Solidarité et pétition : Landrecies, les enseignants protestent contre le risque d’expulsion d’une des leurs

 Solidarité par Mickael Thibedeau

Solidarité par Mickael Thibedeau

«Solidarité avec Thérèse-Marie!» scandaient, hier après-midi, les enseignants devant les grilles. «Solidarité avec Thérèse-Marie!» scandaient, hier après-midi, les enseignants devant les grilles.

Hier, près de la moitié des enseignants de la cité scolaire Dupleix de Landrecies étaient en grève pour soutenir Thérèse-Marie Cardon. L’unique professeur d’arts plastiques attend une réponse du recteur suite à un conseil de discipline dont les causes n’ont pas été communiquées. Dans le pire des cas, elle risque une mutation d’office.

Entre les drapeaux rouges des syndicats : des amis, des retraités et quelques rares parents d’élèves, tous invités par des enseignants en grève du lycée Dupleix. Soit une quarantaine de personnes rassemblées à 14 heures pour manifester devant les grilles de l’établissement landrecien. Ils sont là pour Thérèse-Marie Cardon, enseignante en arts plastiques dans l’établissement depuis 2002. Le 15 novembre dernier, elle est passée en conseil de discipline. Une procédure qui « se multiplie de plus en plus à l’encontre des professeurs » selon William Roger, secrétaire général CGT Éducation du Nord, venu de Lille soutenir Mme Cardon. Reste à connaître les motivations de ce passage disciplinaire pas anodin ? Difficile de savoir : les participants, tenus au secret, ne peuvent pas détailler. Ce que l’on sait, c’est que Thérèse-Marie Cardon serait menacée d’une mesure de déplacement d’office demandée par un des représentants de l’académie, soit une expulsion de Dupleix en pleine année scolaire pour un autre établissement, dans le pire des cas. Pas une petite punition. Pour l’heure, elle attend la réponse du recteur de l’académie qui aura à trancher après un ex-aequo dans les votes des participants au conseil de discipline. Il pourra préférer un blâme ou un avertissement à cette lourde sanction. Pour le convaincre les syndicats sollicitent une audience.
Conseil de discipline : pourquoi ?

La question demeure : qu’est-ce qui a justifié ce conseil de discipline ? L’élément déclencheur serait une ou plusieurs lettres de parents d’élèves mécontents, récemment envoyées au rectorat. Même s’ils déclarent ne pas comprendre la procédure, les grévistes l’interprètent comme un prétexte pour punir son engagement syndical. Ils en dévoilent un peu plus : « Notre colère et notre inquiétude sont motivées par le contenu du dossier : on y trouve aussi bien des documents administratifs classiques que des lettres de dénonciation, des rapports d’incident demandés par l’administration et retournés contre l’enseignant qui les a rédigés. » Ces profs qui s’inquiètent désormais de ce qu’ils pourraient trouver sur leurs dossiers parlent aussi de « pièces à charge décontextualisées » : « témoignages douteux d’élèves, lettres de parents concernant des élèves qui posent problème à de nombreux collègues par leur comportement, témoignages concernant des faits extérieurs à l’établissement reposant uniquement sur l’appréciation subjective d’une personne hostile, des documents datant d’il y a 25 ans et dont elle n’a eu connaissance qu’en juin dernier… » Un « acharnement disproportionné » concluent ses collègues qui ont lancé une pétition sur Internet et diffusé l’information auprès des parents d’élèves.

Du côté de l’établissement landrecien, on n’en saura pas plus, si ce n’est que l’administration réfute tout « acharnement arbitraire », « injustice flagrante » ou responsabilité mentionnés par les syndicats, préférant insister sur « des raisons qui remontent à 1982 Il n’y a pas de hasard ».

À cette heure, c’est une enseignante « épuisée et écoeurée, avec des coups de déprime », qui attend une réponse. Et promet : « Je ne me laisserai pas faire. »


PIERRE ROUANET

http://www.lavoixdunord.fr


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Une réponse à Solidarité et pétition : Landrecies, les enseignants protestent contre le risque d’expulsion d’une des leurs

  1. steimer dit :

    lasses d’être menacées ou mal-traitées sans pouvoir réagir, donc parfois la réaction est un peu plus violente que ce que l’on aurait souhaité, mais elle est le résultat de mois, voire d’années de frustration et de contrôle de soi sans que l’on puisse constater d’amélioration dans le comportement des élèves;

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