Des enseignants optent pour la « désobéissance pédagogique »

Un article de Denis Peiron « La Croix.com »

Ces dernières semaines, près de 500 enseignants du primaire ont informé leur hiérarchie qu’ils n’appliqueront pas des réformes décidées par le ministre de l’éducation, Xavier Darcos, car ils en contestent le bien-fondé.

Comment est né ce mouvement ?

Tout est parti d’un courrier qu’Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers (Haute-Garonne), a adressé à son inspecteur d’académie.

Dans cette longue lettre intitulée « En conscience, je refuse d’obéir », il porte un jugement très sévère sur les réformes engagées au sein de l’école primaire et explique pourquoi il n’appliquera pas, dans sa classe, les deux heures hebdomadaires de soutien aux élèves en difficulté, deux heures qui viennent compenser la suppression des cours le samedi matin.

Son initiative a très vite essaimé. Les médias s’en sont fait l’écho. Des sites Internet et des blogs sont nés pour inviter d’autres enseignants à « entrer en résistance ».

Le mot d’ordre a été repris notamment par des organisations d’extrême gauche. D’où l’interprétation du ministère, où l’on parle volontiers de « manipulation politique ». « À cette désobéissance clairement affichée s’ajoute cependant celle, silencieuse, de nombreux autres collègues », insiste Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp, syndicat majoritaire dans le primaire, qui évoque « l’expression d’un profond malaise ».

Le Snuipp a mené une enquête auprès de 400 écoles. Dans 17 % des cas, les professeurs utilisent, en fait, les deux heures dévolues au soutien pour faire cours ou mener des activités avec l’ensemble de la classe.

Quels sont les arguments en faveur de cette « désobéissance pédagogique » ?

À l’instar d’Alain Refalo, les enseignants qui ont décidé de désobéir reprochent à Xavier Darcos une volonté de « casse de l’éducation ».

Ils évoquent la suppression de 13 500 postes prévue à la rentrée prochaine, la réforme de la formation des maîtres (qui, à l’avenir, se prépareront à l’exercice de leur métier dans le cadre de masters, et non plus au sein des IUFM), ou encore la suppression de 3 000 des 11 000 postes de Rased, ces maîtres spécialisés qui prennent en charge les enfants en difficulté scolaire.

S’ils refusent de mettre en œuvre les deux heures d’accompagnement (quitte à les remplacer par des activités culturelles ou des cours pour l’ensemble de la classe), c’est qu’à leurs yeux, ce dispositif sert, entre autres, de prétexte à un démantèlement progressif des Rased.

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