Archive pour août 2009

ÉCOLE EN DANGER : RENTRÉE MOBILISÉE

Lundi 31 août 2009

Lors de l’A.G. de Toulouse (13 juin 2009), la coordination École en danger a décidé de se mobiliser dès la rentrée (jeudi 3 septembre) par une journée gilets jaunes afin de profiter de la présence des médias ce jour-là dans les écoles pour assurer le lancement médiatique de la pétition nationale École en Danger.

Nous avons souhaité afficher le soutien de personnalités dès la mise en ligne de la pétition début septembre. C’est pourquoi nous invitons tous ceux qui auraient dans leurs connaissances des écrivains, artistes, élus, universitaires, pédagogues, directeurs de diverses structures… susceptibles de signer la pétition dès maintenant à prendre contact très rapidement avec nous… La version définitive du texte de la pétition calqué sur les appels des différentes A.G. nationales sera diffusé sous peu.

Merci d’avance de votre collaboration pour un service public d’éducation de qualité pour tous,

Isabelle CAMPANELLA , pour l’équipe des porte-parole de la coordination École en Danger.

Communiqué du Réseau des enseignants du primaire en résistance pédagogique

Vendredi 28 août 2009

A l’issue de sa première université d’été qui s’est tenue à Montpellier, le réseau des enseignants du primaire en résistance informe des décisions qu’il a prises.

Dénomination

Le Réseau des enseignants du primaire en résistance est un mouvement de réflexion et d’action  qui a pour objectif de défendre et promouvoir une école publique, équitable, humaine et respectueuse de l’intérêt de l’enfant. Il s’appuie sur la Charte de la résistance pédagogique et l’Appel des enseignants du primaire en résistance, textes fondateurs de l’identité du réseau. Les enseignants du primaire en résistance s’opposent, y compris par la désobéissance, aux « réformes » structurelles et pédagogiques qui déconstruisent l’école publique ; dans le même temps, ils proposent et mettent en oeuvre des dispositifs pédagogiques qui vont dans le sens du respect, de la coopération et du progrès de tous les élèves.

Site internet

Dès la rentrée, un nouveau site internet, qui sera le site officiel du réseau, à l’adresse www.resistancepédagogique.org prendra le relais du blog Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école initiateur du mouvement des désobéisseurs.

Charte de la résistance pédagogique (ci-jointe)

Une Charte de la résistance pédagogique a été élaborée et adoptée. Elle sera soumise à la signature des enseignants du primaire sur le site internet du réseau. La signature de cette Charte vient se substituer à l’envoi de lettres de désobéissance, personnelles ou collectives, à nos inspecteurs. Mais nous sommes toujours dans une résistance ouverte, affichée, transparente afin de montrer à notre hiérarchie que les enseignants du primaire en résistance sont encore plus nombreux et toujours déterminés. Cette charte présente nos engagements pour construire une école du respect, de la coopération et du progrès pour tous. Elle insiste davantage sur la dimension positive et constructive de notre résistance, mais il n’en reste pas moins que la dimension du refus des dispositifs pédagogiques des dernières « réformes » demeure présente.

Caisse nationale de solidarité

Nous organisons une caisse nationale de solidarité sous la forme d’une association loi 1901 qui sera gérée de façon autonome. Cette caisse permettra de faire face aux sanctions financières, de soutenir les enseignants qui sont victimes de retraits de salaire et de participer aux frais de la défense lorsque nous contestons ces décisions devant les tribunaux administratifs. Systématiquement, nous contesterons devant la justice les retraits de salaire qui sont des abus de pouvoir caractérisés et nous nous félicitons que les premières décisions de ces tribunaux, à Montpellier et Marseille, nous aient été favorables.

