Archive pour juin 2009

Collectif parents 74 : Lettre de soutien aux enseignants en résistance pédagogique

Lundi 29 juin 2009

Monsieur l’Inspecteur d’Académie,
Monsieur le Ministre de l’Education Nationale,

Nous sommes parents d’élèves des écoles élémentaires et maternelles de Haute-Savoie, inquiets des réformes de l’Education Nationale mise en place pendant le mandat de Monsieur Xavier Darcos, et profondément choqués par les sanctions disciplinaires qui s’intensifient à l’égard des enseignants.

Face à ces inquiétudes, nous avons jugé nécessaire de nous organiser en créant un collectif indépendant de toute organisation politique ou syndicale : le Collectif Parents 74, qui réunit aujourd’hui des parents d’une soixantaine d’écoles du département (d’Annemasse à St-Gervais, d’Annecy à St-Jean d’Aulp). De nombreux collectifs regroupant enseignants et parents d’élèves se sont ainsi formés sur tout le territoire, sous la bannière « Ecole en Danger ».

Tout au long de cette année scolaire, nous avons eu l’occasion à maintes reprises de constater le mépris de Monsieur Darcos à l’égard de ses enseignants, et reléguant les parents que nous sommes à de simples usagers (pour ne pas dire bulletins de vote), par autant de réformes imposées sans concertation et pour lesquelles l’intérêt des élèves n’est plus la priorité :
-    classes de plus en plus chargées (suppression massive de postes),
-    moindre prise en charge de la grande difficulté scolaire (disparition des RASED sur 3 ans),
-    stigmatisation des élèves en difficulté, allongement de la durée quotidienne d’enseignement au-delà de la limite légale de 6h et/ou stages pendant les vacances pour ces élèves,
-    rythmes scolaires (24h sur 4 jours) contraires aux études scientifiques et pédagogiques,
-    programmes scolaires laissant de moins en moins de place à la découverte et à l’expérimentation par les élèves,
-    évaluations nationales dont les critères et les finalités posent question,
-    absences d’enseignants (même prévues) non remplacées ou seulement partiellement,
-    précarité des postes d’auxiliaires de vie scolaire (AVS), assurant l’intégration des enfants handicapés.

Ces mesures ont été refusées par des milliers d’enseignants du 1er degré qui « en conscience » sont entrés en résistance pédagogique. Par ce refus, ils ont montré leur profond attachement à une école publique de qualité, gratuite et laïque, accessible à tous, valeurs que nous parents défendons également, et nous les en remercions vivement. Avec ce refus, ces enseignants se sont exposés « en conscience » à des sanctions, qui n’ont effectivement pas tardées (retenues sur salaire disproportionnées, promotion annulée, sortie scolaire annulée, etc.). Or nous apprenons en cette fin d’année scolaire que ces enseignants sont maintenant convoqués en conseil de discipline, et ce pendant les vacances d’été (le 7 juillet pour Erwan Redon et le 9 juillet pour Alain Refalo, y en aura t’il d’autres ?). Nous ne saurions accepter ces sanctions injustes, telles une double peine, qui ne font qu’accentuer notre malaise à l’égard d’une administration autoritaire et renforcer notre détermination à s’opposer à ces pratiques inadmissibles. De telles attaques aux libertés d’expression et de pédagogie, pourtant inscrites dans nos lois, qui plus est en catimini pendant les vacances, ne peuvent que contribuer à accroître notre sentiment d’indignation et d’inquiétude sur l’avenir de l’école de la République.

Nous protestons contre ces sanctions financières et plus encore contre ces conseils de discipline dont la démesure cache mal une volonté de mettre fin à la contestation. Doit-on rappeler que ces enseignants ont assuré toutes leurs heures de cours ? Ils seraient donc coupables d’avoir voulu adapter l’enseignement à la fatigue et au rythme de leurs élèves, qu’ils connaissent mieux que quiconque, et ce en accord avec leurs parents. Nous espérons sincèrement que dans le respect de ce qui fonde notre République vous saurez relativiser cette désobéissance responsable et réfléchie dans l’intérêt de l’enfant.

A l’opposé des suppressions massives de postes, de la division orchestrée de la communauté éducative, et de la répression sans précédent en cours, nous avons besoin dans toutes les écoles de France, de sérénité, de dialogue et d’un nombre suffisant d’enseignants disposant de moyens adaptés afin que nos enfants puissent recevoir de l’école tout ce qu’elle leur doit, dans les meilleures conditions.

Nous réitérons notre soutien total et notre solidarité à l’égard des enseignants ayant décidé de désobéir pour ne pas cautionner la mise en pièces du service public d’éducation de notre pays. Nous sommes à leurs côtés pour défendre une école du respect, de la coopération et de la réussite pour tous les enfants.
Nous demandons à ce qu’aucune sanction ne soit exercée à l’égard de ces enseignants qui ont déjà été largement punis tout au long de l’année. Nous appelons de nos vœux les plus sincères le nouveau Ministre de l’Education à annuler ces procédures disciplinaires, un geste d’apaisement qui soulignerait une volonté de reprise du dialogue attendue depuis des mois.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Monsieur le Ministre, l’expression de notre attachement respectueux à la dignité de l’État républicain et de croire en notre détermination à continuer d’œuvrer pour la qualité de l’école publique pour tous.

Nom, prénom :
Adresse :
Signature :

Contribution de Laurent du collectif “Rased 62″

Lundi 29 juin 2009

Si j’ai bien compris ce qui avait été dit lors de notre dernière rencontre avec l’IEN et, à la lecture rapide de sa dernière note de service, le fonctionnement du RASED et surtout la répartition des personnels resteront identiques à ce qui était mis en place auparavant.

Comme vous, je fais, hélas, le constat qu’il nous sera impossible de répondre à l’ensemble des demandes d’aide qui nous seront adressées. On pourrait considérer que vouloir répondre à toutes les demandes conduirait à un saupoudrage stérile et à un temps précieux passé sur la route (C’est là un des argument que mettaient en avant ceux qui prônaient la « réforme » quand nous étions un peu plus nombreux). Pourtant, j’admets qu’il est hors de question de faire autant et mieux (voire plus) en étant moins nombreux.

Nous avons admis ( ?) la nécessité de faire des choix…Secteurs géographiques ? cycles ? (D’autres peut-être sont possibles…).

Officiellement : priorité au cycle 2. (Il faut bien reconnaître qu’à Liévin, ce choix est celui du RASED et pas celui de l’IEN… ) En outre, garder le principe de 4 antennes est un choix géographique, on peut éventuellement l’admettre si la répartition des personnels est à minima équitable.).

[D’où une question locale : l’antenne où je travaillerai à la rentrée prochaine (et peut-être lors des années suivantes) sera composée d’une maîtresse E sédentarisée et d’un psychologue scolaire et de…C’est tout.

Le MEN,l’IA, l’IEN l’ont voulu ainsi…

Quelles propositions au sujet des synthèses concernant les élèves de ce secteur ?]

Avec le recul, une question me vient : Pourquoi n’avons nous pas, au moins proposé une priorité d’interventions au cycle 1 ? Pourquoi n’avons nous pas proposé -voire imposé- des interventions majoritairement à l’école maternelle ? Nous savons maintenant que la notion de prévention reste inscrite dans la nouvelle circulaire à paraître. Nous savons également que la notion même d’école maternelle est plus que menacée…

Nous aurions pu également nous interroger à propos des interventions des maîtres G au cycle 3…

Bref, nous avons fait des choix, car nous avons pensé en terme…d’efficacité.

E F F I C A C I T E

Ce terme renvoie à un choix de société qui n’est pas le mien…

Faire des choix en terme d’efficacité ne signifie-t-il pas renoncer à l’esprit de notre mission de service public ?

Il n’y a pas suffisamment de voyageurs sur le ligne XYZ…elle n’est pas rentable…

Il n’y a pas suffisamment de courrier à la Poste de Machin / Rose…Pas rentable…

Il n’y a pas assez d’accouchements à la maternité de Galet / mer…Pas rentable…

Il n’y a pas assez d’élèves en difficulté(s) dans le secteur de Prairie les Prés…Pas rentable…

Evidemment, je reste persuadé qu’il faut développer le DISPOSITIF RASED, pourtant, en acceptant de nous concentrer sur des secteurs et / ou sur un type d’élèves / enfants / familles, je pense que nous participons à la libéralisation de l’école (et pas seulement de l’école).

C’est notamment pour cette raison que je reste intimement persuadé que nous devons maintenir la nécessité des demandes d’aide écrites (quoiqu’en dise l’IEN, ce n’est pas un leitmotiv, c’est une nécessité)

- C’est un de nos outils (on peut aussi réfléchir à son amélioration). Il semble d’ailleurs qu’il n’apparaisse pas dans la nouvelle circulaire

- Continuer de l’utiliser , en particulier dans les « secteurs découverts » c’est faire état des difficultés qui n’auront pu être prises en charge, (notamment celles que les stages machin et l’aide personnalisée hors temps scolaire n’auront su et pu au moins réduire).

- Au contraire, laisser mourir les demandes d’aide (parce que c’est long, mangeur de temps, parce que ça oblige à un certain regard sur l’enfant parce que ci…parce que ça…pour tout un tas de bonnes mauvaises raisons…) n’aboutira qu’à une chose : s’entendre dire «  la  réforme  a permis de mettre fin à la difficulté scolaire ».

A propos de difficulté scolaire… Qu’est ce que c’est ?

La difficulté d’un-e élève ? D’une classe ? D’une école ? D’une famille considérée comme non adaptée ?

Qu’est-ce que nous proposons, sans être donneurs de leçons, pour tenter de répondre à cette question ?

De manière générale, qu’est ce que nous proposons pour que le moins d’élèves possible aient besoin de l’intervention du RASED ?

Qu’est ce que nous proposons pour que familles et enseignant-es ne jouent pas au ping-pong mais soient dans le même camp ?

Qu’est ce que nous proposons pour qu’on ne se focalise pas uniquement sur la sauvegarde des RASED, sur une sauvegarde de postes mais sur l’élaboration d’une école qui développe connaissances, créativité, esprit critique et libre choix ?

Comme d’autres, je ne veux pas de l’école qu’on nous annonce, qu’on nous VEND ( sous prétexte des 53 % de suffrage en 2006, mais en oubliant les 55 % de 2005). Néanmoins, l’école d’avant 2006 reste largement à améliorer et même à construire. Je reste persuadé que les membres des RASED peuvent y contribuer, et pas seulement au choix d’une école mais aussi à celui d’une société et des nombreuses luttes qu’elle implique.

Pour finir sur une note moins donneur de’l’çons…Cette année scolaire a été éprouvante, mais elle m’a offert des moments inoubliables….Et comme disait quelqu’un : « je ne sais pas si ce qu’on fait servira, mais, on aura vécu ».

Tout ça, ce n’est que mon avis…

Laurent

Pour les EVS/AVS

Dimanche 28 juin 2009

–Monsieur Le Président,

Merci de lire ce message,

Un p’tit bonheur sur une page,

Une douceur… pour l’Éducation Nationale.

Je le confie à la toile,

La grande toile du progrès,

Afin qu’il tisse les voiles…

De la solidarité,

Et qu’il rayonne aux ondes…

De l’humanité.

Je suis Professeur des Écoles

Dans un petit village de l’Eure,

Trois cents âmes y demeurent,

Et vingt- six élèves à l’école…

Une classe, dite « unique »,

Mais cinq cours, dits multiples…

Dans cette école une chance,

Un p’tit morceau de bonheur,

Qui s’écrit avec ces trois lettres:

Employée de la Vie Scolaire…

Pour l’Éducation Nationale,

Un p’tit bonheur, c’est pas banal,

Un léger baume sur le cœur

De cette Grande Dame

Un peu…bancale !

Notre bonheur, c’est Géraldine,

En silence elle participe

A la guérison d’la Grande Dame…

Elle est… une Valeur

Ajoutée HUMAINE rentabilité,

Et c’est du bonheur …assuré !

Dès le matin, elle s’active,

C’est sur le net qu’elle s’incline

Les courriers, les notes de service,

Toutes les infos de l’inspectrice,

Et celles de l’Académie…

Mes mots notés au brouillon,

Les comptes-rendus de réunion,

Tapés, imprimés, photocopiés,

Enveloppés, adressés, timbrés,

Prêts à être distribués…

Encadrés, les derniers dessins des CP,

Affichés, sinon…à quoi bon dessiner?

Un CM vient montrer son texte sur le musée,

Elle l’aide à le recopier, à taper sur le clavier…

Retentit le téléphone, qu’elle décroche sans tarder,

Afin de ne pas gêner, le travail commencé,

Un autre enfant vient finir avec elle l’exercice,

Elle explique et décortique, redonne de l’énergie..

Rangée la bibliothèque,

Notés les livres prêtés,

Elle prépare la maquette,

La une du journal scolaire…

Ah! Notre petit journal

« Magique », ils l’ont appelé

Quel travail de fourmi,

J’y passerai……des nuits ?

Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler,

Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux cafés,

Quelques chaudes gorgées, entre… deux conflit

Des solutions à trouver, des mots à reformuler,

Une écorchure à soigner, une blessure à consoler…

Et puis…c’est reparti !

Sur les chemins de la connaissance,

Vaincre ainsi sans cesse l’ignorance,

Avec labeur, effort, sérieux,

S’ouvrir l’esprit, être curieux.

Ne pas oublier l’insouciance,

De tous ces êtres en enfance,

La bonne blague!…

On la mettra dans le journal,

Les bons gags, et les rires, c’est vital

Dans les pots

Les peintures sont bien préparées,

Quatre enfants sur un chevalet,

Deux à l’ordi pour recopier,

Les autres en dessin sur papier,

…Sans elle, jamais…

Ce ne serait si bien géré.

Bientôt la fin de la journée,

Plus l’aide personnalisée,

Restent les cahiers à corriger,

Faire le point pour évoluer,

Et demain..tout continuer…..

Ce soir, coup de fil…

C’est Géraldine,

A sa voix, je perçois,

Une blessure qui abîme…

Ecoute, me dit-elle…c’est à pleurer !

Du « Pôle Emploi » j’ai reçu…un imprimé,

Dans quelques semaines, c’est marqué,

Votre contrat est terminé…

Ils me demandent ce que j’ai fait, Pour trouver un futur emploi..

Sa voix se fêle… »J’ai… un emploi! »

Ils me demandent ce que j’ai fait, pour me former, pour m’insérer,

Sa voix se gèle…. puis accélère:

« Je… suis formée, depuis trois ans,

j’me sens utile, insérée et c’est varié,

Pas bien payé, mais..j’veux rester ! »

Sa voix s’étrangle… c’est à pleurer…

Ils me demandent mes compétences

C’que j’ai acquis, que vais-je répondre?

Il y a l’espace …d’UNE LIGNE

UNE LIGNE…. mais tu te rends compte !

J’ai honte, honte…il aurait fallu UNE PAGE

Au moins UNE PAGE pour répondre,

J’ai honte, honte..pour notre Grande Dame

Pour ceux qui l’ont créée, l’ont fait évoluer,

Qui a tant appris aux enfants,

Qui a tant encore à leur apprendre..

Et Géraldine ???

On n’ lui dira même pas MERCI

Bien sûr, pas de parachute doré,

Et même pas d’indemnité

Ils lui précisent…

Oh!… comme ils disent

D’étudier ses droits…pour… le R.M.I.

Elle a raison…c’est à pleurer..

Alors qu’on demande chaque jour,

A nos élèves de dire « Bonjour »

De dire « Au revoir » et…. « Merci »

De s’ respecter, d’être poli

Comme vous dîtes, Monsieur Sarkozy…

Que vais-je dire, à la p’tite fille,

Qui l’aut’re jour, près de moi,s’est assise,

Et ,toute fièrement, m’a dit:

« Tu sais, Maîtresse,moi, quand j’serai grande,

J’irai au collège, comme mon grand frère,

J’irai au lycée, j’passerai mon bac,

Et je ferai…comme Géraldine! »

Je sursaute.. Mon cœur se serre..

C’est à pleurer.

