Archive pour décembre 2009

Inquiétudes sur les aides aux élèves

Samedi 12 décembre 2009
 Let the children play par elielid

Let the children play par elielid

Cinq syndicats de l’Education nationale et les associations de parents FCPE et Peep ont adressé aujourd’hui une lettre ouverte au ministre de l’Education, Luc Chatel, pour lui faire part de leurs inquiétudes à l’égard des personnels chargés d’aider les élèves en très grande difficulté.

La lettre est signée par le Snuipp, SE-Unsa Sgen-CFDT, Snudi-FO et CGT Educ’Action, qui représentent au total près de 85% des enseignants du public du premier degré.
Trois associations représentant ces enseignants spécialisés, l’Association française des psychologues de l’éducation (Afpen), la Fname et la Fnaren, se sont jointes à l’appel.

Ils demandent une audience au ministre pour “exiger que les dispositifs d’aides spécialisées aient les moyens de poursuivre leur mission pour la réussite de tous les enfants à l’école”, indiquent-ils dans un communiqué commun.

Leur inquiétude porte sur la pérennisation des Rased (Réseau d’aide spécialisé aux enfants en difficulté), des équipes composées d’un psychologue, d’un rééducateur en psycho-motricité et d’un enseignant spécialisé, qui viennent en aide à des enfants en grande difficulté, souffrant parfois de difficultés familiales ou psychologiques.

Ils demandent le maintien de tous ces postes de Rased alors que 3.000 d’entre eux ont été supprimés dans le budget 2009.

Clip UMP : Le paradis nous gouverne

Samedi 12 décembre 2009

Comité Citoyen Artois-Gohelle

Samedi 12 décembre 2009
 Exhibition 4 (Pastels) par hannah** (busy)
Exhibition 4 (Pastels) par hannah** (busy)

Ecole surchargée, enfant sacrifié

Les 39000 suppressions de postes prévues dans  l’éducation nationale en 2009 et 2010 ont commencé leur effet destructeur avec leur cortège de fermetures de classes dans le primaire et les suppressions de filières dans le secondaire ou le supérieur. C’est comme cela que l’on observe des classes de maternelle à 27 ou plus, des élémentaires à 29 et des classes de seconde à 35 !!!.

Est ce que dans ces conditions nos enfants bénéficient du meilleur de l’éducation nationale ?

Non, car pour assurer la meilleure réussite de tous les élèves, les recommandations sont de 24 par classe  (au maximum et non pas en moyenne)

Ces  sur-effectifs entraînent pour les enfants des conséquences graves sur leurs apprentissages.

Plus le nombre d’enfants est élevé, plus la mise en route sera longue. Par exemple en CP les enfants  sont loin d’être totalement autonomes pour les gestes du quotidien .Les enseignants sont obligés de proscrire les déplacements dans la classe et  limitent fortement les interventions orales. On sait qu’il est possible de faire lire les enfants de CP deux à trois minutes à voix haute par jour, ceci dans une classe de 24 élèves . Cela fait à peine  dix minutes par semaine , ce qui n’est plus le cas avec des effectifs à 29. Cette démonstration est valable pour tous les autres apprentissages (maths, leçons, poésie, exposé, etc…) et dans les autres niveaux.

Du fait du nombre important, l’enseignant consacre moins de temps à chaque élève.  Il est donc  contraint de multiplier le travail personnel à la maison sous la responsabilité des parents qui sont chargés de réexpliquer, de repérer les lacunes. Tous ne sont pas en mesure de le faire. Des études ont mis en évidence que le recours au travail à la maison accentuait les inégalités entre les enfants.

Pour conserver des effectifs  équilibrés (26 quand même) des écoles primaires font le choix  de créer des classes à double niveau .Une vaste étude (enfin !) , menée par deux chercheurs de l’Institut de recherche sur l’éducation (Iredu) de Dijon,  a montré qu’elles sont néfastes pour les enfants qui rencontrent des difficultés.
Cela correspond complètement à ce que peut ressentir l’enseignant qui ne peut pas être partout ni différencier de la même façon.

En effet, les temps de travail individuel où il pourrait se déplacer pour aider les élèves dans une classe simple doivent être consacrés à l’autre niveau. De plus, préparer une classe pour plusieurs niveaux différents implique forcément de passer moins de temps à préparer chaque niveau, ce qui porte préjudice aux élèves qui ont besoin de situations plus “fouillées” pour apprendre. Cette organisation demande aux élèves encore plus d’autonomie, encore plus de discipline et encore plus de travail à la maison, ce qui n’est pas possible pour tous.

On le constate donc encore une fois, l’économie de moyens que veut faire le gouvernement se paye directement par les enfants fragilisés ou qui rencontrent des difficultés.

L’école qui doit être un lieu d’égalité aujourd’hui renforce les inégalités.

L’école publique est en danger ! Tous les niveaux , ses valeurs et ses moyens sont concernés.

Le comité citoyen pour l’école publique Artois-Gohelle agit pour empêcher la régression et promouvoir le progrès du service public d’éducation, gratuit et laïc.