Base Elèves : Soutien aux directeurs sanctionnés

Le Réseau des enseignants du primaire en résistance apporte son soutien aux directeurs menacés de sanction pour leur refus de renseigner le fichier Base Elèves. Ce fichier a fait l’objet d’une condamnation de la part de l’ONU qui recommande que seules des données anonymes soient rentrées dans des bases de données et que l’utilisation des données collectées soient régulée par la loi de manière à en prévenir un usage abusif. Il est inadmissible que des directeurs soient menacés et sanctionnés pour avoir respecté le principe de cette recommandation. Le Réseau des enseignants du primaire en résistance appelle à rejoindre le rassemblement jeudi 27 août à 14h devant l’Inspection Académique de l’Hérault en soutien à Isabelle Huchard et Bastien Cazals, menacés de perdre leur fonction de direction et lundi 31 août à 8h30 devant l’inspection académique de Foix en soutien à François de Lillo, dans la même situation pour les mêmes raisons.

Montpellier, le jeudi 27 Août 2009

Contacts :

Bastien Cazals (Montpellier) : 06 59 15 93 16

Diane Combes (Marseille) : 06 15 55 25 93

Alain Refalo (Toulouse) : 06 61 58 10 55

Valérie Hillion (Nantes) : 06 83 34 95 68

Charte de la résistance pédagogique

des enseignants du primaire

Les « réformes » structurelles et pédagogiques imposées par le ministère de l’Education Nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de tous les enfants. Elles conduisent à la déconstruction de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand. Notre devoir est d’y résister.

En adhérant à la présente charte, je m’engage à agir dans le sens d’une éducation et d’un enseignement qui visent à :

    1.   respecter les droits de l’enfant tels que définis dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, notamment le droit à une éducation de qualité pour tous, le droit à l’épanouissement et au développement harmonieux de l’enfant.

    2.   favoriser l’autonomie et la responsabilité de l’enfant, être doué de raison et de conscience.

  1. contribuer à la construction de sa pensée par une pédagogie privilégiant la coopération et le raisonnement, plutôt que la compétition et la simple répétition d’automatismes.
  2. apprendre à s’exprimer, lire, écrire, compter aux élèves en les mettant en situation de réflexion et d’échanges.

    5.   assumer une autorité éducative, opposée à l’autoritarisme, fondée sur le respect de la liberté de conscience, le respect mutuel et la légitimité de règles élaborées ensemble.

    6.   réaliser des évaluations constructives qui permettent de mesurer réellement  les progrès des élèves et de favoriser l’estime d’eux-mêmes.

    7. créer les conditions de coopération au sein de la communauté éducative (Enseignants-RASED-Parents…) et au sein de la classe qui aident chaque enfant à entrer dans les processus d’apprentissage et à surmonter ses difficultés.

    8.   promouvoir une réflexion sur l’aménagement du temps de vie de l’enfant à l’école qui respecte ses rythmes chrono-biologiques.

En signant cette Charte, j’entre en résistance en n’appliquant pas tout ou partie des dispositifs contraires aux valeurs de respect, de coopération et de progrès. Je revendique, en conscience, par loyauté envers le service public d’éducation, et au nom de la liberté pédagogique inscrite dans la loi, la possibilité de mettre en place toute alternative pédagogique dans l’intérêt des enfants.

Nom        Prénom             Ecole               Ville         N° Département      Adresse mail

Pour signer la pétition en ligne : http://www.resistancepedagogique.org/signatures/?petition=3

Bulletin officiel n° 31 du 27 août 2009 : La circulaire RASED n°2009-088 du 17-7-2009

Jeudi 27 août 2009

Adaptation et intégration scolaires
Fonctions des personnels spécialisés des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) dans le traitement de la difficulté scolaire à l’école primaire
NOR : MENE0915410C
RLR : 501-5
circulaire n°2009-088 du 17-7-2009
MEN - DGESCO A1-1


Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’Éducation nationale ; aux inspectrices et inspecteurs de l’Éducation nationale chargés des circonscriptions du premier degré ; aux inspectrices et inspecteurs de l’Éducation nationale chargé de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves handicapés
L’objectif de l’école est d’amener tous les élèves à la maîtrise des connaissances et des compétences inscrites dans les programmes en référence au socle commun. C’est pourquoi, dès qu’un élève rencontre une difficulté dans ses apprentissages, les aides nécessaires doivent lui être apportées dans le cadre du service public de l’éducation.

