Plongée au coeur du quotidien d’un RASED

Les RASED prennent en charge les enfants dont la difficulté scolaire n’est pas résolue en classe. Les RASED prennent en charge les enfants dont la difficulté scolaire n’est pas résolue en classe.

RASED. Ce sigle, on l’entend partout. Au fil des revendications, surtout. Mercredi, les enseignants spécialisés manifestent devant l’inspection académique d’Arras. Ils seront surtout présents dans les cortèges de la manifestation interprofessionnelle prévue jeudi… Quel métier se cache derrière ces réseaux d’aides ? Nous avons rencontré les membres de réseaux de l’Arrageois. Rémy, Geneviève, Frédéric, Jacques nous livrent un aperçu de leur quotidien, dans le salon de Frédéric… À coeur ouvert.

Des petites mains. On les croise dans les couloirs des écoles maternelles et primaires. Discrets. Ils passent chercher dans les classes, une à deux fois par semaine, leur petit groupe d’élèves. Jacques y promène sa mallette remplie de poupées, de marionnettes… C’est un maître dit « G », chargé de régler les problèmes comportementaux des enfants. « On fait des jeux de rôle. Quand on joue au maître et à l’élève… C’est l’enfant qui fait le maître ! Quand on joue aux dames, c’est lui qui crée les règles… Pour mieux les appliquer. Par des chemins détournés, j’essaie de le remettre à sa place d’élève. » On croise aussi le regard doux de Rémy et Geneviève. Maître « E », eux se concentrent sur les problèmes d’apprentissage.

Enfants inhibés, dissipés, violents, face à des enseignants dépassés, les RASED servent de relais. Jacques et Frédéric estiment que 6 à 10% des écoliers du secteur sont concernés. La force des RASED ? Travailler en équipe. Psychologues, enseignants spécialisés apportent un regard croisé.

Des instit’ ? Pas comme les autres. Tous, ici, l’ont été… Avant de décider de suivre une formation d’un an pour entrer dans ces fameux RASED.
« J’ai eu des classes pendant vingt ans. Dont dix en ZEP, aux Blancs-Monts. Face à un élève, je me suis trouvé désarçonné… Rien ne marchait. »

Voilà six ans que Frédéric est maître « E ». « J’acompagne ainsi près de quarante enfants par semaine. Des CP ou CE1. Je les aide à lever des difficultés d’apprentissage, de lecture par exemple, en utilisant une autre approche pédagogique. L’évolution se fait à pas de mouches. Mais parfois, on a le bonheur de voir un étincelle, un déclic, dans les yeux de l’enfant. » Le plus ? « On fait de la haute couture, du surmesure », explique Rémy. Ils s’attachent, surtout, à porter sur l’enfant un autre regard. Différent de celui des parents et des enseignants. Un regard qui suffit parfois à lever de vrais blocages… « Il peut s’agir d’une difficulté d’ordre affectif, telle maîtresse qui rappelle à l’enfant une grand-tante sévère, par exemple, se rappelle Jacques. On aide parfois simplement le parent ou l’enseignant à comprendre d’où vient la difficulté. » Tous y vont alors de leur anecdotes. « J’avais fait appel à eux pour ma fille alors âgée de 8 ans, raconte un parent. Elle avait un peu de mal. J’étais paniqué. Le RASED m’a juste fait réaliser que je projetais mon inquiétude sur elle. Ça a suffit. Aujourd’hui, elle est en terminale. » •

PAR SARAH NICOLLE

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