COMITE CITOYEN pour L’ECOLE PUBLIQUE ARTOIS-GOHELLE

Samedi 12 décembre 2009

 Fosse 3 de Lens (Liévin) par Ben Plissken

Fosse 3 de Lens (Liévin) par Ben Plissken

Compte Rendu de la réunion du comité citoyen ce mardi 8 décembre 20009  à Liévin .

Un état de la situation dans les établissements scolaires de la maternelle à l’Université a été présenté par les participants.

Suppression de postes, précarité des personnels, régression des horaires de certaines disciplines , absences non remplacées dans le secondaire, crainte quant à la future carte scolaire dans le premier degré , quasi absence de formations spécialisées pour les RASED, etc. sont les principaux sujets de mécontentement des étudiants et élèves, des parents, des enseignants, des élus syndicaux ou municipaux, etc.

Les mesures qui s’appliquent déjà ou que le ministère prépare s’inscrivent dans la logique européenne  de réduction des services publics et en particulier de création d’un marché de l’éducation ( mettant en concurrence le service public et gratuit avec des services privés à but lucratif ) .

Malgré le contexte difficile, les luttes commencent à s’organiser ( dans les lycées, dans les IUFM, …)

Un préavis de grève a été déposé pour le 15 décembre 2009.Ce jour sera notamment une journée d’action lycéenne et une journée nationale d’action dans les IUFM.

Le comité citoyen soutient ces actions. Il  appelle ses membres à  relayer les infos les concernant et à participer aux actions organisées.

Il mettra rapidement  en ligne un tract et appelle à le distribuer largement pour,  d’une part donner à cette journée le meilleur impact, d’autre part préparer aux actions qui vont se multiplier après la rentrée de janvier ( De nombreux mouvements sont à prévoir à l’initiative des collectifs , un appel intersyndical est en préparation pour une journée de grève en mi-janvier  et une manifestation nationale à Paris un dimanche de fin janvier ).

Le comité citoyen se réunira le mardi 12 janvier 2010 à l’hôtel de ville de Liévin .

Vous pouvez retrouver des informations le concernant sur le site RASED-en-LUTTE ou sur le site lievin.wiki-citoyen.fr ( sur ce deuxième site, vous pouvez aussi apporter toutes informations utiles dans la page consacrée au comité citoyen pour l’école publique Arois-Gohelle ).

le comité

Tract du Comité citoyen Artois-Gohelle pour la défense de l’école publique pour tous, de la maternelle à l’université

Samedi 12 décembre 2009

La réalité de la « réforme » du lycée :

Ce qui est déjà fait :

Bac Pro revu à la baisse, puisque depuis septembre 2009 il se prépare sur 3 ans au lieu de 4.
⇒ formation au rabais ; suppressions de postes.

Ce qui se prépare
: (quelques exemples)
D’un côté, la brochure usine à gaz du ministère et les médias qui la relayent sans aucun esprit critique.

De l’autre :
Série L : pas de maths obligatoires, baisse de heures de français et de langues vivantes.
Série ES : baisse des heures de SES (Sciences Economiques et Sociales)
Série S : baisse des heures de maths et sciences, suppression de l’histoire-géo en terminale

Sous prétexte d’améliorer leur orientation, les lycéen-ne-s pourront « bénéficier » de SAS de complément de programme et remise à niveau…pendant les vacances.

Ces temps seront payés en heures supplémentaire (heures sup’ implique pas de création d’emplois) ou assurés par des officines privées (donc…payantes)

Le ministère assure vouloir améliorer l’orientation des lycéen-ne-s, pourtant, le recrutement des Conseillers d’Orientation Psychologues est en baisse !! (50 % de moins en 2013)Cette mission de service public sera, là encore, assurée par des officines privées…

Sections Technologiques et Industrielles (STI)

Pour « revaloriser » cet enseignement, la réforme prévoit de fusionner toutes les spécialités.
Exemple au lycée H. DARRAS de Liévin : chaudronnerie : 3, électrotechnique : 9, électronique : 8…….
A partir de 2010, une seule section fourre-tout.
⇒ formation au rabais ; suppressions de postes ; à (court) terme, faciliter les délocalisation ; emplois fragilisés.

La réalité de l’Education Nationale :

2008 : 11 000 suppressions de postes ; 2009 : 13 000; 2010 : 16 000. Total : 40 000 !!!

Le Comité citoyen Artois-Gohelle pour la défense de l’école publique pour tous, de la maternelle à l’université, appelle et soutient toutes les luttes et les mobilisations pour la défense du service public d’éducation, notamment le 15 décembre 2009 (lycéens et étudiants)

Prochaine réunion du Comité citoyen : 12 janvier- 18h00 à LIÉVIN (Hôtel de Ville)

Citoyen-ne-s, parents, élu-e-s, enseignant-e-s, étudiant-e-s, lycéen-nes : vous êtesTOUS bienvenu-e-s !!!

L’identité nationale : un vieux mythe et une vieille question jamais réglée à gauche

Samedi 12 décembre 2009
identité nationale : cest quoi...

identité nationale : c'est quoi...

(Ce texte reproduit une intervention orale dans le cadre d’une discussion organisée par le Collectif anarchiste des Alpes maritimes CAAAM le 11 décembre 2009, à Nice)

On ne peut nier que cette question intéresse ou en tout cas concerne directement un certain nombre de travailleurs, à commencer par les 3,5 millions d’« étrangers » qui vivent en France et se demandent à quelle sauce l’Etat français va prochainement les manger ! Ce débat concerne tous ceux qui vivent dans d’autres pays et qui ont de la famille en France, et qui projettent de venir étudier, travailler ou vivre ici pendant un moment. Ce débat concerne aussi les enfants, les ados, les jeunes qui ont de la famille dans au moins deux pays différents et qu’on somme aujourd’hui de choisir entre leur prétendue « identité nationale française » et une autre prétendue « identité nationale ». C’est le fameux et sinistre : « Tu aimes la France, ou tu la quittes. »

Mon exposé va être plutôt historique. En effet je crois que si l’on ignore et le contexte historique français sur la longue duré et le contexte européen actuel de la discussion sur l’identité nationale, on est condamné à répéter pendant des années le même argumentaire que depuis 1944 : Vichy revient, De Gaulle c’est le fascisme, Giscard c’est le pétainisme, Sarkozy c’est Vichy 2 et autres absurdités.

Je vais plutôt tenter de montrer comment on peut se saisir de ce débat truqué, à condition d’en refuser les termes et d’envisager la question dans une perspective tout à fait différente.

Pour cela je vais vous proposer 6 hypothèses de façon très résumée.

1. Les questions de l’identité nationale et de l’immigration sont étroitement liées en France pour des raisons qui tiennent à l’histoire particulière du capitalisme et de l’Etat français.

La France est restée un pays de paysans, et de petits propriétaires, beaucoup plus longtemps que ses voisins européens les plus développés. En effet, il faudra attendre 1931 pour que les deux populations (urbaine et rurale) s’équilibrent et l’année 1954 pour que la France devienne un pays majoritairement urbain. Cette situation s’explique à la fois par un calcul politique des classes dominantes et par une farouche résistance de la paysannerie française face à l’industrialisation. Les gouvernements du Second Empire puis de la Troisième République ont voulu s’appuyer sur une masse de petits propriétaires paysans. Ils ont en effet voulu éviter à tout prix les conséquences sociales et politiques d’un exode rural massif, comme celui qui s’est produit en Angleterre par exemple. Pour cela ils ont d’abord massivement « importé » de la main-d’œuvre étrangère qualifiée (des artisans suisses, belges, allemands, anglais au XIXe siècle). Puis ils ont fait venir des travailleurs non qualifiés ou peu qualifiés : en Europe, les Italiens, Polonais, Espagnols et enfin les Portugais après la Seconde Guerre mondiale ; en Afrique, les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, les Maliens, les Sénégalais, etc ; en Asie, principalement les Chinois et les Vietnamiens. Au Moyen Orient : les Turcs. La présence d’une main-d’œuvre étrangère importante sur le territoire français a donc fait débat dès la fin du XIXe siècle.

Dans ces débats, on a délibérément négligé plusieurs phénomènes importants

- comme je l’ai déjà dit, l’ « importation » de main-d’œuvre étrangère a empêché un exode rural massif, et a permis à la paysannerie française de survivre presque un siècle de plus,

- l’immigration a permis à une bonne partie des fils de paysans, plutôt que de devenir des ouvriers non qualifiés dans l’industrie, de devenir employés, petits fonctionnaires ou instituteurs ;

- dans les usines elles-mêmes, l’immigration a permis à une partie des ouvriers français de tenir les postes les plus qualifiés et de grimper un peu dans la hiérarchie de l’usine, d’accéder à des postes de contremaître ou de chef d’équipe ; l’immigration a permis à leurs enfants d’avoir davantage de chances de devenir employés, fonctionnaires, professeurs, etc.

Pour simplifier, c’est autant la présence d’une main-d’œuvre étrangère non qualifiée que le développement de l’industrie (et, ce qui va avec, le développement de l’instruction publique), qui ont permis à beaucoup de Franco-Français de vivre mieux que leurs parents ou que leurs grands-parents, ouvriers ou paysans.

2. C’est parce qu’une main-d’œuvre étrangère importante vit et travaille en France depuis longtemps que le débat sur l’identité nationale est récurrent depuis au moins les débuts de la Troisième République, soit 1870
.

Ce débat a évidemment pris une tournure particulière parce que la France disposait d’un empire colonial. À la xénophobie anti-allemande ou anti-italienne, est venu s’ajouter le racisme anti-arabe ou anti-africain, ou anti-asiatique. Bien sûr, le discours colonial républicain a toujours prétendu assimiler complètement les personnes dites « étrangères », à partir de considérations très universalistes. Son objectif était d’élever, dans tous les sens du terme, les « indigènes » dans le respect des valeurs républicaines.

Aujourd’hui l’UMP et Sarkozy oscillent entre une politique d’intégration traditionnelle (la politique assimilationniste prônée par la droite et la gauche républicaines) et une politique plus proche du multiculturalisme anglosaxon.

