Archive pour janvier 2010

Front syndical de classe : après le 21 janvier

Dimanche 24 janvier 2010
 The stock market is busted par Ackteon

The stock market is busted par Ackteon

La journée d’action dans la Fonction Publique n’est bien sûr pas l’échec proclamé par le gouvernement et les médias aux ordres.

Dans l’Éducation Nationale notamment, le nombre de grévistes dépasse, et de loin, les 15 % annoncés par le Ministère qui prend en compte dans son calcul l’ensemble des personnels (incluant les congés maladie, maternité, les profs ne travaillant pas le jeudi…).

Pour autant, la mobilisation a semblé dans certains endroits en demi-teinte face aux attaques menées contre la Fonction Publique et les services publics, sous pilotage patronal et européen, par un gouvernement Sarkozy qui n’est rien d’autre que le syndic des intérêts des grands groupes capitalistes du CAC 40 : casse de l’Éducation Nationale, de la Maternelle à l’Université, casse de l’Hôpital public, suppressions d’emplois par centaines de milliers, privatisations et démantèlement des services et entreprises publics (Poste, Edf, SNCF, équipement…), bas salaires et baisse du pouvoir d’achat, précarité et attaques contre les statuts, souffrance au travail,…

Ce n’est pourtant pas le mécontentement ou la combativité qui manquent chez les personnels de la Fonction Publique : leur présence massive aux côtés des travailleurs du privé en janvier et mars 2009, les remontées des salles des profs ou des réunions syndicales témoignent de leur conscience de la situation et de la gravité de l’attaque subie. Mais ce qui s’impose aussi progressivement, après des années de défaites de mouvements puissants mais isolés secteur par secteur (retraites FP en 2003, régimes spéciaux SNCF en 2007, mouvements des universités en 2009…), c’est le sentiment que les journées d’action, répétées 3 ou 4 fois par an, ne sont d’aucune utilité contre un pouvoir qui mène une véritable guerre de classe contre le monde du travail. Et que les nécessaires mobilisations sectorielles doivent de toute urgence s’inscrire dans le cadre de la préparation d’une mobilisation générale public/privé qui ne serait qu’une réponse logique à ce que les travailleurs subissent tous ensemble.

Le problème est que cette perspective ne trouve aucun point d’appui auprès de ceux qui seraient pourtant sensés la porter : tandis que B. Thibault persiste à « ne pas vouloir bloquer le pays » et que Chérèque « refuse de globaliser les luttes », personne n’a oublié la trahison de ce dernier en 2003 en plein mouvement sur les retraites, les « négociations » du premier avec le gouvernement en 2007 dans le dos des cheminots ou l’attentisme délibéré des deux lors du premier semestre 2009.

Mais la dégradation continue des conditions de travail et de vie de l’immense majorité du peuple de France va continuer d’entraîner des mobilisations et des luttes. D’ores et déjà sont annoncés :

- le 26 Janvier, grève nationale des infirmières et des personnels de soin contre les ordres professionnels,
- le 30 janvier, manifestation nationale pour l’éducation à Paris,
- le 3 février, journée nationale de grève à la SNCF,
- le 4 février, journée pour la défense de l’emploi industriel dans le Nord,

L’enjeu majeur est de faire converger toutes ces mobilisations contre le pouvoir du grand capital qui a décidé d’effacer les acquis du peuple arrachés par ses luttes, et en particulier ceux nés de la Résistance et du CNR (retraites, sécu, Fonction publique…).

Il y a dans ce programme de casse à la fois l’esprit de revanche de ceux qui ont dû faire profil bas au sortir de la Collaboration et le même mépris de classe que celui qu’on pouvait trouver à Versailles en 1789. Tandis que la noblesse d’Ancien régime conseillait aux pauvres de manger de la brioche s’ils ne trouvaient pas de pain, l’aristocratie d’aujourd’hui, celle de l’Argent comme la dénonçait déjà Robespierre, explique désormais aux salariés du privé et du public usés par l’exploitation et la souffrance au travail, à la jeunesse populaire au chômage, aux plus de 50 ans virés comme des malpropres, aux 8 millions de travailleurs pauvres qui n’ont que les restos du cœur ou le secours populaire pour se nourrir, aux millions d’ouvriers du bâtiment, des travaux publics, de la sidérurgie ou de la métallurgie qui pour l’essentiel après avoir respiré l’amiante pendant 30 ans ne touchent même pas leur première retraite, qu’il faut travailler plus longtemps !

