Les Rased sont toujours menacés : compte rendu de l’Humanité

Le ministère s’est engagé hier à « stabiliser » ces réseaux d’enseignants spécialisés dans la difficulté scolaire. Mais l’avenir de ce dispositif très apprécié des parents et enseignants reste fragile.

« Une petite ouverture. » Réunis hier au ministère de l’Éducation nationale, les syndicats sont ressortis avec quelques assurances quant à l’avenir des Rased. Ils n’ont pas obtenu le retour des postes perdus. Mais, l’engagement d’une « stabilisation » du dispositif. « On en prend acte, commente Emmanuel Guichardaz, secrétaire national du Snuipp-FSU.

Mais on attend désormais du ministère qu’il traduise ses engagements en actes car des menaces planent toujours sur les Rased. »

Sous le ministère de Xavier Darcos, l’existence de ces réseaux d’enseignants spécialisés dans le traitement de la difficulté scolaire avait été clairement remise en cause, provoquant une levée de boucliers des syndicats et des parents d’élèves. Bousculé, l’ancien ministre avait finalement dû revoir ses prétentions à la baisse : seuls 1 500 postes ont été supprimés sur les 3 000 prévus initialement, tandis que 1 500 autres ont été « sédentarisés » dans des écoles en difficulté. Une circulaire, datant de juillet dernier, est venue réaffirmer le rôle de ces réseaux d’aide, qui regroupent quelque 12 800 enseignants spécialisés dans la rééducation, la pédagogie, ainsi que des psychologues scolaires.

Seulement voilà : sur le terrain, la situation des Rased reste inquiétante.

Selon les syndicats, de nombreux inspecteurs d’académie continuent, malgré les signaux du ministère, de tailler localement dans les effectifs des Rased.

Des suppressions de postes discrètes mais réelles auxquelles s’ajoute une diminution drastique des départs en formation des enseignants souhaitant devenir maîtres spécialisés. Cette certification professionnelle nécessite 400 heures de formation. Et chaque année, environ 250 enseignants y postulaient. Un chiffre qui a chuté à une cinquantaine en 2009-2010. « Les collègues hésitent désormais à s’orienter dans cette spécialisation compte tenu de l’incertitude qui règne autour de l’avenir de ces postes, explique Emmanuel Guichardaz

. Or, s’il n’y a plus personne à mettre dessus, ils seront supprimés. »

Une nouvelle réunion de travail entre syndicats et ministères est prévue le 6 avril. Le but  : rédiger des instructions claires aux inspecteurs d’académie.

L. M.

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