Archive pour mai 2009

Assemblée Générale du Comité Citoyen Artois Gohelle pour la défense de l’Ecole Publique Jeudi 4 juin à 18h00 à Liévin (Hôtel de ville. Salle H Roger)

Dimanche 31 mai 2009

Ordre du jour :

1) finaliser la préparation de la conférence de presse du 22 juin à l’hôtel de ville de Liévin

(nous devons nous assurer que personne n’aura été oublié parmi les personnes invitées. Qui invite qui ? Sous quelle forme ? Constituer le dossier de presse…)

2)- Malgré nos déceptions, nous sommes un certain nombre à penser que la lutte doit se poursuivre à la rentrée de septembre, et même durant les vacances.

Sous quelles formes ? Comment fédérer ?

Ce n’est qu’un début…

Réunion SUD-EDUCATION à ARRAS

Dimanche 31 mai 2009

La prochaine réunion de SUD éducation Artois aura lieu le jeudi 4 juin à 18h au local Solidaires d’Arras (1, rue du docteur goudemand).

Cette réunion sera l’occasion d’accueillir les nouveaux adhérent-es dans une ambiance détendue et conviviale…!(réunion de 18h à 20h et ensuite, on prend un pot et on grignote un morceau).

Venez nombreux-ses!

pour SUD éduc Artois,
Xavier

Compte rendu de l’audience du sgen-CFDT à l’inspection académique d’Arras

Dimanche 31 mai 2009

Anne Ecuyer, militante du Sgen-CFDT et maître E dans un Rased de Béthune, participait à cette audience .

Au-delà du ressenti des collègues et que nous avons relayé (avec un nombre important de maîtres E et G quittant leur fonction à la prochaine rentrée et un nombre important de postes vacants en septembre 2009 pour illustrer nos propos) , et que l’IA ne comprend manifestement toujours pas (”Fondamentalement la “sédentarisation” ne change pas le métier“), nous avons abordé essentiellement 2 points au cours de cette entrevue :

- la lettre de mission,


- les départs en formation CAPA-SH .

La lettre de mission :

Nous avons pu noter une très nette inflexion de la position de l’IA sur ce point . La lecture que j’avais faite des lettres  lors de notre précédente entrevue début avril l’a visiblement amené à revoir sa position .

Le principe des lettres de missions est conservé mais tous les membres des Rased en seront destinataires . Elles font l’objet d’un cadrage départemental, confirmé par l’IA . Elles porteront essentiellement sur 3 points :

- les priorités en matière de public ciblé;

- les priorités en matière territoriale;

- les modes d’organisation , selon que l’on est “sédentarisé” ou non .

L’IA a semblé étonné quand nous avons souhaité qu’apparaissent également les moyens nécessaires à l’exercice de ces missions . Ce n’est pas la même chose de fonctionner quand les réseaux sont complets ou quand, comme c’est le cas sur Béthune, il ne restera que 2 postes E à la rentrée 2009 contre 8 à la rentrée 2008 …

Hormis l’omission de la mention des moyens mis à disposition, cette nouvelle mouture correspond mieux à ce que peut être une lettre de mission .

La formation CAPA-SH :

La lecture des statistiques du Mouvement 2009 nous ont beaucoup inquiétés et nous ont amenés à interpeller à nouveau l’IA sur cette question .

En effet, ce sont 25 maîtres E et G qui quittent leur poste pour de nouvelles affectations (dont 6 affectations en CLIS, 10 en poste Mat ou Elém, 3 Enseignants référents, 3 en UPI, 1 en Segpa, 1 en IME, …) .

Conséquences : 25 postes E vacants et 9 postes G vacants à la prochaine rentrée (auxquels il faut évidemment ajouter les 57 postes supprimés en carte scolaire) .

Or je  rappelle que seuls 2 stagiaires partent en formation E l’an prochain et 0 en G .

Le Sgen-CFDT lui a donc demandé de revoir à la hausse ces départs afin de permettre que ces postes soient pourvus . L’IA a refusé en réaffirmant que sa priorité portait sur les options D et F pour la prise en charge des élèves handicapés dans le cadre d’une classe .

Si nous ne contestons pas cette priorité aux élèves handicapés, bien au contraire, pour autant cela ne doit pas se faire au détriment de la prise en charge des élèves en grandes difficultés.

Au fil de nos échanges, il a accepté “d’aménager un peu” les départs en stage CAPA-SH à la rentrée 2010 . Et encore, l’effort” ne portera-t-il que sur les maîtres E . Je pense avoir compris que, dans son esprit, il n’y aura pas de départ CAPA-SH option G en 2010 …

Inutile de te dire que ces choix, s’ils étaient confirmés, nous inquiètent beaucoup tant ils seraient lourds de conséquences sur le devenir des Rased .

J’ai bien sûr fait le lien avec la carte scolaire en lui demandant s’il avait l’intention de supprimer ces postes non pourvus . Il a botté en touche, renvoyant cette question à plus tard . Mais la stratégie est évidente :

-postes vacants

- pas de départs en formation - suppression des postes .

L’annonce de la suppression de 34000 emplois dans la FP l’an prochain (dont sans doute 15 à 20 000 dans l’EN) conforte cette analyse .

Le Sgen-CFDT sera extrêmement vigilant sur cette question de la formation l’an prochain parce qu’elle conditionne largement l’avenir des Rased .

Une dernière info : Monsieur Pétreault nous a annoncé qu’il voulait faire partir 2 psys supplémentaires en formation l’an prochain . Non pas qu’il fasse preuve de générosité tout à coup, mais 2 collègues ont obtenu un changement de département l’an prochain et 1 ou 2 autres quittent leur poste pour d’autres raisons . Le nombre de postes psy vacants à la prochaine rentrée est de 6 !

Les postes vacants de maîtres E ne seront pas pourvus à titre provisoire comme les années précédentes ..

Les RASED : réseaux d’aide et de soutien aux élèves en difficulté : vus par le site “Lire et Ecrire”

Samedi 23 mai 2009

Ces réseaux concernent chaque année de plus en plus d’élèves que des instituteurs spécialisés prennent en charge, à temps très partiel, en sus du temps scolaire.

•  L’efficacité des RASED est très faible, pour une raison simple : leur existence est fondée sur une erreur qui procède elle-même d’un mensonge. Depuis des années, l’Education Nationale attribue ses échecs monumentaux à des causes qui lui sont extérieures : les élèves en grande difficulté le seraient pour des raisons psychologiques ou pour des raisons sociales. Les instituteurs spécialisés sont formés pour traiter ces pathologies.

Or, s’il est vrai qu’un petit nombre d’élèves sont fortement perturbés par des causes indépendantes de l’école, il est prouvé que la grande majorité des difficultés lourdes résultent :

- soit des pédagogies déviantes en honneur à l’Education Nationale
- soit d’un handicap culturel initial : enfants mauvais francophones,

deux causes  justiciables d’un remède simple : l’instruction.

Les preuves de ce que nous avançons sont données par les témoignages de parents qui ont réussi à sauver leur enfant, par le fait que beaucoup d’orthophonistes pratiquent la méthode alphabétique, par l’expérience des maîtres qui pratiquent une pédagogie raisonnable.

•  Des protestations rituelles et stéréotypées ont suivi l’annonce par le Ministère d’une diminution des effectifs des instituteurs spécialisés dans les RASED. Ces protestations ne sont pas justifiées en raison de l’inefficacité de ce dispositif.

Il reste certainement à améliorer et renforcer les dispositions en faveur des élèves, peu nombreux, dont la présence dans les classes ordinaires n’est ni possible ni souhaitable. Il s’agit, soit d’enfants fortement perturbés, soit d’enfants affligés de handicaps lourds. Ils doivent être accueillis dans des établissements spécialisés. A ce sujet, il faut revenir sur les mesures inspirées par l’égalitarisme qui impose l’accueil de certains d’entre eux dans les classes ordinaires.

