Retraites : appel du Front Syndical de Classe

Comme l’ensemble des acquis sociaux, les retraites sont depuis des décennies dans le collimateur du grand patronat, de ses gouvernements et de son UE (accords de Barcelone en 2002 programmant le recul de 5 ans de l’âge de la retraite, signés par Chirac et Jospin et admis par la CES et ses affiliés).

Le gouvernement Sarkozy, émanation directe du CAC 40, programme aujourd’hui une nouvelle attaque : recul de l’âge de la retraite, augmentation de la durée de cotisation, baisse des pensions…

A grands coups de campagnes médiatiques (menées par des journalistes dont la notoriété est proportionnelle à leur dévouement à servir la soupe à leurs maîtres les Bouygues, Dassault, Lagardère, Arnault, Pinault…), d’experts indépendants (sortis de Sciences-Po, de l’ENA… et dont la qualité première est d’être aux ordres du capital et de ne pas avoir de problème angoissant de retraite) et de « diagnostics partagés », le pouvoir prend comme prétexte tout à la fois sa crise et « l’évolution démographique » qui rendraient impossible le financement des retraites au nom de « la dette », une dette créée de toute pièce par les innombrables exonérations et autres subventions publiques au profit des grandes multinationales.

Or, des moyens pour les retraites, la France en a infiniment plus aujourd’hui qu’en 1945, grâce l’augmentation des richesses produites chaque année par le monde du travail. Rien qu’en revenant au partage capital/travail qui prévalait dans les années 1970, ce sont 180 milliards d’euros annuels qui peuvent être immédiatement dégagés pour les retraites, la sécu, l’éducation, le logement…

Ce n’est donc pas une quelconque loi naturelle qui impose la casse des retraites et au-delà, les régressions sans fin auxquelles semblent condamnés les peuples. C’est même un prodige que de parvenir à faire croire, alors que l’humanité laborieuse produit sans cesse davantage de richesses, qu’il est fatal que cette humanité vive de plus en plus mal et que les fortunes s’amassent du côté de l’aristocratie financière et de ses valets. En réalité, ce qui condamne les travailleurs à la souffrance sociale, à la précarité et à la misère, c’est le pouvoir des monopoles capitalistes qui soumet tout à la recherche du profit maximum.

Les travailleurs n’ont pas le choix : combattre tous ensemble, résister et contre-attaquer pour briser la puissance des monopoles capitalistes ou plonger dans l’exploitation sans limite.

Il faut donc préparer le mouvement tous ensemble en même temps contre la régression sociale. Cela ne se décrète pas mais cela doit se préparer au quotidien par la mise en lumière des enjeux de classe derrière tous les projets patronaux, gouvernementaux ou européens, par le refus des illusions du « dialogue social » et de la négociation de la régression sociale, par la construction concrète de l’unité dans l’action des travailleurs et de la jeunesse contre ce pouvoir destructeur.

C’est pourquoi le Front Syndical de Classe lance cet appel à la construction d’un mouvement d’ensemble pour défendre les retraites à partir de revendications travaillées par de nombreuses bases syndicales et susceptibles de faire aujourd’hui l’unité la plus large.

Appel à la construction d’un mouvement  tous ensemble pour sauver les retraites

Face à l’attaque du capital national et européen contre les retraites et alors que les moyens existent pour assurer leur avenir, il est urgent de construire un vaste mouvement populaire destiné à sauver les retraites en mettant le pouvoir sur la défensive.

Pour cela, travailleurs du public comme du privé, enseignants, étudiants…, doivent s’unir tous ensemble autour des revendications claires et précises qui émanent de nombreuses bases syndicales : annulation des contre-réformes Balladur-Fillon de 1993 et 2003, maintien du droit à la retraite à 60 ans et retour aux 37,5 annuités et 75% du brut pour tous avec prise en compte des années d’études professionnelles et d’apprentissage, indexation des pensions sur les salaires, maintien du Code des pensions et des statuts particuliers (annulation de la contre-réforme des régimes spéciaux de 2007).

Le Front Syndical de Classe s’adresse donc à toutes les forces syndicales et politiques se réclamant du monde du travail et du progrès pour les appeler à tout mettre en œuvre afin de défendre les intérêts populaires, en créant des collectifs de défense de retraites à l’image de ce qui s’était passé en 2005 pour le NON au TCE, en développant les contacts intersyndicaux locaux ou en préparant comme première étape une manifestation nationale unitaire à Paris pour la défense des retraites.

Le monde du travail ne gagnera qu’en construisant un rapport de force de haut niveau sur les contenus et les perspectives d’action. Cela ne se décrète pas mais cela se prépare.


Public/privé, ce sont toutes les retraites qui sont attaquées.

C’est tous ensemble qu’on les défendra !

Front Syndical de Classe, 26 mai 2010

http://www.frontsyndical-classe.org/

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Une réponse à Retraites : appel du Front Syndical de Classe

  1. robert paris dit :

    sur la lutte des retraites : causes d’une défaite ?

    http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1774

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