TRAVAILLEURS ENSEIGNANTS ÉTUDIANTS PAYSANS : NE COMPTEZ QUE SUR VOUS

Les états-majors du syndicalisme rassemblé au sommet qui ont pris l’habitude d’user leurs fonds de culotte sur les fauteuils de l’Élysée et du Medef ont montré en 2009 qu’ils n’étaient pas pour livrer bataille, et leur patron à la Confédération Européenne des Syndicats, J. Monks, définit leur mot d’ordre : « sauver le capitalisme de lui-même ». Il faut l’admettre, leur mission a pour l’instant réussi tandis que les profits et les subventions coulent à flot sur la Bourse et dans les Conseils d’Administration des groupes du CAC 40.

Dans le même temps, le PS lâche une nouvelle fois les intérêts populaires et se rappelle que Jospin et Chirac signaient en se repassant le même stylo, en mars 2002 au sommet de Barcelone, les accords planifiant le recul de 5 ans de l’âge de la retraite en Europe. Il est vrai que les socialistes européens gèrent l’Europe de Lisbonne, l’OMC, le FMI…

L’HEURE EST AU COMBAT

Nous ne nous laisserons pas piller ni la France devenir un pays sous-développé.

Contre le pouvoir des grands groupes capitalistes et le syndicalisme d’accompagnement qui mène le monde du travail de défaite en défaite par le refus de construire ou même d’évoquer l’affrontement de classe, construisons la seule unité qui vaille pour les travailleurs : l’unité d’action à partir des luttes et des revendications de la base (défense des services publics et de la protection sociale (sécu, retraites), défense de l’emploi et « Produire en France », augmentation des salaires et des pensions, défense des droits syndicaux et des libertés démocratiques). Allons partout où c’est possible, dans les communes ou les départements, vers la constitution de collectifs intersyndicaux et interpro de lutte, de fronts syndicaux de classe locaux, soutenant les différentes luttes et partant d’elles pour construire à partir de la base le « tous ensemble en même temps », seul capable d’imposer le rapport de force victorieux contre ce gouvernement de casseurs. Comme en 36, en 45 ou en 68.


http://www.frontsyndical-classe.org/

Photos : manifestation à Lille 21janvier 2010

Dimanche 24 janvier 2010


Il y a encore des membres de RASED qui se battent pour des idées!!!

Manifestation fonction publique du 21 janvier à Lille

Dimanche 24 janvier 2010

Émigration, frontières : la vérité historique, première victime du nationalisme

Dimanche 24 janvier 2010
 Charles Martel, Clovis II, Isabelle... par fact244

Charles Martel, Clovis II, Isabelle... par fact244

** Ernest Renan, le grand mystificateur **

Joseph-Ernest Renan (1823-1892) était quelque peu tombé dans l’oubli. Le débat du jour le tire de l’ombre. Il redevient une référence, celle dont se revendiquent ouvertement des politiciens de haut vol comme Alain Juppé [1].

Renan, ancien séminariste devenu rapidement, après quelques frictions avec Napoléon III, l’historien pour ainsi dire officiel de l’État, a au moins un avantage : son cynisme est tel qu’il n’y va pas par quatre chemins pour « lâcher le morceau ». Dans « Qu’est-ce qu’une nation  ? », conférence prononcée en 1882, il ne se gène pas pour écrire : « L’oubli, et je dirai même l’erreur historique, sont un facteur essentiel de la création d’une nation, et c’est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger ». On ne saurait être plus clair…

Renan, véritable « saint » de la troisième république, s’affirme partisan, pour les besoins de la cause, de « l’erreur historique », ce pourquoi on peut lui décerner le titre de «  Père du révisionnisme historique décomplexé  ». Aujourd’hui comme hier, ce révisionnisme permet au Pouvoir de continuer de travestir la vérité historique, de la faire entrer dans le moule qui lui convient, et de justifier ainsi son idéologie et sa pratique.

