Archive pour septembre 2009

SANCTION pour ERWAN REDON ! 10 pour, 8 contre, 2 abstentions : ERWAN est déplacé dʼoffice !

Vendredi 18 septembre 2009

Après une commission marathon digne de Kakfa (13h d’afillée !), le verdict est tombé à 4h du matʼ : la sanction a été votée (à bulletin secret) sur proposition de lʼIA, alors quʼErwan et ses défenseurs étaient sortis en disant que ça ne pouvait pas continuer vu quʼune partie de l’assistance dormait et que la défense nʼa pu faire son plaidoyer !

10 pour, 8 contre, 2 abstentions : ERWAN est déplacé dʼoffice !

Reste à lʼInspecteur dʼAcadémie à annoncer sa décision finale, puisque la commission nʼest que consultative. Erwan pourra donc se retrouver muté nʼimporte où dans le département.

Le comité de soutien dénonce les conditions dans lesquelles sʼest tenue la commission disciplinaire, convoquée à 15h alors quʼon nʼignorait pas que le dossier nécessiterait une dizaine dʼheures pour être traité sérieusement. Il déplore le peu de respect qui a été montré envers les témoins, les défenseurs et lʼaccusé.

Il regrette particulièrement que dans une commission où siègent 10 délégués du personnel élus, seulement 8 voix se sont élevées contre la sanction proposée par lʼIA.

Le comité remercie les défenseurs, qui se sont battus avec une ténacité et une énergie formidable, les témoins, tout aussi engagés malgré la pression dʼune commission marathon. Le travail, la tension, le temps consacré ont été énorme.

Le comité se retrouve plus que jamais aux côtés dʼErwan qui subira seul, “in fine”, ou plutôt avec sa famille entière, ce jugement.


TOUS AVEC ERWAN, PLUS QUE JAMAIS

RÉSISTONS !

Romeas Mylène

Source :”Mille Babords” Une Médiathèque Alternative à Marseille.
Une tribune pour les luttes. 61, rue consolat 13001 Marseille.
Tel :  04 91 50 76 04
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Destruction des « jungles » à Calais : Communiqué de presse SUD éducation Nord/Pas-de-Calais

Vendredi 18 septembre 2009

Lille, le 18 septembre 2009

L’évacuation et la destruction des « jungles », lieux d’habitation de centaines de réfugié-es, seraient imminentes. M. Besson, ministre de ‘immigration et de l’identité nationale, ose prétendre qu’il s’agit de lutter contre le système des passeurs qui exploitent les réfugié-es ; il oublie ainsi que la fermeture de Sangatte n’y avait rien changé, bien au contraire. D’Angres à Calais, on cherche tout bonnement à rendre la misère invisible.

SUD éducation 59/62 condamne cette décision dont la véritable conséquence sera d’empirer encore plus les conditions d’existence de centaines de personnes, dans le mépris des droits humains fondamentaux.

SUD éducation 59/62, qui s’est toujours prononcé en faveur de la libre circulation et installation des personnes, appelle à la solidarité avec les migrant-es et à la mobilisation face à ces choix politiques douteux et électoralistes.

SUD éducation Nord/Pas-de-Calais


84, rue de Cambrai 59000 LILLE
tél/Fax 03/20/55/99/29 Portable 06/73/35/87/67
email : sudeduc5962@wanadoo.fr
Site : sudeduc5962.lautre.net

LE LIBÉRALISME A L’ASSAUT DU SYSTÈME SCOLAIRE FRANÇAIS

Mercredi 16 septembre 2009

Les réformes imposées par le gouvernement au niveau du système scolaire français sont des réformes structurelles profondes de nature à changer totalement et de façon durable, l’esprit et la déontologie même de la mission du service d’éducation. Elles ont été longuement préparées. Les profonds bouleversements que nous connaissons actuellement dans l’organisation économique et sociale de notre pays et auxquels le système scolaire n’échappe pas, ne sont que l’accélération d’un processus engagé il y a plusieurs décennies déjà.

Les intentions du gouvernement ne sont pas de réformer le système scolaire pour le rendre plus efficient, mais de le déconstruire pour glisser progressivement vers un système d’éducation libéral et marchand puisque dans les sphères économiques les plus influentes, on travaille à la création d’une « économie de la connaissance ». Le gouvernement avance de façon masquée, c’est pourquoi beaucoup d’enseignants, de parents, certains syndicats même, n’osent croire que des objectifs aussi  ultimes soient visés.

Il faut placer cette évolution dans un contexte plus large d’application d’une politique que l’on peut qualifier d’ultra-libérale (au regard des courants de pensée sur le libéralisme élaborés au 18ème siècle) et qui cherche à s’imposer de façon globale à tous les pays de la planète. La Révision Générale des Politiques Publiques mise en œuvre en France, s’inscrit très exactement dans cette idéologie.

La globalisation mondiale est très largement inspirée par les économistes de l’université de Chicago dont les chefs de file étaient Friedrich  Hayek et surtout Milton Friedmann. Les Chicago Boys, comme on appelait les économistes formés à cette université, sont devenus les conseillers de très nombreux chefs d’états. Ils ont fait main basse sur des organismes comme le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC, l’OCDE. Les procédés qu’ils appliquent sont invariablement les mêmes : dérèglementation, privatisation, remise en cause des droits sociaux, réduction du pouvoir de l’état et suppression des services publics. Ronald Reagan disait à ce propos : « L’état n’est pas la solution, l’état est le problème… »

Les magnats de la finance, les ténors du capitalisme, voyant dans ces théories, les fabuleux profits qu’ils pourraient en tirer, ont financé, dès les années 60 aux Etats-Unis, de puissants « think tank ». Ce sont des laboratoires d’idées et d’expertises, dotés d’une organisation et d’un budget, dont l’objectif est d’influer sur la politique. Leur mission était de réfléchir aux modalités de mise en œuvre de ces principes néo-libéraux.

Dans bon nombre de pays, ils ont fait appliquer une thérapie de choc en mettant à profit les graves crises que traversaient ces pays ou en créant des crises (financières ou monétaires par la spéculation) pour que ces pays n’aient d’autres choix que de recourir à l’aide du FMI et de la Banque Mondiale et d’accepter les réformes structurelles imposées par ces institutions : Chili (Friedmann a été le conseiller économique de Pinochet), Argentine, Brésil, Afrique du Sud, Pologne, Russie, Philippines, Irak, etc… On connaît, dans ces pays, le coût en vies humaines, pour imposer aux populations les réformes économiques qu’elles ne souhaitaient pas.

Dans les pays les plus riches, les mêmes stratégies ne peuvent être appliquées. On réforme alors petites touches par petites touches, en étalant sur le long terme des réformes structurelles qui présenteraient pour les gouvernements des risques politiques trop importants.