La circulaire n° 2006-138 du 25 août 2006 définissant les programmes personnalisés de réussite éducative (P.P.R.E.) et la circulaire n° 2008-082 du 5 juin 2008 sur l’aide personnalisée sont les cadres des actions proposées par l’équipe pédagogique pour répondre aux besoins des élèves. Ces aides se mettent en place sous la responsabilité de l’inspecteur de l’Éducation nationale chargé de la circonscription, depuis l’aide personnalisée jusqu’aux aides spécialisées. Elles constituent, dans le cadre du projet d’école, un ensemble de démarches pédagogiques pour la prévention de la difficulté scolaire et l’aide aux élèves qui rencontrent des difficultés dans leurs apprentissages.

Les enseignants spécialisés et les psychologues scolaires apportent leur expertise au sein de l’équipe enseignante de l’école. Ils contribuent à l’observation des élèves identifiés par l’enseignant de la classe, à l’analyse de leurs compétences et des difficultés qu’ils rencontrent et à la définition des aides nécessaires. Le cas échéant, ils aident au repérage des élèves en situation de handicap et à la réalisation des projets personnalisés de scolarisation. Ils contribuent à une relation positive avec les parents pour faciliter la réussite scolaire.

1 - De l’aide personnalisée aux aides spécialisées

Afin de prévenir l’apparition de difficultés scolaires, tous les enseignants conduisent un travail de prévention systématique, principalement par la pratique d’une différenciation pédagogique et d’une progression rigoureuse des apprentissages, guidé par une évaluation continue des compétences acquises par chaque élève.

Dès l’école maternelle, certains élèves attirent l’attention des enseignants car leur attitude envers à l’activité scolaire, leur manière de répondre aux consignes, leur mode d’adaptation à la vie collective sont révélatrices de difficultés susceptibles de grever leur avenir scolaire. À l’école élémentaire, certains élèves manifestent des écarts importants par rapport aux attentes des enseignants. Lorsqu’une difficulté survient, le maître de la classe, dans le cadre de l’équipe pédagogique, mobilise immédiatement les dispositifs d’aide correspondant aux besoins des élèves.

L’aide personnalisée, ou les stages de remise à niveau au cours moyen, lorsqu’ils sont mis en place, peuvent se révéler insuffisants ou inadaptés pour certains élèves, soit parce ceux-ci présentent des difficultés marquées exigeant une analyse approfondie et un accompagnement spécifique, soit parce qu’ils manifestent des besoins particuliers en relation avec une déficience sensorielle ou motrice ou des atteintes perturbant leur fonctionnement cognitif et psychique ou leur comportement.

Pour aider ces élèves, les enseignants spécialisés des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) viennent renforcer les équipes pédagogiques en apportant des compétences spécifiques permettant de mieux analyser ces situations particulières et de construire des réponses adaptées. Quand un élève relève successivement, voire concomitamment, de l’aide personnalisée et de l’aide spécialisée, il convient de garantir la complémentarité entre les deux modes d’action.

Lorsque la difficulté scolaire est importante, les aides sont coordonnées et évaluées dans le cadre du P.P.R.E. ou du projet d’aide spécialisée à l’école maternelle ou à l’école élémentaire.

Les parents sont systématiquement mobilisés autour du projet d’aide de leur enfant. Quand cela s’avère nécessaire, il est fait appel à l’équipe éducative telle qu’elle est définie par l’article R 321-16 du code de l’éducation. Quand des investigations approfondies semblent nécessaires ou lorsque la situation requiert une prise en charge qui ne peut être assurée au sein de l’école, les enseignants spécialisés et le psychologue scolaire contribuent, avec l’accord des parents, à la recherche de réponses adaptées en dehors de l’école.

2 - Objectif des aides spécialisées

Les aides spécialisées peuvent intervenir à tout moment de la scolarité à l’école primaire. Elles permettent de remédier à des difficultés résistant aux aides apportées par le maître. Elles visent également à prévenir leur apparition ou leur persistance chez des élèves dont la fragilité a été repérée. Selon les besoins des élèves, l’aide proposée peut être à dominante pédagogique ou à dominante rééducative.