*C.Picavet*

Professeur des écoles à l’école des Livres

Magiques Saint-Grégoire du Vièvre (Eure)

En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina,  Laurence, Elodie, à tous les Philippe, Sébastien, et bien d’autres qui ont valorisé mon travail, et participé à la guérison d’la Grande Dame… qui est encore bien malade…

Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la  magie des mots,

Et pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque Euros…

Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation, Jetterai son salarié, pour prendre un autre, recommencer ?

Quel jardinier, quel paysan, brûlerai sa récolte mûre, après avoir semé, soigné?

Je n’ai pas fumé la moquette

Je veux seulement que l’on arrête,

De prendre les gens pour des pions,

Qu’on arrête de tourner en rond !

Torpillé le « Chagrin d’école »

En mille miettes de BONHEUR !

En l’honneur de tous ces p’tits bonheurs..

INONDONS LE NET les amis, les décideurs,

les chômeurs, les travailleurs,

directeurs, les inspecteurs,

employés et professeurs,

députés, ministres,

r’m'istes ou artistes,

chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs,

radios, journaux, télés, et à tous ceux qui

sont…parents…d’un enfant..

enfin à chaque être humain de ce pays qui j’espère un jour

dans sa vie, a bénéficié d’un peu de bonheur,

de cette Valeur Ajoutée

HUMAINE rentabilité,

dans le giron de la Grande Dame.

P.S: Ironie….. A la rentrée, c’est presque sûr

Notre petite école rurale

Sera dotée d’une Valeur Matérielle Ajoutée,

Des fonds ont été débloqués,

Huit ordinateurs et un tableau interactif

Une « classe numérique » Nous serons à la pointe du progrès !

Et pour cela, je serai formée!

Mais, qui m’aidera à installer, et à gérer, sans Valeur

Humaine Ajoutée !

COMMUNIQUE DE PRESSE COORDINATION NATIONALE ECOLE EN DANGER SUR LA REPRESSION

Dimanche 28 juin 2009


Conscient de l’importance de la mobilisation des salariés de l’éducation et des parents contre les réformes DARCOS et PECRESSE et inquiet de cette forme de résistance inédite, le gouvernement espère briser la contestation par la répression, multipliant sanctions financières et administratives, pressions et intimidations…

La coordination nationale Ecole en Danger dénonce notamment les procédures disciplinaires qui visent les enseignants désobéisseurs et appelle tous les collectifs mobilisés et, plus largement, tous ceux qui sont conscients de la gravité des attaques portées contre l’école et ceux qui osent la défendre, à soutenir les enseignants sanctionnés et particulièrement :

-   Erwan REDON, professeur des écoles à Marseille (13), syndicaliste et militant, qui a exprimé dans une tribune sur Rue 89 les raisons pour lesquelles il est réfractaire aux mesures en cours. Après avoir subi un retrait de salaire de trente-deux  jours et un refus d’organisation de classe verte, il  est convoqué à Marseille le 7 juillet à  9h devant la commission paritaire siégeant en formation disciplinaire pour « insuffisance professionnelle » et risque le licenciement. La CNEED appelle à signer et faire signer la pétition de soutien et à venir nombreux de chaque département à Marseille le 7 juillet.

Voir le blog du comité de soutien à Erwan : http://www.soutienerwanredon.org

-   Alain REFALO, instituteur à Colomiers (31), qui a initié le  mouvement de résistance pédagogique par la publication de la  lettre à son inspecteur : « En conscience, je refuse d’obéir ». Après avoir subi un retrait de quatorze jours de salaire et un refus de promotion au grand choix pour avoir mis en place un atelier théâtre sur le temps de l’aide personnalisé, il est convoqué à Toulouse le jeudi 9 juillet à 15h devant la commission paritaire siégeant en formation disciplinaire pour « refus d’obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective et  attaque publique contre un fonctionnaire de l’Education Nationale ».  (Les modalités de soutien seront communiquées dès que possible. Voir le blog de résistance pédagogique pour l’avenir de l’école : http://resistancepedagogique.blog4ever.com).

La coordination nationale Ecole en danger invite à mener des actions de solidarité et à dénoncer  ces mesures de répression qui ne pourront venir à bout de cette résistance collective pour un service public d’éducation de qualité pour tous.

Porte-parole de la coordination nationale Ecole en Danger :

Isabelle CAMPANELLA (Lyon) isabelle.campanella@free.fr 04 72 00 84 66

Bruno EZ-ZAFIR (Villefranche) b.ez-zafir@laposte.net 06 10 59 62 88

Maïlys LE DEUN (Toulouse) ldmailys@free.fr 06 83 58 11 46

Hassénia SIRAT (Dijon) sirat.hassenia@hotmail.fr 06 61 41 20 52

www.agnationale.org

Pas de Calais : Mouvement des “IEN”

Dimanche 28 juin 2009

Trop de chefs et pas assez d'indiens!!!

La CAPN traitant du 2éme temps du Mouvement des IEN s’est tenue le jeudi 25 juin dernier. 12 circonscriptions sur les 35 de notre département  changent de titulaires à la prochaine rentrée), il faut y rajouter les 3 pourvues lors du 1er temps : soit un total 15 circonscriptions sur 35!

2 nouveaux départs :

- Monsieur F Dierendonck (Avion) pour le Nord.
- Monsieur F Sergent (Liévin)  pour le Nord .

Les arrivées :

- Arras 3 : monsieur David Detève

- Arras 4 : madame Claire Pelosse

- Audruicq : monsieur Eric Ennebeck

- Avion : monsieur Vincent Cotton

- Beuvry : monsieur Franck Jolivet

- Boulogne : monsieur Eric Bouvier

- Lens : monsieur David Rataj

- Liévin : madame Patricia Picques

- Montigny-en-Gohelle : madame Brigitte Depret

- Saint Omer 1 : monsieur Mickaël Derosier

- Saint Omer rural : monsieur Hervé Dufour

- Vendin le Vieil : monsieur Lionel Lefebvre

Hubert MONTAGNER : Appréciation de la sanction demandée par l’administration de l’Education nationale pour punir Monsieur Erwan REDON, professeur des écoles “désobéisseur”

Dimanche 28 juin 2009

Monsieur Erwan REDON est convoqué le 7 juillet 2009 à MARSEILLE devant un conseil de discipline qui pourrait décider de le licencier. La raison invoquée par Madame Catherine PONSIN-COSTA, l’Inspectrice de la circonscription de Marseille 3, est qu’il n’a pas assuré pendant “le temps de midi” l’aide individualisée aux enfants en difficulté scolaire “dans les conditions prévues par les textes et le projet de circonscription”. Elle précise que “la mise en place de l’aide  personnalisée” s’appuie sur “une méthodologie claire qui part de
l’identification des besoins des élèves” qu’elle qualifie de “diagnostic”. En conséquence, ”Il n’y a pas lieu de substituer à cette démarche une quelconque animation, qui ne correspondrait pas aux attentes institutionnelles”. Elle annonce donc à Erwan REDON qu’elle “ne valide pas du tout” son projet “d’Ateliers éducatifs du midi”, et lui demande de ne pas faillir à ses obligations de “répondre aux instructions officielles” tout en lui rappelant “l’attachement au service public d’éducation” qu’il a affirmé dans son précédent courrier (1).