Quant aux bagarres politiques et juridiques pour définir qui est français et qui ne l’est pas, qui a le droit de travailler ou de vivre en France, au bout de combien d’années un étranger naturalisé peut devenir fonctionnaire, ces discussions ne datent pas de la présidentielle de 2007. Elles sont récurrentes depuis le XIXe siècle et elles n’ont jamais vu les syndicats et partis de gauche défendre une position clairement antinationaliste et encore moins anationaliste. Il suffit de mentionner la question de la préférence nationale dans la fonction publique ou du droit de vote des étrangers, pour l’illustrer.

Ceux qui ont le plus réfléchi aux critères permettant de définir la prétendue « identité nationale », ceux qui ont écrit et pensé toutes les lois et circulaires entre 1870 et 1940, durant toute la Troisième République, ce ne sont pas des politiciens de droite ou d’extrême droite, les antisémites et les nationalistes de l’Action française, par exemple. Ce sont des universitaires, des juristes, des économistes ou des démographes, tous bons républicains de gauche ou radicaux (au sens du Parti radical, on dirait des centristes aujourd’hui, sans la connotation chrétienne). Ce sont ces gens-là qui ont établi les critères de la nationalité et de la naturalisation de 1870 à 1940. Bien avant Pétain donc. Et sans que la gauche et les syndicats mènent un combat frontal contre leur définition de la nationalité ou leurs critères de naturalisation.

3. Le fichage et le flicage des “étrangers” sont toujours allés de pair avec des débats parlementaires sur l’identité nationale pendant le XIXe siècle et le XXe siècle. Ils sont allés de pair aussi avec de multiples lois et circulaires répressives – bien avant le CESEDA, ce code du séjour des “étrangers” qui a été voté en 2006.

Dès les années 20 l’Etat français était un modèle de répression des “étrangers” pour tous les États du monde capitaliste occidental. À l’époque, des responsables des services américains de l’immigration sont venus étudier à Paris le système de fichage de la population étrangère mis au point par la préfecture de police, fichage exemplaire à une période où n’existaient pas encore les ordinateurs et les empreintes génétiques.

Et le préfet de police de Paris tenait tellement à ces fiches qu’en 1940 il chargea ces centaines de milliers de fiches dans des péniches qui heureusement coulèrent, ce qui fait que les Allemands renoncèrent à les exploiter, vu leur mauvais état.

Le fichage des citoyens et des “étrangers” est donc une tradition « nationale », bien française, de tous les régimes politiques républicains depuis 1870, et bien antérieure à Sarkozy. La discussion sur ce que sont les fameuses et les fumeuses « valeurs républicaines » qui fonderaient la prétendue « identité nationale française » a plus d’un siècle. Et dans cette discussion il y a toujours eu beaucoup plus de convergences entre la droite et la gauche, que de divergences.

4. Derrière la discussion sur l’identité nationale pointe une peur récurrente d’une « invasion » étrangère, clandestine ou pas, et cette peur a été créée par un facteur très concret : la baisse de la natalité. Cette peur agite les politiciens depuis que les démographes ont découvert, à la fin du XIXe siècle, que les paysans français puis les ouvriers pratiquaient la contraception et la limitation volontaire des naissances bien avant l’apparition de la pilule ou des distributeurs de préservatifs.

Après la défaite de 1870 et face à la rivalité avec l’Allemagne, c’est cette baisse de la natalité qui a poussé les hommes politiques français à faciliter les conditions de séjour, puis de naturalisation des “étrangers”. Entre les deux guerres, cette peur de l’”étranger” a persisté, avec des tendances contradictoires : d’un côté, le patronat voulait continuer à « importer » de la main-d’œuvre surtout après la saignée considérable provoquée par la Première Guerre mondiale ; mais, de l’autre côté, l’Etat français voulait contrôler ce qu’il appelait les « flux migratoires » afin de pouvoir se servir encore une fois des “étrangers” comme boucs émissaires face à la crise et de les précariser au maximum.

Après la Seconde Guerre mondiale on a de nouveau ouvert les frontières, pour les refermer à partir de 1974. En période de crise économique, le débat sur l’identité nationale, avec sa composante démographique cachée, revient sur le devant de la scène politique, en période de prospérité il recule. Mais derrière ce débat, il y a toujours la peur d’une baisse démographique qui « noierait » la fameuse et fumeuse identité française sous un tsunami d’étrangers « barbares ».

5. La discussion sur l’identité nationale plonge ses racines dans l’histoire politique et sociale de la France, comme j’ai essayé de le montrer très rapidement dans les points précédents.

Quand Sarkozy a annoncé la création d’un ministère de l’Identité nationale, on ne peut pas dire que la gauche et l’extrême gauche se soient tellement mobilisées. Pour ce qui concerne la gauche, c’est un peu normal car un chevènementiste comme Max Gallo, un gaulliste comme Henri Guaino ou un socialiste comme Eric Besson ont beaucoup de choses en commun. Et tous les trois sont des proches de l’actuel Président. En gros, Sarkozy a fait appel à certains éléments de la gauche nationaliste, souverainiste, pour mettre en place son idéologie. Aujourd’hui ce discours chauvin, type Troisième république, ne provient pas des rangs de la droite mais bien de ceux de la gauche, et il révèle les liens troublants que la gauche entretient et a toujours entrenus avec le nationalisme. C’est d’ailleurs pourquoi la gauche refuse de discuter de l’identité nationale car elle est incapable de la dénoncer comme une fumisterie et s’accroche encore au fantasme d’une bonne « nation ».

De plus, si l’on tient à repérer les origines plus récentes de ce débat, l’initiative ne vient pas du tout de l’UMP française mais des chrétiens-démocrates allemands.

Ce n’est sans doute pas un hasard si ce débat a commencé en Allemagne : cela semble logique lorsque deux Etats (la RFA et la RDA) qui s’étaient combattus idéologiquement pendant 50 ans se réunifient brusquement. Le nationalisme allemand a pris une nouvelle vigueur, après avoir adopté un profil bas pendant presque un demi-siècle, à cause du nazisme. Mais surtout la chute de l’empire soviétique, la fin des blocs, a provoqué une remise en question du rôle de l’Europe à l’échelle mondiale, et aussi des rapports de force entre chaque État européen, donc un regain des nationalismes.

Comme je le disais, ce sont les chrétiens-démocrates allemands qui ont lancé la discussion sur l’identité nationale dans leur pays il y a une quinzaine d’années, puis qui l’ont exportée aux Pays-Bas avec un grand succès. En Hollande ce débat a renforcé le courant national-populiste et poussé le Parlement néerlandais à revenir sur la politique dite du multiculturalisme qu’il prônait et pratiquait depuis des années.

Cette discussion internationale sur l’identité de chaque pays européen est donc liée aux transformations que connaît l’Europe ; à la fin de la guerre froide, et aux effets de plus en plus évidents de la mondialisation sur ce continent.

Si l’on veut comprendre la discussion sur l’identité nationale en France, il faut donc la resituer dans le cadre de débats qui traversent tous les pays européens. En ce moment, en Espagne, il y a par exemple une discussion sur le fait de savoir si la Cour constitutionnelle de l’Etat espagnol a le droit de se prononcer sur les résultats positifs d’un référendum où les Catalans ont décidé, entre autres, qu’il existait une nation catalane distincte des nations ou nationalités basque, castillane, etc.

La discussion sur l’identité nationale essaie de manipuler trois sortes de peurs provoquées par trois phénomènes qui concernent tous les pays d’Europe, même si ce n’est pas dans les mêmes proportions.

a) la présence sur le territoire européen d’une dizaine de millions de travailleurs dits « extracommunautaires », ou « allochtones », en clair Africains, des Asiatiques, Turcs et Latino-Américains. Ces travailleurs ont l’intention de s’installer en Europe et plusieurs millions d’entre eux ont acquis ou vont acquérir la nationalité européenne. Il faut ajouter à ces 10 millions d’ « extra communautaires » une douzaine de millions d’Européens qui ne vivent et ne travaillent pas dans leur pays d’origine. 22 millions sur 450 millions d’habitants cela ne représente pas un grand pourcentage de la population européenne totale, mais suffisamment pour être l’objet de toutes sortes de manipulations politiques et de peurs irrationnelles. À moins de prétendre qu’il y ait des millions de travailleurs clandestins, ce que ne se privent pas de dire la droite et l’extrême droite.

b) l’Union européenne est en train de s’engager dans un projet d’Europe fédérale dont on ignore s’il se réalisera un jour et quelle forme il prendra, mais dont on sait déjà qu’il remet en cause le pouvoir et les attributions de chaque Etat. La construction de l’Union européenne ravive toutes sortes de peurs nationales voire régionales (cf. La Ligue du Nord, mais aussi les partis nationalistes catalan, basque, écossais, flamand, etc.), qui sont exploitées par les partis conservateurs et d’extrême droite ;

c) Depuis le premier choc pétrolier d’octobre 1973, une série de crises économiques rapprochées a abouti à des restructurations, à la création de nouvelles entreprises internationales ou transnationales, à des licenciements de masse, à une montée du chômage, à la disparition de secteurs économiques entiers (mines, textile, sidérurgie, chantiers navals, etc.), à la vente ou au démantèlement d’entreprises publiques à des transnationales, etc. Cette crise, ces crises donnent l’occasion à tous les partis conservateurs de se servir des « étrangers » comme boucs émissaires. Et cette crise gêne considérablement les partis et syndicats de gauche.

6. Dernière hypothèse. Les réactionnaires, quand ils sont habiles, ne se déclarent plus ouvertement racistes, ils n’avancent plus ouvertement le discours sur la supériorité des races. Ils vantent la défense des cultures nationales ou ethniques, des nations, voire même des « peuples premiers », c’est-à-dire les Indiens d’Amazonie ou les aborigènes d’Australie. Si l’on ne combat pas les réactionnaires sur ces terrains-là aussi, alors leurs idées pollueront de plus en plus toutes les discussions politiques. Et elles le font déjà.

Les courants les plus « subtils » de l’extrême droite et de la droite sont parfaitement capables de louer l’originalité de la culture malienne, turque, ou chinoise, ou même arabo-musulmane, tant que les porteurs de ces fameuses « cultures » nationalistes restent dans leurs pays d’origine.

Les réactionnaires sont présents et actifs dans les mouvements altermondialistes et écologistes, ils récupèrent leurs thèmes et parfois leurs thèses ; ils empruntent une partie de son vocabulaire à la gauche ou à l’extrême gauche ; ils se présentent comme multiculturalistes ou comme hostiles à l’impérialisme américain, ou comme anti-libéraux.

