250 personnes a décidé de rejoindre la préfecture. Au retour, le même groupe a bloqué le carrefour entre le boulevard Carnot et le quai Vauban, au niveau du Monoprix.

L’officier de police chargé d’encadrer la manifestation a alors fait reculer les véhicules bloqués à cet endroit. Il a aussi autorisé une maman en retard pour l’école à monter sur le trottoir afin de contourner les manifestants. Une trentaine d’entre eux a alors bloqué le passage avec une barrière, que le policier a tenté d’enlever.

Dans la bousculade qui a suivi, un syndiqué CGT — tuyauteur soudeur chez General Electric — aurait été repoussé par le policier. Habitant à Échavanne (Haute-Saône), âgé de 40 ans, le manifestant lui aurait alors asséné deux coups de poing au visage. «Il s’est défendu de l’agression du policier», estime Jacqueline Girardot, responsable de la CGT 90. L’homme a ensuite été maîtrisé par la police («traîné au sol et frappé à coup de pied et de matraque», raconte la responsable syndicale).

Ce premier épisode à peine achevé, un autre manifestant aurait tenté de donner un coup de couteau au même officier de police, qui indique avoir esquivé l’agression. L’homme, un technicien de Peugeot Sochaux résidant à La Côte (Haute-Saône) et âgé de 56 ans, aurait alors quitté les lieux. Il a été interpellé un peu plus loin, porteur du couteau qu’il nie avoir utilisé.

Hier soir devant la préfecture

Dès midi, 250 personnes se sont rassemblées devant le commissariat pour réclamer la levée des deux gardes à vue. Une vingtaine de sympathisants étaient toujours sur place à 18 heures. Vers 20 heures, ils ont appris que les deux manifestants allaient passer la nuit en garde à vue. Un rassemblement a alors été improvisé devant la préfecture, en soutien au délégué CGT de GE. «On a demandé à être reçus par le préfet, indique Jacques Rambur, délégué CGT Alstom. Ce qui se passe est inadmissible. On s’étonne de la réaction de la justice face à un salarié qui défend ses droits, ses acquis.» Jacques Rambur dénonce aussi «les provocations de policiers en civil durant la manifestation».

Vers 21 heures, une soixantaine de personnes étaient réunies devant la préfecture, dans un climat tendu. Des militants syndicaux ainsi que salariés de l’équipe de nuit de GE se sont notamment mobilisés par solidarité avec leur collègue en garde à vue au commissariat. monde veut le retrait. Le reste ce sont des nuances de discours nationaux pour des raisons qui nous échappent. On ferait mieux d’être unis. »

16 h 15. La tête du défilé fait le tour de la sous-préfecture, avec la mer en toile de fond. L’image est quasi paisible.

16 h 30. Devant les grilles de la sous-préfecture. Un millier de personnes continue de scander « Sarkozy démission ». Les premiers projectiles fusent par-dessus l’enceinte. Des responsables syndicaux tentent de calmer les plus énervés. En vain.

16 h 40. Les sommations des forces de l’ordre sont à peine audibles. L’ordre de dispersion n’est ni entendu ni suivi. La première fusée de gaz lacrymogène est tirée depuis l’intérieur de la sous-préfecture. Deux escadrons prennent rapidement position dans les rues voisines. Les manifestants sont tenus en respect. Les pompiers se faufilent pour éteindre un feu de poubelles allumé devant la grille.

17 h 10. Charge des gendarmes mobiles. Sous les arbres qui bordent l’église Saint-Nazaire, l’atmosphère est irrespirable. Le rond-point des Quatre-Horloges est « repris » aux manifestants. Le face-à-face se poursuit dans l’avenue de Gaulle, et rue Henri-Gautier. Rue du Bois-Savary, les lycéens qui sortent de l’institution Notre-Dame se retrouvent au milieu des scènes de violences urbaines. Même ambiance inattendue pour les consommateurs de Ruban bleu en plein shopping.

17 h 30. Les gaz lacrymogènes ont vidé les terrasses du Ruban bleu. Les commerçants verrouillent les portes. Les courses poursuites à pied dans les rues et entre les feux de poubelles vont s’étirer jusque vers 19 h. Un policier sera légèrement blessé et sept manifestants interpellés.

Ouest-France

Concernant les personnes arrêtées, au moins 2 sont aujourd’hui en prison :
Les trois prévenus comparaissaient pour le même chef d’inculpation, à savoir jets de projectile et attroupement illicite avec possession d’armes (à savoir des bouteilles). Le procureur demande 3 mois ferme avec mandat de dépôt pour les trois prévenus. À plusieurs reprises il évoque la nécessité de l’exemplarité et quand les avocats demandent une peine juste, il répond qu’il demande bien peu étant donné que les peines prévues par le code pénal pour ces chefs d’accusation vont jusqu’à 3 ans ferme voire 5 ans.

Le premier prévenu, M. B., sans emploi depuis juillet et en reconversion professionnelle, a un casier judiciaire mais rien depuis 4 ans. L’avocat insiste sur la question des sommations qui n’ont pas été entendues en rappelant le jugement en appel de l’affaire de l’année dernière et en évoquant un PV laconique sur la question des sommations.

Les deux autres prévenus sont défendus conjointement. Les avocats demandent la nullité de la garde à vue (voir conclusion de la Cour européenne des droits de l’Homme), la requête cependant ne peut aboutir car la législation actuelle reste en vigueur jusqu’au 1er juillet 2011.