Chantre du mensonge officiel, Renan fut le premier historien postérieur à la Révolution Française à remettre en selle, en tant que piliers de la « nation moderne », ceux qu’il nommait avec tendresse les « personnages du passé ». A sa suite, l’école de la troisième république intégrera toute une brochette de psychopathes royaux (et quelques uns de leurs plus célèbres laquais) dans l’imagerie héroïque de la France. Par ce coup de baguette magique, les brutes couronnées et leurs larbins devenaient, dans les livres scolaires, des héros qui auraient fondé la patrie française et se seraient sacrifiés pour elle.

Les falsifications historiques vomies par Renan ont été la source à laquelle, à la fin du XIXème siècle, s’est abreuvée avec délectation cette bourgeoisie revancharde qui venait de massacrer les Communards. Les théories de Renan lui permettaient de faire coup double, d’une part en donnant un contenu clairement chauvin et réactionnaire à une République qui venait de s’installer par défaut [2], d’autre part, en contrant l’émergence du mouvement ouvrier internationaliste grâce à l’utilisation de cette version nationaliste de l’histoire. Deux attitudes qui allaient directement conduire à la boucherie sanglante de 1914/1918.

L’essentiel de la falsification historique voulue par Renan et ses successeurs porte sur la Révolution française. Tout leur travail consiste à masquer la « rupture épistémologique » que représente cette période et à la présenter comme un simple prolongement du cours antérieur de l’histoire. Ainsi en est-il de l’idée de Nation, qui apparue dès le début de la Révolution, va être vidée de son sens par nos historiens et politiciens révisionnistes et déformée jusqu’à signifier le contraire de son sens premier. En effet, quand le terme Nation fait irruption dans le débat politique en 1789, il désigne clairement la collectivité formée par tous les individus, égaux entre eux, et de ce fait, la seule instance politique légitime dans un pays. L’idée de Nation se construit en opposition totale au pouvoir d’un seul (ou d’une petite caste), en opposition donc à la tyrannie qu’ont précisément défendu les Jeanne d’Arc, les Charles Martel et autres « personnages du passé » lors des siècles d’oppression féodale et monarchique, en opposition totale à cette idéologie qui permettait à n’importe quel crétin (pourvu qu’il fusse couronné) d’affirmer : « L’État, c’est moi  ! ».

Ainsi, pendant la Révolution Française, on pouvait fort bien être étranger, être né loin du territoire français, et être immédiatement intégré dans la Nation. C’est pourquoi des hommes et des femmes de tous les pays se retrouvèrent en France, dés 1789, à délibérer, à décider et à agir pour les idéaux révolutionnaires. A partir de 1792, il y eut même des bataillons entiers formés par les nombreux étrangers désireux de combattre sous les drapeaux de la Nation. On ne parlait pas alors de « brigades internationales » mais de « Légions » : Légions Belges, Légion Franche Étrangère Batave (Hollandais), Légion des Allobroges, Légion Germanique, Légion des Américains (Antillais et habitants métis ou blanc des colonies), etc.

Ces faits sont aussi remarquables qu’il sont peu connus. Et pour cause : ils gênent les historiographes nationalistes, préoccupés d’élaborer leur mystification xénophobe. Ils gênent tout autant l’école historique marxiste qui, les oeillères du matérialisme dialectique bien rivées, n’a jamais voulu voir dans la Révolution française que son expression bourgeoise. Il est vrai que l’existence des Légions belges, germaniques ou américaines prouve que la conscience internationaliste n’a pas attendu la théorie de Marx et la pratique de Lénine pour se manifester de façon concrète !

Cette caractéristique du conflit fondateur de la Nation française est renforcée par un deuxième élément qui vient compléter clairement la signification en contrepoint : tout comme on pouvait être étranger et membre de la Nation, on pouvait tout aussi bien bien être français de souche, né sur le territoire et appartenir au parti de l’étranger.

” La frontière : fracture idéologique et non réalité territoriale”

En effet, si des esprits éclairés sont venus d’Europe et des Amériques pour défendre la Révolution, à l’inverse des membres éminents de la noblesse, de l’église et des milieux affairistes, tous « Français de souche » ont fui en masse le pays à partir de la prise de la Bastille [3] . Ceci nous montre où se situe la véritable fracture : non pas entre lieu de naissance, non pas entre territoires géographiques (d’un coté du Rhin ou de l’autre) , non pas entre « cultures » (culture française contre culture allemande…), mais bien entre intérêts économiques et de pouvoir.

La France de la Révolution n’avait donc pas de problème avec les personnes nées hors de France. Elle en avait de sérieux avec toutes celles qui, selon l’expression des sans-culottes, formaient le « parti de l’étranger », parti désigné ainsi parce qu’il se regroupait sans vergogne autour des despotes régnant à l’étranger [4]. Un parti qui reçut la participation massive de « Français de souche » : on évalue à un million, chiffre énorme pour l’époque, le nombre de nobles, de riches et de curés qui n’hésitèrent pas à déserter le territoire français pour revenir l’attaquer avec les armées royales étrangères [5].

Les nouveaux émigrés

L’histoire dit-on a tendance à se répéter. Parfois sous forme de farce. Après avoir connu l’émigration de la noblesse, revenue avec Louis XVIII dans les paquets des armées étrangères piller de nouveau le territoire dit national, voici que nous sommes menacés de l’émigration des… footballeurs. Le lien entre les deux émigrations n’est pas qu’apparent, et les théories révisionnistes des émules de Renan sont là pour masquer le scandale que constitue l’une comme l’autre.

Alors que le slogan politicien affirme -ce que beaucoup de gens croient- que « Les plus pauvres ne payent pas d’impôt », en France, même les “rmistes”, tout comme les retraités aux pensions les plus minables, les étudiants aux bourses ridicules, et les sans-papiers les mieux cachés payent des impôts tous les jours [6]… A contrario, les politiciens s’en vantent moins, ils ont voté des « niches fiscales » qui permettent aux plus riches de ne pas payer d’impôts directs (ou de n’en payer que sur une fraction de leur revenu)…

Lire la suite : http://cnt-ait.info

Notes

[1] Voir par exemple le site d; Alain Juppé : http://www.al1jup.com/?p=631

[2] A la chute de Napoléon III, la république fut instituée de façon provisoire par une assemblée monarchiste qui n’arrivait pas à se mettre d’accord entre elle. Moyennant quoi, cette Troisième république fut la plus longue de l’histoire de France

[3] Trois jours après, le 17 juillet 1789, le comte d’Artois, frère du roi (et lui même futur roi, sous le nom de Charles X), passait à l’étranger sans oublier d’emporter tout ce qu’il pouvait de sa fortune

[4] Certains lecteurs ont peut être entendu parler de Rivarol, une feuille qui se veut l’hebdomadaire de l’« opposition nationale et européenne » et soutient régulièrement le Front National. Ce périodique, adepte du slogan « La France ou on l’aime ou on la quitte » fait semblant d’oublier que le célèbre pamphlétaire royaliste dont il tire son nom … a quitté la France en 1792, comme quoi, il ne devait pas l’aimer tant que ça…

[5] Voir A. Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française. Ajoutons que c’est précisément pour avoir soutenu ce « parti de l’étranger »que Louis XVI, né français de souche, a été guillotiné en 1793.

[6] …car ils ne sont pas exonérés d’impôts indirects. Quand un rmiste achète des carottes, il verse 5,5 % du prix dans les caisses de l’État, et, s’il s’achète une chemise, 19,6 % !

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Tiré de Anarchosyndicalisme ! numéro 115

CNT AIT : 7, rue St Rémésy, 31000 Toulouse

Sallaumines ce matin ! Ecole Maternelle Centre bloquée par les parents d’élèves!

Dimanche 24 janvier 2010

Après une fermeture de classe l’an dernier qui a monté les effectifs de classes à plus de 30 enfants, les prévisions pour la rentrée prochaine sont de plus de 33 élèves par classes, sans compter les tous-petits !!
L’académie refuse la ré-ouverture d’une classe !!

Les parents, qui ont le soutien des élus de Sallaumines, sont en colère! Ils occuperont à nouveau l’école Lundi matin, 9h !

Rejoignons les !

Tous ensemble, pour l’avenir de nos enfants!

Le Comité citoyen pour l’Ecole Publique Artois-Gohelle appelle à soutenir toutes ces actions!

comite.citoyen62@laposte.net

COMMUNIQUE DE PRESSE FSU 06

Dimanche 24 janvier 2010
 police brutality par speachless

police brutality par speachless

Nice, le 22 janvier 2010

Inadmissible remise en cause de la liberté d’expression à Nice !

La manifestation de Nice pour la défense des services publics de ce jeudi 21 janvier a été marquée par de graves incidents suite à l’intervention de la police. Deux enseignants, militants de la FSU, ont été interpellés et amenés au commissariat. Leur crime ? Porter des masques à l’effigie du Président de la République. Sort identique pour un élu régional communiste qui s’était interposé pour empêcher cette arrestation injustifiée. Un autre militant de la FSU qui filmait la scène a été projeté à terre. Transporté à l’hôpital, il s’est vu prescrire 8 jours d’ITT.

La FSU a réagi immédiatement auprès des services de la préfecture pour demander la libération des deux manifestants et de l’élu. Elle a exigé qu’aucune procédure ne soit engagée à leur encontre. Les représentants syndicaux ont annoncé que de la manifestation ne se disloquerait pas tant que les trois personnes interpellées n’auraient pas rejoint le cortège. A 12h00, ils étaient parmi nous et prenaient la parole…

A 12h30, une délégation de la FSU et de la CGT était reçue par le préfet et son directeur de cabinet. Elle a dénoncé l’attitude de la police qui constitue une remise en cause de la liberté d’expression et demandé qu’une enquête soit menée. Ce à quoi le Préfet des Alpes-maritimes s’est engagé.

On ne peut que s’interroger sur le comportement de certaines forces de police qui cherchent à provoquer des incidents et des dérapages afin de discréditer les manifestants et les organisations syndicales.

Gauthier BROQUET Secrétaire départemental FSU 06

A bas les chefs dans l’éducation nationale!!!!

Dimanche 24 janvier 2010

L’inspection générale de l’Instruction publique a été créée par le consulat de Napoléon Bonaparte par la loi du 11 floréal an X (1/5/1802).

La contestation de l’inspection ne date pas d’hier. En 1933, Célestin Freinet sanctionné par son inspecteur lui répond par un contre-rapport ; il sera plus tard exclu.

- Jusqu’en 1970, les manifestations de rejet de l’inspection sont isolées et ponctuelles. Elles se heurtent à un mur de silence. Les premières affaires qui ont un écho national, dans les années 70, concernent des refus individuels, d’abord dans le second degré et donnent lieu à de graves sanctions : Hurst, Henning, Papinski, Morin, Blache… En octobre 1971 Françoise Cluchague (Grenoble) est révoquée, Robert Vergnes (Paris) est suspendu pour 10 ans, Jocelyne Bensimon (Saint-Denis) est suspendue. Par contre lorsque Josette Laplace et Roger Leroy exposent les raisons de leur refus d’inspection devant le conseil de discipline académique d’Aix, deux représentants de l’administration se rangent de leur côté et il n’y aura pas de sanction (pour la première fois un comité de soutien s’est constitué).

Dès lors, le ministère décide de traduire les refuseux devant un conseil de discipline unique, réuni à Paris, et les menace de deux ans de suspension sans traitement. Pourtant des refus ont lieu dans le Gard, les Bouches-du-Rhône, en Bretagne, à Lyon, à Paris. Les sanctions sont variables, selon le rapport de forces et il arrive que l’administration ferme les yeux. Après 1976, il n’y a plus de conseil de discipline pour les professeurs qui refusent l’inspection.

Dans le premier degré, entre 1976 et 1979, des instituteurs s’organisent collectivement. à Brest et Woippy, le refus est provoqué par le non-respect par l’administration de contrats d’évaluation d’équipes. Les sanctions tombent : blâmes, suspensions avec demi-traitement, déplacements, rétrogradations. En Seine-et-Marne, en 1979, se développe le premier mouvement sur une base plus «idéologique» à l’échelon d’un département: 80 instituteurs (sgen, École Émancipée, icem) signent une pétition de refus d’inspection, organisent des réunions publiques dans les mairies, appellent à la grève… Résultat : 12 blâmes, 14 avertissements, des retraits de salaire… et 3 instits traduits en capd disciplinaire pour l’exemple à l’École normale de Melun le 5 juillet 1979. Cette affaire a un écho dans la presse nationale. Les débats durent 18 heures, 150 personnes manifestent toute la journée sous les fenêtres de l’École normale. L’administration qui demandait la radiation recule : les sanctions seront en retrait (deux affectations d’office, une rétrogradation d’échelon). à partir de cette date il n’y a plus de conseil de discipline pour refus d’inspection, y compris dans le premier degré.

- j’usqu’en 1981 la contestation se poursuit, la répression se fait plus discrète et feutrée mais existe toujours. Des collectifs de contestation se développent dans différentes régions avec des modalités pratiques d’accueil des inspecteurs. Ils rassemblent majoritairement des militants du SGEN, de l’École Émancipée et des équipes ICEM. Dans l’académie d’Orléans-Tours, des préavis de grève par établissement permettent aux enseignants de débrayer quand un inspecteur arrive : «Pas de chance monsieur l’inspecteur, aujourd’hui nous sommes en grève !»

- En 1978, dans les Bouches-du-Rhône, se constitue la Commission inspection (au sein du syndicat SGEN). Les refus sont de plus en plus nombreux, l’action s’amplifie. L’administration exige de ceux qui refusent un engagement écrit à recevoir le prochain inspecteur.

- En 1981, Alain Savary est ministre de l’Éducation nationale, il s’intéresse à l’inspection pendant que la contestation prend plus d’ampleur. Des manifestes sont signés : l’un d’entre eux comportant 1280 signatures est publié dans Le Matin de Paris du 22 mars 1983.

En liaison avec le refus d’inspection se développe la réflexion sur une autre évaluation, sur «travailler autrement et collectivement»; des propositions sont diffusées. Les inspecteurs se font plus rares dans les établissements.

- Le 13 décembre 1983, le ministre Savary signe une note de service 83512 (lire pages suivantes) définissant les nouvelles modalités de l’inspection, l’aménageant tout en maintenant l’inspection individuelle et la note. Le refus d’inspection est reconnu.

- En 1986, les collectifs s’organisent au niveau national. Une première réunion a lieu à Belfort en février 1986. Par la suite, ils se retrouvent au moins une fois par an. Après les grèves de l’hiver 87 contre le projet des maîtres-directeurs, le Collectif national décide d’élargir son champ, au-delà du refus d’inspection, à la lutte contre tous les abus de la hiérarchie dans l’Éducation et de diffuser sur abonnement un journal national Résistances.

- Depuis la fin des années 80, le nombre des refuseux a diminué (effets du plan Jospin en 89, lassitude, air du temps ?), mais d’après Bernard Toulemonde, conseiller au ministère de l’Éducation nationale puis recteur de l’académie de Montpellier, environ 200 refus sont enregistrés chaque année par le ministère. Sachant que tous les refus ne sont pas signalés et que ceux qui refusent ne revoient pas de sitôt un inspecteur, ces chiffres prouvent que la contestation n’est pas en sommeil.

