Archive pour décembre 2008

Rappel : présence devant la préfecture d’Arras pour les “Rased” et autres “Revendicatifs”

Mercredi 31 décembre 2008

Passez nous voir, devant la préfecture d’Arras entre 15H et 17H, ce 31 décembre en gilet jaune pour le “pré réveillon revendicatif” du Pas de Calais;

Café , Musique, et Résistance !

Jack Lang propose un “plan d’envergure” pour l’éducation

Mardi 30 décembre 2008

PARIS, AFP  Lundi 29 décembre 2008


Jack Lang, ancien ministre PS de l’Education, a invité lundi le gouvernement à adopter “un plan fort et puissant sur l’économie de l’intelligence” qui accorde en particulier de nouveaux moyens à l’école.

“Janvier sera chaud si des mesures d’envergure ne sont pas prises”, il faut “un plan d’envergure”, a-t-il plaidé sur France-Inter.

Le député du Pas-de-Calais a appelé à “suspendre la suppression des Rased (Réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté) et des postes d’enseignants”, à “rouvrir le plan sur l’école, qui aujourd’hui se traduit par des résultats catastrophiques sur le terrain”, à “rétablir la formation professionnelle des maîtres” et à offrir 20% de postes supplémentaires aux concours 2009 du Capes et de l’agrégation.

M. Lang préconise enfin un “fonds d’investissement” mis à la disposition des collectivités “les plus démunies” pour la réfection des établissements scolaires.

Jack Lang avait qualifié le 15 décembre de “première mesure de sagesse” la décision du ministre de l’Education nationale Xavier Darcos de reporter l’entrée en vigueur de la réforme de la classe de seconde.

Philippe Meirieu : Lettre ouverte à Xavier Darcos

Lundi 29 décembre 2008

Philippe Meirieu                                                                                       Le 27 décembre 2008

Lettre ouverte à Xavier Darcos,  Ministre de l’Education nationale

Monsieur le Ministre,

J’ai déjà dit, à plusieurs reprises, à quel point j’estimais le professeur, l’humaniste, le lettré et le grand connaisseur de l’Éducation nationale que vous êtes. Pour autant, je n’ai jamais caché mes profonds désaccords avec vous. Nous croyons, en effet, l’un et l’autre, que l’avenir de la démocratie dépend de notre capacité à ne pas traiter nos adversaires en ennemis et à tenter de dépasser ensemble, autant que possible, nos inévitables différends pour esquisser un peu de « bien commun »… Or, aujourd’hui, Monsieur le Ministre, je suis vraiment très inquiet. L’Éducation nationale me semble gravement ébranlée : l’ampleur du désarroi des uns et la violence de la colère des autres me paraissent très largement inédites et infiniment préoccupantes.

Tout a été dit, depuis plusieurs mois, sur les dangers que faisaient courir à notre système éducatif les réductions budgétaires et les suppressions de postes déjà effectuées ou à venir. J’imagine, d’ailleurs, que vous en êtes parfaitement conscient et que vous auriez préféré bénéficier d’arbitrages plus favorables de Bercy en faveur de votre ministère. Reste que vous êtes membre d’un gouvernement qui fait de la réduction de la fonction publique une de ses priorités. À ce titre, vous participez d’une politique qui est, à mes yeux, infiniment dangereuse.

Cette politique est dangereuse, parce qu’elle sacrifie l’avenir de notre pays à des équilibres financiers à court terme dont on a vu, avec la crise récente et l’octroi par l’État de plusieurs milliards d’euros de garantie aux systèmes financiers, à quel point ils n’étaient qu’un prétexte.

Elle est dangereuse aussi, parce qu’elle ne calcule jamais les coûts sociaux, à moyen et long termes, de ses choix : coût de l’échec scolaire et de la désespérance de jeunes qui y sont assignés à résidence, coût des conflits et des gaspillages provoqués par la concurrence attisée entre l’État et les collectivités territoriales, entre les parents et l’école, entre les établissements et, peut-être bientôt, entre les enseignants eux-mêmes courant après les petits avantages que vous accordez aux uns et refusez aux autres… Là est, d’ailleurs, la véritable illusion du libéralisme : il prétend baisser les coûts et augmenter la qualité en lâchant la bride à la concurrence. On a vu ce que cela donnait dans le domaine économique et nous n’avons pas fini d’en payer le prix ! En matière scolaire, nous aurons le même effondrement en utilisant les mêmes principes et en mettant en œuvre des mesures du même type : suppression de la carte scolaire, pilotage par les résultats, rémunération au mérite, etc.

Oubliée, ou presque, l’éducation prioritaire qui impose un travail d’accompagnement pédagogique minutieux des écoles et établissements « difficiles ». Oubliées, ou presque, les initiatives artistiques et culturelles en direction des élèves les plus défavorisés pour qu’ils accèdent aux œuvres les plus exigeantes.

Oubliés, ou presque, les mouvements pédagogiques et d’Éducation populaire qui permettent aux enseignants de trouver des appuis et de solliciter des complémentarités… La politique que vous menez s’appuie sur le présupposé implicite que la pression consumériste sur l’école va compenser tout cela ! Alors qu’en réalité, elle contribue au développement des ghettos… D’un côté, de bons établissements qui recrutent de bons élèves et se prévalent de bons résultats pour obtenir de nouveaux crédits. De l’autre les laissés-pour-compte où quelques « saints laïcs » réussissent, parfois, contre vents et marées à faire exister un peu de « véritable école ». Certes, cette situation n’est pas totalement nouvelle, mais tous les observateurs s’accordent, aujourd’hui, pour souligner qu’elle empire : non seulement la fracture scolaire ne se résorbe pas, mais elle continue de s’accroître.

Votre politique est dangereuse parce qu’en externalisant le traitement des difficultés d’apprentissage vers une multitude de structures de soutien ou en les traitant de manière technocratique à l’aide de prothèses pharmaceutiques et paramédicales, elle vide inexorablement la classe de sa substance1. Au lieu de travailler à mobiliser tous les élèves sur les savoirs, on se résigne petit à petit au darwinisme scolaire systématique : les déversoirs sont là pour récupérer les inadaptés ! Au lieu d’ actions globales au sein de projets d’école ou d’établissements cohérent, on juxtapose des interventions individuelles pour « rectifier » les individus ! Vous prétendez lutter contre l’inégalité d’accès aux officines privées en mettant en place des stages pendant les vacances ou de l’aide personnalisée en primaire. Mais, outre que vous mettez à mal le rythme de vie des enfants, déjà bien compromis, vous enclenchez ainsi un mouvement qui conduit inexorablement à réduire l’acte pédagogique à une transmission frontale de plus en plus formelle… agrémentée d’une offre de dispositifs externes de remédiation qui, inévitablement, accroîtra les inégalités. Car, en réalité, notre système scolaire tout entier devient une usine à gaz totalement incompréhensible pour les familles populaires. Tandis que les enseignants se transforment en « guichets de service », disponibles pour les familles qui savent les instrumentaliser.

À terme, c’est toute l’institution scolaire qui risque de se réduire comme une peau de chagrin, avec l’habillage traditionnel du « retour aux fondamentaux » ! Évidemment, nul n’est hostile aux fondamentaux… Mais la question est de savoir ce qui est fondamental ! Par exemple, je fais partie de ceux qui militent, depuis toujours, pour que l’École fasse de « l’entrée dans l’écrit » une priorité absolue. Mais, si « entrer dans l’écrit », c’est évidemment savoir dessiner des lettres et les agencer, maîtriser l’orthographe et la grammaire, réussir ses dictées… c’est aussi entrer dans l’intentionnalité d’une communication différée, accepter de laisser une trace de soi, renverser des contraintes de la langue en ressources pour la pensée. Cet apprentissage-là doit s’effectuer en même temps que celui des « mécanismes » de l’écriture, dans une école ambitieuse qui s’appuie sur la diversité et la coopération des élèves, qui ne passe pas son temps à « dépister » les problèmes ou les lacunes de chacun, mais qui sait repérer les points d’appui et inventer des situations stimulantes.

Car telle est bien la frontière – ténue, je l’avoue, mais absolument indispensable – entre le « dépistage » et le « repérage » : le dépistage se focalise sur les « dys » et les traite dans un paradigme phamaceutico-médicalo-judiciaire. Le repérage, lui, est alliance avec une personne qu’on ne réduit ni à des symptômes ni à des résultats de tests ou évaluations. Le repérage classe parfois, mais connaît la fragilité infinie des étiquettes et des classifications… C’est pourquoi il laisse toujours une chance d’échapper à l’enfermement dans la pathologie et, surtout, il s’efforce de créer cette chance en imaginant des médiations qui permettent au sujet d’entrer dans la culture et de s’exhausser, par là, au-dessus de ses problèmes.

Au fond, Monsieur le Ministre, votre politique décourage les enseignants parce qu’elle met à mal leur identité de « professeurs ». Dans un système où le libéralisme et la technocratie s’associent de plus en plus pour permettre le développement des stratégies individuelles de « réussite », les enseignants sont réduits à des dépisteurs, à des orientateurs, voire à des douaniers… eux qui ont la vocation de « passeurs » chevillée au corps. Résultat : le moral des troupes est au plus bas partout et les enseignants du primaire sont, eux, « au fond du trou ».

Or, vous savez comme moi que ces enseignants du primaire ont toujours été les « fers de lance » de l’Éducation nationale. Investis dans leur métier comme dans le champ social et politique, ils n’ont pas démérité. En faisant d’eux la cible de toutes les attaques, en remettant brutalement en question leur culture professionnelle construite dans l’idéal républicain, en les rendant seuls responsables de l’échec scolaire, vous avez commis une injustice. Non que notre école primaire ne puisse progresser, mais parce qu’il est impossible d’ignorer les nouveaux défis auxquels ces enseignants ont à faire face aujourd’hui : recompositions familiales, difficultés sociales de toutes sortes, surexcitation psychique des enfants chauffés à blanc par le capitalisme pulsionnel, etc. Vous avez pointé du doigt des situations scolaires « relâchées », en oubliant à quel point c’est toute notre société qui devient dangereuse pour les enfants et les adolescents en développant un environnement profondément toxique et contraire aux exigences d’attention, de concentration et de réflexion qui permettent de « faire l’École ». Vous avez désigné des boucs émissaires, quand il aurait fallu impulser un sursaut éducatif à la Nation tout entière.

Vous avez laissé entendre que, sous la coupe de pédagogistes irresponsables, les instituteurs auraient fabriqué des cohortes de dyslexiques, quand il aurait fallu profiter des compétences pédagogiques élaborées depuis longtemps dans l’enseignement primaire pour faire de la maîtrise de l’écrit une grande cause nationale.… Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que les nouveaux « hussards » se rebellent ! Il faut absolument les entendre. Au plus vite. Avant que vos subordonnés trop zélés, avec moins d’humanité et plus d’intransigeance que vous-même, ne mettent un peu partout le feu aux poudres. C’est une constante malheureuse, en effet, de notre système scolaire que cet empressement des cadres intermédiaires à anticiper et à radicaliser les intentions supposées du chef en croyant s’acheter ainsi une assurance-vie. Il vous faut absolument les calmer ! Au risque de jacqueries sans fin ou, bien pire encore, d’un découragement généralisé du corps enseignant tout entier.

En réalité, je crains que ce dernier ne soit en train de perdre son identité : des hommes et les femmes qui avaient l’ambition de participer à un projet national fort se sentent réduits progressivement à un ensemble de prestataires de service plus ou moins arrosés d’heures supplémentaires et de primes diverses. À cet égard, votre décision de supprimer les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres et de  laisser s’installer une multitude de masters assortis d’un concours réduit à des épreuves académiques - sans aucune formation validée attestant de la capacité à transmettre des savoirs à des élèves concrets - est une catastrophe. Quand on célèbre partout les vertus de la formation par alternance, vous la supprimez pour les professeurs. Quand on travaille, dans le monde entier, sur l’acquisition de vraies compétences professionnelles, vous les passez par pertes et profits. Quand on aurait besoin de professeurs maîtrisant aussi bien les savoirs qu’ils doivent transmettre que les conditions pédagogiques de cette transmission, vous minimisez les premiers et ignorez les secondes. Quand on s’accorde sur la nécessité de faire de la scolarité obligatoire un continuum cohérent, vous contribuez à creuser le fossé entre le premier et le second degré. Quand on observe, dans les collèges et les lycées, les immenses difficultés pédagogiques des professeurs, vous laissez entendre qu’au- delà de l’école primaire, les savoirs académiques suffisent. Quand il faudrait redonner à l’École de la République une unité symbolique forte tout en prenant en compte la diversité des élèves, vous laissez le système de formation se déchirer et la formation s’atomiser… tout en éloignant cette dernière des situations concrètes d’enseignement. Certes, les IUFM n’étaient pas parfaits, mais leur disparition risque de condamner bien des enseignants à osciller entre la dépression (pour eux) et la répression (pour leurs élèves). Il est peut-être encore temps d’arrêter le massacre… mais il faut faire vite ! Rien ne serait plus grave pour notre avenir collectif que de laisser croire à l’opinion publique que le métier d’enseignant est, avec celui de mage, le seul qui ne nécessite ni techniques maîtrisées, ni projet construit dans la durée et inscrit dans une réflexivité collective. Professionnellement et ymboliquement, une démocratie qui dénie à ses professeurs leur identité de « transmetteurs- émancipateurs » est gravement menacée.

Mais je sais que tout cela compte assez peu aujourd’hui au regard de votre « abandon » de la réforme du lycée, particulièrement médiatisé en raison des risques politiques toujours très élevés dès lors que les lycéens descendent dans la rue. Je partage assez largement l’analyse que vous avez faite pour engager cette réforme ainsi que les principes que vous avez énoncés : faire de la classe de seconde un moment de découverte et d’exploration des possibles, donner une culture commune solide à tous et favoriser un choix réfléchi en matière d’orientation, améliorer le suivi des élèves, les former au travail personnel et en équipe, à la recherche documentaire, à la démarche expérimentale… Tout cela est, en effet, tout à fait indispensable. Mais vous avez mené les travaux préparatoires de cette réforme au pas de charge, sans véritable explication ni concertation. Au passage, vous avez cédé aux conservatismes en laissant ouverte la possibilité de constitution d’ « options lourdes » et de filières déguisées en seconde. Vous avez brouillé les cartes et laissé se construire l’alliance de ceux qui pensaient que vous n’alliez pas assez loin et de ceux qui pensaient que vous alliez trop loin… Puis, au bout du compte, vous avez été obligé de faire marche arrière et, soudainement acquis aux vertus de la démocratie participative, vous annoncez maintenant la tenue de véritables « États généraux lycéens » ! L’organisateur que je suis de la consultation lycéenne de 1998 est pris, là, entre des sentiments contradictoires : étonnant revirement pour qui avait dénoncé, alors, « la duperie de cette mascarade », « le gigantesque défouloir lycéen », « le happening baba-cool » qui, confondant « parler et penser », avait abouti au « triomphe du dérisoire »… Mais promesse, peut-être, d’un vrai travail, dès lors qu’on ne confond pas « États généraux » et « sondage d’opinion » et qu’on fait réfléchir ensemble, autour d’une même table et des mêmes problèmes, tous les partenaires concernés : enseignants, cadres éducatifs, élèves, parents, régions… Nous avons, en effet, suffisamment perdu de temps avec ces tractations bilatérales, dont les résultats sont ensuite savamment combinés par des technocrates, et qui
n’engendrent que frustrations, malentendus et parties de bras de fer sans fin. La réforme, la vraie, impose qu’on change radicalement de méthodologie, qu’on renonce à piloter en surfant sur de fragiles équilibres jusqu’à ce que tout l’édifice tout entier s’écroule.

Mais, en réalité, plus encore que d’ « États généraux du lycée », c’est de véritables « États généraux de l’Éducation » dont nous avons besoin, afin de remettre à plat l’ensemble des projets éducatifs du gouvernement, de construire une véritable alternative républicaine cohérente, articulant tous les degrés du système scolaire et universitaire avec la « formation tout au long de la vie », clarifiant les responsabilités de chaque partenaire, interrogeant tout autant le rôle des médias que celui des familles… afin de dégager des principes d’actions sur lesquels s’adosser pour penser notre avenir. Il faut cesser de juxtaposer des réformes dictées par le seul souci de réduire l’importance de la fonction publique, de faire des économies à court terme ou de satisfaire tel ou tel lobby proche du pouvoir. Il faut se demander à quelles conditions nos enfants peuvent affronter sereinement le monde, en comprendre les problèmes et construire ensemble une société plus solidaire. Il faut se redonner des finalités claires qui puissent servir de référence à toutes les initiatives éducatives4. Bref, il faut identifier ce que pourrait être un « socle commun » de l’éducation républicaine… et non seulement, comme nous l’avons aujourd’hui, un « socle commun » de l’enseignement minimal. Y êtes-vous prêt Monsieur le Ministre ?

-o0o-

J’ai eu la chance, personnellement, de dialoguer avec vous de manière approfondie. Certes, tous les malentendus entre nous n’ont pas été levés : vous continuez toujours, semble-t-il, à me considérer assez largement comme un « pédagogue libertaire » qui fait toujours prévaloir l’intérêt spontané de l’enfant sur la transmission de la culture… alors que je n’ai cessé d’expliquer que tout mon travail pédagogique consistait précisément à chercher comment mobiliser l’élève sur des enjeux culturels forts ! Vous imaginez que je récuse l’autorité de l’enseignant, alors que j’ai toujours cherché à la fonder6 ! Vous pensez que je nie l’intérêt des exercices d’entraînement systématique, alors que je cherche comment les rendre vraiment efficaces ! Cela dit, nous avons de vrais désaccords. En matière pédagogique, vous semblez dénier, en effet, cette réalité que les pédagogues se coltinent depuis toujours : il y a des élèves qu’aucune injonction ni menace de sanction ne peuvent mettre au travail, des élèves qui, malgré toutes nos bonnes intentions, « ne veulent pas ». Cette « résistance » à notre projet peut engendrer résignation, rejet ou exclusion ; mais elle peut aussi, en articulant le principe d’éducabilité et la confiance dans la possibilité d’un sujet à engager sa liberté d’apprendre, stimuler notre inventivité pédagogique pour offrir à nos élèves les situations les plus variées et mobilisatrices possibles. C’est là, de toute évidence, un point de clivage fort entre nous… Mais nous divergeons aussi sur notre conception du rôle de l’État en matière éducative, sur le métier de professeur, sur l’articulation entre l’école et la société…

Pourtant, nous tenons l’un et l’autre à sauvegarder l’héritage républicain de l’Éducation nationale. Et nous savons que, pour le sauvegarder, il faut le transformer. Mais pas le démanteler ! Or, aujourd’hui, vous ne pouvez pas ignorer qu’une très grande partie des enseignants considère que vous êtes le maître d’œuvre de ce démantèlement, dont le maître d’ouvrage est à l’Élysée. Il ne suffira pas de vous récrier pour les apaiser. Il faut vraiment et radicalement changer de politique… Pas pour cultiver l’immobilisme, mais parce que les défis éducatifs d’aujourd’hui requièrent une mobilisation collective sans précédent. Et pour que nos enfants soient vraiment instruits et formés, démocratiquement, à participer à une société démocratique.

Suicide d’une enseignante: son mari critique la “version officielle”

Lundi 29 décembre 2008

EVRY (AFP) — Le mari de l’enseignante qui s’est suicidée le 6 octobre à l’intérieur d’une école primaire de l’Essonne reproche à l’administration d’avoir attribué le geste de son épouse à de simples “problèmes personnels”, dans une lettre au ministre de l’Education rendue publique samedi.

Dans son courrier, révélé samedi par Le Parisien et dont l’AFP a eu copie, Bruno Besnaïnou accuse notamment le recteur de l’académie de Versailles, Alain Boissinot, d’avoir “trahi le secret professionnel” en divulguant “une information du dossier médical de (sa) femme censé être confidentiel”.

“A cette entorse grave au secret professionnel, s’ajoutaient des informations totalement inexactes qui tendaient de manière allusive à faire passer ma femme pour une dépressive chronique. Ainsi, la moitié de son temps d’arrêt maladie en 2007 n’était pas dû à la dépression mais à une cause médicale bien distincte”, raconte l’époux.

“Ces mêmes interventions publiques et largement médiatisées ont en revanche bien peu fait mention de la compétence et de la qualité du travail de ma femme, reconnues et saluées tant par ses collègues que par les parents d’élèves”, écrit M. Besnaïnou.

Selon lui, sa femme, une enseignante de 45 ans qui intervenait dans le cadre des RASED (Réseaux d’aide spécialisés aux enfants en difficulté, ndlr), était très touchée par la situation de cette catégorie d’enseignants, même s’”il serait vain d’imaginer que cela a été la seule cause de son geste”.

“Je peux témoigner, comme tout son entourage, qu’elle souffrait du manque de reconnaissance dont pâtit particulièrement cette catégorie d’enseignants, et qu’elle évoquait souvent, la semaine précédente, l’intention annoncée de supprimer des postes et de modifier profondément le fonctionnement du RASED comme une source d’angoisse pour elle”, précise-t-il dans sa lettre, adressée au ministre Xavier Darcos, au recteur de l’académie de Versailles et à l’inspecteur d’académie.

