
Qui supprime prime ! par Frédéric de Villamil
Les enseignants RASED viennent en aide aux enfants en grande difficulté. Les enseignants RASED viennent en aide aux enfants en grande difficulté.
Depuis l’an dernier et l’annonce de Xavier Darcos, alors ministre … de l’Éducation nationale, de supprimer 1 500 postes de RASED au niveau national, l’inquiétude prévaut dans les rangs des enseignants du premier degré et des parents d’élèves de Villeneuve-d’Ascq. Les RASED, pour Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté, sont sur la sellette : deux postes ont été « sédentarisés » cette année dans la circonscription sud, un poste vacant a été supprimé. D’après nos informations, « aucun changement pour l’heure » n’a été constaté dans la circonscription nord.
Pour les collègues enseignants, le rôle de ces professeurs RASED est prépondérant. Ils interviennent dans la classe, font progresser les élèves par petit groupe pendant une heure ou plus. Quand l’enseignant titulaire ne peut, pendant ses cours, consacrer « qu’un quart d’heure » à ses enfants en grande difficulté. « Les autres ont aussi besoin d’attention » et, hélas, le don d’ubiquité ne s’enseigne pas encore dans les IUFM.
« C’est sûr que si notre poste RASED disparaît, cela ne va pas être simple. Son travail est indispensable », confie un directeur d’école villeneuvois qui ne souhaite pas en dire plus, « devoir de réserve » oblige.
Qui pour les remplacer ?
« Pour l’instant, l’enseignante est toujours là, tant mieux, on ne va pas s’en plaindre ! », lance un autre chef d’établissement villeneuvois. La nouvelle carte scolaire, qui sera tracée dans les prochains mois, devra définir le redéploiement, la suppression ou la sédentarisation des postes d’enseignants chargés du soutien des élèves en grande difficulté. « Cette année, Villeneuve-d’Ascq a été privilégiée,estime une enseignante. Le pire est à venir. La prochaine rentrée : c’est là où l’on devrait sentir les effets de cette réforme. » Pour cette institutrice pas de doute : « À terme, les RASED n’existeront plus ».
Qui pour les remplacer alors ? Qui pour suivre ou aider les enfants en grande difficulté ? Les professeurs des écoles. « Les collègues ne laisseront pas tomber les élèves en difficulté », insiste une enseignante RASED. D’ores et déjà, du soutien, dispensé par les professeurs des écoles, a été mis en place après les cours.
« Les élèves en difficulté décrochent »
Mais, pour les enfants, ces heures s’additionnent à leur journée de cours (quand les enseignantes RASED intervenaient pendant la classe). « Les élèves en grande difficulté sont plus fatigués, plus « fatigables », et ont un temps de concentration plus faible. On leur demande de travailler plus alors que déjà, en classe, ils décrochent. » Un enseignant nuance : « Après les cours, on peut travailler les apprentissages. En revanche, pour le comportement (la concentration, la relation avec les autres), c’est plus compliqué pour ces élèves qui ont déjà du mal à rester attentifs en classe. » Enfin, quels que soient leur qualité et leur professionnalisme, les enseignants « classiques » n’ont pas suivi la formation spécifique, dispensée pendant un an aux maîtres et maîtresses des RASED.
Source : Article écrit par : S. CH pour VDN