• Quant aux élèves, beaucoup plus nombreux, en retard scolaire, il faudrait les regrouper dans des classes spécialisées, analogues aux anciennes classes de perfectionnement, entre les mains d’instituteurs particulièrement compétents et motivés pour les faire progresser et si possible rattraper leur retard.


Pour un bonheur total, je vous livre ce merveilleux témoignage :


Un miracle au pays des RASED


A plusieurs reprises, nous vous avons entretenu des RASED (Réseaux d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté) de l’enseignement primaire.

Ces réseaux ont été créés pour soigner un mal véritable : l’échec scolaire, en traitant des causes psychologiques et sociales, prétendues prépondérantes, alors qu’elles sont exceptionnelles. Des instituteurs spécialisés ont été formés pour cela.

D’après de nombreux témoignages, il n’était pas rare, ces dernières années, qu’un maître ou une maîtresse déclare, peu de temps après la rentrée (et même en septembre …) que la moitié des élèves étaient en difficulté, et devaient donc être confiés à des spécialistes, orthophonistes, RASED et autres.


Le récit d’un miracle vient de nous parvenir, d’une institutrice qui se voue à la transmission des savoirs.

“… habituellement, l’école dans laquelle je viens d’arriver envoyait entre 50% et 100% d’une classe d’âge au RASED. L’institutrice spécialisée du RASED a très mal pris le fait que je ne lui envoie personne cette année, même les enfants qu’elle suit depuis 2 ou 3 ans. Je me félicite après coup d’avoir fait ce choix même si c’était un pari fou et prétentieux au départ. (On) a bien été obligé de constater que des enfants de CE1, en échec total, non-lecteurs, était devenus carrément bons en orthographe et aimaient lire. Pauvre Bernard qui a fait son quatrième CP cette année ! Il lui manquait juste quelqu’un qui lui explique que b et a, ça fait ba, alors qu’il pensait qu’il fallait des pouvoirs magiques pour savoir lire.”

GP

Bernard a eu bien de la chance de ne pas être expédié dans un Institut Médico-Educatif !

En direct du site du ministère : La nouvelle formation des enseignants

Vendredi 22 mai 2009

Information - Xavier Darcos 15/05/2009

Chaque année, l’État recrute 15 000 enseignants pour les écoles et les établissements secondaires. La mastérisation permettra l’élévation du niveau de recrutement et une amélioration de la qualité de la formation. La réforme de la formation des maîtres instaurera le recrutement des enseignants des écoles, collèges et lycées au niveau master 2 (à bac +5). Le début de carrière des nouveaux enseignants sera revalorisé.

- Les principes de la réforme
- Les nouveaux concours
- Une formation professionnalisante
- Un nouveau dispositif d’encouragement vers le métier d’enseignant

Les principes de la réforme

La réforme vise plusieurs objectifs :

- l’intégration de la formation des maîtres dans le dispositif L.M.D. à terme les enseignants qui seront recrutés disposeront d’un master

- la possibilité d’obtenir un master y compris pour les étudiants qui échouent au concours

- la préparation progressive au métier avant les concours. Les étudiants suivront des stages d’observation et de pratique accompagnée (en M1) en responsabilité dans des classes (en M2)
- l’élévation du niveau de rémunération pour les jeunes enseignants

- des mécanismes d’encouragement et de promotion sociale pour ceux qui se destinent à l’enseignement

Le principe de concours nationaux pour le recrutement des enseignants est réaffirmé. Le concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE), les certificats d’aptitude au professorat des écoles (CAPE), de l’enseignement technique (CAPET), d’éducation physique et sportive (CAPEPS), de lycée professionnel (C.A.P.L.P.), le concours de recrutement national de conseillers principaux d’éducation (C.P.E.) et l’agrégation sont maintenus.