La libéralisation en France, un long processus

En France, nous assistons à l’accélération d’un processus qui a démarré, à mon sens, déjà il y a une trentaine d’années, sans que les citoyens s’en rendent compte. En voici quelques étapes :

- 1973 : Réforme des statuts de la Banque de France, dans la plus grande discrétion. Cet organisme cesse d’être un service public. L’état abandonne la maîtrise de la monnaie. Il transfère au système bancaire privé son droit régalien de création monétaire. La Banque Centrale garde uniquement le droit d’émettre la monnaie fiduciaire – pièces et billets – ce qui ne représente que 7% de la masse monétaire). Les banques, quant à elles, créent environ 10% de masse monétaire nouvelle par an, totalement virtuelle, par le simple jeu des crédits et perçoivent des intérêts pour ce service rendu.

- 1976 : L’état paye les intérêts de la dette au-delà du taux d’inflation.

- 1992 : Traité de Maastricht. La Banque Centrale Européenne a interdiction d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux Trésors publics des états membres. Autrement dit, les états sont obligés d’emprunter de l’argent à des organismes bancaires privés pour financer leurs investissements publics et de leur payer des intérêts. Cela a des conséquences énormes sur les politiques publiques, y compris celles de gouvernements souhaitant mettre en œuvre des politiques plus sociales.

La dette publique va, dès lors, non seulement permettre à des intérêts privés de capter l’argent public, mais aussi devenir un levier énorme pour démanteler progressivement les services de l’état  et remettre en question les acquis sociaux. D’après les calculs de André Jacques Holbecq et Philippe Derudder (La dette publique, une affaire rentable Editions Yves Michel) la dette publique de la France calculée en euros constants, s’élevait à 229,15 milliards d’euros au 1er janvier 1980. Elle est de 1328 milliards fin 2008. Sans les intérêts que l’état paye à des organismes bancaires privés, cette dette ne serait que de 0,45 milliards d’euros. Autrement dit, cette dette gigantesque est exclusivement générée par les intérêts.

- 1994 : Révision du code pénal. Une administration peut dès lors être poursuivie pénalement. La responsabilité individuelle est très largement renforcée. Les individus deviennent responsables des dysfonctionnements et non pas le système. On sait les conséquences que cela a pu avoir sur le fonctionnement des écoles (responsabilité des enseignants, dérive sécuritaire, etc…) Un nouveau levier est mis en œuvre, celui de la peur et il permet de procéder à une répression légale.

- 1995 : Création de l’OMC dont la France est un membre fondateur et qui succède au GATT (accord général sur les tarifs et le commerce). La même année, négociation secrète entre les 27 pays membres de l’OCDE de l’Accord Multilatéral sur l’Investissement (AMI). Cet accord devait permettre aux sociétés multinationales d’assigner en justice les gouvernements dès lors qu’elles estimaient  que les réglementations de cet état créaient des différences de traitement entre les investisseurs nationaux et étrangers, ou encore s’ils créaient des conditions de concurrence déloyale. Cet accord devait aussi permettre de rendre les états responsables de toute entrave aux activités de ces entreprises (manifestations, grèves…) et de les obliger alors à les indemniser. Toute aide à un secteur, à une région ou un pays devait devenir illégale. Un certain nombre d’ONG ont toutefois pu se procurer le projet d’accord et l’ont dénoncé à l’opinion publique. Devant les nombreuses oppositions (notamment en France) le projet a finalement été abandonné. Mais les chantres du libéralisme oeuvrent pour faire resurgir ces dispositions sous une autre forme. Pourtant, toujours en 1995, un autre accord a été signé, l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services). Ces accords prévoient une libéralisation progressive avec ouverture totale à la concurrence privée et étrangère, de tous les services, sauf ceux directement liés à la gouvernance (police, armée, justice, impôts…). Au total, 160 secteurs d’activité sont concernés, dont certains représentent de fabuleux marchés mondiaux qui excitent depuis longtemps la convoitise du secteur privé (1500 milliards d’euros par an pour l’éducation, 2600 milliards d’euros pour la santé). C’est dans ce contexte qu’il faut replacer les réformes engagées par le gouvernement Sarkozy. Ce ne sont nullement des réformes improvisées, mais le simple respect des engagements pris au niveau mondial.

Les think tank de l’éducation

Dans le champ de l’éducation en France, on a vu naître, dès les années 70, un certain nombre d’associations, très liées aux sphères de l’école privée, et très influentes dans les partis politiques de droite. Leur objectif était de faire du lobbying et de réfléchir aux modalités de transformation de l’école publique : Le club de l’horloge, le Cercle Jean XXIII, l’association parlementaire pour la liberté de l’enseignement conduite par Jacques Barrot, Enseignement et Liberté, le club « Perspectives et réalités », le Conseil pour l’avenir de la France, le Club 89… Je citerai tout particulièrement la création en 1992, dans les locaux de l’Ecole Supérieure de Commerce (Sup de Co), de l’association « Créateurs d’écoles », entendez par là, créateurs d’écoles privées.

Je vous lis un extrait du bulletin n° 1 de cette association :

« Notre mission est l’identification des verrous et les moyens de les faire sauter. (…) Ce sera sans doute la partie la plus délicate de notre travail, car il ne faudra pas tomber dans le piège de la réforme globale, mais identifier avec précision les actions nécessaires, tout en les rendant possible… »

Parmi les membres fondateurs de cette association : Maurice Quénet, Dominique Antoine, Guy Bourgeois (président de l’association) …et Xavier Darcos ! Soit, dans l’ordre, le Recteur de l’Académie de Paris (jusqu’en décembre 2008), le Conseiller Education du Président de la République jusqu’en mai 2009, l’ancien directeur du cabinet du Ministère de l’Education Nationale sous François Bayrou, et le récent Ministre de l’Education Nationale.

La Commission Européenne finance également un think tank chargé de la conseiller en matière d’éducation, le très influent « European Expert Network on Economics of Education ». (Réseau européen d’experts en économie de l’éducation). Ce groupe d’experts préconise « des politiques introduisant la compétition, le libre choix et les forces du marché dans le système scolaire ».

L’Organisation de Coopération et de Développement Economique a également produit des études pour conseiller les gouvernements sur les mesures d’ajustement à mettre en œuvre dans le cadre d’une politique de libéralisation des services, de réduction des dépenses publiques, afin d’atténuer les risques politiques liés à des mesures impopulaires.

A ce titre, je citerai le Cahier de Politique Economique n°13 publié par l’OCDE en 1996, intitulé « La Faisabilité politique de l’ajustement », rédigé par Christian Morrisson, successivement Professeur de Sciences Economiques à l’Université Paris I, Directeur du laboratoire d’Economie Politique de l’Ecole Normale Supérieure, Chef de division à l’OCDE, Consultant auprès de la Banque Mondiale.

L’auteur prend la précaution de préciser que l’intérêt politique de ces mesures ne signifie pas qu’elles soient justes et que, pour cela, il a écrit par ailleurs, un Cahier de Politique économique intitulé « Ajustement et Equité ». Les recommandations qu’il formule dans ce cahier relèvent d’un pragmatisme proprement machiavélique. On peut y lire notamment, concernant l’éducation, les propositions suivantes : « Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. » ou encore : « Toute politique qui affaiblirait les corporatismes serait souhaitable… Cette politique peut prendre plusieurs formes : garantie d’un service minimum, formation d’un personnel qualifié complémentaire, privatisation ou division en plusieurs entreprises concurrentes lorsque cela est possible. » Nous pouvons traduire cela de la façon suivante : SMA, jardins d’éveil, agence nationale de remplacement… Nous observons en tous cas que le gouvernement actuel suit à la lettre l’ensemble de ces recommandations.

LES STRATÉGIES DE CETTE POLITIQUE LIBÉRALE

Les stratégies mises en œuvre pour aboutir à cette libéralisation ont toutes été théorisées dans les « think tank ». En voici les principaux aspects :

1) Les stratégies de communication :

- Depuis 1996, les gouvernements Juppé, Raffarin, de Villepin, Fillon ont systématiquement jeté le discrédit sur les services publics, préparant progressivement l’opinion publique à des réformes structurelles. La dernière en date est l’Enquête du Ministère de l’EN rendue publique le 29 juin 2009 (juste avant les vacances : est-ce un hasard ?) concernant l’absentéisme des enseignants : « 45 % des enseignants ont posé au moins un congé maladie en 2008 - une proportion deux fois plus importante que chez les salariés du privé (22%).  283.000 enseignants du primaire ont cumulé quelque 3 millions de jours d’absence en 2007-2008. »

Que prépare cette enquête ? Est-elle à mettre en rapport avec la création d’une agence nationale de remplacement ? Avec une réforme du statut des enseignants ? Par ailleurs, quel crédit peut-on accorder à la véracité de cette enquête ?

Le gouvernement actuel n’hésite pas à avoir recours à la désinformation et aux contre-vérités. J’ai par exemple fait une étude approfondie des résultats des évaluations internationales PISA et PIRLS à propos desquelles Xavier Darcos avait annoncé, pour justifier ses réformes : « Les deux enquêtes internationales PISA et PIRLS, ont livré un constat alarmant sur l’état de notre système scolaire… « Aujourd’hui, lorsqu’on regarde les comparaisons internationales, alors que la France dépense beaucoup plus que ses partenaires, elle est classée dans les tout derniers de tous les classements internationaux. »  Aujourd’hui, sur 40 pays, nous sommes dans les six derniers.

Ces propos ont été relayés également par le Président de la République. Ce sont de totales contre-vérités car le recul est très relatif et quand on analyse ces évaluations de près, on constate qu’il y a des raisons objectives qui justifient cette légère baisse de performances. Les évaluateurs estiment que la France fait partie des pays pour lesquels l’évolution n’est pas significative.

Pour l’enquête PISA, par exemple, au classement 2006, sans tenir compte de la marge d’erreur, la France se situe :

- 19ème /58 en sciences – (10e en 2003, mais sur 42 pays uniquement),
- 17ème /58 Mathématiques(13e /42 en 2003)
- 17ème /58 Compréhension de l’écrit  (14e /42 en 2003).

Pour ces deux enquêtes, énormément de pays sont dans un mouchoir de poche. Dans ce cas, se référer à un classement pour juger de l’efficacité d’un système scolaire, relève de la démagogie. C’est comme si, lors d’un sprint cycliste, on prétendait  que le 10ème qui est arrivé à 8/10e de seconde du vainqueur, est un tocard.

Les évaluations CE1 et CM2 participent à mon sens de la même stratégie de communication, pour justifier la nécessité de réformer. Elles ont été unanimement jugées difficiles. Beaucoup d’observateurs ont été stupéfiés par la complexité du texte soumis à la lecture des enfants de CE1 et pour lesquelles toutes les questions posées ne trouvaient pas de réponses explicites dans le texte.

2) La dégradation du service rendu :

Il y a une grande cohérence entre toutes ces mesures. Pour obtenir facilement le consentement de l’opinion pour la privatisation des services publics, la stratégie la plus souvent utilisée consiste à organiser préalablement la dégradation de la qualité du service, afin qu’ils perdent de l’attractivité au regard du privé et que leur inefficience puisse servir de prétexte à leur privatisation. Cette stratégie est actuellement  massivement appliquée dans le secteur de l’éducation (et de la santé aussi d’ailleurs). Voyons de quelle manière.

La mesure la plus efficace pour déconstruire, est la suppression massive de postes d’enseignants. Il est difficile d’en comptabiliser le nombre exact car la gestion des personnels est très opaque à l’Education Nationale. On dépasse les 50 000 suppressions au cours de ces 5 dernières années.
Avant de changer de ministère, Xavier Darcos a annoncé 16 000 nouvelles suppressions pour 2010.

- En collèges et lycées, les dotations en heure sont très souvent attribuées en deçà des besoins. Par conséquent, on concentre plus d’élèves dans moins de classes, on y a recours de façon massive aux heures supplémentaires, on recrute à tour de bras du personnel vacataire, sous-payé et au statut précaire, et malgré cela, il faut maintenant réduire l’offre dans certaines matières, comme par exemple l’enseignement des langues. La réforme du lycée engagée par Xavier Darcos devait permettre également de réorganiser la scolarité des lycéens, avec notamment moins d’heures de cours, pour supprimer des postes. L’économie escomptée a été évaluée à 16 ou 17 000 postes.

Le recul sur cette réforme s’explique par le fait que risque politique apparaissait trop important pour le gouvernement. Une forte coalition, de la maternelle à l’université, aurait eu trop de poids. Par ailleurs, les politiques se méfient des grèves d’enseignants dans les lycées, car elles libèrent une population lycéenne prompte à se joindre aux manifestations.

- Dans l’enseignement primaire, l’application « Base élèves » a également été conçue pour pouvoir gérer les effectifs au plus près et donc supprimer des postes d’enseignants. On joue ensuite sur les seuils d’ouverture et de fermeture, mais les économies d’échelle ne peuvent pas encore y être appliquées de la même façon en raison d’une plus grande dispersion géographique, notamment en milieu rural. C’est là que la mise en place des EPEP suscite des inquiétudes. Cette structure permettrait de faire sauter ce verrou. Dans le premier degré, pour l’instant, on a surtout rogné à la périphérie :

- les enseignants malades sont de moins en moins remplacés.

- Les RASED sont amputés. D’abord l’annonce de 3000 suppressions, ramenées ensuite à 1500, devant la mobilisation. Mais, s’agit-il là d’un tour de passe-passe ? Dans notre département, 19 postes en Rased sont gelés et non pourvus. Cela permet de dire que les postes ne sont pas supprimés.

-On programme la disparition des sections de tout-petits dans les écoles maternelles. Xavier Darcos a démenti que les petites et moyennes sections pourraient emboîter le pas. Mais je signale que le rapport du député Yves Censi déposé en octobre 2008 dans le cadre de la loi des finances, établi des comparaisons entre plusieurs pays d’Europe et suggère que l’on pourrait réduire les dépenses en France en raccourcissant la durée de la scolarité de 2 ans. Cette remarque laisse penser que le déshabillage de la maternelle n’est sans doute pas terminé d’autant qu’elle serait mise en concurrence avec les jardins d’éveil.

- on supprime les postes dans les services éducatifs des musées, ou encore dans les associations complémentaires de l’éducation nationale, telles que l’USEP, l’OCCE, les CEMEA, la JPA, les PEP, etc… Ces associations ont la réputation d’être hostiles aux idéologies de droite. Darcos avait d’ailleurs annoncé qu’il n’allait pas continuer à financer ceux qui venaient crier sous ses fenêtres.