Quant à la droite sarkozyste elle nous donne le tournis : un jour elle nous parle de « multiculturalisme », le lendemain des « racines chrétiennes de la France » et le surlendemain elle dénonce « l’islamophobie » puis « l’islamisme ». Face à une telle confusion, il n’est pas évident de se repérer, d’avoir des positions claires.

En tout cas, il faut commencer au moins par se mettre d’accord sur quelques définitions :

Je vais prendre trois notions et leurs définitions d’après le Robert, et essayer de souligner leurs limites, pour ne pas dire leur caractère politiquement dangereux.

-  Identité : « le fait pour une personne d’être tel individu et de pouvoir être également reconnue pour tel sans nulle confusion grâce aux éléments (état civil, signalement) qui l’individualisent » ou bien ces éléments : état civil+signalement. »

-  L’identité se réduirait à l’apparence physique (ce que le dictionnaire appelle pudiquement le « signalement », et qui peut ouvrir la porte à un fichage ethnique comme c’est le cas aux Etats-Unis sur les passeports) et à la possession d’une carte d’identité, qui (elle) est une question purement juridique et administrative. On me permettra de douter qu’un individu puisse se réduire à ces éléments matériels-là, même s’ils sont très utiles pour la police et la justice, pour ficher les individus ou pour définir leurs droits (si l’on admet que le titulaire d’une carte d’identité ne doit pas avoir les mêmes droits qu’un non-titulaire).
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-  Nation : « groupe humain constituant une communauté politique établie sur un territoire défini et personnifié par une autorité souveraine ».
-
-  Cette définition n’est pas plus satisfaisante. Car il existe des Etats sans nation unique (la Suisse, le Royaume uni et l’Espagne), des nations sans Etat unique (les Kurdes, par exemple) et même des nations (des « peuples ») qui ne veulent surtout pas d’Etat (les Roms).

-  La définition juridique fournie par le dico n’est pas meilleure car elle indique que la nation serait une « personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l’Etat ». Cette définition implique que si le chef d’un État dit démocratique prend une décision (par exemple si Bush envoie des troupes en Irak, ou Sarkozy décide d’intervenir en Afghanistan) tous les individus citoyens de cet État, membres donc de cet Etat, sont engagés par sa décision, puisqu’ils ne forment qu’un avec le Président qui représente la Nation.

-  On voit que derrière la neutralité apparente des mots, il s’agit d’obliger les individus à respecter l’ « autorité souveraine » d’un Etat, et à taire ou à minimiser ce qui différencie ou caractérise chacun de nous.

-  Culture : « ensemble des aspects intellectuels d’une civilisation ». Cette définition ne nous apprend rien et est même plutôt inquiétante car quand on va voir le mot « civilisation » le dictionnaire nous indique d’abord qu’il s’agirait de l’« ensemble des caractères communs aux vastes sociétés les plus évoluées » …. Vous avez bien entendu, « vastes » et « les plus évoluées ». Un peu plus loin, le dictionnaire précise que la culture désigne les « phénomènes sociaux, religieux, moraux, esthétiques, scientifiques, techniques propres à une grande société ou à un groupe de sociétés ». Mais cette définition exclut ele aussi les petits « peuples » (encore un terme piégé !), disons les petites sociétés humaines, ou celles dont l’histoire n’a pas eu un rayonnement international ou universel.

-  Qu’il s’agisse de l’identité, de la nation, du peuple ou de la culture, tous ces termes sont piégés. On peut bien sûr s’en servir mais avec beaucoup de précautions car, si nous prétendons changer radicalement la société, nous pouvons difficilement nous servir de ces mots sans être prisonniers des sens qu’ils véhiculent.

-  En effet, ils ont surtout pour fonction de mettre tous les individus dans le même sac. Ils servent à nous faire oublier qu’un ouvrier basque n’a pas les mêmes intérêts que son patron basque ; qu’un travailleur sans-papiers chinois n’a pas les mêmes intérêts que son marchand de sommeil chinois ; que le fait d’avoir la même carte d’identité qu’un flic ou un militaire français ne m’oblige pas à le respecter au nom d’une prétendue « citoyenneté » commune, ni à croire que la police est faite pour protéger les braves gens ou que l’armée est faite pour défendre la « démocratie » en Afghanistan.

-  Tout ce qui aboutit à une quelconque union ou paix entre les classes, à une union nationale, au bénéfice d’un Etat freine et dévoie toujours les luttes des travailleurs. En ce moment, en France, comme dans le reste de l’Europe, on remarque un inquiétant durcissement à droite avec ce thème de la prétendue identité nationale. Mais on constate aussi qu’il est relayé par la gauche nationaliste, souverainiste, voire altermondialiste. Il n’y a pas un bon et un mauvais nationalisme. Tous les nationalismes sont mortifères.

-  Cette montée du nationalisme qu’il soit purement français ou qu’il soit européen doit nous alerter, nous mobiliser et nous inciter à développer un solide argumentaire que, j’espère, nous évoquerons au cours de la discussion.