Les nouveaux concours

L’an prochain, lors de la session 2010 des concours, les épreuves et le calendrier actuel des concours seront maintenus en l’état afin de laisser aux structures de formation le temps de s’adapter.

En 2010, pourront s’inscrire aux concours :

- les étudiants déjà titulaires d’un master ou inscrits en M2 à la rentrée universitaire 2009

- à titre exceptionnel et dérogatoire pour la seule session 2010 des concours : les étudiants inscrits en M1 à l’université à la rentrée 2009. En outre, pour l’année transitoire 2009-2010, l’inscription en I.U.F.M. vaudra également inscription en M1 par convention avec les universités afin de favoriser le processus de masterisation. Pour l’ensemble de ces candidats, le recrutement comme fonctionnaires stagiaires nécessitera la validation de l’année M1.

- les candidats présents aux épreuves d’admissibilité de la session 2009.

Les modalités spécifiques d’accès au concours (mère de trois enfants, troisième concours, discipline professionnelle des concours professionnels, etc.) sont maintenus.

Le calendrier d’application

- Janvier - juin 2010 : concours de la session 2010

- Septembre 2010 : affectation des professeurs stagiaires en écoles ou établissements scolaires.

Une formation professionnalisante

Les étudiants prennent contact progressivement avec les métiers de l’enseignement. Cette démarche comprend des stages d’observation et de pratique accompagnée ou des stages en responsabilités en école, collège et lycée.

Les stages

En première année, les étudiants peuvent suivre des stages d’observation et de pratique accompagnée non rémunérés.

En seconde année de master, les candidats aux concours peuvent effectuer des stages en responsabilité, d’une durée maximale de 108 heures.

La première année d’enseignement

Les lauréats des nouveaux concours sont affectés dans un établissement à l’issue de leur réussite à leur concours. Ils bénéficient d’un temps de formation continue pendant leur première année d’exercice.

A la fin de cette année, le professeur stagiaire peut être titularisé s’il est déclaré apte.

Un nouveau dispositif d’encouragement vers le métier d’enseignant

Dès la rentrée 2009, un dispositif complémentaire est mis en place par le ministère de l’Éducation nationale. Il se rajoutera aux dispositifs de droit commun déjà existants.

- 12 000 bourses “au mérite” d’un montant maximum de 2 500 €, calculées en fonction du revenu fiscal de référence, seront attribuées sur critères académiques pour l’année de M2.

- Des bourses de 1 424 € annuels seront réservées aux étudiants issus de familles modestes ayant droit à une bourse à caractère social de montant échelon 0 (montant égal à zéro)

- Les stages en responsabilité, d’une durée maximale de 108 heures, feront l’objet d’une gratification pouvant aller jusqu’à 3 000 €

Copinage : Soutien au centre culturel “l’Escapade” de Hénin Beaumont

Vendredi 22 mai 2009

REJOIGNEZ NOUS LE DIMANCHE 24 MAI 2009 à “l’Escapade” pour une journée festive de soutien !

IL EST A NOTER QUE L’APRÈS MIDI (15H30 à 18H) EST GRATUIT POUR TOUS !

Tarif Unique pour les concerts de 18H30 à 0H00 = 5€

MERCI DE DIFFUSER CE MESSAGE LE PLUS LARGEMENT POSSIBLE!

COLLECTIF DE SOUTIEN  Unis Pour l’Escapade :  unispourlesca@gmail.com

LIEN VERS LA PETITION : http://unispourlescapade.no-ip.org

Maîtres E participez à l’enquête de la FNAME

Vendredi 22 mai 2009

A l’intention des maîtres E, vous pouvez participer à une enquête de la FNAME sur les caractéristiques des élèves pris en charge par les maîtres E.