3) La modification des structures de l’organisation des établissements et les statuts des personnels :

- Dans l’enseignement supérieur, la machine est en route. La loi sur les Libertés et responsabilités des universités, prévoit l’Autonomie financière des universités, l’autonomie au niveau de la gestion des ressources humaines (le Président a un droit de veto sur les affectations et les recrutements des personnels, distribue des primes au personnel), la possibilité pour les Universités de devenir propriétaire des biens immobiliers. En appliquant aux universités, la structure d’une entreprise, le modèle managérial va s’imposer à ses acteurs et l’on glissera progressivement vers le modèle libéral.

- Le projet de réforme des lycées comportait un volant de même nature. Bon nombre d’observateurs y voyaient également la mise en route d’un lycée à l’anglo-saxonne, avec un renforcement du pouvoir du chef d’établissement, un accroissement de l’autonomie de l’établissement (avec des concepts du style pilotage des résultats, nouvelles formes d’évaluation…).

Beaucoup y ont vu également, un profond changement de la condition enseignante préfigurant un changement de statut, avec la modularisation des enseignements sur le modèle des cursus à la carte des universités. La mise en place d’un soutien scolaire (heures hebdomadaires et stages en été) confié à des assistants d’éducation pouvant être recrutés par des étudiants en master se destinant à l’enseignement fait intervenir dans les établissements des personnels aux statuts différents et concurrentiels. La réforme des lycées devrait être remise en route par Luc Châtel.

- Dans le 1er degré, la création des EPEP, Etablissements Publics d’Enseignement Primaire, laisse craindre aussi que cela soit la clé de voûte pour de profonds changements. Il ne s’agit pas uniquement de regrouper pour réduire les moyens. Le projet de loi actuel augmente énormément le pouvoir du directeur d’EPEP qui ne sera pas forcément un enseignant. Les enseignants sont très minoritaires au conseil d’administration. Les prises de décision concernant le financement des EPEP deviennent extérieures aux communes en milieu rural. Que deviendront les petites écoles à plus long terme ? Quels en seront les effets sur la vie des villages ? Le projet d’établissement est préparé par le Conseil pédagogique qui regroupe le directeur de l’EPEP et des enseignants élus au CA et non plus la totalité de l’équipe pédagogique. La liberté pédagogique des enseignants est donc réduite. Mais les EPEP permettront surtout de faire sauter un certain nombre de verrous pour évoluer vers d’autres formes d’organisation du système scolaire. On peut y voir poindre, comme pour la réforme des universités :

- l’autonomie des établissements, sur le plan financier, au niveau du recrutement, au niveau de la gestion des apprentissages,

- la mise en concurrence des établissements,

- le chèque éducation et… la privatisation progressive…

Il faut mettre en relation ces modifications de structures avec :

•    la suppression annoncée de la carte scolaire, laissant aux familles le libre-choix de leur établissement – en réalité, une sélection s’opérera à l’entrée des bons établissements avec une ghettoïsation des établissements les moins côtés.

•    le culte de l’évaluation et de la performance (mise en concurrence des établissements, mais aussi des enseignants entre eux au sein d’un même établissement). Je rappelle que Xavier Darcos avait même annoncé qu’il était favorable à ce que les enseignants soient payés en fonction des résultats de leurs élèves. On est alors dans un contexte où l’on calque le fonctionnement d’une école sur celui d’une entreprise, comme si une école était une chaîne de production, avec tous les effets pervers que cela engendrerait, notamment pour les élèves les plus fragiles.

Je pense que la modification du statut des enseignants est également en route. Le rapport sur la redéfinition du métier d’enseignant appelé Livre vert, remis au Ministre le 4 février 2008 par Marcel Pochard, Conseiller d’Etat, donne toute une palette de pistes sur la nature du contrat de travail des enseignants, allant du maintien du statut actuel à une précarisation très forte. Dans le contexte actuel, on peut penser que ce sont les options les plus libérales qui sont visées à moyen ou long terme. J’en veux pour preuve la multiplication des postes à profil qui échappent à toute règle en ce qui concerne le recrutement.

La mastérisation de la formation enseignante a été adoptée cet été. Les catégories sociales pouvant avoir accès au métier d’enseignant changeront car il faut pouvoir payer des études universitaires longues. Le concours aura donc lieu au cours du premier semestre de la 2ème année de master. Les recalés du concours (80 % des candidats) pourront toutefois obtenir leur diplôme. On verra donc grandir considérablement une cohorte de diplômés prêts à occuper des postes d’enseignants contractuels recrutés directement par les proviseurs, principaux ou directeurs d’EPEP, en CDD, de façon précaire et sous-payés.

Il est  prévu que l’Agence Nationale du Remplacement, agence d’intérim faisant appel à des vacataires, recrute dans ce vivier. Dans ces conditions de précarisation accrue des personnels, il sera facile, à plus long terme, de faire apparaître le maintien de fonctionnaires dans l’Education Nationale comme une anomalie.

4) Organiser le mécontentement des usagers

L’habillage de ces mesures fait habituellement porter la responsabilité des dysfonctionnements de l’institution par les agents de terrain, mettant les politiques hors de cause.

- Les rythmes scolaires dans le primaire sont unanimement décriés. Il faut concentrer plus d’apprentissages dans temps raccourci, puisque les nouveaux programmes sont plus lourds et que le samedi matin a été supprimé. Ça se traduit par une pression continuelle sur les élèves, notamment sur les plus lents, les plus fragiles. C’est du stress totalement contre productif. Les enfants quittent leur journée de classe épuisés (les enseignants aussi d’ailleurs). Et pour ceux qui sont concernés par l’aide personnalisée, on rajoute une louche au pire moment de la journée.

- Les programmes scolaires préconisent les vieilles méthodes de transmission des savoirs de l’école d’antan, faisant fi et jetant le discrédit sur toutes les recherches dans le domaine des sciences de l’éducation. Ils ont été considérablement alourdis. La tendance est à l’intensif au détriment de projets qui donnent du sens aux apprentissages. Ils instaurent l’apprentissage de la lecture dès la grande section de maternelle, à un âge où nombre d’enfants n’ont pas la maturité nécessaire. Ils mettent l’accent sur les « automatismes » plutôt que la recherche de sens. La démarche pédagogique recommandée est celle de la répétition, de l’exercice redoublé. Il y a de moins en moins de plaisir à apprendre dans ce contexte.

- L’aide spécialisée du RASED est progressivement supprimée. On la remplace par de l’aide personnalisée, du soutien ou des stages de remise à niveau s’adressant à des enfants qui saturent par ailleurs. Ce sont des placebos qui doivent donner l’impression de ne pas abandonner les populations les plus défavorisées.

- L’accueil des enfants en situation de handicap a été rendu obligatoire. D’apparence généreuse, cette mesure est toutefois en trompe l’œil, car faute de moyens humains pour accompagner ces enfants, les conditions de scolarisation deviennent souvent difficiles pour les handicapés, pour les autres élèves, pour les enseignants, notamment lorsqu’il s’agit d’un handicap mental.

- La publication des résultats des évaluations nationales pousse progressivement les enseignants vers des pratiques qui relèvent du bachotage et pousse au clientélisme.

- La disparition des IUFM et la masterisation de la formation des enseignants conduit à une formation professionnelle réduite. Elle est limitée à un stage qui s’effectuera durant le deuxième semestre de la 2ème année de master et sans autre soutien qu’un vague « compagnonnage ». On image le désarroi de ces enseignants qui vont de plein pied se retrouver devant une classe.

5) Mettre en place des mesures en faveur des établissements privés

Parallèlement à la déconstruction de l’école publique, le gouvernement a mis en œuvre un certain nombre de mesures favorisant les écoles privées.

- A partir de mars 2008, dans la plus grande indifférence, ont été multipliés les contrats d’association avec les écoles privées qui leur permettent d’être prises en charge financièrement de façon quasi intégrale par les collectivités territoriales.

- En 2008 et 2009, les suppressions de postes d’enseignants payés par l’état ne s’appliquent pas dans les mêmes proportions au privé qu’au public.

- Création début 2008 d’un fonds d’intervention pour aider les écoles privées à se développer dans les banlieues. Dans le cadre du plan de Fadela Amara « Espoir Banlieues », plus de 50 classes privées ont été créées dans les banlieues en septembre 2008, sous prétexte de venir en aide aux élèves qui sont sur le point de sortir du système scolaire sans diplômes. L’état prend en charge les frais d’aménagement des locaux et une grande part du fonctionnement : le « forfait internat » dans le cas où les élèves sont hébergés en pensionnat et la rémunération des enseignants.
L’espoir en banlieue sera donc porté par les écoles privées, essentiellement catholiques.

- Le 18 décembre 2008, Nicolas Sarkozy a signé des accords avec le Vatican sur la reconnaissance des diplômes de l’enseignement supérieur catholique notamment concernant la formation des enseignants.

- Un autre accord a été signé en juin 2009. Les Instituts catholiques peuvent délivrer désormais des masters de formation d’enseignants.

- Le Rectorat de Grenoble a décidé que pour la première fois, un grand nombre d’établissements privés étaient centres d’examens pour la session du baccalauréat 2009

- Le projet de loi Carle (Jean-Claude Carle – Sénateur de Haute Savoie)  a été adopté par le sénat et en commission par l’Assemblée Nationale. Il devait être soumis au vote du Parlement au mois de juin, mais ce vote a été ajourné. Ce nouveau texte doit abroger l’article 89 de la loi du 13 août 2004 dont la circulaire d’application du 6 août 2007 est actuellement déférée devant le Conseil d’Etat par plusieurs organismes dont l’Association des Maires Ruraux de France.

La loi du 13 août 2004 reconnaît déjà, de fait, une mission de service public aux écoles privées qui sont pourtant des entreprises n’ayant aucune des obligations des écoles publiques (laïcité, obligation d’accueil de tous les élèves, continuité de service et gratuité pour les familles). Mais au-delà de cette préoccupation, le projet de Loi Carle, comme l’article 89 de la loi de 2004, crée de nouvelles obligations pour les communes, les obligeant à financer la scolarité de leurs enfants inscrits dans des écoles privées hors de la commune de résidence, et ce, sans accord préalable. Cette obligation est certes limitée aux conditions suivantes :

- obligations professionnelles des parents, lorsqu’ils résident dans une commune qui n’assure pas directement ou indirectement la restauration et la garde des enfants ;

- inscription d’un frère ou d’une sœur dans un établissement scolaire de la même commune ;

- raisons médicales.

Or, peu de communes rurales sont en mesure de financer un service de restauration et de garde d’enfants. Ce nouveau droit des usagers peut être lourd de conséquences pour les communes rurales. Au-delà des charges nouvelles que cela occasionnerait, nous craignons un exode scolaire qui conduirait à des fermetures des classes dans l’école publique du village, voire sa disparition totale. Par ailleurs, même lorsque la contribution n’est pas obligatoire, la commune de résidence peut participer aux frais de fonctionnement de ’établissement d’accueil dans la limite du montant consacré à la scolarisation de l’enfant à l’école publique.

6) Le fichage, la veille de l’opinion et la répression

Un autre phénomène inquiétant est l’atteinte sévère aux libertés individuelles.

- Il y a bien sûr le fichage dans Base-Elèves, qui fait l’objet de vives réserves, de la part de la Ligue des droits de l’homme et du Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies, notamment. Des données très sensibles (nationalité, parcours scolaire, religion…) figuraient dans la version initiale de base-élèves. Une forte mobilisation a fait retirer un certain nombre de champs controversés de cette application. Après avoir entendu les représentants de la France le 12 juin, le Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unis a fait part, dans son rapport, de ses préoccupations quant à l’usage de ce fichier à des « fins telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière et liées à l’insuffisance de dispositions légales propres à prévenir son interconnexion avec les bases de données d’autres administrations».

- La délégation à la communication du Ministère de l’Education Nationale a lancé un appel d’offres dont l’annonce a été publiée le 6 novembre 2008 au bulletin officiel des annonces des marchés publics. Cet appel s’adresse à des sociétés privées et concerne deux lots :

- l’un pour le compte du Ministère de l’éducation nationale d’un montant de 100 000 € HT,

- l’autre pour le compte du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’un montant de 120 000 € HT.

Il s’agit de mettre en place un dispositif de veille de l’opinion dans le domaine de l’éducation.

Voici quelques objectifs tels qu’ils sont mentionnés dans l’appel d’offre :

Ce dispositif vise, en particulier sur Internet, à :

- Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau,

- identifier les réseaux d’influence,

- Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion

- Alerter(le ministère) et préconiser en conséquence…

Sources surveillées

La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux…. Les vidéos, pétitions en ligne, appels à démission, doivent être suivis avec une attention particulière et signalées en temps réel.

Les sources d’informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillées et traitées.

La chasse aux sorcières est donc ouverte.

Parallèlement à ce flicage, on assiste à une répression de plus en plus dure qui frappe les désobéisseurs de l’Education Nationale, mais également d’autres agents de l’état notamment par rapport au devoir de réserve.
Voici quelques exemples :

- Jean-Yves Le Gall
: L’IA de l’Isère lui a signifié le retrait de sa fonction de directeur et le contraint de quitter son école pour avoir refusé de renseigner « Base élèves ».

- Erwan Redon et Christine Jousset (Marseille) – refus de mettre en œuvre les nouveaux programmes et les deux heures d’aide personnalisées – retrait 32 jours de salaires sur 3 mois pour service non fait. Sanction annulée provisoirement par le tribunal administratif.

- Alain Refalo : 19 jours de retrait de salaire et refus d’une promotion à l’échelon supérieur ( - 7000 euros pour les 4 ans à venir) – Motifs : manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective, attaque publique contre un fonctionnaire de l’Éducation nationale. »

- Diane Combes et Bastien Cazals : retrait de salaires et interdiction de s’exprimer dans les médias.