Monsieur D., soudeur père de famille sans casier (0,47g d’alcool par litre d’air expiré) a jeté une canette sur une voiture, qui s’est avérée être un véhicule de police. Il s’excuse et précise qu’il ne savait pas qu’il s’agissait de policiers. Le procureur s’étonne qu’il n’ait pas entendu les sommations d’une part et qu’il n’ait pas reconnu le véhicule (peut-être à cause de l’alcool selon lui). En l’occurrence les faits n’ont pas eu lieu sur le lieu de l’attroupement rappelle l’avocat et le véhicule était banalisé. Il précise que par ailleurs aucun des responsables syndicaux présents dans la salle n’a entendu les sommations. Son avocat souligne par ailleurs que lors de la garde à vue le chef d’accusation était de dégradations (or le rapport ne mentionne que des dégâts mineurs) et que celui-ci a été changé. Il déplore l’absence d’avocats lors de la garde à vue (aucun prévenu n’en
a demandé).

Monsieur Z., agent SNCF (0,97g d’alcool par litre d’air expiré) a un casier (conduite en état d’ivresse). Il a renvoyé une goupille de lacrymo. Sa petite amie témoigne, ils ont été arrêtés sur un parking et ont dit qu’ils étaient devant la sous-préfecture. Il se rappelle de son acte, qu’il assume et souligne à propos de l’alcoolémie que l’alcool désinhibe. Il évoque la mention d’un film sur lequel on le verrait lors de sa garde à vue. Au tribunal il n’y a que des photos sur lequel on ne le voit pas, pas plus que les autres d’ailleurs. L’avocat s’étonne lors de sa plaidoierie que l’on qualifie de violence le renvoi d’une grenade vide par un manifestant alors que l’envoi de grenades pleines par les forces de l’ordre est considéré comme normal.

Le délibéré dure environ 5 minutes et la sentence tombe : 2 mois ferme avec mandat de dépôt pour MM. B. et Z., un mois ferme sans mandat de dépôt pour M. D. qui est convoqué chez le juge d’application des peines.

Maître Lemoigne a immédiatement fait appel de la décision concernant M. Z.

Un lycéen de 16 ans gardé à vue et poursuivi

J., 16 ans, a également été arrêté à l’issue de la manifestation. D’après nos informations, il semblerait qu’il ait été frappé lors de son arrestation et/ou garde à vue et conduit à l’hôpital.

Il est accusé de jets de projectiles et de bris de vitrines (ce que ces copains présents démentent). Il a avoué pendant la garde à vue et signé le PV (on peut se demander dans quel état).

Sa mère a signé le PV reconnaissant qu’elle a pris connaissance des déclarations de son fils et de sa libération (sans présence d’un majeur, sous ordre du procureur) et actant qu’elle a refusé de signer la convocation car elle pense que son fils n’a rien fait.

Il est convoqué le 30 novembre devant le tribunal pour enfants.

A Belfort, prolongation de manif qui se termine par des gardes à vue et des rassemblement devant le commissariat
Deux manifestants en garde à vue à Belfort

À Belfort, deux manifestants ont été placés en garde à vue ce matin [23 septembre] vers 11h45. L’un est soupçonné d’avoir porté deux coups de poing au visage d’un officier de police, l’autre aurait essayé de lui donner un coup de couteau. Hier après-midi, tous deux contestaient cette version des faits.

Les incidents se sont produits à la fin de la manifestation. Il était initialement prévu qu’elle se disloque sur la place Corbis, mais un groupe d’environ 250 personnes a décidé de rejoindre la préfecture. Au retour, le même groupe a bloqué le carrefour entre le boulevard Carnot et le quai Vauban, au niveau du Monoprix.

L’officier de police chargé d’encadrer la manifestation a alors fait reculer les véhicules bloqués à cet endroit. Il a aussi autorisé une maman en retard pour l’école à monter sur le trottoir afin de contourner les manifestants. Une trentaine d’entre eux a alors bloqué le passage avec une barrière, que le policier a tenté d’enlever.

Dans la bousculade qui a suivi, un syndiqué CGT — tuyauteur soudeur chez General Electric — aurait été repoussé par le policier. Habitant à Échavanne (Haute-Saône), âgé de 40 ans, le manifestant lui aurait alors asséné deux coups de poing au visage. «Il s’est défendu de l’agression du policier», estime Jacqueline Girardot, responsable de la CGT 90. L’homme a ensuite été maîtrisé par la police («traîné au sol et frappé à coup de pied et de matraque», raconte la responsable syndicale).

Ce premier épisode à peine achevé, un autre manifestant aurait tenté de donner un coup de couteau au même officier de police, qui indique avoir esquivé l’agression. L’homme, un technicien de Peugeot Sochaux résidant à La Côte (Haute-Saône) et âgé de 56 ans, aurait alors quitté les lieux. Il a été interpellé un peu plus loin, porteur du couteau qu’il nie avoir utilisé.

Hier soir devant la préfecture

Dès midi, 250 personnes se sont rassemblées devant le commissariat pour réclamer la levée des deux gardes à vue. Une vingtaine de sympathisants étaient toujours sur place à 18 heures. Vers 20 heures, ils ont appris que les deux manifestants allaient passer la nuit en garde à vue. Un rassemblement a alors été improvisé devant la préfecture, en soutien au délégué CGT de GE. «On a demandé à être reçus par le préfet, indique Jacques Rambur, délégué CGT Alstom. Ce qui se passe est inadmissible. On s’étonne de la réaction de la justice face à un salarié qui défend ses droits, ses acquis.» Jacques Rambur dénonce aussi «les provocations de policiers en civil durant la manifestation».

Vers 21 heures, une soixantaine de personnes étaient réunies devant la préfecture, dans un climat tendu. Des militants syndicaux ainsi que salariés de l’équipe de nuit de GE se sont notamment mobilisés par solidarité avec leur collègue en garde à vue au commissariat.

Le combat continue

Ce contenu a été publié dans Comptes rendus, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *