ICEM : Vient de paraître – Le Nouvel Educateur 197

Célestin Freinet

L’école est pressée, trop pressée

Tout le temps et partout, il faut faire vite, être le plus rapide !

La pendule n’égrène plus le temps, elle le chronomètre.

L’éducation n’échappe pas à ce vertige de la vitesse, soumise au tempo économique, elle programme, elle découpe, elle morcelle, elle vise la performance à court terme et se nourrit de compétitivité pour capter les meilleurs, elle se dote d’évaluations pour contrôler et rentabiliser.

Les dernières réformes ont encore concentré le temps scolaire et les nouveaux horaires de chaque discipline. Ce rythme imposé permet-il encore au temps de création, de découverte et de recherche de trouver sa place ?

Dans ce numéro, la pédagogie Freinet apporte des réponses. On y rencontre des enseignants qui prennent et organisent le temps pour permettre aux enfants et aux jeunes de penser, de créer, de se passionner, de découvrir, de tâtonner, d’apprendre … et de vivre avec les autres.

Pour feuilleter la revue en ligne

Bulletin d’abonnement

Publications : ICEM-Pédagogie Freinet , 10 chemin de la Roche Montigny 44000 Nantes 02 40 89 47 50 Editions ICEM

Célestin et Élise Freinet

Célestin et Elise Freinet (en 1926)
Photo extraite du livre de Madeleine Freinet « Souvenirs de notre vie »

Pacifiste, syndicaliste et pédagogue (d’abord marxiste, puis libertaire par ses pratiques anti-autoritaires).

Il naît le 15 octobre 1896 à Gars (Alpes-Maritimes) dans une famille modeste. et meurt le 8 octobre 1966 à Vence (Alpes-Maritimes). En 1912, il entre à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Nice. Mobilisé en 1915, il est gravement blessé à un poumon en octobre 1917. En 1920 (après une longue convalescence), il est nommé instituteur à Bar-sur-Loup. Son refus de la guerre et de l’endoctrinement militariste le pousse alors à rechercher tous les courants de l’éducation nouvelle et à prendre part à diverses rencontres: à Hambourg en 1922, à Montreux en 1923, en URSS en 1925 ( il adhèrera au PC l’année suivante) et à Leipzig en 1928.

Dès 1924, il introduit une imprimerie dans sa modeste classe rurale et collabore à des journaux ou revues comme « L’Ecole Emancipée », « Clarté » qui rendent compte de ses travaux.

Il met alors au point une pédagogie populaire, fondée sur le respect des enfants (expression libre, motivation de l’effort, etc.), et créé en 1927 avec un petit groupe d’instituteurs « La Coopérative de l’Enseignement Laïc » (C.E.L). En 1928, il est nommé à l’école de Saint-Paul-de-Vence avec sa compagne et militante Elise (née à Pelvoux, le 14 août 1898) . Outre « l’Imprimerie à l’Ecole » à laquelle vont s’adjoindre des activités radio et cinéma, diverses publications voient le jour, « Enfantines », « les Fichiers scolaires coopératifs » et, à partir de 1932, la « Bibliothèque de Travail »(B.T) et « L’Educateur Prolétarien ». La C.E.L produit également un court-métrage « La pomme de terre » réalisé par Yves Allégret avec Pierre et Jacques Prévert comme acteurs. Mais ces réalisations vont être prises pour cible par l’extrême-droite et l’administration poussera Célestin à la démission en 1934.

En 1935, il ouvre alors à Vence avec Elise « l’Ecole Freinet », et publie les « Brochures d’Education Nouvelle et Populaire » mais son école est déclarée illégale. L’arrivée du Front Populaire lui permet de poursuivre son action éducatrice. Après les enfants d’Aubervilliers, l’Ecole accueillera, en 1937, de jeunes espagnols victimes de la guerre (une école portant son nom sera ouverte un temps à Barcelone par les républicains).

Mais, arrêté le 20 mars 1940, il est interné dans divers camps du sud de la France avant d’être assigné à résidence le 29 octobre 1941. Début 1944, il rejoint le maquis FTP de Briançon, puis animera le « Comité départemental de Libération de Gap ». En 1945, il relance le C.E.L, fait reparaître « l’Educateur » et redémarre son école à Vence. Le Mouvement Freinet se developpant « L’Institut Coopératif de l’Ecole Moderne » (ICEM), est officiellement créé en 1947. Indépendance qui déplait au le Parti communiste, Célestin et Elise le quittent fin 1948. En 1949, le film de J-P Chanois « L’Ecole buissonnière » popularisera le Mouvement Freinet; la même année paraît le livre d’Elise « Naissance d’une pédagogie populaire ». En 1957, la « Fédération Internationale des Mouvements d’Ecole Moderne » est créée mais il faudra encore attendre 1964 pour voir son Ecole reconnue par les autorités.

Après la mort de Célestin, Elise poursuivra l’Ecole jusqu’en 1981 (date de son décès). L’école sera reprise par leur fille Madeleine jusqu’en 1991. Elle reviendra ensuite dans le giron de l’Etat, mais avec de serieuses garanties qui font que cette école expérimentale existe encore et que des milliers d’instituteurs s’inspirent toujours de ses méthodes pédagogiques.

« Quand les éducateurs, quand les parents et les administrateurs se seront débarrassés de la lourde scolastique, alors on raisonnera positivement, enfin, et on agira en conséquence. »

« L’éducation des enfants ne saurait faire exception dans le processus vivant du progrès humain. »
In « L’Educateur » du 15 décembre 1945.

source : Ephéméride Anarchiste


Ce contenu a été publié dans communiqué, presse, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *