Bilan de l’aide Personnalisée d’une école de Loire Atlantique

Objet : bilan de la 1ère période d’aide personnalisée

La première période de 6 semaines d’aide personnalisée est terminée, et les collègues se sont retrouvés en conseil exceptionnel des maîtres des 2 écoles, afin d’en faire le bilan et débattre ensemble des impressions laissées par cette nouvelle activité.

29 élèves ont participé à cette première période d’aide, à raison d’une séance par semaine chacun.

Points positifs :

- L’aide personnalisée en groupe d’effectifs très réduits est un moment privilégié de contact, d’échanges, de discussion avec certains  élèves  qui ont  des problèmes pour s’exprimer dans le groupe classe, et expliciter leurs difficultés. Cette activité en petit groupe est un bon principe, comme cela a toujours été. Les enfants apprécient en général ce temps où l’adulte est très disponible et attentif à ses difficultés.

- L’aide pour les enfants en difficulté passagère semble donc donner des résultats positifs sur une courte période.

Points négatifs :

1     Malgré les résultats  positifs constatés, ce qui pose problème, c’est bien la place de cette aide qui a été ajoutée à une journée de classe déjà très longue. Qu’elle soit  placée le midi ou le soir, l’allongement de la durée de travail est un réel problème pour nos élèves, qui montrent vraiment des signes de fatigue lors de cette aide.

2     Pour les enfants en grande difficulté, cette aide s’avère inefficace et très insuffisante. Elle ne peut solutionner l’importance des problèmes à résoudre, et même si on peut discuter avec eux de leurs erreurs ou incompréhensions, nous ne sommes pas arrivés à trouver de solutions. L’aide que nous apportons est une aide pédagogique, qui ne correspond pas aux besoins de ces élèves.


Une aide spécialisée et appropriée reste la seule alternative à nos yeux, justifiant vraiment le maintien de l’intervention des réseaux d’aide et de son personnel qualifié.


De plus, ces enfants (en grande difficulté) sont très fatigués, au moment où nous les sollicitons (midi ou soir) et ne sont plus disponibles lors de  ces séances, supportant mal l’allongement d’une journée déjà très difficile.

3    Elèves en difficultés passagères, ou « coup de pouce » :
L’aide correspond aux besoins de certains, mais les enfants ne sont pas toujours assez réceptifs.
L’allongement de la journée est plus ou moins difficile à vivre selon les individus.

4    Temps d’appropriation d’une connaissance :

Lors d’une aide avec un élève, on peut s’apercevoir que certains élèves avaient bien  compris la notion qui semblait poser problème et qui avait justifié le choix de ce moment de soutien. Un temps suffisant n’a pas été donné à l’enfant, en classe,  pour qu’il puisse correctement s’approprier la connaissance.

5    Enseignants :

Depuis leur suppression, les 2 heures du samedi matin manquent (72 heures à l’année). Le rythme des apprentissages s’est accéléré, certaines notions ou méthodes de travail sont données dans la précipitation, ceci à cause de l’alourdissement de la  charge des connaissances à acquérir (programmes trop lourds).
Certains (conseils, méthodes ou notions indispensables), risquent même de disparaître de l’enseignement que l’on donne, car on n’a plus le temps de les donner.

Il y aura donc à terme, de plus en plus d’élèves à prendre en ateliers d’aide personnalisée. Nous sentons apparaître un effet boule de neige, multipliant les besoins d’aide, et le nombre de candidats, alors qu’en pouvant prendre en classe le temps nécessaire, et en faisant vivre aux élèves un enseignement plus posé, ce soutien n’aurait pas eu lieu d’être.

Les enseignants ont le sentiment de :

-    ne plus avoir le temps d’approfondir un sujet.
-    ne plus avoir le temps de pouvoir revenir sur une question pour en consolider l’acquisition,
-    ne plus avoir le temps de réexpliquer.
-    tout faire dans la précipitation.
-    ne plus s’arrêter de la journée, ne plus avoir le temps de récupérer pour eux-mêmes.
-    ne plus avoir le temps de communiquer avec l’équipe de l’école, ou du moins avoir des difficultés pour se rencontrer (chacun étant décalé des autres, en fonction du moment de soutien choisi, ou du temps nécessaire à la préparation matérielle de la classe).

La disparition du samedi matin a rendu plus difficile la communication et les rencontres avec les parents, que ce soit pour parler des élèves, ou de faire avec eux des projets autour de l’école.
Ces rencontres doivent donc se faire avant ou après la classe. C’est un moment indispensable, mais qui lui aussi s’ajoute à une journée scolaire très lourde.

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