Ayant eu le privilège d’effectuer le premier temps de ma scolarité dans une école publique à deux classes dans un village du Finistère, je suis moi-même très attaché au service public d’éducation. Cependant, après plus de trente ans de recherches sur le développement et les équilibres biologiques et psychologiques de l’enfant dans ses différents lieux de vie, je suis également très attaché à la protection, la défense, le bien-être, la « bien traitance » et la réussite des enfants-élèves, quels que soient leurs particularités, leur(s) milieu(x) familial (aux) et social(aux), quelles que soient leurs origines ethniques. Contrairement à ce que Madame l’inspectrice PONSIN-COSTA affirme quand elle enjoint à Erwan REDON “de travailler selon une méthodologie claire qui part de l’identification des besoins des enfants”, l’aide personnalisée que le ministère de l’Education Nationale a imposée aux professeurs des écoles ne part pas de l’identification des besoins des enfants. Elle relève du tour de passe-passe ou du bricolage. En effet, en instituant sans concertation une semaine scolaire de quatre jours pour les enfants, et en obligeant ainsi les enseignants à faire en quatre jours ce qu’ils faisaient en quatre jours et demi, le Ministre de l’Education Nationale a “institué” une contradiction formelle entre la durée du temps que les élèves doivent obligatoirement passer en classe (vingt-quatre heures par semaine sur quatre jours) et la durée du service obligatoire d’enseignement pour les Professeurs des écoles (vingt-six heures par semaine. Où est passée la vingt-septième heure lorsque le samedi matin était un temps scolarisé ?). Je ne crois pas que ce “décalage” aurait entraîné l’adhésion raisonnée de René DESCARTES auquel Madame l’inspectrice PONSIN-COSTA se réfère dans sa lettre à Erwan REDON (voir plus loin). En conséquence de la nouvelle mesure, les idéologues irresponsables du Ministère de l’Education Nationale ont décrété que, en plus de leurs vingt-quatre heures hebdomadaires “devant les élèves”, les maîtres devaient consacrer trente minutes par jour hors temps scolaire aux enfants en difficulté dans les apprentissages des “fondamentaux”, c’est-à-dire du français, du calcul et des mathématiques (deux heures par semaine). De toute évidence, ils ne savent pas ou ne veulent pas savoir que les plus fragiles, vulnérables, démunis, anxieux, angoissés, ayant des “troubles du comportement”, en souffrance à l’école et dans un milieu familial lui-même en souffrance … sont intellectuellement saturés et insuffisamment vigilants, attentifs, réceptifs et disponibles dans les trois créneaux parmi lesquels l’aide personnalisée doit être organisée, en particulier au cours de la “pause méridienne” (voir plus loin pour les autres moments). Les idéologues “technocrates” du Ministère de l’Education Nationale justifient leur décision d’exiger des enseignants qu’ils consacrent les deux heures “flottantes” de la semaine à l’apprentissage des “fondamentaux”, en s’abritant derrière les évaluations (très discutables : voir la lettre jointe qui a été adressée à l’Inspecteur d’académie de la Vendée) qui ont été réalisées au plan national ou au plan international sur les écoliers français à la sortie de l’école élémentaire et/ou à l’entrée au collège. Leur niveau scolaire est en effet jugé moyen ou médiocre, et le pourcentage des enfants dits en échec scolaire serait élevé.

En exigeant qu’une demi-heure par jour soit obligatoirement consacrée à l’apprentissage des fondamentaux soit avant la classe, soit pendant la “pause méridienne” (c’est le cas de Erwan REDON), soit après la classe, les idéologues “technocrates” ont aggravé la pression intellectuelle et relationnelle générée par la “nécessité” de faire en quatre jours ce qui était fait en quatre jours et demi et par des “nouveaux programmes” délirants, impossibles à réaliser. C’est particulièrement évident pour les enfants qui ont des difficultés à comprendre et apprendre. C’est aveuglant pour ceux que l’on dit en échec scolaire et qui cumulent les difficultés personnelles, familiales et sociales. Prenons un exemple. Au cours préparatoire (la plupart des enfants sont alors âgés de six à sept ans), les professeurs des écoles sont dans l’obligation de consacrer tous les jours deux heures trente à l’apprentissage formel et explicite du français (vocabulaire, grammaire, syntaxe) et une heure quinze minutes à l’apprentissage formel et explicite du calcul et des mathématiques. C’est irréalisable. En outre, il faut donc ajouter trente minutes d’aide personnalisée à des moments où les enfants en difficulté ne peuvent pas se réaliser comme élèves, même s’ils font preuve de la meilleure volonté du monde et même si leurs maîtres sont les meilleurs pédagogues du monde. Il faut également ajouter la durée des devoirs à la maison et les autres contraintes temporelles pendant les temps scolaires, familiaux et sociaux. Je mets au défi le Ministre de l’Education Nationale (et le Président de la République) de démontrer qu’une telle organisation du temps journalier et une telle pression intellectuelle et relationnelle, stressante, anxiogène et angoissante, se traduisent par une amélioration des performances des enfants dans l’apprentissage des “fondamentaux”. Et, ce qui est plus grave, dans l’acquisition et la maîtrise du sens et de la signification de ce  qui est apparemment appris, y compris chez les bons élèves. Une telle pression intellectuelle et relationnelle a la plus forte probabilité de générer ou renforcer l’insécurité affective, les peurs, blocages et/ou inhibitions, le désintérêt, la démotivation ou le “désamour” de l’école, et encore la perte de confiance en soi et dans autrui, la quasi-impossibilité de nourrir l’estime de soi. Le Ministre et la hiérarchie de l’Education Nationale ont institué un système qui s’apparente à une forme inédite de maltraitance.

Il est étonnant que, dans la lettre du 8 février 2009 qu’elle a adressée à Erwan REDON, Madame l’inspectrice Catherine PONSIN-COSTA lui conseille de lire “Le discours de la méthode de DESCARTES” et “Le contrat social de ROUSSEAU”. Faut-il conseiller à Madame l’inspectrice la lecture de l’excellent ouvrage du neurobiologiste américain DAMIANO “L’erreur de DESCARTES” dans lequel ce spécialiste mondialement reconnu relativise les processus cognitifs et explique pourquoi la rationalité affichée du cartésianisme ne peut pas rendre compte à lui seul, ou pas du tout, du fonctionnement du cerveau et des conduites humaines. Eh oui, les émotions, l’univers émotionnel et l’affectivité des personnes jouent évidemment et également un rôle dans la construction et la fonctionnalité des processus cognitifs, des apprentissages et des constructions intellectuelles. Par ailleurs, faut-il lui rappeler ou apprendre que Jean-Jacques ROUSSEAU avait abandonné ou laissé abandonner ses enfants aux Enfants-Trouvés ? Autrement dit, est-ce que Jean-Jacques ROUSSEAU est réellement la meilleure référence morale et philosophique pour un professeur des écoles, en l’occurrence Erwan REDON, dont la pédagogie est essentiellement fondée sur l’écoute, le dialogue, le respect des choix et de la parole de l’enfant, la liberté d’expression et l’humanisme, quelle que soit l’excellence de l’oeuvre de “l’écrivain-philosophe- théoricien” ?

Le Ministre et la hiérarchie de l’Education Nationale ont commis une faute humaine et professionnelle en sanctionnant les Professeurs des écoles qui n’ont pas voulu se rendre complices de la nouvelle forme de maltraitance des enfants-élèves que constitue l’ensemble des mesures qu’ils ont imposées, et en particulier en punissant Erwan REDON lourdement et de façon disproportionnée. En effet, dans un projet intitulé “ateliers éducatifs du midi (14 mars 2009) tout à fait rationnel (merci René DESCARTES) et bien argumenté, il a demandé, dans le cadre de l’aide personnalisée, à organiser pendant “la pause méridienne” des situations qui permettent aux enfants accueillis à la cantine (et aux autres) de vivre un temps personnalisé qui les prépare à mieux se réaliser comme élèves au cours de l’après-midi. Il écrit en effet que “la philosophie de ce temps, est de permettre aux enfants les activités de détente, de repos, de calme, éducatives, artistiques, créatives…par un aménagement structurel le permettant.»(1). Erwan REDON a parfaitement raison. En effet, il apparaît ainsi soucieux de gommer les conséquences négatives d’un temps méridien qui se caractérise tous les jours, et de façon universelle, par une dépression de la vigilance corticale (globalement la vigilance du cerveau) … et, à la cantine, par une ambiance bruyante, des impossibilités de communiquer et de dialoguer, des bousculade, des conflits stressants, des frustrations … et donc forcément par une fatigabilité augmentée, par des déficits dans la réceptivité, la disponibilité et l’attention sélective. Par sa décision intelligente et responsable, Erwan REDON n’a pas voulu être complice de la nouvelle forme de maltraitance constituée par la mise en oeuvre de situations d’apprentissage personnalisées à l’un des moments les plus défavorables pour apprendre les fondamentaux.

