Quatre enseignantes en croisade pour sauver le RASED de Caudry

 Rue P.-de-Brossolette, la mobilisation est incarnée par E. Poulet, M. Vantichelt (chargées de pédagogie), N. Coez (rééducatrice scolaire) et V. Kordys (psychologue).

Rue P.-de-Brossolette, la mobilisation est incarnée par E. Poulet, M. Vantichelt (chargées de pédagogie), N. Coez (rééducatrice scolaire) et V. Kordys (psychologue).

GROGNE

Depuis l’annonce des réformes du ministre de l’Éducation nationale, l’inquiétude et la colère sont montées d’un coup au sein du Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) de Caudry. Concernées au premier chef, les trois enseignantes et la psychologue sont déterminées à se battre pour sauver leur structure. Demain, elles distribueront des tracts sur le marché de Noël.

PAR CÉCILE THIÉBAUT

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Nelly Coez, rééducatrice scolaire, est remontée contre Xavier Darcos : «  Il dit vouloir supprimer les RASED, parce que les réseaux ne suivraient que 5 élèves en moyenne… Mais il ne sait pas de quoi il parle ! À Caudry, nous gérons 150 demandes d’aides par an sur un bassin scolaire de près de 2 000 enfants (lire ci-dessous) ». Même si depuis le ministre s’est voulu plus mesuré, ses premières annonces avaient fixé le cap de 3 000 suppressions de postes RASED à la rentrée 2009, suivies de 3 000 autres en 2010 et 3 000 en 2011. Pour l’académie du Nord, 140 postes seraient menacés à la rentrée prochaine.

Au niveau local, c’est le flou total, ce qui ne fait que renforcer, en fait, l’inquiétude du personnel concerné. Non pas que ces enseignantes perdraient leur emploi, car le projet ministériel prévoit plutôt de les redéployer dans les classes, de les sédentariser, alors qu’aujourd’hui, elles vont d’école en école, ciblant leur intervention auprès des enfants qui en ont le plus besoin.

Nelly Coez développe : « Notre ministre pense que les deux heures d’aide individualisée (la grande réforme de 2008) vont tout résoudre, mais cela ne remplace par le suivi en profondeur, la médiation qu’on exerce auprès des parents, l’approche très spécialisée qu’on apporte que ce soit au niveau comportemental, psychologique ou pédagogique ». Sa collègue Véronique Kordys, psychologue scolaire, dont le poste n’est pas menacé, est mobilisée malgré tout, car elle est convaincue de l’utilité de ce travail en réseau : «  Sans mes deux bras que sont la chargée de pédagogie et la rééducatrice scolaire, je ne peux rien faire… ». D’expliquer par exemple qu’«  un problème d’élocution, à l’origine de difficultés scolaires, peut cacher un souci psychologique ». Et à chaque mal, son remède, sa spécialiste, travaillant en relais.

La vocation même du réseau. «  Quelque part, c’est humiliant pour nous, lâche encore Nelly Coez. On s’est formées une ou deux années pour acquérir notre spécialisation, et voilà qu’on nous demande de redevenir de simples instituteurs… Allez donc demander à un ophtalmologiste de devenir généraliste ! ».
Suite de l’article :

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Cambrai/actualite/De_Caudry_au_Cateau/2008/12/17/article_quatre-enseignantes-en-croisade-pour-sau.shtml

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