SUD ÉDUCATION 59/62 : DÉCLARATION RENTRÉE 2010

Cette rentrée dans le service public d’éducation s’effectue de manière tout à fait particulière. Le but ici n’est pas d’énumérer les multiples mesures mises en place depuis de nombreuses années, qui cassent le service public d’éducation et contribuent, dans l’ensemble de la société, à l’enrichissement de quelques un-es au détriment de tou-te-s les autres et des ressources naturelles. La liste serait trop longue.

Si nous devions ne retenir que deux dispositifs délétères ce serait, au niveau de l’éducation nationale, le « schéma d’emploi 2011-2013 » et au niveau interprofessionnel, la contre-réforme des retraites.

Dans l’éducation,  les 16 000 suppressions de postes effectives pour cette rentrée s’ajoutant à celles des années précédentes ne suffisent pas aux yeux du gouvernement à mettre suffisamment à mal le service public d’éducation. En effet, puisque le dogme, prôné par le gouvernement et son président, du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux  partant à la retraite « doit » s’appliquer, il faut alors trouver des marges de manœuvre au détriment de la qualité du service public d’éducation.

Même si une analyse sommaire des dispositifs mis en place permet de le deviner, ce n’est pas affiché publiquement. Mais les documents de travail internes au ministère, qui ont fuité, sur le « schéma d’emplois 2011-2013 » dans l’éducation ne laissent plus planer aucun doute: le service public d’éducation n’est plus vu qu’en termes de « leviers d’emplois » ou autre « gisements d’efficience ». En clair: faisons fi de la pédagogie et des préoccupations des parents et des élèves et cherchons à supprimer des postes.

Ce n’est pas que les besoins manquent mais il s’agit de discréditer le public face au privé mais aussi de remplacer les postes de titulaires par des précaires, plus malléables sur le plan budgétaire, au détriment des conditions de travail des personnels et des élèves.

Cette logique aboutit, à la rentrée, à affecter des enseignants stagiaires sans expérience à temps plein avec une formation réduite à sa portion congrue. Le métier d’enseignant ne s’apprendrait-il plus?

Parmi les mesures prônées comme « leviers d’emploi » dans l’éducation, il y entre autres, clairement écrites :

– l’augmentation du nombre d’élève par classe ;

– le relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classes ;

– l’évolution du réseau des établissements ;

– la rationalisation de l’offre de formation.

C’est l’ensemble du service public d’éducation et de ses personnels qui est touché.

Mais prenons des exemples: il suffit de regarder la progression du nombre d’élèves par classe, même dans les établissements difficiles. On va alors nous répondre à nous, professionnels de l’éducation, que rien ne prouve que la réduction du nombre d’élèves par classe améliore les résultats. Passons même la mise à l’index récente d’un rapport officiel dit rapport « Picketty » qui concluait à l’efficacité de la baisse des effectifs par classe ; c’est bien nos compétences professionnelles qui sont mises en cause.

Le service public d’éducation ne serait donc plus une affaire de pédagogues qualifiés mais serait à livrer en pâture à des gestionnaires aux yeux rivés sur les coûts et les marges à dégager.

Pour pallier (cet accroissement des effectifs consécutif aux) (les) suppressions massives de postes  de ces dernières années (50000 suppressions depuis 2006), c’est, par exemple, (dans le premier degré) (dans le second degré): (ici peut s’insérer un pavé spécifique à chaque degré)

Cette triste réalité s’articule avec une communication/publicité onéreuse du ministère.

L’école que SUD éducation défend n’est pas celle, faite de marchandisation de l’éducation, qu’on nous propose. Elle ne nie pas les spécificités des élèves mais s’appuie sur une pédagogie efficace ayant pour but l’acquisition des savoirs et l’émancipation des individus. Alors oui, cette école-là coûte cher mais ce n’est rien par rapport aux coûts sociaux que peut engendrer la marchandisation de l’éducation. Nous défendons notre modèle d’école pour la construction d’une société solidaire. Oui, ça coûte cher mais ça n’a pas de prix.

Autre chose qui n’a pas de prix: le temps. Pour le gouvernement, le peuple devrait vivre pour travailler et non travailler pour vivre. En effet, plus le peuple travaille et plus les puissants peuvent s’accaparer une part importante des richesses produites.

C’est en ce sens que la contre-réforme des retraites sera présentée au parlement ce 07 septembre. Alors que de multiples solutions existent (une taxation infime des revenus financiers, par exemple) pour permettre de sauver et développer le système par répartition, le gouvernement, utilisant un soi-disant bon sens éhonté, continue de présenter le « travailler plus » comme unique solution (que ce soit l’âge légal de départ à la retraite ou l’augmentation du nombre d’annuités). Or il sait bien que ce qui est en train de se passer et de s’aggraver: la baisse du niveau des pensions car très peu de personnes ont une réelle possibilité et/ou volonté de travailler plus longtemps (alors que le travail fourni tout au long de la vie s’intensifie).

C’est alors un boulevard qui s’ouvre pour les retraites complémentaires et autres capitalisations, basculant les retraites et donc le débat sur le temps de vie dans la sphère privée et financière.

En effet, cette contre-réforme poursuit la logique de transferts massif d’argent du travail vers le capital et du public vers le privé qui a connu une de ses illustrations les plus criantes lors du sauvetage des banques et des financiers en pleine « crise des subprimes ». Et c’est à cause de ces transferts que les gouvernements instaurent, au niveau international, une politique de rigueur pour les peuples. C’est comme si nous étions dans un véhicule sans frein et, voyant le mur arriver on nous demandait d’accélérer…

Bien sûr les deux dispositifs étudiés dans ce texte ne sont que des parties infimes d’un plan plus global d’appropriation des richesses crées.

Pour SUD éducation et Solidaires, l’union syndicale interprofessionnelle à laquelle il appartient, il est plus que temps de mettre fin à cette logique prédatrice car ce n’est pas à nous de payer les crises du capitalisme.

Il nous faut donc renverser le rapport de forces. Les grévistes et manifestant-es de ces dernières années et plus particulièrement du 24 juin dernier le savent bien. Mais il nous faut construire un mouvement plus dur car face à nous, ils/elles sont sourd-es.

C’est en ce sens que SUD éducation 59/62 appelle l’ensemble des personnels à se réunir, s’informer et décider à la base des actions à mener. Et pour permettre une mise en branle la plus rapide possible, SUD éducation 59/62 appelle à la grève le 06 septembre dans l’ensemble de l’éducation et se joint à la grève à partir du 07 septembre au niveau interprofessionnel. Ces temps forts doivent nous permettre de nous organiser le plus efficacement possible afin de préparer la suite et de renverser la vapeur.

A bientôt donc dans l’action.

http://sudeduc5962.lautre.net/

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