Deux « hommages » à Maurice Druon lequel va vous plaire ?

Nicolas Sarkozy se rendra aux obsèques de Maurice Druon

Nicolas Sarkozy se rendra lundi aux obsèques de l’académicien et ancien ministre Maurice Druon, décédé mardi à l’âge de 90 ans, a annoncé vendredi l’Elysée.

« Le chef de l’État assistera à 15H00 à la célébration religieuse en l’Église Saint-Louis des Invalides », a indiqué la présidence dans un communiqué. Il « présidera ensuite la cérémonie militaire dans la cour d’honneur des Invalides et prononcera à cette occasion une allocution en hommage au défunt ».

En 1943, Maurice Druon avait écrit avec son oncle Joseph Kessel le « Chant des Partisans », devenu l’hymne des Résistants à l’Occupation allemande. Il était Grand-croix de la Légion d’honneur et médaillé de la France Libre.

Ancien ministre des Affaires culturelles (1973-74), Prix Goncourt en 1948 pour « Les Grandes Familles », Maurice Druon est également l’auteur de la fresque historique « Les rois maudits ». Elu en 1966 à l’Académie française, il a consacré une grande partie de sa carrière à la défense de la langue française.

Entré en 1977 au comité central du RPR, il a été membre de son conseil politique de 1979 à 1980. Député de Paris de mars 1978 à juin 1981, il avait été élu à l’Assemblée des communautés européennes en juin 1979, mais avait démissionné un an plus tard.

Quand Druon Défendait Papon

Le Vieil Homme Et L’Amer

Finalement, c’est pas si mal de mourir. On ne retient de toi que tes éclats. Ta « grandeur d’âme » soudainement isocèle à ta « plume » et ton « courage ». Tu fais dans l’éloge l’unanimité, quand bien même, serait-il empesé, polycopié, boursouflé d’académisme, cet éloge.
Mort, tu deviens irréprochable.
Comme une République promise.

Ah oui, comme il est doux de mourir sous la mitraille !
Celle des louanges.

Ah surtout se taire, ne pas le saloper ce tonnerre, ce dithyrambique concert !
Ne pas verser dans l’ombre ou le pamphlet.
Juste glorifier.
Ta « disparition », pleurer.

Ami, entends-tu cependant, du tréfonds, de quelques néants, le fardeau resurgir.
Un procès.
Un témoignage.
Un naufrage.

Il était vieux, il était laid, à la barre, il se tenait.
Et jurait.
Il jurait comme tant d’autres avant lui, après lui, qu’il ne savait pas, ajoutant que : « Si on avait su, il n’y aurait pas eu de secrétaire général de préfecture pour signer des ordres de déportation, il y aurait eu moins de juifs passifs attendant comme des brebis offertes au sacrificateur .. »

Ce vieil homme qui, à cette barre girondine, parlait de juifs attendant passivement leur sort, c’était lui, c’était Maurice Druon.

Et, comme tant d’autres avant lui, après lui, il le trouvait “intelligent”, “vif” et “patriote”, Maurice Papon.
”Intelligent”, “vif”, “patriote”, mais également, “efficace” et “froid”.

Faut-il l’être, froid et diablement efficace, pour deux décennies plus tard, le 17 octobre 1961, réprimer dans la fureur et le sang, une manifestation “pacifiste”.
Même si, en ce mois d’octobre 1997, là n’était pas la question.

Maurice Druon défendant Maurice Papon !
C’est beau, non, la solidarité « mauricienne » ?

Ah mais non, surtout ne pas le rappeler en ce jour de ta « disparition », avant tout se taire, se joindre au concert, symphonie achevée de l’éloge, l’académique et bien-pensante.

Comme, ami, nous n’entendrons plus cette saillie dont tu te fendis [“Je préfère que l’aide de l’État aille à ceux qui travaillent plutôt qu’aux parasites qui ne travaillent pas !” – Jeudi 1er Mars 2007, Bordeaux] lors de cette réunion à la gloire de ton “descendant”, le petit Nicolas, le Sarkozy.

Ah, comme il est doux de mourir sous la mitraille !
Celle des louanges.
De toi, soudainement, on ne retient que la surface.
Ta « plume » et ton « courage ».

Jamais l’effroyable.
Ton naufrage.

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