Le corps de Muriel Besnaïnou avait été retrouvé le 6 octobre par une psychologue, pendu à un panneau de basket dans une salle de l’école primaire Gambetta de Massy (Essonne). Mère de deux enfants âgés de 12 et 20 ans, elle n’avait pas laissé de trace écrite pour expliquer son geste.

Au nom de l’Education nationale, le recteur de Versailles, Alain Boissinot, interrogé par l’AFP, a réfuté catégoriquement les accusations du mari tout en disant “respecter la douleur” de M. Besnaïnou.

“Nous n’avons cherché à faire passer aucun message. Ce qu’on a simplement dit, c’est que nous n’avions aucun élément particulier permettant de faire le lien entre ce geste et le RASED”, a expliqué M. Boissinot.

Voici la Lettre Ouverte à M. Darkos

Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, Monsieur le Recteur d’académie, Mr l’inspecteur d’Académie

Je vous remercie des condoléances  dont vous m’avez  fait part après le suicide de ma femme Muriel, institutrice spécialisée, qui s’est donné la mort dans l’après midi du 6 octobre dernier au groupe scolaire  Gambetta de Massy, son lieu de travail.

Je prends le temps de vous répondre, passé le premier choc, pour attirer cependant votre attention sur plusieurs faits qui dans ces circonstances douloureuses ont témoigné de bien peu d’empathie, et de respect des personnes.

Le corps de ma femme n’était pas encore au funérarium, que l’Inspecteur d’Académie convoquait dans les locaux du groupe scolaire une réunion des enseignants, auxquels il enjoignait de n’évoquer “que des problèmes personnels”, face aux questions que ne manquerait pas de susciter un tel événement.

Dès le lendemain, 7 octobre,  le Recteur d’Académie divulguait une information du dossier médical de ma femme censé être confidentiel, trahissant ainsi le secret professionnel, au journal de 13h de France 2  et sur RTL le même jour.
A cette entorse grave au secret professionnel, s’ajoutaient des informations totalement inexactes qui tendaient de manière allusive à faire passer ma femme pour une dépressive chronique. Ainsi, la moitié de son temps d’arrêt maladie en 2007 n’était pas dû à la dépression mais à une cause médicale bien distincte.
Suite à cet arrêt de travail, ma femme a repris son poste en décembre 2007 juste avant les vacances de Noël., et non à la rentrée 2008 comme l’a affirmé publiquement sa hiérarchie.

Ces mêmes interventions publiques et largement médiatisées ont en revanche bien peu fait mention de la compétence et de la qualité du travail de ma femme, reconnues et saluées tant par ses collègues que par les parents d’élèves.
Muriel était une femme passionnée par son travail, animée du souci permanent de bien faire et d’une grande exigence professionnelle. Outre sa formation de professeur des écoles et sa formation de rééducatrice, elle avait fait deux années d’études supérieures en lettres (hypôkhagne et khagne,) puis obtenu sa licence de Lettres en Sorbonne. C’est dire que son engagement auprès des enfants dans le cadre des Réseaux d’Aide Spécialisé aux Eléves en Difficulté était un choix personnel qui correspondait à une motivation profonde.

Je peux témoigner, comme tout son entourage, qu’elle souffrait du manque de reconnaissance dont  pâtit particulièrement cette catégorie d’enseignants, et qu’elle évoquait souvent, la semaine précédente, l’intention annoncée de supprimer des postes et de modifier profondément le fonctionnement du RASED comme une source d’angoisse pour elle. Que cette intention, enfin, allait totalement à  l’encontre du développement de son travail en direction des enfants en difficultés.

Personne ne saura ce qui a pu déclencher son acte de désespoir. Mais la façon expéditive et réductrice qui a été utilisée pour parler de son acte n’a rien à voir avec le respect de la vérité ni de sa personne.

Enfin, si le souci de filtrer l’information semble avoir été primordial pour sa hiérarchie, pourquoi les détails de sa mort ont-ils été divulgués sur les ondes  à des heures de grande écoute, sans tenir compte des conséquences possibles pour mes enfants?

Cet ensemble de considérations m’amène à souhaiter le rétablissement public d’une certaine équité dans la présentation de cette affaire, aussi ma réponse prendra-t-elle la forme d’une lettre ouverte adressé à la presse

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, Messieurs, l’expression de ma haute considération .

Appel de Jean Marie DARMIAN Maire de Créon Conseiller général de la Gironde à tous les Maires républicains

Samedi 27 décembre 2008

Madame, monsieur,

Les citoyens de ce pays se laissent endormir par une sectorisation des attaques incessantes contre le système éducatif. En tant que Maire et ancien instituteur je suis effaré par l’accumulation des mesures destructrices qui laissent préluder à une mise en pièces de l’enseignement primaire.

Depuis sa nomination en mai 2007, le ministre de l’éducation nationale, M. Xavier Darcos, a en effet déjà à son actif :

la suppression de la carte scolaire, qui institue la concurrence entre écoles et accélère la formation de ghettos scolaires ;

-  la promulgation de « nouveaux » programmes (dont les rédacteurs ne sont toujours pas connus !) contraires à l’avis de la profession et des chercheurs, après une mascarade de concertation, menée dans la précipitation ;

- la diminution de 2 h du temps hebdomadaire d’enseignement (l’équivalent de 3 semaines par an!) et la réorganisation de la semaine décidée contre les préconisations des professionnels et des spécialistes des rythmes scolaires ;

- le discrédit jeté sur l’action des enseignants de l’école publique, notamment en trompant l’opinion sur les performances de l’école française dans les évaluations internationales et sur le coût réel de notre école ; il ne cesse d’accréditer l’idée, portée par les groupes ultralibéraux, mais démentie par les spécialistes, que les résultats français sont plus mauvais que la moyenne et en baisse et que les dépenses sont plus élevées que celles de nos voisins  ;

- des déclarations fausses et insultantes sur les maternelles considérées comme de simples garderies où le travail des enseignants consiste à « surveiller la sieste et à changer les couches » ;

la disparition programmée des IUFM, revenant à supprimer la formation professionnelle, au lieu de chercher à l’améliorer ;

- l‘étranglement financier des associations éducatives complémentaires de l’enseignement public ;

- les atteintes au droit syndical, au paritarisme et au droit de grève ;

la mise en place du fichier base-élèves, comportant des données qui mettaient gravement en cause les libertés individuelles et le droit à l’éducation des enfants étrangers, quel que soit le statut de leurs parents ;

- le financement (pour 220 000 euros) d’une officine privée qui doit surveiller les prises de position des enseignants sur le web, « repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau ».

Il vient aussi de faire inscrire dans le budget 2009 :

- la suppression brutale de 3 000 postes d’enseignants spécialisés des RASED, tout en proclamant vouloir diviser par 3 le taux d’élèves en grande difficulté scolaire et en tentant de faire croire que la mise en place des 2 h d’aide personnalisée pourrait remplacer le travail des enseignants spécialisés ;

- la baisse de 30 % des postes mis au concours en 2009 et, par voie de conséquence, de la formation continue remplacée par les PE2, avant sa disparition totale en 2010…

Tout récemment, il a confirmé que trois autres « réformes » seront mises en place en 2009 :

- la création de l’Agence national e du remplacement, qui pourrait employer des maîtres non certifiés et précarisés ;

- la création des EPEP et la caporalisation des maîtres par des « super-chefs », les directeurs d’EPEP (500 postes ont été budgétisés pour cela) ;

- la suppression de la maternelle entre 2 et 3 ans, remplacée par un « jardin d’éveil » à la charge des communes et des familles, premier pas vers la suppression de la maternelle avant 5 ans, réclamée par des amis politiques du ministre.