Mieux que quiconque, Erwan REDON et les professeurs des écoles qualifiés de “désobéisseurs” savent que, pendant le temps postprandial, le début de la matinée qui précède l’entrée en classe et le temps après la classe, les enfants en difficulté sont encore plus en difficulté qu’aux autres moments. La plupart sont alors plus fatigués et fatigables que les autres. On observe qu’ils sont de plus en plus stressés, de plus en plus “déconnectés” par rapport aux messages du maître, de moins en moins vigilants, réceptifs, disponibles et attentifs et de moins en moins motivés à mesure qu’ils avancent dans la journée. Dans les écoles des secteurs dits socialement sensibles, beaucoup sont épuisés et/ou enfermés dans leurs peurs, échecs, blocages et inhibitions, dans leur anxiété, leurs angoisses … surtout lorsqu’ils se projettent dans le retour à la maison alors que leur milieu familial est lui-même en souffrance. Même s’il est variable, un nombre d’enfants-élèves non négligeable le sont déjà au début de l’après-midi ou même, pour les plus fragiles, vulnérables et démunis, dès la fin de la matinée comme le montre l’observation des enfants accueillis dans les écoles de ZEP. Seuls les enfants qui vivent au quotidien dans la sécurité affective, sans déficits de sommeil et sans comportements “perturbés” et/ou “perturbateurs”, peuvent être suffisamment vigilants, attentifs, réceptifs, disponibles et motivés tout au long de la journée scolaire pour capter et traiter les messages du maître, et ainsi se réaliser pleinement comme élèves. Et encore, pas tous les jours selon les fluctuations de leurs équilibres physiologiques, émotionnels, affectifs, sociaux et cognitifs. Tous ont envie de changer de « planète » à 16h.30. La très grande majorité des enseignants … également.

Le refus d’Erwan REDON et de ses collègues “désobéisseurs » d’enfermer pendant le temps méridien, avant la classe ou après la classe les élèves en difficulté dans des situations d’apprentissage formel qui vont aggraver leurs difficultés, est une prise de responsabilité humaniste et civique qui les honore. Elle montre la voie pour que les enfants en difficulté ne soient pas encore plus épuisés, démotivés … et finalement, au fil des jours, psychologiquement et intellectuellement détruits par la journée la plus longue du monde (six heures de temps contraint auxquelles il faut ajouter la durée des devoirs à la maison … interdits par un dizaine de circulaires du Ministères de l’Education Nationale et, désormais, la demi-heure d’aide personnalisée).

Les dégâts résultant de l’aide personnalisée nécessairement “enfermée” dans l’apprentissage des “fondamentaux”, viennent s’ajouter aux dégâts générés par l’accroissement de la pression intellectuelle et relationnelle avec le poids augmenté au quotidien de la fréquence et de la durée des apprentissages dits fondamentaux, dans le cadre combiné d’une semaine ramenée arbitrairement à quatre jours (il faut faire en quatre jours ce qui était fait en quatre jours et demi) et de nouveaux programmes imbéciles. Il n’y a plus de temps de décompression et de respiration au cours de la journée alors qu’il est indispensable pour que tous les enfants, surtout ceux qui sont en difficulté, puissent récupérer au moins un peu de leurs fatigues psychologiques et intellectuelles, et restaurer peu ou prou leurs capacités d’attention, de concentration intellectuelle et de traitement de l’information. Il n’y a plus assez de temps pour que les enfants puissent jouer, libérer leurs émotions, leurs sensibilités, capacités et intelligences cachées, ainsi que la richesse de leur imaginaire, pourtant évidentes lorsqu’il s’engagent dans les arts plastiques, le chant choral, la narration, la découverte de la nature, les particularités de la vie végétale et animale, l’histoire captivante de nos ancêtres et du monde, les modes de vie dans les différentes cultures humaines, le théâtre, « la main à la pâte » … Les enfants apprennent aussi bien le français, ou mieux, au cours de ces temps de diversification et de découverte que dans les situations d’apprentissage formel et explicite de la langue. Bien évidemment, tous les enseignants le savent. Les professeurs des écoles ont donc raison de proposer l’un ou l’autre de ces champs de découverte, de plaisir et de motivation au cours de la demi-heure d’aide personnalisée, alors que leurs élèves sont «intellectuellement plus que saturés” .

C’est ce que propose Erwan REDON non seulement pendant la “pause méridienne”, mais également pendant les temps de classe “ordinaire” de 08h.30 à 11h.30 et de 13h.30 à 16h.30. Mais, de toute évidence, Monsieur ou Madame O. HOFFALT, la personne qui a rédigé “le compte-rendu de visite à la classe de Mr Erwan REDON le vendredi 15 décembre 2006 (1), ne peut pas, ne sait pas ou ne veut pas entendre que les savoirs et connaissances de tout ordre qui façonnent le fonctionnement du cerveau et organisent l’intelligence peuvent être acquis, maîtrisés et consolidés au moyen de démarches, situations, méthodes et techniques différentes de celles qui nourrissent le dogme des apprentissages en situation d’apprentissage formel et explicite. Et souvent plus efficacement et beaucoup mieux, surtout chez les enfants dits en échec scolaire, en tout cas ceux qui ont des difficultés à comprendre et apprendre. Il y a “trente six” façons d’apprendre et un nombre infini de situations qui permettent aux élèves de comprendre et d’apprendre, notamment lorsque la parole et les différents modes d’expression sont libérés. C’est ce qu’on observe clairement et plus généralement dans les classes dites FREINET, plus généralement celles qui pratiquent les «pédagogies actives » dont se réclame Erwan REDON, en particulier celles des secteurs urbains dits socialement sensibles. Motivé et responsable, soucieux de la réussite scolaire et de la socialisation des enfants, Erwan REDON appelle logiquement à une “réflexion nationale” qui englobe les parents et les différents responsables du système éducatif. De toute évidence, Madame ou Monsieur O. HOFFALT ignore ce que peuvent apporter les « pédagogies actives » dans le façonnement des savoirs, connaissances et apprentissages des élèves de tout âge. Elle (ou il) “exécute” sans vergogne Erwan REDON sans avoir pris la peine de réfléchir à ce que peuvent recouvrir et signifier ses façons d’être, de faire et de penser. Est-on en train d’instruire un nouveau procès de Célestin FREINET ? L’Education Nationale a-t-elle décidé d’avoir dans son collimateur les maîtres qui pratiquent l’une ou l’autre des « pédagogies actives », ou s’en inspirent, et de les mettre au pas ? Il est choquant que, dans son rapport (1), Madame ou Monsieur O. HOFFALT tourne en dérision le travail de coloriage proposé par Erwan REDON en le renvoyant à la technique du clair-obscur de REMBRANDT. Peut-on reprocher à ce professeur des écoles de ne pas prendre le grand maître comme référence ? Faut-il que les seules finalités et missions de l’école soient les apprentissages des fondamentaux, encore les apprentissages des fondamentaux et toujours les apprentissages des fondamentaux pendant la majeure partie du temps scolaire ? Décidément, le projet du Ministre et de sa hiérarchie apparaît comme une volonté délibérée de formater les enfants-élèves afin de dégager ou préserver une élite à laquelle ils appartiennent. Où est l’école de la République ?

En conclusion,

en imposant sans concertation la semaine de quatre jours, l’augmentation délirante du poids des “fondamentaux” et le soutien “imposé” aux enfants en difficulté avant la classe, après la classe ou pendant la « pause méridienne », le Ministre et la hiérarchie de l’Education Nationale déshumanisent l’école, créent les conditions d’une aggravation des inégalités et injustices sociales, en conduisant un nombre croissant d’enfants à s’enkyster dans “le désamour” pour l’école et son rejet, et ainsi plus ou moins progressivement dans la marginalité sociale et la violence. Ce “système” aberrant stigmatise les familles qui cumulent les difficultés personnelles, morales, familiales, sociales et culturelles.

