
Pour le gouvernement, c’est Le symbole. Pour beaucoup d’autres, un simple faux nez. L’accès des élèves de quartiers populaires aux classes préparatoires des grandes écoles est devenu l’un des arguments phares de la droite sarkozienne lorsqu’elle évoque sa politique d’égalité des chances. Dans son discours sur la diversité, en décembre dernier, Nicolas Sarkozy en a fait un objectif pour 2010 : que 30 % de ces places soient réservées aux « meilleurs » lycéens boursiers. Las, ces quotas scolaires, initiés à Sciences-Po par Richard Descoings, restent, à l’évidence, une vitrine à la fois limitée et dangereuse. « Même si cela peut aider à casser certaines représentations, cela ne concerne au final que quelques dizaines d’élèves », relève l’Observatoire des zones prioritaires. Surtout, cet affichage élitiste permet de camoufler une politique qui va à l’exact opposé. « Il est paradoxal de promouvoir l’égalité des chances et de supprimer des postes de RASED (réseaux d’aides spécialisés aux élèves en difficulté) en début de course », fait remarquer le sociologue Jean-François Amadieu.
L. M.æ