L’aide spécialisée à dominante pédagogique est adaptée aux situations dans lesquelles les élèves manifestent des difficultés avérées à comprendre et à apprendre, mais peuvent tirer profit de cette aide. Elle vise à la prise de conscience et à la maîtrise des attitudes et des méthodes de travail qui conduisent à la réussite, à la progression dans les savoirs et les compétences, en référence aux programmes de l’école primaire. Cette aide est dispensée par des enseignants spécialisés titulaires du C.A.P.A.-S.H. option E.

L’aide spécialisée à dominante rééducative est en particulier indiquée quand il faut faire évoluer les rapports de l’enfant aux exigences de l’école, instaurer ou restaurer son investissement dans les tâches scolaires. Elle a pour objectif d’engager les élèves ou de les réintégrer dans un processus d’apprentissage dynamique. Cette aide est dispensée par des enseignants spécialisés titulaires du C.A.P.A.-S.H. option G.

La mission de ces enseignants s’exerce dans le cadre du référentiel des compétences caractéristiques d’un enseignant spécialisé du premier degré.
Ces deux formes d’aides, quoique distinctes, ne sont pas cloisonnées. Le maître chargé de l’aide à dominante pédagogique doit prendre en considération le découragement induit par des difficultés persistantes, voire des moments de désaffection ou de rejet de l’école. Le maître chargé de l’aide à dominante rééducative doit prendre en compte les demandes scolaires des enfants et de leur famille, en référence aux programmes de l’école primaire.

Conformément à la circulaire n° 90-083 du 10 avril 1990, le psychologue scolaire réalise, en concertation avec les parents, les investigations psychologiques comprenant éventuellement les examens cliniques et psychométriques nécessaires à l’analyse des difficultés de l’enfant et au choix des formes d’aides adaptées. Il peut organiser des entretiens avec les enfants en vue de favoriser l’émergence du désir d’apprendre, de s’investir dans la scolarité, de dépasser une souffrance psycho-affective ou un sentiment de dévalorisation de soi. Il peut aussi proposer des entretiens aux maîtres et aux parents pour faciliter la recherche des conduites et des comportements éducatifs adaptés aux problèmes constatés.

3 - Organisation des aides spécialisées dans l’école

Les enseignants spécialisés apportent une aide directe aux élèves en difficulté, selon des modalités variées, définies en concertation avec le conseil des maîtres, sous l’autorité de l’I.E.N., et s’inscrivant dans le projet d’école. Le conseil d’école est informé des modalités retenues, conformément à l’article D 411-2 du code de l’éducation.

Les enseignants spécialisés peuvent intervenir directement dans la classe, regrouper des élèves pour des durées adaptées à leurs besoins, ou leur apporter une aide individuelle. Dans cette hypothèse, les maîtres veillent à ce que les élèves concernés ne soient pas privés des enseignements qui leur sont nécessaires. Ils veillent également à ce que la fréquence et la durée des regroupements soit suffisante pour être efficace.
Dans tous les cas, le projet d’aide spécialisée donne lieu à un document écrit qui permet de faire apparaître la cohérence entre cette aide spécifique et l’aide apportée par le maître de la classe. Le document précise les objectifs visés, la démarche envisagée, une estimation de la durée de l’action et les modalités d’évaluation de sa mise en oeuvre.

4 - Organisation du réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté de la circonscription

Les maîtres spécialisés sont tantôt amenés à intervenir dans plusieurs écoles d’une circonscription, tantôt dans une ou deux écoles lorsqu’elles comportent un nombre élevé d’élèves en grande difficulté.
Avec les psychologues scolaires, ils constituent, pour la circonscription, un réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté exerçant sous l’autorité et la responsabilité de l’inspecteur de l’Éducation nationale ; ce réseau peut, le cas échéant, fonctionner en antenne, notamment dans les secteurs ruraux. Il est composé de trois types de personnes-ressources -maîtres E, maîtres G et psychologues scolaires- qui interviennent selon les priorités définies à l’issue d’une analyse de besoins conduite avec les personnels spécialisés, les équipes d’écoles et l’équipe de circonscription.