C’est une honte pour notre pays … en principe l’un des berceaux des Droits de l’Homme. Les étrangers que je rencontre ne comprennent pas ce “système” incohérent et délirant. On n’aurait pas agi autrement si on avait voulu pérenniser une école à plusieurs vitesses dans laquelle les plus fragiles, vulnérables et démunis ne peuvent même pas passer la première vitesse, et s’engager avec confiance dans le désir de comprendre et d’apprendre, faute de pouvoir enclencher les vitesses supérieures qui permettent d’accéder aux niveaux les plus élevés des savoirs et des connaissances. C’est ce qu’Erwan REDON a parfaitement compris.

Aucun pays au monde n’a institué une journée scolaire aussi pénalisante pour les enfants en difficulté dans le cadre d’une semaine qui n’en est pas une : deux jours scolaires (lundi et mardi), un jour non scolaire (mercredi : peut-on encore le justifier par la catéchèse, prévue le jeudi il y a trente ans ?), deux jours scolaires (jeudi et vendredi), et deux jours de week-end. Dans ce cadre, tout le monde sait que le lundi est un jour très perturbé et perturbant (beaucoup d’enfants sont somnolents, en tout cas non vigilants et/ou agités). Quelle illusion et/ou quel manque d’honnêteté de penser qu’une demi-heure supplémentaire d’aide personnalisée avant la classe, pendant la « pause méridienne » ou après la classe le lundi (et aussi les autres jours), puisse faciliter la maîtrise du français, du calcul et des mathématiques en situation d’apprentissage formel. Tous les enseignants savent que c’est une mission impossible. Les enseignants qui pratiquent une « pédagogie active » comme Erwan REDON ont parfaitement compris l’intérêt des plages de liberté dans leur mission d’éducateur et de pédagogue, en particulier le lundi, jour de rupture dans les rythmes des enfants, des parents et des enseignants.

Le tribunal incontournable de Histoire retiendra que le Ministre de l’Education Nationale (Monsieur Xavier DARCOS), ses conseillers patachons et idéologues, et sa hiérarchie vassalisée ont institué un système de maltraitance, de stigmatisation, de culpabilité et d’exclusion implicite qui déshonore notre pays et notre nation. Il n’y a jamais eu autant d’Inspecteurs d’Académie révoqués qu’en 2008-2009 alors que leur “’faute” a été d’entendre et d’essayer de comprendre la décision et le désarroi des enseignants, notamment ceux que l’on dit « désobéisseurs ». Les informations qui “remontent du terrain” montrent toutes qu’il n’y a jamais eu autant d’enfants épuisés et déboussolés, et aussi d’enseignants exténués, stressés, démoralisés et culpabilisés par les échecs persistants des élèves les plus fragiles, vulnérables et démunis. C’est ce que les directeurs de l’éducation des villes (l’ANDEV) ont confirmé au cours de la journée qu’ils ont organisée à REIMS le 18 juin 2009. Les lettres que les professeurs des écoles déboussolés adressent à leurs édiles, souvent le ou la maire, sont pathétiques et souvent bouleversantes. La porte est béante pour une consommation accrue de somnifères, calmants, psychotropes … par les enfants, par leurs parents inquiets ou désespérés et par leurs maîtres… qui perdent confiance dans leurs compétences. Faut-il préciser que les Français sont déjà les plus grands consommateurs de ces molécules !

Il faut donc remercier les enseignants “désobéisseurs” comme Erwan REDON qui refusent la fatalité de l’échec scolaire et réfléchissent à une école refondée sur une nouvelle organisation des relations, des temps et des espaces pendant le temps scolaire mais aussi en dehors des temps familiaux et scolaires. Il faudrait les récompenser et non pas les punir.

J’espère que le “tribunal-conseil de discipline” qui va juger Erwan REDON saura se ressaisir, reconnaître ses erreurs de jugement et retrouver un peu de dignité. De toute évidence, le Ministre et la hiérarchie de l’Education Nationale ont voulu faire un exemple pour mettre au pas les professeurs des écoles dont la seule faute a été et reste de réfléchir, et de ne pas être les complices de décisions et mesures politiques qui marginalisent un peu plus les enfants en difficulté … et leur famille, tout en désespérant les maîtres.

Hubert MONTAGNER, docteur ès-Sciences, psychophysiologiste dans le domaine du développement de l’enfant, Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de recherche à l’INSERM, ancien Directeur de l’Unité de Recherche « Enfance Inadaptée » de l’INSERM

(1) Sources :

site http://soutienerwanredon.org Rubrique Historique ou le lien ci-dessous.

http://www.soutienerwanredon.org/index.php?option=com_content&task=view&id=20&Itemid=45

Eléments de bibliographie en langue française

H. MONTAGNER 1988 l’attachement, les débuts de la tendresse, Paris, Editions Odile Jacob (édité en livre de poche, dernière édition 2006).

H. MONTAGNER 1995 L’enfant acteur de son développement, Paris, Stock.

H.MONTAGNER 2002 L’enfant, la vraie question de l’école, Paris, Editions Odile Jacob.

H. MONTAGNER 2002 L’enfant et l’animal, Paris, Editions Odile Jacob.

H. MONTAGNER 2006 L’arbre enfant. Une nouvelle approche du développement de l’enfant, Paris, Editions Odile Jacob.

Merci et au revoir Darcos, sans regret !

Dimanche 28 juin 2009

Le 24 juin 2009

Cher Monsieur Darcos,

Nous sommes heureux de vous voir quitter le navire que vous avez failli faire couler !

Il est clair aujourd’hui que vous avez manqué à vos engagements en ce qui concerne les petits citoyens français, à savoir les Enfants.

Au lieu de faire honneur à cette Éducation publique et laïque voulue par Jules Ferry, vous avez cautionné sa destruction programmée – mais non avouée, sous couvert de résoudre “l’échec scolaire”…

Nous refusons toujours de croire en vos arguments abrutissants de non-sens.

Nous refusons de croire que l’Éducation Nationale soit en faillite : 85% des élèves réussissent !

Nous sommes entrés en résistance pour rappeler l’urgence extrême du présent.

Ce n’est pas le moment de nous adonner à la drogue tranquillisante de la fausse solution graduelle que sont vos réformes honteuses… Il est grand temps de quitter la vallée sombre et désolée de la supercherie, de la stigmatisation et de refuser le formatage des pensées, pour nous avancer vers le sentier brillant de la réflexion pédagogique.

Il est grand temps de rendre réelles toutes les promesses de la démocratie et d’aider notre nation à se dégager des sables mouvants de l’ultra-libéralisme qui pourrissent notre société, pour reconstruire l’École Publique sur le roc solide d’une réelle concertation réfléchie. Il est grand temps de considérer, uniquement et véritablement, le seul intérêt de l’Enfant.

Ce serait une erreur fatale pour la nation de refuser de voir l’urgence du moment. Cette année scolaire qui s’achève n’est pas une fin en soi mais un commencement ! Et ceux qui espèrent, dont vous Monsieur Darcos, que les enseignants ont eu besoin de passer leur colère et qu’ils sont maintenant satisfaits, sont bien dupes…

Il n’y aura ni repos ni tranquillité à l’École jusqu’à ce que chaque enfant voit complètement ses droits respectés.

Les tourbillons de la révolte continueront à ébranler les fondements de notre profession jusqu’à ce que la vérité soit faite sur vos plans machiavéliques : casser l’École Publique. Sous le prétexte mensonger d’aider les 15% d’élèves en difficulté ! Mais il y a quelque chose que nous devons vous dire : tout en luttant pour défendre notre mission au service de tous les enfants, nous ne sommes pas coupables d’actions mauvaises.
Nous ne cherchons pas à satisfaire notre intérêt personnel en désobéissant à des réformes amères et douteuses.

Nous conduisons notre lutte sur un plan élevé de dignité, de respect, de discipline et ne laisserons pas nos revendications créatrices dégénérer en quelconque violence. Encore et encore, nous nous élèverons jusqu’aux hauteurs majestueuses où l’on réfute les propos diffamatoires et insultants, que vous avez eus à notre égard maintes fois, avec la force de l’âme.

L’esprit militant qui a pénétré le corps enseignant ne nous amènera pas à manquer de confiance en l’avenir des enfants, parce que beaucoup de parents, de chercheurs, comme le prouvent leurs nombreuses interventions, que vous niez d’ailleurs, savent aussi que la destinée des enfants est liée à celle de l’École.