Le Tribunal Administratif TA de Montpellier a jugé que les 24 jours de retenue de salaire concernant Bastien Cazals étaient « illégaux » au motif qu’on ne pouvait considérer que le professeur des écoles ait manqué à ses obligations.

- Des plaintes ont été déposées à l’encontre d’Isabelle Bérard et Christian Bernardini pour occupation illégale de l’Inspection Départementale alors qu’ils attendaient l’IEN pour lui remettre une lettre.

Le 9 juillet 2009, le ministre Luc Chatel a eu des déclarations inflexibles à l’encontre des désobéisseurs.

Des sanctions sont également en cours contre le gendarme Jean-Hughes Matelli et le commandant de police Philippe Pichon pour s’être exprimé dans les médias sur la politique sécuritaire mise en œuvre.

CONCLUSION

Ce tableau n’apparaît pas très reluisant. Le libéralisme nous plonge dans un monde extrêmement inégalitaire. Les perspectives de marchandisation du service d’éducation placent l’école plus que jamais dans cette grande problématique du 21ème siècle qu’est l’équité. Il est évident qu’un système scolaire payant verrouillera à tout jamais les classes sociales. Warren Buffet, un des magnats de la finance à New York, affirmait à ce propos, il y a quelque temps : « La lutte des classes a bien lieu, mais c’est la mienne qui est en train de la remporter. »
L’enjeu pour nous est de savoir comment exercer un contre pouvoir et comment inverser cette tendance.

Jean-Paul WALTER
août 2009

Quelques sources :
Le grand bond en arrière                          Serge Halimi Fayard
La stratégie du choc                                 Naomi Klein  Léméac/Actes sud
La dette publique, une affaire rentable     André-Jacques Holbecq Philippe Derudder  Ed Yves Michel
Main basse sur l’école publique                Eddy Khaldi    Muriel Fitoussi    Demopolis
Les politiques scolaires mises en examen Claude Lelièvre    ESF Editeur
Centre de développement de l’OCDE – Cahier de politique économique n° 13  La Faisabilité politique de l’ajustement par Christian Morrisson

Source : http://le-hussard.over-blog.com/

Compte Rendu de la réunion du « Comité citoyen pour l’école publique Artois-Gohelle » - Liévin le 11.09.09

Mercredi 16 septembre 2009

Cette première réunion a mobilisé une petite vingtaine de personnes. Elle a permis de refaire le bilan de l’an dernier, de repréciser le cadre de l’engagement du comité et de prévoir les premières actions de l’année.

Retour sur le bilan :

Il est apprécié  positivement  pour 3 points principaux :

- Le comité a rassemblé dans la réflexion des parents d’élèves, des professionnels de l’enfance, des élus, des citoyens intéressés par l’école. Il les a rassemblés également dans l’action. Il a associé des personnes déjà engagées ou non dans des mouvements en faveur de l’école publique , des élèves et des personnels.

- Il a permis une information importante sur les questions d’éducation et de société, donc d’enseignement et d’école publique. Cette information s’est faite en interne aux membres du comité mais surtout vers les responsables locaux et le grand public. Son action a contribué à limiter les intentions gouvernementales et de ses représentants locaux (IA, IEN ) quand elles étaient jugées négatives pour l’école publique par le comité.

- Le comité  aurait souhaité pouvoir davantage limiter les dommages causés ( fermetures de postes ordinaires en primaire et dans le secondaire, fermeture ou transformation de postes en RASED, scolarisation réduite des enfants de 2 ans, transformation contestable de la formation des professeurs, quasi disparition de la formation spécialisée et de la formation continue, etc.)

Le cadre d’engagement du comité :

Le comité  maintient son objectif de faire agir ensemble toutes les personnes intéressées par le devenir de l’école publique. Il inscrit son engagement dans une conception de l’école publique  où les efforts sont faits pour l’épanouissement de tous , dans un esprit d’entraide et non de concurrence entre celles et ceux qui la fréquentent et y interviennent, dans une conception de la responsabilité qui n’est pas  culpabilisante.
Le comité  soutiendra les mouvements de société qui iront dans le même sens que celui qui guide son action.

Les actions décidées :

- Préparation d’un document rappelant et actualisant ce qu’est le collectif , ce que sont ses engagements et ses objectifs. Ce document sera transmis le plus largement possible ( médias, autorités, élus, etc.). Toute personne qui veut contribuer à son élaboration doit faire parvenir sa proposition à Cécile Bigorne pour le 25.09.09 .   Le texte final sera réalisé par un groupe restreint ( les volontaires pour y participer peuvent se faire connaître auprès de Cécile également ).

- Préparation d’un tract reprenant les principaux points sur lesquels le comité entend s’engager cette année ( ce qui ne va pas, ce que le comité propose ). Au regard de certains d’entre eux, les situations locales précises et vérifiées ( d’une école ou d’un groupe scolaire, d’une circonscription, etc) pourront être dénoncées pour être portées à la connaissance des conseils d’école ou d’établissement et du public.

NB : Les contributions sont à transmettre également pour mise en commun à Cécile Bigorne.

Les tracts préparés seront mis à la disposition de tous pour la première semaine d’octobre.

La prochaine assemblée de tous les membres qui veulent participer aux réflexions et actions du comité est prévue le lundi 12 octobre à 18h15 à la mairie de Sallaumines. ( date et lieu à confirmer )

L’ordre du jour permettra de procéder à un nouvel échange de vues entre les présents, au bilan de ce premier mois de l’année scolaire , à la mise en commun des situations de terrain pour déterminer et organiser les futures actions plus localisées du comité.

Christophe Dejours : stress au travail

Lundi 14 septembre 2009

Christophe Dejours stress au travail /2em partie
envoyé par promediation. - L’info internationale vidéo.

Souffrance au travail : SUICIDES : 21 morts chez France Télécom!!! Attention aux réformes trop rapides et au management par la terreur!!!

Samedi 12 septembre 2009



Aujourd’hui :

- Hier

La femme de 32 ans a succombé à ses blessures…

Selon la station RTL, une employée de France Telecom s’est suicidée, ce vendredi, dans le 17ème arrondissement, à Paris. Elle aurait succombé à ses blessures. Joint par 20minutes.fr,

France Telecom confirme qu’une «personne est tombée du 4ème étage» mais précise «ne pas connaître son identité», et donc ne pas savoir s’il s’agit d’un employé de l’entreprise.

Pierre Morville, délégué syndical central CFE-CGC, présice qu’il s’agit d’une jeune femme âgée de 32 ans, chargée de clientèle au service de recouvrement Orange. Selon lui, le drame s’est déroulé vers 16h30, «à l’issue d’une discussion sur les réorganisations de services» …

Lisez la suite de cet article sur : 20minutes.fr

Pour comprendre, écoutez :

Travail et Souffrance, avec Christophe Dejours, hier soir sur “France Culture” en cliquant sur le lien suivant : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabrique-de-lhumain/index.php?emission_id=110060158



Chili : 1973, l’autre 11 Septembre ! Le Chili poignardé par le faucon USA

Samedi 12 septembre 2009

Comme pour bien d’autres pays du globe, le Chili se situe dans la zone d’influence nord-américaine. Pour ses intérêts économiques, à l’instar d’autres exemples, ladite plus grande démocratie du monde à initié, organisé et financé des opérations de déstabilisation du système démocratique chilien. Ainsi, elle a préparé le terrain à l’instauration d’un régime fascisant à Santiago du Chili le 11 septembre 1973.