Et voici que, début novembre, plutôt qu’une revalorisation des sa laires des enseignants, M. Darcos annonce qu’il octroiera une prime de 400 euros aux maîtres qui feront passer les évaluations nationales au CE1 et au CM2.

C’en est trop ! C’est maintenant notre dignité qui est bafouée !

Depuis toujours, les enseignants assument la passation d’épreuves d’évaluation, la correction et l’analyse des résultats, sans penser à demander une rémunération spéciale, car l’évaluation des apprentissages de nos élèves fait partie de nos missions. De plus, quand il s’agit d’évaluations nationales, le plus souvent nous faisons la correction et l’analyse collectivement (en dehors des heures de classe), car les résultats à un niveau donné d’enseignement concernent toute l’équipe des maîtres, en amont et en aval. Alors, pourquoi cette prime, telles des cacahuètes jetées à des singes ? M. Darcos anticipe-t-il des résistances du fait que ces épreuves, entourées du plus grand secret, sont annoncées comme très difficiles par le ministère et qu’elles feront apparaître une énorme proportion d’élèves en grande difficulté, sans rapport avec la réalité ? Redoute-t-il que ces épreuves mettent plus nettement en évidence la malfaisance des programmes 2008 ? Craint-il que la profession y voie une rupture avec les exigences du Socle commun de connaissances et de compétences, conçu à partir des programmes de 2002, et qui est toujours en vigueur ? A-t-il peur que les enseignants refusent de faire passer les épreuves et veut-il acheter notre soumission ? Parie-t-il sur les difficultés financières des enseignants pour les opposer les uns aux autres et diviser les équipes d’écoles ?

Demandons la mise en place d’un Conseil national de l’évaluation à l’école comprenant des praticiens, des formateurs et des chercheurs pour mettre au point une politique de l’évaluation et élaborer des outils pour les équipes d’écoles et de cycle, au service des apprentissages des élèves définis par le Socle commun de connaissances et de compétences.

Appelons les conseils des maîtres et les conseils d’école à prendre, dès à présent, des mesures fortes pour protéger les enfants et les écoles des méfaits éventuels des épreuves nationales CE1 et CM2, que ce soit en raison du contenu des épreuves ou de leur utilisation. Nous les appelons en particulier à refuser fermement toute publication des résultats des écoles.

Nous ne pouvons plus continuer à subir cette politique scolaire fondée sur la concurrence entre, les collectivités, entre les élèves, entre les familles, entre les écoles et entre les maîtres. Elle est contraire à l’idéal de citoyens responsables et solidaires qui fonde notre école laïque et républicaine.

Tous les maires républicains doivent en avoir conscience et dénoncer cette avalanche de coups bas contre le corps enseignant abandonné le plus souvent dans la tourmente de réformes qui visent à le mettre à genoux.

Jean Marie DARMIAN

Maire de Créon

Conseiller général de la Gironde

Le Maître G comme…Gitan, le Maître E comme…Errant

Samedi 27 décembre 2008

Extrait du site de Daniel Calin

Un écrit réalisé par Jansen René, Rééducateur-nomade en sursis dans un RASED.

Pour la première fois de son histoire, l’entreprise Éducation Nationale (près d’un million de “serviteurs”, 12 millions d’élèves) se retrouve avec à sa tête un PDG dont l’unique but est la DESTRUCTION PURE ET SIMPLE DE L’ENTREPRISE ELLE-MEME. Comme il a eu la faiblesse de le reconnaître (Canard Enchaîné du 22/10/08), le véritable job de l’actuel Ministre de l’Education, M. DARKOS, se résume “à trouver le meilleur habillage aux suppressions de postes”, donc à bourrer le mou aux populations concernées pour pouvoir détruire définitivement un des fondements de notre république, le système d’enseignement publique laïque et gratuit, assuré par l’Etat avec du personnel qualifié et diplômé. Le but du jeu est de faire passer les DEMOLISSEURS pour des BATISSEURS et tous les opposants à ce jeu de massacre pour d’affreux partisans de l’immobilisme… Pour ce faire tous les moyens sont bons, mensonges, falsifications, demi-vérités, manipulations, plus c’est gros plus ça passe à la va-comme-je-te pousse, le but étant de provoquer un état de choc et de stupéfaction qui empêche l’adversaire de réagir. Mais ce genre de poker menteur ne peut réussir à tous les coups, surtout si les citoyens se mettent un tant soit peu à réfléchir et à réagir…

11 400 instituteurs spécialisés et 1 patron-voyou… L’entourloupe qui devait permettre au ministre de récupérer les postes des RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) était bien préparée. Aucun débat, aucune fuite, aucune concertation ni réflexion, la nouvelle tombe le 27 septembre 2008 par une dépêche de l’AFP présentant le budget de l’Education Nationale : le dispositif qui seconde les instituteurs dans l’aide aux élèves en difficulté sera supprimé en 3 ans (2009/2011), permettant de “récupérer 11 400 postes” de fonctionnaires, ipso facto !

Ce véritable coup de tonnerre sur l’école primaire arrive après une année scolaire infernale où les ordres incohérents (sans nul doute venus de l’Elysée) se sont succédés en cascade, sans tenir aucun compte de la vie des écoles et du calendrier de l’année scolaire, une avalanche d’injonctions et de décrets imposés avec rapidité et brutalité (dans le plus pur style bureaucratique néo-stalinien) sans que les personnels concernés n’aient jamais eu leur mot à dire ! Le nouveau paysage scolaire, taillé à la hache, résulte en une semaine scolaire raccourcie de 2 heures à 24 heures de classe pour les meilleurs élèves, avec des nouveaux programmes sortis d’on ne sait où alourdis et indigestes. Et, cerise sur le gâteux, les élèves en difficulté sont punis de 2 heures d’aide personnalisée, hors temps scolaire, assurées par tous les instituteurs. Pour compléter le tableau, si ces vilains petits canards ne progressent pas assez, ils travailleront encore la moitié de leurs vacances, grâce à des heures supplémentaires payées aux enseignants volontaires (Dans un ministère où on bricole sans cesse avec des bouts de ficelle, faute de moyens, cela passe mal). Faire croire qu’il suffit de verser plus de soupe pédagogique dans la gamelle de ces pauvres élèves pour les faire progresser, sans tenir aucun compte du rythme de vie de l’enfant, c’est véritablement se moquer de tout le monde, enseignants, parents et enfants… Mais si le coup de bluff passe, adieu les 11 400 postes des RASED ! Et tant pis si ces élèves (déjà fatigables et fragiles) ont à peine le temps de manger le midi, ou doivent commencer les cours plus tôt le matin ou finir plus tard que les autres, le soir !

De telles méthodes n’avaient jamais été appliquées à la fonction publique, et s’apparentent bien (toutes proportions gardées) à celles des patrons-voyous qui font disparaître l’outil de travail des ouvriers à la faveur de la nuit. Il faut noter que la combine employée pour tenter de mettre la main sur le magot des 11 400 postes d’instituteurs est aussi grossière que stupide et contre- productive, déconsidérant le Ministère aux yeux de tous.