Nous ne cheminons pas seuls. Et nous marcherons toujours de l’avant. Nous ne pouvons pas retourner en arrière.

Vous vous demandez : « Quand seront-ils satisfaits ? »

Nous ne serons jamais satisfaits tant que les enfants seront victimes des horreurs sous-jacentes à la brutalité de vos réformes.

Nous ne serons jamais satisfaits tant que nos esprits, lourds de la fatigue des réflexions, ne pourront pas obtenir la certitude que nous œuvrons pour un service public d’éducation digne de ce nom.

Nous ne serons pas satisfaits tant que les Rased ne seront pas développés, tant que les postes ne seront pas maintenus et multipliés, tant que l’école maternelle sera menacée, tant que les élèves seront fichés dans votre base, tant que les programmes ne seront pas adaptés aux enfants, tant que leur rythme ne sera pas respecté, tant que les plus fragiles seront tenus aux heures supplémentaires,tant que la compétition entre les élèves, les enseignants et les établissements scolaires sera la première motivation de l’École…

Nous ne serons jamais satisfaits tant qu’on dépouillera nos enfants de leur dignité et tant qu’on les privera de leur droit au repos, à l’épanouissement de leur personnalité et au développement de leurs aptitudes mentales et physiques pour apprendre décemment…
Nous ne serons jamais satisfaits tant que nous serons considérés comme des pions.

C’est pour cela que nous continuerons à désobéir, en conscience, à ces réformes qui contreviennent à l’esprit de justice et d’équité. C’est là notre devoir.

Donc, Monsieur Darcos, aujourd’hui nous vous disons que nous avons un rêve.C’est un rêve qui est profondément enraciné dans le corps de notre profession.

Nous rêvons que le gouvernement actuel se réveille un jour en faisant honneur à l’École Publique.

Nous rêvons qu’un jour votre Ministère, qui étouffe dans la fournaise de la répression et de l’autoritarisme, soit transformé en une oasis de lucidité, d’intelligence et de coopération sérieuse.

Nous rêvons que les élèves apprennent un jour dans une école où ils ne seront pas jugés sur leurs performances, mais à la mesure de leur caractère et de leurs capacités, sans aucune stigmatisation, sans aucune entorse à leur enfance…

Nous rêvons que jamais les réformes que vous défendez avec mépris ne puissent persister…

Nous rêvions votre démission, vous glissez dans la « Cour des grands ».

Eh bien bon vent, cher Monsieur Darcos, et merci d’avoir rallumé le feu de la résistance…

Mouvement des enseignants du primaire en résistance pédagogique
(Rédaction d’après Martin Luther King)

Atteinte à la liberté d’expression des enseignants

Dimanche 28 juin 2009

Après les convocations en commission disciplinaire d’Erwan Redon et Alain Refalo, prévues les 7 et 9 juillet, c’est maintenant la liberté d’expression qui est bafouée : Bastien Cazals, enseignant du primaire en résistance déjà sanctionné de 36 jours de retraits sur salaire, a reçu un courrier de l’Inspecteur d’Académie de l’Hérault, daté du 23 juin, lui intimant l’ordre de ne plus communiquer avec aucun media pour tout sujet ayant rapport avec ses fonctions.

Après des sanctions financières aussi arbitraires que disproportionnées et de nombreuses tentatives médiatiques de discrédit, l’administration n’hésite donc pas à bâillonner purement et simplement - de surcroît pour une durée illimitée ! les citoyens qui le dérangent en n’adoptant pas la pensée unique.

Pourtant, l’article 6 de la loi du 13 juillet 1983 affirme que “la liberté d’opinion est garantie aux fonctionnaires” et, dans sa tribune publiée dans Le Monde du 1er février 2008, Anicet Le Pors, ancien ministre de la Fonction Publique ayant conduit l’élaboration du statut général des fonctionnaires entre 1981 et 1984, affirme que le statut des agents publics “ne leur impose pas d’obligation de réserve”.

De plus, selon l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 – qui vaut pour les fonctionnaires comme pour tout citoyen, “nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi”.

C’est donc là un nouveau pas, très alarmant, vers le rétrécissement des libertés individuelles !

Le recours au Tribunal Administratif de Montpellier engagé par Bastien Cazals contre les décisions de retraits de salaire, et pour lequel une audience est prévue le 6 juillet à 15h, n’est probablement pas étranger à cette nouvelle démonstration d’autoritarisme scandaleux, autoritarisme dont le développement inquiétant est décrit avec précision dans un récent texte de Pierre Frackowiak, Inspecteur honoraire de l’Education nationale.

Mouvement des enseignants du primaire en résistance pédagogique

http://resistancepedagogique.blog4ever.com/

RAPPEL ! CONFERENCE DE PRESSE DU COMITE CITOYEN !! VENEZ NOMBREUX !!!

Dimanche 21 juin 2009

Nous vous attendons nombreux demain lundi 22 juin 2009 à la mairie de Liévin pour notre conférence de presse publique

« De la maternelle à l’université : ensemble, construisons une École laïque et publique de qualité »


Nous comptons sur la présence de chacun !

Le Comité citoyen Artois-Gohelle

(Avion, Méricourt, Sallaumines, Noyelles-sous-Lens, Divion, Houdain, Bruay-en-Artois, Lens, Liévin, Grenay, Angres, Courrières, Vendin-le-Vieil, Carvin, Hulluch, Auchy-les-Mines, Haisnes, Vermelles, Billy-Montigny,  Rouvroy, etc.…)

Thèmes abordés : La maternelle, l’élémentaire, les RASED, les collèges et lycées, l’université, l’engagement des parents.

Le projet de circulaire (version définitive) : Circulaire n° … du … sur les fonctions des enseignants spécialisés des RASED dans le traitement de la difficulté scolaire à l’école primaire

Samedi 20 juin 2009

L’objectif de l’école est d’amener tous les élèves à la maîtrise des connaissances et des compétences inscrites dans les programmes en référence au socle commun. C’est pourquoi, dès qu’un élève rencontre une difficulté dans ses apprentissages, les aides nécessaires doivent lui être apportées dans le cadre du service public de l’Éducation.

La circulaire n°2006-138 du 25 août 2006 définissant les programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE) et la circulaire n°2008-082 du 5 juin 2008 sur l’aide personnalisée sont les cadres des actions proposées par l’équipe pédagogique pour répondre aux besoins des élèves. Ces aides se mettent en place sous la responsabilité de l’inspecteur de l’Éducation nationale (IEN) chargé de la circonscription, depuis l’aide personnalisée jusqu’aux aides spécialisées.

Elles constituent, dans le cadre du projet d’école, un ensemble de démarches pédagogiques pour la prévention de la difficulté scolaire et l’aide aux élèves qui rencontrent des difficultés dans leurs apprentissages. Les enseignants spécialisés et les psychologues scolaires apportent leur expertise au sein de l’équipe enseignante de l’école. Ils contribuent à l’observation des élèves identifiés par l’enseignant de la classe, à l’analyse de leurs compétences et des difficultés qu’ils rencontrent et à la définition des aides nécessaires. Le cas échéant, ils aident au repérage des élèves en situation de handicap et à la réalisation des projets personnalisés de scolarisation. Ils contribuent à une relation positive avec les parents pour faciliter la réussite scolaire.

I - De l’aide personnalisée aux aides spécialisées

Afin de prévenir l’apparition de difficultés scolaires, tous les enseignants conduisent un travail de prévention systématique, principalement par la pratique d’une différenciation pédagogique et d’une progression rigoureuse des apprentissages, guidés par une évaluation continue des compétences acquises par chaque élève.

Dès l’école maternelle, certains élèves attirent l’attention des enseignants car leurs attitudes face à l’activité scolaire, leur manière de répondre aux consignes, leur mode d’adaptation à la vie collective sont révélatrices de difficultés susceptibles de grever leur avenir scolaire.

À l’école élémentaire, certains élèves manifestent des écarts importants par rapport aux attentes des enseignants. Lorsqu’une difficulté survient, le maître de la classe, dans le cadre de l’équipe pédagogique, mobilise immédiatement les dispositifs d’aide correspondant aux besoins des élèves.