Renseignements :

http://www.fname.fr/Sommaire/Metier/rechercheaction2007/rechercheaction2007.htm#enqueteouzou

Paris le 17 mai : CRS : 7 cars - FNAREN : 1 car : Merci les C’htis!!

Vendredi 22 mai 2009
Irreductibles Ch'tis

Irréductibles Ch'tis

Nous n’étions pas nombreux en ce dimanche mais nous étions là, représentant ceux qui n’avaient pu venir. Les médias comme vous l’avez lu ont relayé notre démarche.

En ce dimanche 17 mai 2009, nous avons réaffirmé notre défense d’une philosophie et d’un concept: celui des RASED à l’école, et, la nécessité d’une approche pluridisciplinaire pour “penser, dénouer et dépasser” la difficulté rencontrée par certains enfants à l’école.

C’était notre place que de défendre la place de la rééducation et de l’enfant à l’école!

Merci à tous ceux qui ont pu se libérer; merci aux partenaires qui ont bien voulu relayer notre action. Un merci spécial à l’AGSAS, à la FERC UNSEN CGT pour son soutien logistique, actif et efficace.

Ces valeurs philosophiques que portent la FNAREN depuis sa création, nous allons continuer à les promouvoir dans les cahiers de doléances qui seront remis au représentant du ministre à notre congrès de Saint-Etienne.

Nous demandons à chaque AREN de venir remettre dans une grande boïte située sur le stand FNAREN leur cahier de doléances contenant toutes leurs colères et tous leurs espoirs (une copie informatique pourra être récoltée sur le stand également).

Bien à vous, pour le Bureau National, Jean-Paul Martegoutte

Tableau final :

CRS / 7 cars  -  FNAREN / 1 car : Merci les C’htis!!

LETTRE ADRESSÉE À UNE PROFESSEURE DES ÉCOLES D’INDRE ET LOIRE par Hubert Montagner

Vendredi 22 mai 2009

Le 5 mai 2009

Chère Madame,

je vous remercie vivement pour votre courriel du 2 mai 2009. Il est inacceptable que vous soyez punis par le Ministre et la hiérarchie de l’Éducation nationale alors que, par votre décision intelligente et responsable, vous n’avez pas voulu vous rendre complices de la nouvelle forme de maltraitance constituée par le temps de soutien obligatoire après la classe. C’est une prise de responsabilité humaniste et civique qui vous honore. Elle montre la voie pour que les enfants en difficulté ne soient pas encore plus épuisés, démotivés… et finalement psychologiquement et intellectuellement détruits par la journée la plus longue du monde (six heures de temps contraint pour toutes les classes d’âges de l’école primaire). En effet, vous savez mieux que le Ministre et l’Inspecteur d’Académie les dégâts supplémentaires que constitue un soutien scolaire après la classe pour les enfants en difficulté, en particulier ceux que l’on enferme sous l’étiquette de l’échec scolaire. Ils viennent s’ajouter aux dégâts générés par l’accroissement de la pression intellectuelle et relationnelle avec le poids augmenté au quotidien de la fréquence et de la durée des apprentissages dits fondamentaux, dans le cadre combiné d’une semaine ramenée arbitrairement à quatre jours (il faut faire en quatre jours ce qui était fait en quatre jours et demi) et de nouveaux programmes imbéciles. Il n’y a plus de temps de respiration au cours de la journée alors qu’il est indispensable pour que tous les enfants, surtout ceux qui sont en difficulté, puissent récupérer de leurs fatigues psychologiques et intellectuelles, et restaurer peu ou prou leurs capacités d’attention, de concentration intellectuelle et de traitement de l’information. Il n’y a plus assez de temps pour que les enfants puissent libérer leurs émotions, leurs sensibilités, capacités et intelligences cachées, ainsi que leur imaginaire lorsqu’ils s’engagent dans les arts plastiques, le chant choral, la narration, la découverte de la nature, les particularités de la vie végétale et animale, l’histoire captivante de nos ancêtres et du monde, les modes de vie dans les différentes cultures humaines… Les enfants apprennent aussi bien le français, ou mieux, au cours de ces temps de diversification et de découverte que dans les situations d’apprentissage formel et explicite de la langue. Bien évidemment, les enseignants le savent.