Y.C. (10/12/2009)

Suite de l’article sur le site : http://www.mondialisme.org/

APPEL : «Nous exigeons la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration»

Samedi 12 décembre 2009

«Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de “l’Identité nationale” a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger - et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

«Qu’a fait naître ce ministère? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…

«Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des “dérapages” individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un “débat” sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et coresponsables du contrôle identitaire sur la France.

«La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : “Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ?” La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.

«C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.

«Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce “ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration”, car il met en danger la démocratie.»

Signataires:

Michel Agier (anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (philosophe, université Paris-X et university of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne, université Paris-X) Luc Boltanski (sociologue, EHESS), Marcel Detienne (historien, EPHE et université Johns Hopkins), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michel Feher (philosophe, Paris), Françoise Héritier (anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (historien, EHESS), Gérard Noiriel (historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière) Serge Slama (juriste, université d’Evry), Emmanuel Terray (anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (historien, CNRS), Paul Virilio (urbaniste, Ecole spéciale d’architecture de Paris), Sophie Wahnich (historienne, CNRS), Patrick Weil (historien, CNRS).

Solidarité et pétition : Landrecies, les enseignants protestent contre le risque d’expulsion d’une des leurs

Samedi 12 décembre 2009
 Solidarité par Mickael Thibedeau

Solidarité par Mickael Thibedeau

«Solidarité avec Thérèse-Marie!» scandaient, hier après-midi, les enseignants devant les grilles. «Solidarité avec Thérèse-Marie!» scandaient, hier après-midi, les enseignants devant les grilles.

Hier, près de la moitié des enseignants de la cité scolaire Dupleix de Landrecies étaient en grève pour soutenir Thérèse-Marie Cardon. L’unique professeur d’arts plastiques attend une réponse du recteur suite à un conseil de discipline dont les causes n’ont pas été communiquées. Dans le pire des cas, elle risque une mutation d’office.

Entre les drapeaux rouges des syndicats : des amis, des retraités et quelques rares parents d’élèves, tous invités par des enseignants en grève du lycée Dupleix. Soit une quarantaine de personnes rassemblées à 14 heures pour manifester devant les grilles de l’établissement landrecien. Ils sont là pour Thérèse-Marie Cardon, enseignante en arts plastiques dans l’établissement depuis 2002. Le 15 novembre dernier, elle est passée en conseil de discipline. Une procédure qui « se multiplie de plus en plus à l’encontre des professeurs » selon William Roger, secrétaire général CGT Éducation du Nord, venu de Lille soutenir Mme Cardon. Reste à connaître les motivations de ce passage disciplinaire pas anodin ? Difficile de savoir : les participants, tenus au secret, ne peuvent pas détailler. Ce que l’on sait, c’est que Thérèse-Marie Cardon serait menacée d’une mesure de déplacement d’office demandée par un des représentants de l’académie, soit une expulsion de Dupleix en pleine année scolaire pour un autre établissement, dans le pire des cas. Pas une petite punition. Pour l’heure, elle attend la réponse du recteur de l’académie qui aura à trancher après un ex-aequo dans les votes des participants au conseil de discipline. Il pourra préférer un blâme ou un avertissement à cette lourde sanction. Pour le convaincre les syndicats sollicitent une audience.
Conseil de discipline : pourquoi ?

La question demeure : qu’est-ce qui a justifié ce conseil de discipline ? L’élément déclencheur serait une ou plusieurs lettres de parents d’élèves mécontents, récemment envoyées au rectorat. Même s’ils déclarent ne pas comprendre la procédure, les grévistes l’interprètent comme un prétexte pour punir son engagement syndical. Ils en dévoilent un peu plus : « Notre colère et notre inquiétude sont motivées par le contenu du dossier : on y trouve aussi bien des documents administratifs classiques que des lettres de dénonciation, des rapports d’incident demandés par l’administration et retournés contre l’enseignant qui les a rédigés. » Ces profs qui s’inquiètent désormais de ce qu’ils pourraient trouver sur leurs dossiers parlent aussi de « pièces à charge décontextualisées » : « témoignages douteux d’élèves, lettres de parents concernant des élèves qui posent problème à de nombreux collègues par leur comportement, témoignages concernant des faits extérieurs à l’établissement reposant uniquement sur l’appréciation subjective d’une personne hostile, des documents datant d’il y a 25 ans et dont elle n’a eu connaissance qu’en juin dernier… » Un « acharnement disproportionné » concluent ses collègues qui ont lancé une pétition sur Internet et diffusé l’information auprès des parents d’élèves.

Du côté de l’établissement landrecien, on n’en saura pas plus, si ce n’est que l’administration réfute tout « acharnement arbitraire », « injustice flagrante » ou responsabilité mentionnés par les syndicats, préférant insister sur « des raisons qui remontent à 1982 Il n’y a pas de hasard ».

À cette heure, c’est une enseignante « épuisée et écoeurée, avec des coups de déprime », qui attend une réponse. Et promet : « Je ne me laisserai pas faire. »


PIERRE ROUANET

http://www.lavoixdunord.fr


Signez la pétition de soutien ici :

http://lapetition.be/en-ligne/zero-sanction-pour-thrse-marie-cardon-5700.html

Compte rendu de la réunion du comité citoyen ce mardi 8 décembre 20009 à Liévin

Mercredi 9 décembre 2009

Un état de la situation dans les établissements scolaires de la maternelle à l’Université a été présenté par les participants.