L’aide personnalisée, ou les stages de remise à niveau au cours moyen, lorsqu’ils sont mis en place, peuvent se révéler insuffisants ou inadaptés pour certains élèves, soit parce ceux-ci présentent des difficultés marquées exigeant une analyse approfondie et un accompagnement spécifique, soit parce qu’ils manifestent des besoins particuliers en relation avec une déficience sensorielle ou motrice ou des atteintes perturbant leur fonctionnement cognitif et psychique ou leur comportement.

Pour aider ces élèves, les enseignants spécialisés des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) viennent renforcer les équipes pédagogiques en apportant des compétences spécifiques permettant de mieux analyser ces situations particulières et de construire des réponses adaptées. Quand un élève relève successivement, voire concomitamment, de l’aide personnalisée et de l’aide spécialisée, il convient de garantir la complémentarité entre les deux modes d’action. Lorsque la difficulté scolaire est importante, les aides sont coordonnées et évaluées dans le cadre du PPRE ou du projet d’aide spécialisée à l’école maternelle ou à l’école élémentaire. Les parents sont systématiquement mobilisés autour du projet d’aide de leur enfant. En tant que de besoin, il est fait appel à l’équipe éducative telle qu’elle est définie par l’article R. 321-16 du code de l’éducation. Quand des investigations approfondies semblent nécessaires ou lorsque la situation requiert une prise en charge qui ne peut être assurée au sein de l’école, les enseignants spécialisés et le psychologue scolaire contribuent, avec l’accord des parents, à la recherche de réponses adaptées en dehors de l’école.

II - Objectif des aides spécialisées

Les aides spécialisées peuvent intervenir à tout moment de la scolarité à l’école primaire. Elles permettent de remédier à des difficultés résistant aux aides apportées par le maître. Elles visent également à prévenir leur apparition ou leur persistance chez des élèves dont la fragilité a été repérée. Selon les besoins des élèves, l’aide proposée peut être à dominante pédagogique ou à dominante rééducative.

L’aide spécialisée à dominante pédagogique est adaptée aux situations dans lesquelles les élèves manifestent des difficultés avérées à comprendre et à apprendre, mais peuvent tirer profit de cette aide. Elle vise à la prise de conscience et à la maîtrise des attitudes et des méthodes de travail qui conduisent à la réussite, à la progression dans les savoirs et les compétences, en référence aux programmes de l’école primaire. Cette aide est dispensée par des enseignants spécialisés titulaires du CAPA-SH option E.

L’aide spécialisée à dominante rééducative est en particulier indiquée quand il faut faire évoluer les rapports de l’enfant aux exigences de l’école, instaurer ou restaurer son investissement dans les tâches scolaires. Elle a pour objectif d’engager les élèves ou de les réintégrer dans un processus d’apprentissage dynamique. Cette aide est dispensée par les enseignants spécialisés titulaires du CAPA-SH option G.

La mission de ces enseignants s’exerce dans le cadre du référentiel de compétence de l’enseignant spécialisés.

Ces deux formes d’aides, quoique distinctes, ne sont pas cloisonnées. Le maître chargé de l’aide à dominante pédagogique doit prendre en considération le découragement induit par des difficultés persistantes, voire des moments de désaffection ou de rejet de l’école. Le maître chargé de l’aide à dominante rééducative doit prendre en compte les demandes scolaires des enfants et de leur famille, en référence aux programmes de l’école primaire.

Conformément à la circulaire n° 90-083 du 10 avril 1990, le psychologue scolaire réalise, en concertation avec les parents, les investigations psychologiques comprenant éventuellement les examens cliniques et psychométriques nécessaires à l’analyse des difficultés de l’enfant et au choix des formes d’aides adaptées. Il peut organiser des entretiens avec les enfants en vue de favoriser l’émergence du désir d’apprendre, de s’investir dans la scolarité, de dépasser une souffrance psycho-affective ou un sentiment de dévalorisation de soi. Il peut aussi proposer des entretiens aux maîtres et aux parents pour faciliter la recherche des conduites et des comportements éducatifs les mieux ajustés en fonction des problèmes constatés.

III - Organisation des aides spécialisées dans l’école

Les enseignants spécialisés apportent une aide directe aux élèves en difficulté, selon des modalités variées, définies en concertation avec le conseil des maîtres, sous l’autorité de l’IEN, et s’inscrivant dans le projet d’école. Le conseil d’école est informé des modalités retenues, conformément à l’article D411-2 du code de l’Éducation. Les enseignants spécialisés peuvent intervenir directement dans la classe, regrouper des élèves pour des durées adaptées aux besoins, ou leur apporter une aide individuelle. Dans cette hypothèse, les maîtres veillent à ce que les élèves concernés ne soient pas privés des enseignements qui leur sont nécessaires. Ils veillent également à ce que la fréquence et la durée des regroupements soit suffisante pour être potentiellement efficace.

Dans tous les cas, le projet d’aide spécialisée donne lieu à un document écrit qui permet de faire apparaître la cohérence entre cette aide spécifique et l’aide apportée par le maître de la classe. Le document précise les objectifs visés, la démarche envisagée, une estimation de la durée de l’action et les modalités d’évaluation de sa mise en œuvre.

IV – Organisation du réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté de la circonscription.

Les maîtres spécialisés sont tantôt amenés à intervenir dans plusieurs écoles d’une circonscription, tantôt dans une ou deux écoles lorsqu’elles comportent un nombre élevé d’élèves en grande difficulté. Avec les psychologues scolaires, ils constituent, pour la circonscription, un réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté exerçant sous l’autorité et la responsabilité de l’inspecteur de l’Éducation nationale, il peut, le
cas échéant, fonctionner en antenne, notamment dans les secteurs ruraux. Ce réseau est composé de trois types de ressources - maîtres E, maîtres G et psychologues scolaires - qui interviennent selon les priorités définies à l’issue d’une analyse de besoins conduite avec les personnels spécialisés, les équipes d’écoles et l’équipe de circonscription.

Le secteur d’intervention des personnels est déterminé de telle façon qu’il garantisse une véritable efficacité pédagogique, en évitant une dispersion préjudiciable. Lorsque les personnels sont appelés à se déplacer, les frais occasionnés sont prévus lors de l’implantation des emplois.

L’inspecteur de la circonscription évalue l’action du réseau après avoir procédé, avec ses membres, à l’examen critique de son fonctionnement et de ses résultats. Il mène les inspections individuelles nécessaires à l’évaluation de ces différents personnels. Il fait appel, en tant que de besoin, à l’IEN-ASH.

Les enseignants spécialisés peuvent participer aux animations et formations pédagogiques de la circonscription, mentionnées au 3° de l’article 2 du décret n° 2008-775 du 30 juillet 2008, ainsi que, le cas échéant, les psychologues scolaires. Il convient également de prévoir, au plan départemental, académique ou national, des formations spécifiques dans le champ de l’aide spécialisée.

Les obligations réglementaires de service des psychologues scolaires sont définies par la circulaire n° 74-148 du 19 avril 1974  doivent permettre la souplesse nécessaire à l’exercice de leurs missions, elles incluent leur participation aux instances réglementaires et aux formations auxquelles ils sont convoqués.

Celles des enseignants spécialisés sont régies, comme pour les autres enseignants du premier degré, par le décret n° 2008-775 du 30 juillet 2008. Dans ce cadre, l’inspecteur de l’Éducation nationale chargé de la circonscription veillera à ce qu’un temps de concertation propre au réseau, complémentaire de celui prévu aux 2° et 4° de l’article 2 du décret du 30 juillet 2008, permette une réflexion sur son fonctionnement, sur l’évaluation de ses effets et, le cas échéant, sur la situation particulière de certains élèves. Le temps consacré par les maîtres spécialisés à la concertation, aux travaux en équipes pédagogiques, aux relations avec les parents ou à la participation aux conseils d’école est égal à 108 heures annuelles soit une moyenne de 3 heures hebdomadaires.

Cette circulaire abroge et remplace les parties I et II de la circulaire n° 2002-113 relative aux dispositifs de l’adaptation et de l’intégration scolaires dans le 1er degré concernant la scolarisation des élèves handicapés.