Alors qu’il aurait suffi, dans un premier temps, par le simple jeu des départs en retraites et des nombreux postes vacants, de récupérer les 3000 postes RASED sans tapage dès septembre 2009 ; puis d’organiser une campagne de dénigrement systématique quant à l’efficacité de ce qui subsisterait du squelette de ce dispositif RASED ; et enfin de proposer un “redéploiement” des postes restants, pour aboutir en douce au même résultat : la suppression pure et simple !

Pour le citoyen qui croirait à de réelles économies réalisées ainsi pour le budget de l’Etat, rappelons une simple chose : ces instituteurs spécialisés ont réalisé chacun 1 ou 2 années de formation supplémentaires, payées et organisées par le ministère, et sanctionnées par des examens et des diplômes. Ce qui signifie que mettre une croix sur 11 400 postes, c’est à la fois se priver des compétences particulières d’un personnel bien formé, mais c’est aussi annuler l’investissement de quelques 20 000 années de formation financées par l’entreprise Ed.Nat. ! Et pour manier la carotte après le bâton, ces enseignants nommés de force sur des classes “ordinaires”, conserveront la royale indemnité de “fonction particulière” de 60 € mensuels ! Voilà de la bonne gestion à courte vue !

“Je ne supprime pas les rased, je les sédentarise…” Il est très choquant de voir un ministre de la république continuer à mentir effrontément, même au parlement et même aux députés de son propre camp, alors qu’il est pris la main dans le sac en train de réaliser une véritable forfaiture ! (Les instituteurs connaissent ce genre de comportement de la part des enfants d’âge primaire, mais on serait en droit d’attendre d’un ministre de l’éducation qu’il respectât au moins sa fonction, à défaut de respecter son personnel et les élèves dont il a la charge !)

Car le mensonge est tout de même ÉNORME : faire croire qu’en affectant 3 000 instituteurs dans des classes existantes, ils pourraient ensuite assumer deux fonctions à la fois, le suivi de leur classe plus une fonction d’aide aux élèves en difficultés dans l’école, c’est tout simplement se moquer du monde ! Quand on a la charge de 27 élèves toute la semaine, comment imaginer qu’on puisse se livrer à une quelconque tâche supplémentaire ?

Et si les 3 000 postes RASED sont bien supprimés, ce personnel aura disparu corps et âmes, ainsi que sa fonction spécifique, et ne sera plus en mesure de venir en aide aux élèves en difficulté !

Quant au terme utilisé, il est aisé de se livrer à une rapide étude sémantique qui nous livrera une partie des arrière-pensées honteuses du ministre-à-la-langue-fourchue.

“SEDENTARISER” : ce processus s’applique d’ordinaire à des populations nomades, et dans la bouche d’un représentant de la droite dure comme M. Darkos, il pourrait faire frémir par l’énormité des sous-entendus glauques que son utilisation implique. Donc les instituteurs spécialisés des RASED sont assimilables à des Manouches (sens étymologique=humain), des Romanichels ou des Bohémiens, des gens du voyage peu fiables, bref une population mouvante et insaisissable, incontrôlable et dangereuse, des rôdeurs et des maraudeurs qu’il convient d’assigner à résidence, pour les empêcher de nuire ! Les gitans de l’Education Nationale ! Eradiquons cette horreur pédagogique ! Tandis que le sédentaire, lui, se montre permanent, stable, sérieux et fixe ! L’opinion publique sait quel camp choisir !

On se demande si cette rhétorique fantasmatique darkosienne ne renvoie pas à l’idée des guerres indiennes du Far-West (un bon indien est un indien mort), de la sédentarisation forcée des populations tziganes par les dictatures communistes et de leur déportation sous le régime de Vichy ?

Il est frappant aussi de constater qu’un ministre ne sache pas compter, mente sur les chiffres ou n’ait pas pris la peine de se documenter, en voulant faire croire aux députés qu’un enseignant de RASED pouvait n’aider que 6 élèves dans sa semaine (séance du 04/11/08 à l’Assemblée Nationale). Pour votre gouverne, depuis 15 ans que j’exerce, je travaille en moyenne avec 45 élèves régulièrement sur la semaine scolaire. Et pour parer aux autres calomnies qu’on ne manquera pas de déverser sur les RASED pour les discréditer, indiquons aussi que nous sommes inspectés, comme tous les instituteurs, tous les 4 ans ; et qu’en outre nous travaillons sous l’autorité directe de l’inspecteur de circonscription. Que chacun fasse son travail, du ministre à l’instituteur, et les élèves seront bien gardés !

Le règne de la désinformation et de la propagande Autre remarque concernant la propagande gouvernementale qui nous dit que l’échec scolaire n’a pas été éradiqué par l’activité des RASED. Faute d’études sérieuses à ce sujet, il n’y a que des déclarations à l’emporte-pièces qui n’ont que peu de rapport avec la réalité.

Pourquoi l’Education Nationale a-t-elle été incapable de se fixer une simple obligation de moyens, concernant l’aide aux élèves en difficulté ? Chaque département a pu définir sa politique, sans aucun pilotage sérieux au niveau national. Dans mon département, on est passés en 15 ans de 80 à 40 postes RASED. Dans mon équipe RASED, on est tombés, sur la même période, de cinq postes et demi d’instituteurs spécialisés, à deux, pour un secteur de 1 300 élèves ! Alors si on veut des chiffres, on peut en donner ! Qui est RESPONSABLE de cette situation lamentable ? Et en plus le Ministère n’a jamais été capable, depuis 15 ans, de fournir les frais de déplacement permettant d’intervenir auprès de tous les élèves dans le besoin.

D’autre part, viendrait-il à l’idée de quelqu’un de réclamer la suppression de 10 000 postes de médecins généralistes, sous prétexte que ceux-ci n’ont même pas été capables d’éradiquer le rhume ou la grippe ?

C’est le même pseudo-raisonnement que notre ministre applique pour dénigrer sans cesse les résultats de notre système éducatif, évalué dans les enquêtes internationales. Il n’a de cesse de clamer que le coût du système est prohibitif, et que les résultats ne sont pas à la hauteur de l’investissement. Ce qui s’avère MENSONGER, dès le premier regard porté sur toutes les comparaisons internationales : LES RESULTATS DE L’ELEVE FRANÇAIS SONT MOYENS EN TOUT ET LA DEPENSE D’EDUCATION SE SITUE DANS LA MOYENNE BASSE des pays développés, ni plus ni moins ! Quant au “modèle finlandais” prôné par le ministre, il oublie de préciser que là-bas un enseignant n’est jamais seul face à une classe ! Un assistant d’éducation seconde chaque instituteur, et le nombre moyen d’élèves par classe est inférieur à vingt ! Alors chiche pour la finlandisation de notre école : il suffit de créer 300 000 postes d’assistants d’éducation et environ 30 000 postes d’instituteurs !