Suppression de postes, précarité des personnels, régression des horaires de certaines disciplines , absences non remplacées dans le secondaire, crainte quant à la future carte scolaire dans le premier degré , quasi absence de formations spécialisées pour les RASED, etc. sont les principaux sujets de mécontentement des étudiants et élèves, des parents, des enseignants, des élus syndicaux ou municipaux, etc.

Les mesures qui s’appliquent déjà ou que le ministère prépare s’inscrivent dans la logique européenne  de réduction des services publics et en particulier de création d’un marché de l’éducation ( mettant en concurrence le service public et gratuit avec des services privés à but lucratif ) .

Malgré le contexte difficile, les luttes commencent à s’organiser ( dans les lycées, dans les IUFM, …)

Un préavis de grève a été déposé pour le 15 décembre 2009.Ce jour sera notamment une journée d’action lycéenne et une journée nationale d’action dans les IUFM.

Le comité citoyen soutient ces actions. Il  appelle ses membres à  relayer les infos les concernant et à participer aux actions organisées.

Il mettra rapidement  en ligne un tract et appelle à le distribuer largement pour,  d’une part donner à cette journée le meilleur impact, d’autre part préparer aux actions qui vont se multiplier après la rentrée de janvier ( De nombreux mouvements sont à prévoir à l’initiative des collectifs , un appel intersyndical est en préparation pour une journée de grève en mi-janvier  et une manifestation nationale à Paris un dimanche de fin janvier ).

Le comité citoyen se réunira le mardi 12 janvier 2010 à l’hôtel de ville de Liévin .

Vous pouvez retrouver des informations le concernant sur le site RASED-en-LUTTE ou sur le site lievin.wiki-citoyen.fr ( sur ce deuxième site, vous pouvez aussi apporter toutes informations utiles dans la page consacrée au comité citoyen pour l’école publique Artois-Gohelle ).

le comité

Collectif Ginkgo : pour le maintien du site historique de formation des maîtres de Douai

Mercredi 9 décembre 2009

À
Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
Monsieur le Recteur de l’Académie de Lille
Monsieur le Président du Conseil Régional
Monsieur le Président du Conseil Général
Monsieur le Maire de Douai

Après le choc de l’annonce le 5 octobre 2009 de la fermeture définitive du site IUFM de Douai (sur un lieu dédié depuis 1877 à la formation des enseignants) par la présidence de l’université d’Artois, le Collectif Ginkgo s’est rapidement constitué du rassemblement des personnels (enseignants, administratifs et techniques), étudiants et professeurs stagiaires, quels que soient leurs statuts ou sensibilités politiques ou syndicales.

Depuis un mois et demi, le Collectif Ginkgo* se mobilise pour maintenir au service de la formation initiale et continue des enseignants l’exceptionnel site historique de formation de Douai, l’expertise de ses personnels et son remarquable réseau de formateurs associés.

Parce que le cas du site IUFM de Douai s’inscrit dans un cadre global de remise en cause du service public de l’Education et de la formation des enseignants, le collectif Ginkgo s’associe à la mobilisation dans l’IUFM Nord Pas de Calais, les Universités et l’Education Nationale pour dénoncer le contenu actuel des réformes sur la “masterisation” et la formation des enseignants et pour développer une formation initiale et continue de qualité pour nos enfants et leurs enseignants.

Depuis la manifestation réussie du 6 novembre dernier et l’annonce par la présidence de l’Artois et les élus locaux du maintien du site à la rentrée 2010, en réalité, il ne s’est rien passé pour concrétiser cette annonce.

OBJECTIFS du Collectif :

- participer aux réunions annoncées entre les parties prenantes du dossier douaisien, aux discussions sur les maquettes d’une véritable formation professionnalisante des enseignants
- obtenir des différents interlocuteurs (Etat, Collectivités territoriales, Recteur, Universités, IUFM) la mise en oeuvre annoncée par V. Pécresse d’un schéma directeur régional de la formation des maîtres.
- obtenir le respect de l’engagement des élus pour le déblocage des crédits et la poursuite des travaux de rénovation et de mise aux normes des bâtiments appartenant au Conseil Général du Nord (halte au gaspillage face à la crise et de hausse des impôts locaux ! )
- créer une véritable offre de logement social étudiant grâce à la réhabilitation de l’hébergement du site IUFM, fermé il y a deux ans.
- maintenir et développer sur le site l’indispensable formation continue des enseignants, voire l’élargir à d’autres publics
- sauver et valoriser le patrimoine exceptionnel hérité d’un siècle et demi de démocratisation scolaire républicaine, sur un lieu de mémoires, cher aux générations d’enseignants, d’anciens étudiants et de citoyens
- développer un projet novateur de musée régional de l’histoire de l’éducation, de l’initiation aux sciences et au développement durable, au service du public, des écoles et articulé étroitement avec la formation initiale et continue des enseignants.

Notre blog : http://siteiufmdedouai.canalblog.com/
Notre adresse : collectifginkgo@gmail.com

La pétition : http://www.jesigne.fr/sign/petition/collectifginkgo