Si on prend le cours préparatoire comme exemple, aucun enfant de six à sept ans ne peut accepter d’être au quotidien en situation de contrainte intellectuelle et relationnelle pendant deux heures trente minutes pour l’apprentissage du français (10 heures pour la semaine) et une heure quinze pour le calcul et les mathématiques (5 heures par semaine). Les Scandinaves sont horrifiés. À 16 heures, les enfants en difficulté sont épuisés, enfermés dans leurs peurs, blocages et inhibitions, dans leur anxiété, leurs angoisses… surtout lorsqu’ils se projettent dans le retour à la maison alors que leur milieu familial est en souffrance. Ils le sont déjà au début de l’après-midi ou même, pour les plus fragiles, vulnérables et démunis, dès la fin de la matinée comme le montre l’observation des enfants accueillis dans les écoles de ZEP. Seuls les enfants qui vivent au quotidien dans la sécurité affective, sans déficits de sommeil et sans comportements “perturbés” et/ou “perturbateurs”, peuvent être suffisamment vigilants, attentifs, réceptifs et disponibles au cours de l’après-midi pour capter et traiter les messages du maître, et ainsi se réaliser comme élèves. Et encore, pas tous les jours selon les fluctuations de leurs équilibres physiologiques, émotionnels, affectifs, sociaux et cognitifs.

En imposant sans concertation la semaine de quatre jours, l’augmentation délirante du poids des “fondamentaux” et le soutien accordé après la classe aux enfants en difficulté, le Ministre et la hiérarchie de l’Éducation nationale déshumanisent l’école, accroissent les inégalités et injustices sociales, en conduisant un nombre croissant d’enfants à s’enkyster dans le “désamour” pour l’école et son rejet, et ainsi plus ou moins progressivement dans la marginalité sociale.

Ce “système” aberrant et “concentrationnaire” stigmatise les familles qui cumulent les difficultés personnelles, morales, familiales, sociales et culturelles. C’est une honte pour notre pays… en principe l’un des berceaux des Droits de l’Homme. Les étrangers que je rencontre ne comprennent pas ce “système”. On n’aurait pas agi autrement si on avait voulu pérenniser une école à plusieurs vitesses dans laquelle les plus fragiles, vulnérables et démunis ne peuvent même pas passer la première vitesse, et s’engager avec confiance dans le désir de comprendre et d’apprendre faute de pouvoir enclencher les vitesses supérieures qui permettent d’accéder aux différents niveaux des savoirs et des connaissances.

Le tribunal incontournable de l’Histoire retiendra que l’actuel Ministre de l’Education Nationale, ses conseillers patachons et idéologues, et sa hiérarchie vassalisée ont institué un système de maltraitance, de stigmatisation, de culpabilité et d’exclusion implicite qui déshonore notre pays et notre nation.

Il n’y a jamais eu autant d’Inspecteurs d’Académie révoqués qu’en 2008-2009 alors que leur “faute” a été d’entendre et d’essayer de comprendre la décision et le désarroi des enseignants. Les informations qui “remontent du terrain” montrent toutes qu’il n’y a jamais eu autant d’enfants épuisés et déboussolés, et aussi d’enseignants exténués, stressés, démoralisés et culpabilisés par les échecs persistants des élèves les plus fragiles, vulnérables et démunis. Les lettres qu’ils adressent à leurs édiles, souvent le ou la maire, sont pathétiques et souvent bouleversantes. La porte est béante pour la consommation accrue de somnifères, calmants, psychotropes… des enfants, de leurs parents inquiets ou désespérés et de leurs maîtres… qui perdent confiance dans leurs compétences. Les Français sont déjà les plus grands consommateurs de ces molécules !

Par votre refus, vous sauvegardez la dignité de l’école. Merci.

Je suis prêt à vous défendre en tous lieux et devant quiconque, y compris devant les tribunaux si une action judiciaire devait être décidée. Vous pouvez diffuser sans retenue tout ou partie du présent courriel.

Bien à vous

Hubert Montagner

Mineurs arrêtés : avant-goût de la « police des écoles » de Darcos

Jeudi 21 mai 2009

Ridicule, mais pas seulement : l’interpellation de deux enfants de six et dix ans mardi à Floirac montre aussi les dérives d’une politique sécuritaire dont les policiers sont les zélés artisans. Il a fallu pas moins de six courageux fonctionnaires de police venus dans deux véhicules pour arrêter à la sortie de l’école deux garçons soupçonnés d’avoir dérobé une bicyclette. Les enfants ont été relâchés après un interrogatoire de deux heures au commissariat.

L’affaire a grimpé d’un cran dans le pathétique avec l’intervention du directeur départemental de la sécurité publique de Bordeaux, soutenant le haut fait d’armes de ses hommes, en conformité, affirme-t-il le plus sérieusement du monde, avec « les lois de la République ».

Une République qui, au passage, s’accommode bien de la dépénalisation du droit des affaires projetée par le gouvernement mais juge prioritaire de monter, toutes affaires cessantes, une opération policière à la sortie de l’école.

Alors que le taux d’élucidation des affaires les plus graves est notoirement bas, c’est d’abord la politique du chiffre imposée par Sarkozy qui pousse les forces de l’ordre à se rabattre sur le tout venant de la vie quotidienne, à multiplier les motifs d’intervention (voir l’inénarrable délit d’outrage) quitte à sombrer dans le grotesque comme ce fut le cas mardi à Floirac.

Un des deux enfants est en maternelle !

En dehors de faire progresser ce fameux taux d’élucidation des affaires, l’interpellation de deux enfants aussi jeunes, dont l’un est élève en maternelle, rentre dans une réthorique beaucoup plus large visant à stigmatiser les enfants.

Le prochain projet de loi sur la justice des mineurs, même si Dati a dû reculer sur la prison à 12 ans, punira encore davantage. La justice des enfants devrait d’ailleurs disparaître, remplacée par une justice des mineurs. Un changement d’appellation qui n’est pas anodin : pour la justice comme pour la police, il n’y a plus d’enfants, seulement des mineurs face auxquels la compréhension, encore moins la compassion n’ont plus leur place.

Hasard du calendrier ? La dernière prise de position de Darcos, ce jeudi 21 mai, en faveur d’une « police des écoles » s’inscrit dans ce climat délétère, obstinément entretenu, parce qu’on en attend des gains électoraux, qui vise à faire peur avec les enfants.

On trouve de l’argent pour ces nouveaux agents

De drastiques suppressions de postes vont toucher l’Education nationale pour la troisième rentrée consécutive, et, surtout, la formation des enseignants risque tout simplement de disparaître. Pourtant, les crédits ne manquent pas pour la création d’un nouveau corps « de personnes formées et assermentées, placées auprès des recteurs, susceptibles de se rendre dans les établissements rapidement, pouvant constater des délits, confisquer des armes, opérer des fouilles si nécessaire ».

L’arrestation de deux enfants de 6 et 10 ans à la sortie de l’école n’est pas qu’une simple pantalonnade. Elle s’inscrit dans une politique délibérément conduite où la lutte affichée contre la délinquance est le prétexte d’une surveillance policière de plus en plus étroite sur la société. Pour revenir à nos deux enfants, le plus grand ne veut plus aller à l’école, le plus petit n’arrivait plus à desserrer les mâchoires. Merveilleuse leçon d’éducation civique, n’est-ce pas ?

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