Sortir de sa réserve pour donner l’alerte Ainsi, à coups de mensonges et d’objectifs cachés, la guerre sociale semble belle et bien déclarée par nos élites ! Personne ne s’étonnera donc que les apaches des RASED sortent de leur réserve : quand un ministre pratique la désinformation sans réserve, le devoir de tout citoyen, fût-il fonctionnaire, n’est-il pas de réagir ? Nous attendons que le devoir de réserve s’applique aussi au ministre et qu’il arrête de maltraiter, d’insulter et de mépriser son personnel ! Notons que l’entrevue avec les syndicats du 03/12/2008 ressemble bien à un jeu de dupes ou à une simple pause stratégique pour nous enfumer. Maintenir la suppression des 3 000 postes dès 2009 tout en voulant faire croire qu’on maintient l’existence des RASED, relève de la fumisterie ! Les canards déjà boiteux faute d’équipes RASED au complet, vont se faire amputer d’une autre patte, comme ceci ils feront d’eux-mêmes la preuve de leur inefficacité. Et dans deux ans plus personne ne voudra défendre un dispositif devenu aussi bancal. Et hop, la messe sera dite !

Imaginons, par analogie, qu’un ministre de la défense se révèle à l’usage un dangereux pacifiste qui n’aurait pour objectif secret que de faire totalement disparaître l’armée, livrant ainsi la nation au danger. Le devoir de tout militaire ne serait-il pas alors de se sentir délié du devoir d’obéissance et de tout tenter pour alerter l’opinion ? C’est bien dans cette situation que se trouve aujourd’hui l’école publique, livrée à des démolisseurs, qui pour de simples raisons tactiques n’osent pas avouer leur unique objectif : détruire l’édifice Ed.Nat., et veulent se faire passer pour des réformateurs !

L’opinion publique a peut-être du mal à comprendre ce qui motive de simples directeurs d’écoles à hausser le ton et à prôner la désobéissance civile… Mais n’oublions pas que toute organisation sociale, pour avancer, a besoin de ceux qu’on nomme les donneurs d’alerte. La coupe étant pleine, c’est bien ce rôle que jouent nos courageux directeurs d’école. À ceux qui seraient tentés de ricaner, je poserai à chacun une simple question : que faites-vous, à votre place de travail, au jour le jour, pour freiner la déshumanisation du monde et défendre les acquis sociaux pour lesquels nos aïeux se sont battus ? Imaginons des cadres et ouvriers de Renault s’adressant au PDG en une lettre ouverte : « monsieur le Président, nous ne comprenons plus la stratégie de notre belle entreprise. Vous sortez des voitures inadaptées au marché comme la Velsatis, puis un 4X4 au pire moment de la crise pétrolière, alors que tout le monde parle d’écologie, et vous n’avez toujours pas de véhicule hybride à proposer, contrairement à la concurrence. Il nous semble que vous mettez nos emplois en danger par absence de clairvoyance… » Qui serait le plus ridicule dans l’histoire ? Imaginons encore des employés d’une grande banque alertant sur « les risques inconsidérés pris par notre direction sur des investissements douteux qui mettent en danger notre entreprise… » C’est bien pour tenter d’éviter une catastrophe que nous nous mobilisons en ce moment à l’école primaire et alertons l’opinion !

Une politique sans aucun fondement ? Force est de constater la bizarrerie de la situation politique actuelle en France. L’équipe au pouvoir a pour seule ambition d’appliquer un programme néolibéral qui ressemble au reaganisme des années 1980. En 2008, on se propose donc d’appliquer chez nous les mêmes idées qui, en 20 ans de gouvernement de droite, ont conduit la première puissance mondiale, les Etats-Unis, au désastre financier, économique et social que nous pouvons observer aujourd’hui. Ainsi, qu’est-ce qui justifie le fait de récupérer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires ? On nous dit qu’il s’agit d’alléger le budget de l’Etat dans le but de baisser les impôts des plus riches afin qu’ils puissent jouer leurs économies en bourse pour pouvoir ensuite faire la charité aux plus pauvres !


À l’aune de la crise globale actuelle, on voit bien que ce raisonnement est totalement foireux, non ?

À quoi rime alors le démantèlement de l’Education Nationale ? Il faut faire des liens pour analyser l’idéologie obscurantiste de la droite au pouvoir pour y voir clair.

On a vu qu’à l’école primaire il n’y a plus d’égalité, depuis septembre 2008. Les élèves les moins performants doivent travailler plus que les autres. Sur le plan sociologique, environ ¼ de la population, soit 16 millions de personnes sont condamnées à la précarité et à vivre des minima sociaux. Ce n’est donc pas la peine d’éduquer les enfants de ces pauvres, surtout ceux qui ont le plus de difficultés, ils seront de toutes façons exclus du marché du travail, comme leurs parents ! C’est pourquoi il faut supprimer les RASED et mettre en place une simple aide pédagogique qui ne résoudra que les problèmes les plus légers. Les autres vivront de la charité publique, comme leurs parents, et on enverra la police quand ces exclus brûleront des voitures !

Les plus méritants pourront aussi s’engager dans l’armée pour aller mourir en Afghanistan, sur ordre du président, défendre le rang de la France comme puissance de 3ème ordre.

Pourquoi perdre son temps et son argent avec les plus nuls ?

Pour le reste, nos amis de l’école privée confessionnelle de tout acabit sont prêts à accueillir les élèves de la classe moyenne qui ont les moyens financiers adéquats. Ils sont même d’accord pour ouvrir des crèches en nombre, une fois que l’école maternelle française, ce monument admiré à l’étranger, aura été réduit à néant par la majorité actuelle.

La face blême de l’obscurantisme au pouvoir ? Tous les progrès sociaux et humains, dans l’histoire, se sont toujours construits CONTRE les religions. La dernière fois que l’Eglise catholique s’est montrée progressiste, cela remonte à la fin de l’empire romain ! L’esprit scientifique qui a permis l’avènement du monde moderne et toutes les découvertes, a toujours été combattu par la religion. L’Esprit des Lumières, puis l’acquis de la Révolution Française nous ont permis de sortir de siècles d’obscurantisme, pour arriver au principe de l’éducation libre, laïque et gratuite, accessible à tous.

Et il nous faudrait renoncer au progrès social parce qu’un président de la république, oublieux du devoir de sa charge, se targue de clamer “que le prêtre sera toujours supérieur à l’instituteur”, et ainsi retourner dans les ténèbres de l’obscurantisme ?

Rappelons-nous que le régime républicain et démocratique ne vit que s’il est défendu par tous les citoyens au jour le jour. N’oublions pas que le premier président de la république élu au suffrage universel en 1848 s’appelait Bonaparte et qu’il a aboli la république par le coup d’Etat du 2 décembre 1851, condamnant des milliers d’opposants à la déportation. Souvenons-nous que Napoléon-le-petit (selon V. Hugo) régna ensuite jusqu’en 1870 pour finir prisonnier des Prussiens avec toute son armée…

Vue l’étendue de son pouvoir, sa mainmise sur tous les médias, l’absence d’opposition et l’ambiance veule de trouille généralisée qui règne dans ce vieux pays, on peut en conclure que Nicolas-le-petit, en 2008, n’a nul besoin de réaliser un coup d’Etat : l’entreprise de décervelage généralisé est bien avancée, comme le démantèlement de l’Education Nationale ! Et son pouvoir semble, pour l’instant, absolu ! Les institutions de la Ve République peuvent visiblement permettre tout à la fois l’hyperprésidence, l’hypodémocratie et la sous-république, il suffit d’avoir les mauvaises personnes à la bonne place !

