Le coût des suppressions de classes et d’écoles

Derrière les suppressions de classes et d’écoles motivées par des économies supposées et jamais vraiment évaluées, se cache une idéologie à la fois libérale et autoritaire. Derrière cette scandaleuse parité qui favorise l’enseignement religieux qui est l’avant garde d’une école livrée aux entreprises capitalistes, se cache la suppression de l’École de la République.

Les intentions des gouvernements successifs, quelquefois relayées dans la, pratique par les collectivités locales, s’abritent derrière un apparent réalisme économique tendant à nous faire croire que la France des années 2000 n’a plus les capacités financières de la France de la fin du XIX ième siècle !

La cohabitation d’un service public et d’entreprises d’enseignement privées qui ont la particularité de pouvoir, pratiquement sans contrôle, se faire subventionner par l’état et les collectivités locales, est la première source de gaspillage des deniers publics.

La seconde n’est pas l’existence des petites structures qui ont montré leur efficacité dans la réussite des élèves, l’absence de redoublement, l’acceptation des enfants différents, agités ou handicapés, l’économie des strates administratives gourmandes de bureaucratie paralysante et inefficace. Mais bien les regroupements coûteux en temps pour les enfants et les familles, en fatigue physique et nerveuse, en dépenses de transport, en abandon de bâtiments en très bon état laissés en des friches scolaires. Mais aussi et peut-être avant tout désastreux en ce qui concerne l’Education, l’intégration des enfants et adolescents dans le monde des adultes, responsables d’eux-mêmes et de leur nation. Et par conséquent des mesures qui se succèdent sans aucun résultats, policiers dans les établissements, caméras de surveillance, et finalement abandon de tous enseignants et élèves.

Là est le véritable coût, par avance jamais évalué, mais aussi, tellement il est grave et prolongé dans le temps, inévaluable !

Idéologie libérale et autoritaire car paradoxalement elles ne sont pas séparables. La liberté du fort ne peut se concevoir que par la répression du faible.

La suppression des petites structures et le regroupement en un premier temps des écoles encore dispersées dans les EPEP, est la mesure indispensable à la caporalisation de l’enseignement et à une éducation mécanisée et « hors sol » si l’on peut oser cette comparaison.

Il ne s’agit plus de former des sujets libres, singuliers et différents, habitant leur village ou leur ville pour mieux habiter le monde mais des adultes formatés en un même moule celui qui ne contient que les compétences de producteur et consommateur. Et pour cela il est nécessaire d’avoir non plus des Maîtres devant les enfants et adolescents mais des exécutants neutres et sans foi.

Les économies ne sont que le leurre pour égarer les parents et les élus pendant que se met en place ce qu’il n’est même plus possible d’appeler des écoles mais des usines à savoir.

Maurice Marteau le 02 juin 2010

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