Le secteur d’intervention des personnels est déterminé de telle façon qu’il garantisse une véritable efficacité pédagogique, en évitant une dispersion préjudiciable. Lorsque les personnels sont appelés à se déplacer, les frais occasionnés sont prévus lors de l’implantation des emplois.
L’inspecteur de la circonscription évalue l’action du réseau après avoir procédé, avec ses membres, à l’examen critique de son fonctionnement et de ses résultats. Il mène les inspections individuelles nécessaires à l’évaluation de ces différents personnels. Il fait appel, quand c’est nécessaire, à l’I.E.N.-A.S.H.

Les enseignants spécialisés peuvent participer aux animations et formations pédagogiques de la circonscription, mentionnées au 3 de l’article 2 du décret n° 2008-775 du 30 juillet 2008 ainsi que, le cas échéant, les psychologues scolaires. Il convient également de prévoir, au plan départemental, académique ou national, des formations spécifiques dans le champ de l’aide spécialisée.

Les obligations réglementaires de service des psychologues scolaires définies par la circulaire n° 74-148 du 19 avril 1974 doivent permettre la souplesse nécessaire à l’exercice de leurs missions. Elles incluent leur participation aux instances réglementaires et aux formations auxquelles ils sont convoqués.

Les obligations réglementaires des enseignants spécialisés sont régies, comme pour les autres enseignants du premier degré, par le décret n° 2008-775 du 30 juillet 2008. Dans ce cadre, l’inspecteur de l’Éducation nationale chargé de la circonscription veillera à ce qu’un temps de concertation propre au réseau, complémentaire de celui prévu aux 2 et 4 de l’article 2 du décret du 30 juillet 2008, permette une réflexion sur son fonctionnement, sur l’évaluation de ses effets et, le cas échéant, sur la situation particulière de certains élèves. En tout état de cause, le temps consacré par les maîtres spécialisés à la concertation, aux travaux en équipes pédagogiques, aux relations avec les parents ou à la participation aux conseils d’école est égal à 108 heures annuelles soit une moyenne de 3 heures hebdomadaires.

Cette circulaire abroge et remplace les parties I et II de la circulaire n° 2002-113 du 30 avril 2002 relative aux dispositifs de l’adaptation et de l’intégration scolaires dans le premier degré concernant la scolarisation des élèves handicapés.

Pour le ministre de l’Éduction nationale, porte-parole du Gouvernement
et par délégation,
Le directeur général de l’enseignement scolaire,
Jean-Louis Nembrini

“Etre “désobéisseur”, c’est une démarche loyale”

Mercredi 26 août 2009

26/08/2009

Les enseignants «désobéisseurs», opposés aux réformes de Xavier Darcos, organisent une université d’été aujourd’hui et demain à Montpellier.

Loin de plier devant les sanctions-retenue de salaire, baisse d’échelon-, ces professeurs des écoles refusent d’appliquer certaines réformes jugés nuisibles.

Ils vont élaborer une Charte de la résistance pédagogique. Paroles de «désobéisseurs».

Alain Refalo, 45 ans, instituteur à Colomiers (Haute-Garonne), salaire 1800 euros mensuels.

«Je suis un objecteur de conscience pédagogique. Mon passage à la désobéissance est dû aux réformes de Xavier Darcos. Elles favorisent la compétition au détriment de la coopération. A cela s’est ajouté le mépris et l’absence d’écoute du ministre. “Le professeur n’est pas un simple exécutant” : c’est écrit dans les programmes. C’est pour ça que je suis enseignant.

Je suis rentré en résistance à la rentrée 2008 en remplaçant les 2 heures d’aide personnalisée par un atelier de théâtre collectif, tout en mettant en place des dispositifs de soutien sur le temps obligatoire. Je l’ai fait savoir à mon inspecteur. Etre “désobéisseur”, c’est afficher et assumer sa résistance. C’est une démarche loyale et responsable.

Les rencontres de Montpellier permettront de structurer un réseau essentiellement présent sur le net. Ce mouvement ne s’est pas relâché à cause des sanctions. Les enseignants qui signeront sur Internet la Charte que nous allons rédiger pourront afficher leurs positions avec moins de risques.»

Dominique Larièpe, 49 ans, enseignante à Gergy (Saône et Loire), salaire 2200 euros mensuels.

«Je suis chargée de l’aide rééducative dans un Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED) sur un secteur de 24 écoles (2000 élèves) en zone rurale. Il est impossible de répondre à toutes les demandes! Je suis entrée en résistance pédagogique en juin 2008 lors de la modification de la semaine scolaire, et de l’instauration de l’aide personnalisée. C’est une aberration de stigmatiser des enfants en difficulté et de leur rajouter de l’enseignement en dehors des heures de classe.

Le 17 février 2009, devant l’inspectrice de l’éducation nationale et les élus de mon secteur, j’ai lu une lettre adressée à l’inspecteur d’académie où j’expliquais mon refus de collaborer au démantèlement de l’éducation nationale. Un silence de plomb a suivi mes mots. Ils étaient sidérés : la petite instit d’ordinaire si soumise avait osée. Moi, je pouvais enfin me regarder dans la glace. Fini de cautionner des dispositifs incohérents au regard des besoins et des rythmes chronobiologiques des enfants. Je viens à ces Universités d’été des enseignants désobéisseurs pour réfléchir aux actions et aux projets à mener. Ce mouvement est une force de propositions et d’alternatives.»

Isabelle Huchard, 47 ans, directrice d’école à Saint Christol (Hérault) salaire 2200 euros mensuels.

«En 2008, j’ai refusé l’installation du fichier «base élèves». Il recensait des données nominatives (nationalité, profession des parents, étapes de la scolarité) connectées à un  fichier national d’une durée de vie de 35 ans. C’est contraire à la charte des droits de l’enfant de l’ONU signé par la France. Je l’ai annoncé en conseil d’école aux parents d’élèves. Ces derniers ont transmis un courrier à l’inspecteur d’académie demandant que je ne remplisse pas ces données. Sa réaction a été violente. Il m’a été reproché d’inciter les parents à se mettre hors la loi. C’est la raison pour laquelle l’administration veut me retirer mon statut de directrice ce jeudi 27 août à Montpellier. Mais j’étais soulagée.

Je ne veux pas casser  l’Ecole publique. J’ai envie que les parents d’élèves et les citoyens travaillent avec nous pour la transformer. Elle n’appartient pas aux enseignants, ni aux parents, ni au ministre.»

Bastien Cazals, 33 ans, directeur et professeur des écoles à Saint Jean-de Védas (Hérault), salaire 1750 euros mensuels.

«Depuis mon entrée en 2002 dans l’enseignement, j’ai vu une accumulation de réformes dont la cohérence m’est devenue insupportable à la rentrée 2008. Outre l’évidente logique budgétaire, l’État français renonce progressivement à l’éducation de pans entiers de notre population enfantine (les enfants handicapés et en difficulté scolaire, la petite enfance). Il s’apprête à consacrer l’inégalité des écoles sur le territoire et à organiser leur mise en concurrence : la suppression de la carte scolaire, la publication des résultats aux évaluations nationales et le financement public de l’enseignement privé constituent un cocktail redoutable d’armes de destruction massive de notre école publique.
Après avoir songé à démissionner, j’ai écrit à Nicolas Sarkozy le 25 novembre 2008. La publication de ce texte a déclenché des sanctions administratives.

Aujourd’hui, nous voulons provoquer un grand débat public dans lequel les organisations syndicales et politiques s’impliquent, un premier pas vers des Etats généraux de l’Education.»

Propos recueillis par Jean-Manuel Escarnot

source:

http://www.libetoulouse.fr/2007/2009/08/etre-d%C3%A9sob%C3%A9isseur-cest-une-d%C3%A9marche-loyale.html

Communiqué de presse /AG Nationale : Sanction suspendue pour deux profs désobéisseurs .