Le coup d’état chilien du 11 septembre 1973, n’a pu voir le jour que grâce au concours des Etats-Unis. Déjà en 1963, pressentant une possible victoire de Salvador Allende, le président John Fitzgerald Kennedy (du parti démocrate !) encouragea des multinationales implantées dans le pays à soutenir son favoris chilien, le chrétien-démocrate Edouardo Frei. Les modalités furent placées entre les mains de Robert Kennedy (le frère du président), alors ministre de la justice. Il n’hésita pas à hypothéquer l’avenir de milliers de simples citoyens chiliens.

A coup de millions de dollars.
Frei, par le biais de ces multinationales nord-américaines, reçut plusieurs millions de dollars, qui équivaudra à environ la moitié des frais de sa campagne électorale, campagne qu’il remporta sans mal. En échange, les Etats-Unis allait contrôler plus de quatre-vingt pour cents des grosses industries chiliennes. Parce que les intérêts américains demeurant toujours au premier plan ; l’histoire se répète. En 1970, à nouveau effrayé par une possible victoire aux élections présidentielles de Salvador Allende, le général manager de Pepsi, Donald Kendall, fomente une rencontre entre le responsable de l’embouteillage de la boisson au Chili avec un des conseillers en matière de sécurité du président Nixon (du parti républicain). Cette fois-ci, au cours de ce nouveau rendez-vous électoral, Allende remporte les élections. Nixon convoque le chef de la CIA dans son bureau et ordonne que l’inauguration du président Allende soit empêchée.

Edward Korry, l’ambassadeur des USA au Chili sous les administrations Kennedy, Johnson et Nixon, fait savoir à Washington qu’il est en faveur d’un « coup de pouce » appuyé à Edouardo Frei, mais qu’il s’oppose fermement à une intervention militaire dans la veine du fiasco cubain de la Baie des cochons. Mais la machine de guerre est déjà en marche. Nixon est en effet soumit à des pressions de plus en plus intenses de la part de ses mécènes politiques qui paniquent au vu du projet de nationalisation de leur acquis au Chili. Une des plus puissantes d’entre elles, l’ITT Corporation (International Telephone and Telegraph) possède en 1970, 70% de la Chitelco, la compagnie de téléphone chilienne, qui se traduit par la récolte de 153 millions de dollars à l’époque. L’ITT déverse des fonds dans les caisses noires du parti républicain ; impossible pour Nixon de les ignorer. Un membre du conseil d’administration de l’ITT et ex-directeur de la CIA, promet un million de dollars supplémentaire à Nixon en échange d’une « mise hors d’état de nuire » du nouveau président socialiste. D’autres multinationales, tel que Anaconda Copper (cuivre) en firent de même. Le pouvoir politique (et économique) des Etats-Unis a grandement participé à la préparation du terrain pour la venue du dictateur Pinochet et l’instauration de son régime militaire sanguinaire.

En ce matin du 11 septembre 1973, Salvator Allende, 65 ans, porté au pouvoir trois ans plus tôt, n’est plus entouré que d’une poignée de fidèles. Le palais présidentiel de la Moneda, à Santiago, bombardé par l’aviation et cerné par l’armée, est en flammes. Le chef d’Etat chilien demande à ses proches de se rendre. Le coup d’Etat, déclenché quatre heures plus tôt, est terminé. En pleine attaque de la Moneda, le président avait lancé un dernier message radiodiffusé à ses concitoyens : “Je ne vais pas démissionner (…). Je ne renoncerai pas, je paierai de ma vie la loyauté du peuple. J’ai la certitude que mon sacrifice ne sera pas vain. Je suis sûr qu’il sera, au moins, une leçon morale qui punira la félonie, la lâcheté et la trahison. D’autres hommes surmonteront cette période sombre et amère”. Auparavant, les putschistes lui avaient proposé de quitter le pays en avion après une “reddition inconditionnelle”. Mais c’est un piège, comme le montrent des enregistrements de communication entre Pinochet et un autre officier : “On le fait prisonnier sans conditions en ne lui offrant que la vie sauve ?”, demande le second. “Nous maintenons l’offre de lui faire quitter le pays… mais l’avion tombera en vol”, répond le premier avec un grand éclat de rire.

Dans le même temps, l’armée pourchasse les militants politiques de gauche, enlevés à leur domicile ou sur leur lieu de travail, sans que leurs familles soient informées de leur sort. Dans le stade national de Santiago, près de 12.000 personnes sont ainsi incarcérées, torturées, exécutées. Dans les années qui suivent, la répression est menée par la DINA, la Direction du renseignement national, dénoncée comme ayant été une véritable Gestapo chilienne. Elle est commandée par Manuel Contreras, qui prend “presque tous les jours son petit déjeuner avec Pinochet”, rapportent des spécialistes. Selon les archives du parti socialiste chilien, la DINA ira jusqu’à exécuter des femmes avec leurs enfants. Une autre de ses “spécialités” : jeter ses victimes dans le Pacifique, dans des fleuves ou des lacs pour ne laisser aucune trace…

« Je me souviens de ce matin de poudre et de sang, ce maudit mardi 11 septembre 1973 où commence pour nous la mort, l’exil, la solitude… »

Yazmin Fernandez - Acuna veuve d’Humberto Menanteau [1]

Source / auteur : Ligue des Droits de l’Homme

ROMPONS LE SILENCE ! Exposition itinérante sur la Commune de Oaxaca (Mexique).

Jeudi 10 septembre 2009

Le samedi 26 et dimanche 27 septembre 2009 passera à Lille l’exposition itinérante sur la Commune de Oaxaca (Mexique). Vous pourrez la voir à partir de 14h00 à la Maison de Quartier Vauban. Les organisateurs seront présents.

Maison de Quartier Vauban:

Samedi  :

-  14h00 : ouverture au public de l’exposition

- 16h30: vernissage

- 18h00: projection du film, suivie d’une discussion

- 20h30: soirée festive

Bar et petite restauration assurée


Dimanche :

- 11h00: apéritif musical

- 12h00: petite restauration

- 14h00: des ateliers de réflexions et de discussion avec des thèmes tels que la question de la femme au Mexique et en Europe, les migrations ici ou là bas, etc..

L’exposition sera visible le dimanche jusque 17h00.

La Commune de Oaxaca a été le soulèvement de la population de la ville de Oaxaca contre son gouverneur de l’Etat de Oaxaca, lui-même soutenu par le gouvernement fédéral mexicain.

Elle débute entre le 22 mai et le 19 juin 2006 par une grève des instituteurs qui est durement réprimée. L’Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca est créée. C’est elle qui mènera l’opposition au gouvernement. Quasiment toute la ville est entre ses mains jusqu’au 25 novembre 2006. A partir de cette date la Police Préventive Fédérale reprend la ville. La répression se déchaîne et dure jusqu’au 27 janvier 2007.

