Au revoir Darcos


Xavier Darcos estime avoir rempli sa mission et se cherche de nouveaux objectifs

Le ministre de l’éducation est toujours là, mais son envie est ailleurs. « Ma mission est terminée », ne cesse-t-il de répéter. Plus précisément, il juge que la plupart des objectifs de sa lettre de mission, reçue le 5 juillet 2007 de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, sont atteints.

Il l’a dit publiquement une première fois le 13 janvier, comme incidemment, alors qu’il était interrogé sur France Info sur son avenir au gouvernement. « Je veux aller jusqu’au bout de ma lettre de mission, elle est presque achevée, je dois dire, d’ailleurs. Mais je veux mettre la réforme du lycée sur les rails », avait-il dit. La veille, le chef de l’Etat, en déplacement à Saint-Lô (Manche) sur le thème de l’éducation, avait estimé que le programme contenu dans la lettre de mission de M. Darcos était « sur le point d’être entièrement réalisé ».

Certes, le ministre de l’éducation doit présenter, jeudi 22 janvier, ses nouveaux champs d’action pour les mois à venir. Mais il n’en laisse pas moins percer sa lassitude envers l’univers de l’éducation nationale, ses traditions de contestation et les formidables résistances auxquelles se heurte, selon lui, quiconque entreprend de le réformer.

Amer d’avoir été, à son sens, la cible d’une campagne de « désinformation », il y voit le signe d’une montée de l’extrême gauche et « d’une guerre idéologique pour affoler les familles », par exemple en faisant courir le bruit qu’il voudrait fermer les écoles maternelles. Face aux « bataillons de l’antidroite », il se voit en grognard de la réforme. Eprouvé par vingt mois de batailles ininterrompues, il se sent encore capable d’en livrer quelques-unes, mais voit le moment approcher où une relève serait préférable.

Au service du président, il ne se sent nullement désavoué par le recul sur le lycée, décision prise alors que partout en Europe les signaux d’une possible révolte des jeunes inquiétaient M. Sarkozy. Il ne se dit pas plus troublé par la nomination de Richard Descoings, le directeur de Sciences Po Paris, à la tête d’une mission sur le lycée. « C’est moi qui l’ai choisi ! », dit-il.

Mais maintenant que quelqu’un est chargé de renouer le fil du dialogue, le ministre cherche à construire une dynamique avant un éventuel changement de portefeuille. En tirant son bilan, il insistera sur de nouveaux objectifs touchant à l’orientation et à la lutte contre le « décrochage » scolaire. L’assurance avec laquelle M. Darcos fait état de sa future disponibilité pour d’autres tâches suggère un acquiescement préalable de M. Sarkozy : en novembre 2008, le ministre estimait de la responsabilité exclusive du président « de dire, le jour où il le trouvera opportun, si quelqu’un doit (lui) succéder. Au fond, c’est une question qui ne me concerne pas, sur laquelle je n’ai pas prise. Moi, je suis dans l’action quotidienne ».


suite de l’article de Luc Cédelle dans le Monde

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