Mercredi 26 août 2009

Réponse du juge au recours en référé-suspension devant le Tribunal Administratif de Marseille contre les 32 jours de retrait de salaire de 2 enseignants « désobéisseurs »

Jeudi 6 août 2009, à 14h30, le Juge des Référés de Marseille a examiné la requête déposée par les enseignants Christine Jousset et Erwan Redon de l’école des Convalescents (13001 Marseille), défendus par Maitre Sophie Sémeriva.

Le 11 août le juge des référés, Mme Rigaud, ordonne que l’exécution des trois décisions du 14 avril 2009, de retrait de 32 jours de salaires sur 3 trois mois pour service non fait soit suspendue.

Une bonne nouvelle pour tou(TE)s les enseignant(E)s qui d’une manière ou d’une autre ont désobéi à leur hiérarchie, parfois avec leur bienveillance, en n’appliquant pas la directive de l’aide personnalisée, aberrante pour les enfants et destructrice pour les emplois d’enseignants spécialisé du réseau d’aide (RASED).

Après la décision juridique de suspension des retraits de salaire pour Bastien Cazals à Montpellier début juillet, il s’agit d’une nouvelle avancée dans la lutte des enseignant(E)s en résistance.

Rappel des faits :

Ces deux enseignants, Christine Jousset et Erwan Redon, engagés dans le mouvement national des enseignant(E)s en résistance pédagogique ont vu leur paye amputée de 32 jours de salaire sur 3 mois alors qu’ils ont effectué la totalité de leur service. Refusant le dispositif d’Aide personnalisée mis en place par le ministère de l’éducation nationale, ils ont proposé aux familles et aux enfants des ateliers éducatifs du midi pour tous les enfants qui le souhaitaient et ont lancé le projet de la création d’un CLAE ( Centre de Loisirs Associé à l’Ecole) auprès de la mairie du 1er-7ème, qui en a accepté le principe.

Bientôt la rentrée : les manipulations continuent, Luc Châtel s’y colle !

Mercredi 26 août 2009

Tout va bien, les prix des fournitures scolaires baissent !!!!

Vivent “Intermarché” et notre bon gouvernement !!!


Luc Chatel présente les essentiels de la rentrée
envoyé par Luc-Chatel. - L’info internationale vidéo.
Les mères de famille sont ravies…. et si tout cela n’était qu’un montage, de la désinformation ??

Luc Chatel en visite chez Intermarché : une cliente séduite
envoyé par rue89. - Regardez les dernières vidéos d’actu.

Pour la rentrée scolaire, Nicolas Sarkozy fait une visite surprise dans une école.

Mercredi 26 août 2009

L’institutrice de CM2, en pleine séance de vocabulaire, propose à notre président de prendre sa place.

La discussion tourne sur le mot « tragédie ».

Sarkozy demande à la classe un exemple de “tragédie”.

Un petit garçon se lève et propose : “Si mon meilleur ami, qui vit dans une ferme, est en train de jouer dans un champ et qu’un tracteur lui roule dessus et le tue, c’est une tragédie”.

“Non”, dit Sarkozy, “ce serait un accident”.

Une petite fille lève la main : “Si un bus scolaire transportant 50 enfants tombe d’une falaise, et que tout le monde est tué à l’intérieur, c’est une tragédie”.

“Je crains que non”, expliqua Sarkozy. “c’est ce qu’on appellerait une grande perte”.

Le silence se fait dans la salle. Aucun autre enfant ne se porte volontaire.
Sarkozy cherche dans la salle. “N’y a-t-il personne ici qui puisse me donner un exemple de tragédie?”

Finalement, au fond de la salle, un petit garçon lève la main…
“Si l’avion présidentiel vous transportant vous et Carla était frappé par un “tir de missile ami” et était complètement désintégré, ce serait une tragédie”.

“Formidable!” s’exclame Sarkozy. “C’est exact. Et peux-tu nous dire pourquoi ce serait une tragédie?”

“Eh bien”, dit le garçon, “il faut bien que ce soit une tragédie, car ce ne serait certainement pas une grande perte, et probablement pas un accident non plus.”