
La FNAREN a pris connaissance de la nouvelle circulaire concernant les fonctions des personnels spécialisés des RASED dans le traitement de la difficulté scolaire à l’école.
Cette circulaire N°2009-087 du 17-7-2009 est parue au BO N°31 le 27 août 2009. Elle ne présente rien de nouveau par rapport au projet présenté en juin 2009.
Notre association tient à souligner la difficulté qu’elle a eue à se faire entendre auprès des services du Ministère qui ont privilégié le dialogue avec les syndicats à partir d’un texte très court et quasiment bouclé. C’est pourquoi la FNAREN ne saurait se satisfaire de cette nouvelle circulaire qui réduit à peau de chagrin les missions des rééducateurs (3 lignes au lieu de 17), ne présente que les finalités adaptatives et scolaires de l’aide rééducative et conduit les enseignants spécialisés à devoir lire entre les lignes de cette circulaire pour y déceler leur mission de prévention des difficulté scolaires : « les aides spécialisées peuvent intervenir à tout moment de la scolarité à l’école primaire…Elles visent également à prévenir leur apparition ou leur persistance chez des élèves dont la fragilité a été repérée ».
La FNAREN estime que cette simplification de nos missions risque de générer du flou et les rendre plus opaques, voire même entraîner des dérives dans nos pratiques professionnelles (comportementalisme). Nous regrettons que ne figurent plus dans le texte de loi des notions majeures telles que celles
« d’interaction avec le maître et les autres élèves », « sollicitations permanentes et parfois pressantes de l’institution scolaire », « engagement actif de l’enfant », « reconquête du désir d’apprendre », « estime de soi », « ajustement des conduites émotionnelles, corporelles et intellectuelles ». Nous regrettons surtout la disparition de ce paragraphe fondamental pour expliquer et faire comprendre à nos interlocuteurs (enseignants, parents, partenaires…) l’essentiel de notre métier : « Face à cela (demande scolaire), certains enfants du fait des conditions sociales et culturelles de leur vie ou du fait de leur histoire particulière, ne se sentent pas « autorisés » à satisfaire aux exigences scolaires, ou ne s’en croient pas capables, ou ne peuvent se mobiliser pour faire face aux attentes (du maître, de la famille, etc.). Les aides spécialisées à dominante rééducative ont pour objectif d’amener les enfants à dépasser ces obstacles, en particulier en les aidant à établir des liens entre leur « monde personnel » et les codes culturels que requiert l’école, par la création de médiations spécifiques. »
En ce qui concerne les enseignants spécialisés qui interviennent dans une ou deux écoles, certes, ils sont mentionnés dans le paragraphe 4 : « Organisation du réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté de la circonscription » et sont donc rattachés au RASED. Cependant, nous n’oublions pas que la pérennité de leur poste dépend d’une ligne budgétaire bien ambigüe (services du Ministère en janvier 2009).
Par ailleurs, une préoccupation majeure concerne les missions de ces postes spécialisés sur une ou deux écoles ; les besoins en aide rééducative des écoles « ciblées » justifient-ils une demande correspondant à un temps plein pour une rééducatrice ou un rééducateur ? La situation actuelle tend à démontrer le contraire. Beaucoup d’entre nous travaillent sur des secteurs de plus de 10 écoles. Cette nouvelle organisation aura pour conséquence de priver certaines écoles, donc des enfants, de l’aide des rééducateurs.
Les rééducateurs nommés sur des postes classe se sentent profondément blessés. Leurs capacités, leur projet professionnel, leur engagement sont remis en cause par l’institution. Ils ne se sentent plus reconnus dans leur fonction, leur métier, leur identité professionnelle. La FNAREN estime qu’il s’agit non seulement d’un gâchis humain personnel mais aussi d’un gâchis en matière de compétences professionnelles et de formation pour l’institution et par voie de conséquence pour les enfants ayant besoin de cette aide.
Enfin, malgré les promesses du Ministère de poursuivre les formations spécialisées, la FNAREN est alarmée par le trop petit nombre de départs en stage (18% de stagiaires par rapport à l’année précédente) et par la fermeture de centres de formation ASH. L’hécatombe en matière de postes cette année et le climat d’incertitude sur l’avenir ont laissé peu de place à un renouvellement, à un désir de nos collègues d’entrer dans ce métier. De plus, les académies n’ont pas favorisé ces départs.
Dans la perspective du 20ème anniversaire des Droits de l’enfant au mois d’octobre, la FNAREN se positionne contre tout traitement automatique et simpliste des difficultés inhérentes aux apprentissages. Elle réaffirme le droit à l’éducation pour chaque enfant sur tout le territoire national, et par conséquent son droit à bénéficier d’une aide spécialisée diversifiée (pédagogique, psychologique et/ou rééducative) donc propre à s’attaquer aux origines plurielles de la difficulté scolaire dès que le besoin s’en fait sentir.
le 3 septembre 2009
Pour le BN, le Président de la FNAREN, Francis Jauset


« la marginalité rééducative » a toujours dérangé.Elle reste cependant un espace nécessaire et pertinent pour les enfants en difficulté.Mais le Sarkoland préfère la matraque et la répression.Cela fera beaucoup de mal à notre chère école républicaine!Bon courage!
courage!