- Aujourd’hui, les cas de sanction pour le motif de refus d’inspection ont a priori disparu. Le cadre légal obtenu par les luttes des collègues dans les années 70 et 80 l’a permis. Toutefois, la pratique du refus d’inspection a, elle aussi, beaucoup diminué… On peut noter tout de même quelques «victoires» juridiques supplémentaires, dont l’arrêt du conseil d’État n°115444 lecture du 18/11/1993 qui fait obligation à l’administration de l’éducation nationale de noter ses enseignants (y compris les refuseux). De façon plus mitigée, la note de service n° 94-262 du 2 novembre 1994 donne le cadre du refus dans le secondaire en laissant la possibilité à l’administration de l’établissement d’abaisser la note administrative, voire d’entamer une procédure de sanction administrative. L’arrêt du tribunal administratif de Caen n° 9616 du 27 mai 1997 empêche théoriquement la hiérarchie de sanctionner par une sale note et sans autre forme de procès un refuseux (cas individuel dans le 1er degré). Et surtout, la renaissance du Collectif anti-hiérarchie en novembre 2002 avec la première réunion d’information syndicale tenue sur ce thème. Le développement s’est fait en commençant par le refus d’inspection et les autres sujets anti-hiérarchiques sur Paris et commence à faire des petits un peu partout en Régions. Nous organisons maintenant des stages régulièrement pour se rencontrer, échanger et agir…

L’Inspecticide, journal du Collectif des enseignants de Paris refusant l’inspection et la notation (1985) : notre glorieux ancêtre !

http://www.abasleschefs.org/

“La Brique” à Arras

Vendredi 22 janvier 2010
 The Revolutionary par pelusanana

The Revolutionary par pelusanana

Jeudi 28 janvier, le collectif Indymedia Lille débarque à Arras. Et il ne sera pas tout seul ! En effet, nous serons en compagnie de La Brique - journal d’infos et d’enquêtes de Lille et d’ailleurs - et de la station de radio arrageoise PFM.

Objectifs de la soirée : regarder ensemble le film “((i)), Indymedia, l’Argentine et les questions de communication”, discuter, débattre, vous montrer comment on fonctionne, comment participer, comment se saisir de l’information pour la faire soi-même.

Rendez-vous à l’Office Culturel jeudi 28/01 à 19h ! 61 Grand Place, à Arras.

En plus c’est gratuit !

Le film ((i)) est une réflexion sur les relations entre les médias et le pouvoir à partir de l’expérience du plus grand réseau mondial de media-activistes : INDYMEDIA. Le documentaire suit la première année d’un petit collectif de Buenos Aires à travers ses luttes au milieu d’assassinats, d’une économie en ruine et des bouleversements politiques argentins.

Liens :

- Indymedia Lille :  http://lille.indymedia.org
- Radio PFM  : http://www.radiopfm.com/
- La Brique :  http://labrique.lille.free.fr/



Z comme Zéro, Zélateur, Zigoto, Zinzin, Zombie, Zona, Zouave, Zozo, bref Z comme Zémour!

Jeudi 21 janvier 2010
 Bouffon par gwenboul

Bouffon par gwenboul

le 21 janvier, les auditeurs de RTL n’ont pas eu droit aux arabes, aux juifs, aux agriculteurs bio ou aux féministes mais à une diatribe de droite décomplexée sur les désobeïsseurs.
Écoutez Zémour vomir sa haine :

Manifestation à Lille porte de Paris à 14h30 : gilet jaune et mégaphone conseillés

Mercredi 20 janvier 2010

L’ÉCOLE  PUBLIQUE est  EN DANGER!!!!

De la maternelle à l’université, les mesures du gouvernement mettent en difficulté de nombreux élèves et leurs familles ainsi que des personnels !

Le Comité  Citoyen Artois-Gohelle pour l’école publique dénonce ces mesures et s’associe aux appels à  l’action lancés pour le 21 janvier !

Il demande à tous d’y participer ou d’organiser des actions lors de cette journée :

Manifestation régionale à Lille  14h30 - Porte de Paris

NON à la CASSE  du SERVICE PUBLIC de l’éducation !!!

Le Comité  citoyen se réunira le Lundi 1° Février à 18h00 à l’hôtel de ville de LIÉVIN pour préparer ses nouvelles actions et continuer la lutte.

Enseignants, parents, élus, étudiants citoyens, Il est important d’être nombreux et solidaires!

citoyenecole.publique@laposte.net

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