Lettre au recteur de la Coordination des Professeurs de Philosophie du Nord et du Pas-de-Calais

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59000 Lille.

à Monsieur le Recteur de l’Académie de Lille

Monsieur le Recteur,

Nous attirons depuis trois ans votre attention sur la dégradation des conditions dans lesquelles s’effectue pour les professeurs de philosophie leur mission de correcteurs du baccalauréat : deux pétitions réunissant plus de 150 signatures en 2006 et 2007 dans l’académie de Lille ; une restitution collectivement différée des notes en juin 2008 dans les académie de Lille, Nice, Rouen, Strasbourg, Paris, Créteil et Versailles ; en septembre dernier, une lettre-pétition envoyée à Monsieur Darcos, Ministre de l’Éducation Nationale, suivie d’une audience sollicitée et, à l’automne, obtenue auprès de vos services.

Notre demande avait été clairement articulée en trois points : le retour à l’échelonnement des épreuves qui avait longtemps prévalu et dans lequel la philosophie était une épreuve anticipée de plusieurs jours, un calendrier du bac globalement avancé et des maxima de copies, par correcteur et par séries, respectueux de nos conditions de travail. Rappelons que nous avions avancé les chiffres de 8 copies par jour en L, 10 en S et ES et 12 en série technologique : le nombre de journées ouvrées ne dépassant pas le ratio de 5 jours sur 7, c’est-à-dire de 9 jours sur 12 jours 1/2.

Or le calendrier des épreuves et nos ordres de mission pour la session de Juin 2009 font apparaître que nous n’avons été entendus sur aucun des trois points ; pire, qu’on a accentué, au nom de la désastreuse politique de « reconquête du mois de juin », les causes de désorganisation :

– en retardant encore le début des épreuves ;

– en minorant encore d’une journée les délais de correction en contradiction avec le BO n°3 du 15/01/09 : « les épreuves du bac commenceront un peu plus tard qu’en 2008, le temps laissé aux correcteurs restant, selon les disciplines, identique voire légèrement supérieur. »

– en s’éloignant toujours davantage d’une répartition rationnelle et équitable des lots de copies, dysfonctionnement renforcé par la politique de suppression massive de postes d’enseignants et, de facto, par la diminution du nombre de correcteurs.

Devant ce constat nous sommes conduits à demander :

— la restitution des notes différée de 1 jour et demi, soit jusqu’au vendredi 4 juillet, à 18h ;

— la réévaluation des lots de copies, telle que celle-ci ne puisse donner lieu à aucun excédent eu égard aux maxima déjà discutés ;

Nous vous informons que :

— Nous rendrons publique cette lettre, ainsi que la réponse que vous voudrez bien y apporter, aussi bien par voie de presse que par diffusion auprès des syndicats, des associations de parents d’élèves et des collègues des autres disciplines eux aussi pénalisés par ladite « reconquête du mois de juin » ;

— Nous nous disposons, si nous n’étions pas entendus, à engager des actions dès les 18 et 19 juin : grève des surveillances, diffusion de tracts informant les candidats et leur famille de la dégradation d’année en année des conditions d’évaluation des épreuves, non prise en charge des copies excédentaires ;
Nous rappelons que :

Il y a quelques années encore le calendrier du bac garantissait à chaque correcteur le temps nécessaire pour lire et relire chaque copie, pour rencontrer ses collègues dans le cadre de plusieurs commissions d’harmonisation des notes, pour procéder à des recherches et élargir ainsi son interprétation des sujets en fonction des copies corrigées, de telle sorte que chaque candidat fût récompensé au mieux de ses efforts de réflexion et de composition.

Nous constatons que :

Plus rien de cela n’est possible aujourd’hui. Nous pensons que la dégradation des conditions d’évaluation est le signe d’un mépris grandissant dont le lycée et le baccalauréat font aujourd’hui l’objet. Nous voudrions au contraire défendre ce diplôme, premier grade universitaire français que d’autres pays nous envient. Nous observons que la suppression massive de postes d’enseignants sur tout le territoire appauvrit chaque année un peu plus l’offre éducative dans toutes les disciplines et entraîne une pénurie de correcteurs disponibles, en philosophie et dans toutes les matières.

Nous avertissons que :

Si la proclamation des résultats de la session de juin 2009 du baccalauréat devait être retardée, les candidats et les familles seraient dûment informés que nous n’aurions fait que défendre les conditions de notre travail d’évaluation qui seules peuvent garantir la valeur du diplôme.

Nous vous prions, Monsieur le Recteur, de bien vouloir croire en notre indéfectible engagement en faveur des principes fondamentaux de l’École de la République.

Par ordre alphabaétique, les premiers signataires (et les suivants), 59 au total :

Jeanne Abis, Stéphane Adamo, Jacques Capelle, Thierry Cattafesta, Lucie Chanu, Thierry Ciarot, François Dehoze, JF Dejours, Ophélie Desmons, Fabrice Dewolf, Anne Dubelloy, Stéphane Enjalran, Yann Flament, Marie-france Fovet, Fanny Hurel, Georges Gastaud, Claire et philippe Koenig, Colette Kouadio, Virginie Larteau, Christine Le Coent, Eva Lerat, Christian Louboutin, Claire Noble, Luc et Camille Peterschmitt, Florence Merceille, Nathalie Rubel, Hubert Sauvage, Michèle Vergeade, Olivier Verseau, Yann Vetter, Serge Zajac, Jérôme Jardry, Alain Bienaimé, Gilles Lévêque, Jean-Luc Verhaeghe, Pauline Decelle, Caroline Chamoley, Eddy Quignon, Sylvie Lerat, Patrice Vanhamme, Sébastien Hoët, Frédéric Jacquet, Frédéric Rogalewicz, Nathalie Rubel, Bertrand Gibier, M.-D. Ville, Yvon Ducron, Laurent Bourhis, Cécile Wartelle, François Ide, M.-F. Fovet, Guillaume Lutz, José Bouchery, Elisabeth Touret, Gabriel Lavoix, Sylvie Devienne, Martin Doussau, Sophie Doussau

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