Comité Citoyen Artois-Gohelle

 Exhibition 4 (Pastels) par hannah** (busy)
Exhibition 4 (Pastels) par hannah** (busy)

Ecole surchargée, enfant sacrifié

Les 39000 suppressions de postes prévues dans  l’éducation nationale en 2009 et 2010 ont commencé leur effet destructeur avec leur cortège de fermetures de classes dans le primaire et les suppressions de filières dans le secondaire ou le supérieur. C’est comme cela que l’on observe des classes de maternelle à 27 ou plus, des élémentaires à 29 et des classes de seconde à 35 !!!.

Est ce que dans ces conditions nos enfants bénéficient du meilleur de l’éducation nationale ?

Non, car pour assurer la meilleure réussite de tous les élèves, les recommandations sont de 24 par classe  (au maximum et non pas en moyenne)

Ces  sur-effectifs entraînent pour les enfants des conséquences graves sur leurs apprentissages.

Plus le nombre d’enfants est élevé, plus la mise en route sera longue. Par exemple en CP les enfants  sont loin d’être totalement autonomes pour les gestes du quotidien .Les enseignants sont obligés de proscrire les déplacements dans la classe et  limitent fortement les interventions orales. On sait qu’il est possible de faire lire les enfants de CP deux à trois minutes à voix haute par jour, ceci dans une classe de 24 élèves . Cela fait à peine  dix minutes par semaine , ce qui n’est plus le cas avec des effectifs à 29. Cette démonstration est valable pour tous les autres apprentissages (maths, leçons, poésie, exposé, etc…) et dans les autres niveaux.

Du fait du nombre important, l’enseignant consacre moins de temps à chaque élève.  Il est donc  contraint de multiplier le travail personnel à la maison sous la responsabilité des parents qui sont chargés de réexpliquer, de repérer les lacunes. Tous ne sont pas en mesure de le faire. Des études ont mis en évidence que le recours au travail à la maison accentuait les inégalités entre les enfants.

Pour conserver des effectifs  équilibrés (26 quand même) des écoles primaires font le choix  de créer des classes à double niveau .Une vaste étude (enfin !) , menée par deux chercheurs de l’Institut de recherche sur l’éducation (Iredu) de Dijon,  a montré qu’elles sont néfastes pour les enfants qui rencontrent des difficultés.
Cela correspond complètement à ce que peut ressentir l’enseignant qui ne peut pas être partout ni différencier de la même façon.

En effet, les temps de travail individuel où il pourrait se déplacer pour aider les élèves dans une classe simple doivent être consacrés à l’autre niveau. De plus, préparer une classe pour plusieurs niveaux différents implique forcément de passer moins de temps à préparer chaque niveau, ce qui porte préjudice aux élèves qui ont besoin de situations plus « fouillées » pour apprendre. Cette organisation demande aux élèves encore plus d’autonomie, encore plus de discipline et encore plus de travail à la maison, ce qui n’est pas possible pour tous.

On le constate donc encore une fois, l’économie de moyens que veut faire le gouvernement se paye directement par les enfants fragilisés ou qui rencontrent des difficultés.

L’école qui doit être un lieu d’égalité aujourd’hui renforce les inégalités.

L’école publique est en danger ! Tous les niveaux , ses valeurs et ses moyens sont concernés.

Le comité citoyen pour l’école publique Artois-Gohelle agit pour empêcher la régression et promouvoir le progrès du service public d’éducation, gratuit et laïc.

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