Rompre le Silence est une expo née à Oaxaca, au cœur de la rébellion. Des photographes, des artistes, des journalistes, des poètes ou des gens sans qualité ont donné leurs propres documents et leurs oeuvres en geste de communication, d’amitié et de solidarité. Ils veulent ainsi s’adresser à nous, au plus grand nombre.

Cette exposition collective est ambitieuse dans son contenu: près de 200 photographies, panoramiques et sténopés, couleur noir et blanc; des sérigraphies; des affiches d’appel aux manifestations, à la lutte et à la dignité d’un peuple; des articles de presse; des films; des témoignages de différents types sur la répression de novembre; des poèmes et des dessins; un diaporama sur les murs peints aux couleurs de la rébellion; des lettres d’enfants des prisonniers; de la musique…

La volonté des concepteurs de l’exposition est de montrer toutes les expressions du mouvement, dans le plus grand respect des différences, telles qu’elles existent. Prétexte à la rencontre, à la réflexion et aux discussions, elle permettra, nous l’espérons, de nombreux débats riches et enthousiasmants…

Cette exposition a été faite par quelques individus appartenant ou non à différents collectifs de solidarité avec la rébellion zapatiste et le mouvement populaire d’Oaxaca à travers la France et la Belgique. Certains d’entre eux ont été les témoins directs du mouvement populaires d’Oaxaca et ont suivi de très près son développement dans ses différentes phases, d’autres ont fait partie de la Commission civile internationale d’observation pour les droits de l’Homme qui s’est rendue sur place en décembre 2006 et janvier 2007.

Venez, faites venir, diffusez….et n’hésitez pas à vous manifestez pour nous aider

Salaire des enseignants : la France en bas de tableau

Mercredi 9 septembre 2009

Alors que les derniers tableaux comparatifs de l’OCDE montrent que le salaire d’un enseignant du primaire est en dessous de la moyenne internationale, une étude menée par l’IREDU fait apparaître que ce mauvais classement est valable sur d’autres critères.

Les enseignants du primaire ne sont pas des privilégiés comme le sous-entendent certains discours ministériels. Les comparaisons internationales sont de ce point de vue on ne peut plus claires. “Regards sur l’éducation 2008″, recueil des indicateurs de l’OCDE, publie un tableau des salaires des enseignants d’une trentaine de pays pour lesquels les chiffres sont disponibles.

Si on observe les salaires au bout de 15 ans de carrière, les enseignants français sont en queue de peloton des pays européens et en dessous de la moyenne qui est de 33 216 €par an. Sur les 29 pays étudiés, le salaire moyen français de 27039 € place la France au 22 ème rang devançant seulement les Turcs (12 413 €), Hongrois (13 149 €), Tchèques (21 371 €), Suédois (27 027 €)… Il est plus intéressant financièrement d’enseigner au Luxembourg (60 818 €), en Suisse (45823 €) ou en Finlande (31430 €). Ces chiffres sont à rapporter à l’enquête menée par Jean Bourdon de l’IREDU publiée cet été qui analyse les différences entre pays s’appuyant sur les chiffres de 1999 à 2004.

Pour comprendre ces différences de traitement, il a croisé différents critères. En premier lieu la part que représentent les salaires par rapport au PIB. De manière générale,entre 1992 et 2004, le chercheur observe une baisse sensible de ce rapport. En2004 en France, il s’élevait à 1,07, contre1,62 en Allemagne, 1,50 en Suisse, 1,38 au Royaume-Uni et 1,07 en République tchèque. La « valeur » du salaire accordé aux enseignants change alors et là encore la France se place en fin de peloton (16ème sur23). Jean Bourdon compare les durées annuelles de travail, un facteur qui pourrait expliquer les différences. À nouveau, les enseignants français du primaire avec leurs 918 heures passées à l’école sont loin d’être des privilégiés. Les Finlandais y consacrent eux 680 heures, les Hongrois 777, les Allemands 793 et les Anglais 932.

Enfin, le chercheur observe ce qui pourrait être considéré comme une forme de pénibilité du travail : le rapport maître/élève. 19,4 en France, 14,3 en Suisse, 17,9 en République tchèque, 16,3 en Finlande, 21,1 en Angleterre, 26,5 en Turquie… Tous ces facteurs croisés démontrent que la situation des enseignants en France n’est guère enviable à l’échelle européenne et les 0,3% d’augmentation au mois de juillet 2009 n’y changeront pas grand chose.
Salaire après 15 ans d’exercice/formation minimale

Salaires annuels en €

Belgique (Fr.) 34 078

Angleterre     37 805

France           27 539

Allemagne     44 005

Irlande           42 717

Italie              25 714

Pays-Bas        37 050

Écosse           41 310

Espagne        33 788

Suisse           45 823

Ce tableau est extrait de « Regards sur l’éducation 2007 » de l’OCDE. Il fait uniquement apparaître une dizaine de pays européens.

Rappel : Charte de la résistance pédagogique des enseignants du primaire : signez en ligne!

Mercredi 9 septembre 2009

Charte de la résistance pédagogique

des enseignants du primaire

Les « réformes » structurelles et pédagogiques imposées par le ministère de l’Education Nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de tous les enfants. Elles conduisent à la déconstruction de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand. Notre devoir est d’y résister.

En adhérant à la présente charte, je m’engage à agir dans le sens d’une éducation et d’un enseignement qui visent à :

    1.   respecter les droits de l’enfant tels que définis dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, notamment le droit à une éducation de qualité pour tous, le droit à l’épanouissement et au développement harmonieux de l’enfant.

    2.   favoriser l’autonomie et la responsabilité de l’enfant, être doué de raison et de conscience.

    3. contribuer à la construction de sa pensée par une pédagogie privilégiant la coopération et le raisonnement, plutôt que la compétition et la simple répétition d’automatismes.

    4.apprendre à s’exprimer, lire, écrire, compter aux élèves en les mettant en situation de réflexion et d’échanges.

    5.   assumer une autorité éducative, opposée à l’autoritarisme, fondée sur le respect de la liberté de conscience, le respect mutuel et la légitimité de règles élaborées ensemble.

    6.   réaliser des évaluations constructives qui permettent de mesurer réellement  les progrès des élèves et de favoriser l’estime d’eux-mêmes.

    7. créer les conditions de coopération au sein de la communauté éducative (Enseignants-RASED-Parents…) et au sein de la classe qui aident chaque enfant à entrer dans les processus d’apprentissage et à surmonter ses difficultés.

    8.   promouvoir une réflexion sur l’aménagement du temps de vie de l’enfant à l’école qui respecte ses rythmes chrono-biologiques.


En signant cette Charte, j’entre en résistance en n’appliquant pas tout ou partie des dispositifs contraires aux valeurs de respect, de coopération et de progrès. Je revendique, en conscience, par loyauté envers le service public d’éducation, et au nom de la liberté pédagogique inscrite dans la loi, la possibilité de mettre en place toute alternative pédagogique dans l’intérêt des enfants.

Nom        Prénom             Ecole               Ville         N° Département      Adresse mail

Pour signer la pétition en ligne : http://www.resistancepedagogique.org/signatures/?petition=3