Contribution de Laurent du collectif « Rased 62 »

Si j’ai bien compris ce qui avait été dit lors de notre dernière rencontre avec l’IEN et, à la lecture rapide de sa dernière note de service, le fonctionnement du RASED et surtout la répartition des personnels resteront identiques à ce qui était mis en place auparavant.

Comme vous, je fais, hélas, le constat qu’il nous sera impossible de répondre à l’ensemble des demandes d’aide qui nous seront adressées. On pourrait considérer que vouloir répondre à toutes les demandes conduirait à un saupoudrage stérile et à un temps précieux passé sur la route (C’est là un des argument que mettaient en avant ceux qui prônaient la « réforme » quand nous étions un peu plus nombreux). Pourtant, j’admets qu’il est hors de question de faire autant et mieux (voire plus) en étant moins nombreux.

Nous avons admis ( ?) la nécessité de faire des choix…Secteurs géographiques ? cycles ? (D’autres peut-être sont possibles…).

Officiellement : priorité au cycle 2. (Il faut bien reconnaître qu’à Liévin, ce choix est celui du RASED et pas celui de l’IEN… ) En outre, garder le principe de 4 antennes est un choix géographique, on peut éventuellement l’admettre si la répartition des personnels est à minima équitable.).

[D’où une question locale : l’antenne où je travaillerai à la rentrée prochaine (et peut-être lors des années suivantes) sera composée d’une maîtresse E sédentarisée et d’un psychologue scolaire et de…C’est tout.

Le MEN,l’IA, l’IEN l’ont voulu ainsi…

Quelles propositions au sujet des synthèses concernant les élèves de ce secteur ?]

Avec le recul, une question me vient : Pourquoi n’avons nous pas, au moins proposé une priorité d’interventions au cycle 1 ? Pourquoi n’avons nous pas proposé -voire imposé- des interventions majoritairement à l’école maternelle ? Nous savons maintenant que la notion de prévention reste inscrite dans la nouvelle circulaire à paraître. Nous savons également que la notion même d’école maternelle est plus que menacée…

Nous aurions pu également nous interroger à propos des interventions des maîtres G au cycle 3…

Bref, nous avons fait des choix, car nous avons pensé en terme…d’efficacité.

E F F I C A C I T E

Ce terme renvoie à un choix de société qui n’est pas le mien…

Faire des choix en terme d’efficacité ne signifie-t-il pas renoncer à l’esprit de notre mission de service public ?

Il n’y a pas suffisamment de voyageurs sur le ligne XYZ…elle n’est pas rentable…

Il n’y a pas suffisamment de courrier à la Poste de Machin / Rose…Pas rentable…

Il n’y a pas assez d’accouchements à la maternité de Galet / mer…Pas rentable…

Il n’y a pas assez d’élèves en difficulté(s) dans le secteur de Prairie les Prés…Pas rentable…

Evidemment, je reste persuadé qu’il faut développer le DISPOSITIF RASED, pourtant, en acceptant de nous concentrer sur des secteurs et / ou sur un type d’élèves / enfants / familles, je pense que nous participons à la libéralisation de l’école (et pas seulement de l’école).

C’est notamment pour cette raison que je reste intimement persuadé que nous devons maintenir la nécessité des demandes d’aide écrites (quoiqu’en dise l’IEN, ce n’est pas un leitmotiv, c’est une nécessité)

– C’est un de nos outils (on peut aussi réfléchir à son amélioration). Il semble d’ailleurs qu’il n’apparaisse pas dans la nouvelle circulaire

– Continuer de l’utiliser , en particulier dans les « secteurs découverts » c’est faire état des difficultés qui n’auront pu être prises en charge, (notamment celles que les stages machin et l’aide personnalisée hors temps scolaire n’auront su et pu au moins réduire).

– Au contraire, laisser mourir les demandes d’aide (parce que c’est long, mangeur de temps, parce que ça oblige à un certain regard sur l’enfant parce que ci…parce que ça…pour tout un tas de bonnes mauvaises raisons…) n’aboutira qu’à une chose : s’entendre dire «  la  réforme  a permis de mettre fin à la difficulté scolaire ».

A propos de difficulté scolaire… Qu’est ce que c’est ?

La difficulté d’un-e élève ? D’une classe ? D’une école ? D’une famille considérée comme non adaptée ?

Qu’est-ce que nous proposons, sans être donneurs de leçons, pour tenter de répondre à cette question ?

De manière générale, qu’est ce que nous proposons pour que le moins d’élèves possible aient besoin de l’intervention du RASED ?

Qu’est ce que nous proposons pour que familles et enseignant-es ne jouent pas au ping-pong mais soient dans le même camp ?

Qu’est ce que nous proposons pour qu’on ne se focalise pas uniquement sur la sauvegarde des RASED, sur une sauvegarde de postes mais sur l’élaboration d’une école qui développe connaissances, créativité, esprit critique et libre choix ?

Comme d’autres, je ne veux pas de l’école qu’on nous annonce, qu’on nous VEND ( sous prétexte des 53 % de suffrage en 2006, mais en oubliant les 55 % de 2005). Néanmoins, l’école d’avant 2006 reste largement à améliorer et même à construire. Je reste persuadé que les membres des RASED peuvent y contribuer, et pas seulement au choix d’une école mais aussi à celui d’une société et des nombreuses luttes qu’elle implique.

Pour finir sur une note moins donneur de’l’çons…Cette année scolaire a été éprouvante, mais elle m’a offert des moments inoubliables….Et comme disait quelqu’un : « je ne sais pas si ce qu’on fait servira, mais, on aura vécu ».

Tout ça, ce n’est que mon avis…

Laurent

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Une réponse à Contribution de Laurent du collectif « Rased 62 »

  1. admin dit :

    une contribution qui peut nous aider à préparer nos prochaines rencontres avec les « IEN »
    A propos des lettres de cadrage ou de sédentarisation que l’on pourrait vous présenter : surtout ne signez rien!!

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