Lettre ouverte aux partis d’opposition (2)

Le 16 février 2009 je vous avais envoyé un email intitulé lettre ouverte aux partis républicains d’opposition. (J’avais pris soin de téléphoner à chacun des partis destinataires afin d’obtenir une adresse email valide.).

A ce jour, il me semble que cette lettre ouverte (en pièce jointe) n’a été ouverte que par des citoyen-nes qui en ont eu connaissance sur internet puisque aucun des partis destinataires n’a jugé utile d’apporter une réponse aux questions qu’elle contient ou même un simple accusé de réception. Je n’y vois bien sûr là rien de personnel, ainsi j’ose espérer que les nombreux autres citoyen-nes qui, dans le même état d’esprit, se sont adressé-es aux partis ou élu-es ont obtenu plus de réponses et de prises de position.

Pourtant, en ce 13 juin (quelques jours après le 7…) qu’avez-vous proposé ? Quels ont été vos combats, vos actes pour défendre, maintenir et améliorer les services publics et notamment le service public d’éducation ?

Nous savons, vous savez pertinemment que la « réforme » des services publics obéit pour partie à une logique programmée, afin d’obtenir la main mise sur l’école des pouvoirs politiques, religieux et libéraux. L’actuel ministre de l’éducation a d’ailleurs activement, patiemment, adroitement participé à ce projet.

Ces « réformes » obéissent aussi à des directives européennes. Ce sont notamment ces directives (qui préconisent le libéralisme et une école qui formate au lieu d’élever) que 55% des électeurs français ont refusé en 2005. Une grande partie d’entre eux ne revendiquait nullement une quelconque idéologie populiste. Une grande partie d’entre eux étaient (et sont encore) des citoyen-nes de gauche !!

Ces électeurs, ces citoyens ont-ils été entendus ? Ont-ils été écouté ?

C’est ainsi que les résultats électoraux du 7 juin ont été ce qu’ils devaient être, car rien n’a été fait pour qu’il en soit autrement . Le 7 juin, j’ai voté (pour un des partis destinataires de cet email) et appelé au vote. Pourtant je ne permettrais pas de juger la majorité qui ne s’est pas rendue aux urnes. Rien à voir ici avec le droit de vote acquis de haute lutte. Le silence de ces « non votants » n’est pas de l’indifférence, c’est un cri.

Ce cri, durant toute cette année, des parents, des enseignant-es, des étudiant-es, des citoyen-nes et des élu-es (locaux) l’ont poussé. Ils, elles l’ont poussé parce qu’ils et elles veulent une école qui permet l’accès à l’éducation pour tous , pour toutes ; une école qui permet l’accès à tous les savoirs en respectant la diversité des élèves et leurs rythmes d’apprentissage ; une école qui ne met pas élèves, familles, établissement en concurrence ; une école qui offre certes des savoirs mais qui favorise à la même hauteur la créativité, la citoyenneté, l’autonomie, l’esprit critique, l’accès à la culture – ou plutôt aux cultures- ; une école qui privilégie l’épanouissement plutôt que des savoirs formatés et formatants.

J’ose encore espérer que c’est l’école que vous souhaitez aussi. Mais pour l’instant votre silence à ce sujet aussi est assourdissant. Il sonne comme un renoncement, comme un abandon. Poursuivre ce silence c’est accepter que l’éducation des enfants ne soit dispensée que dans les écoles privées et que d’autres soient tout simplement privés d’école.

A ce jour, il apparaît que les questions posées dans la première lettre ouverte sont toujours d’actualité. Les quelques « reculs » ne sont qu’illusion et poudre aux yeux. Le démantèlement des RASED est réellement entamé, l’avenir de l’école maternelle reste plus qu’incertain, les enseignants –dits- « désobéisseurs » sont sanctionnés, les discours sécuritaires se multiplient, les attaques de la laïcité se répètent , de moins en moins larvées (discours de Latran, « accords » signés avec le Vatican, financement des écoles privées…) et j’en passe…

Comme de nombreux autres citoyen-nes, je considère que l’avenir de l’école publique ne peut se suffire de 6 mois de réflexions ni de survols de la planète en hélicoptère.

Il est urgent de proposer avec courage et convictions, sans compromission un projet de société où les services publics, la presse indépendante, le respect des libertés, les salaires et emplois décents, l’accès au logement, la démocratie ne seront pas que des souvenirs figurant vaguement dans les livres d’histoire. Un projet de société où la réussite n’est pas visible au poignet, où richesse ne rime pas avec profit mais avec solidarité, éducation et rapports humains.

C’est cela que les citoyen-nes attendent de vous. Rien d’autre.

LD

Militant du collectif « rased 62 »

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2 Responses to Lettre ouverte aux partis d’opposition (2)

  1. blanquart dit :

    Belle lettre L.D. ! Et ces derniers jours…

    Dans notre région, d’un maire local PS, dans son discours de cérémonie aux enseignants partant à la retraite : les bruits de couloir et les échanges à l’Assemblée ne donne aucun espoir de survie sur l’école maternelle, elle va peu à peu disparaître.
    L’état se désengage, la commune devra avec vos impôts étudier de nouvelles solutions d’accueil.
    Aucun appel à lutte ???? Aucun appel à se rassembler autour de collectifs citoyens ????
    De l’interview de Laurent Fabius, sur RTL, sur les nouvelles propositions de partir à la retraite à 67 ans. Il répond aux journalistes que c’est un sujet à étudier et qu’il faudra nécessairement parler de la pénibilité de « certaines » professions.
    Ce n’est donc pas un NON opposé brut de pomme !?????

    Alors oui, il y a vraiment un arrière goût amère d’abandon de certains partis d’opposition, et c’est sans doute ce qui permettra à Nicolas 1er de reconduire un nouveau règne de labeur !!!

  2. marie-christine dit :

    Il y a longtemps maintenant que le PS n’est plus un parti d’opposition. Il vote des deux pieds et des deux mains les directives européennes qui sabordent nos services publics. Nous ne devons plus compter sur nos parlementaires « vendus » pour transformer quoique ce soit allant dans le sens de « l’Humain ». Ils se sont depuis trop longtemps fourvoyés et vautrés dans les subsides dus au pouvoir. Nous devons changer le rapport de force d’une autre manière. Il faut que les citoyens s’emparent de toutes ces questions qui touchent à leur vie, à la solidarité, à la survie de la planète…Un autre type de société est à imaginer et à construire….Vite.

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