Pour finir, nous n’insisterons pas sur le fait que ce brave M. Darkos, ministre du démantèlement, fût accusé (puis blanchi, au bénéfice du doute) de tricherie au bac il y a 25 ans tandis qu’il était professeur, car nous, les éducateurs, nous pensons que chaque individu peut s’amender, si on lui en laisse la possibilité, contrairement à ce gouvernement qui rêve de mettre des enfants de 12 ans en prison ! Mais est-ce vraiment un exemple pour notre belle jeunesse ?

“Pour marcher au pas sur une musique militaire, nul n’a besoin de cervelle : une simple moelle épinière suffit !” Albert Einstein.

René Jansen 08/12/2008

C’est Noël : “rased-en-lutte” cité dans Le Monde du 24 décembre 2008

Jeudi 25 décembre 2008

Qui a dit que le Père Noël ne recevait pas de lettres d’adultes ? Cette lettre-type d’étudiant, le Centre national du service clients-courrier de Libourne (Gironde), transformé chaque fin d’année en secrétariat du Père Noël, en a reçu une soixantaine. Pour certains, l’homme à la barbe blanche devient le dernier espoir ou, plus certainement, l’ultime coup de gueule dérisoire mais distrayant face aux événements sociaux et politiques.

Le blog des “Rased en lutte” (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) a mis en ligne une lettre-type à l’écriture ronde et soignée, à renvoyer “1, chemin des Nuages” au “pôle Nord”. Maryline, une maman, l’a pris au mot. Elle y a rajouté un dessin du Père providentiel à la hotte bien garnie : “Puisque nous ne sommes pas entendus par M. Darcos, ministre de l’éducation nationale, (…) nous vous demandons à vous, Père Noël, que tous les enfants de France puissent bénéficier de l’aide spécifique d’un enseignant spécialisé s’ils en ont besoin au cours de leur scolarité et puissent aller à l’école maternelle et non dans des structures communales payantes, que leurs enseignants aient suivi une formation en alternance (…).Merci, Père Noël, de nous aider à défendre une certaine idée de la République.”

Cela paraît étonnant mais aucune lettre faisant allusion au président de la République n’a encore été trouvée. En tout cas, si elles existent, elles n’ont pas été repérées. “La priorité est de vérifier le bloc-adresse pour renvoyer la lettre-type du Père Noël à un maximum de personnes dans un minimum de temps, pas de lire toutes les lettres”, explique la direction de La Poste.

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Jingle Bells, Jingle Bells …

Mercredi 24 décembre 2008

Joyeux Noël à tous !

Mercredi 24 décembre 2008

Voici non pas une histoire du Père Noël, mais l’ Histoire du Père Noël

Histoire du Père Noël

Saint Nicolas ou Nicolas de Myre, le personnage qui a servi de source d’inspiration au Père Noël, vivait au IVe siècle au sud de la Turquie actuelle près d’Antalya. Il fut contemporain de la dernière vague de persécutions et du Concile de Nicée, moment important du christianisme. Selon la légende, il aurait sauvé de la mort trois enfants. À partir du XIIe siècle, la légende du saint s’enrichit avec le personnage du père Fouettard qui punit les enfants désobéissants. Ce personnage disparaît lors du passage au mythe de Santa Claus.

Au XIe siècle, sa dépouille est volée par des marchands italiens, mais ils laissent sur place un morceau de crâne et de mâchoire. Rapportée à Bari en Italie, la relique produirait des miracles.

En Europe, les rituels liés à l’approche de l’hiver sont ancestraux. Une tradition païenne voulait que, pour exorciser la peur de l’obscurité, les jeunes hommes se grimaient et allaient de maisons en maisons pour quémander des offrandes. Le vieux qui présidait ce cortège, est appelé « Noël » dès le XIIe siècle en France. Au Moyen Âge, l’Église catholique décide de remplacer les figures païennes par des saints. Saint Nicolas est alors présenté comme le saint protecteur des enfants. En mémoire, le 6 décembre de chaque année, un personnage, habillé comme on imaginait que saint Nicolas l’était (grande barbe, crosse d’évêque, mitre, grand vêtement à capuche), va alors de maison en maison pour offrir des cadeaux aux enfants sages.

À la Réforme, les protestants luthériens, qui rejettent le rôle patronal des saints, remplacent saint Nicolas par l’enfant Jésus (le Christkind allemand). C’est au Pays-Bas que saint Nicolas se transforme après la Réforme en un personnage semi-laïc, Sinter Klaas. Étrangement, au Canada, les francophones catholiques utiliseront longtemps le personnage de l’enfant Jésus, alors que Santa Claus se chargera de distribuer des cadeaux aux petits anglophones. De même, bien avant la popularisation du père Noël, les catholiques français attribuaient au Petit Jésus les cadeaux de la nuit de Noël.

Au XVIIIe siècle, les souverains allemands entament un processus de laïcisation : les figures chrétiennes sont remplacées par d’anciens symboles germaniques. C’est le retour du petit peuple des fées, des elfes et du vieil homme de Noël ((de) Weihnachtsmann) qui distribue en traîneau des sapins décorés de cadeaux.

Parallèlement, les États-Unis adoptent la coutume néerlandaise de fêter saint Nicolas. Ce sont en effet les Hollandais qui fondent la Nouvelle-Amsterdam au XVIIe siècle, qui deviendra New York quand elle sera prise par les Anglais. Après la guerre d’indépendance, ses habitants se souviennent de leurs racines hollandaises et Sinter Klaas revient par la littérature et les illustrations. Il s’agit alors d’un vieillard à barbe blanche portant un manteau à capuchon. Moralisateur, il récompensait les enfants sages et punissait les dissipés. Progressivement, cette « fête des enfants » est rapprochée de la célébration de la nativité.

Le 23 décembre 1822, le pasteur américain Clement Clarke Moore publie un poème intitulé A Visit from St Nicholas, dans lequel il présente saint Nicolas comme un lutin sympathique, dodu et souriant, qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traîneau volant tiré par huit rennes nommés Fougueux (Dasher), Danseur (Dancer), Fringant (Prancer), Rusé (Vixen), Comète (Comet), Cupidon (Cupid), Tonnerre (Donder) et Éclair (Blitzen). Ce poème a joué un rôle très important dans l’élaboration du mythe actuel. Publié pour la première fois dans le journal Sentinel de New York le 23 décembre 1823, il fut repris les années suivantes par plusieurs quotidiens américains, puis traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

C’est vers 1850 que le passage de la célébration de la Saint-Nicolas à celle de Noël se fixe au Royaume-Uni, en lien avec Charles Dickens et ses « Livres de Noël ».
Gravure parue dans le Canadian Illustrated News en 1875.
Gravure de Thomas Nast parue dans le Harper’s Illustrated Weekly en 1881.

En 1860, le journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly représente Santa Claus vêtu d’un costume orné de fourrure blanche et d’une large ceinture de cuir. Pendant près de 30 ans, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste du journal, illustra par des centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus et donna au mythe ses principales caractéristiques visuelles : un petit bonhomme rond, la pipe au coin de la bouche comme un Hollandais, recouvert de fourrure. C’est également Nast qui, dans un dessin de 1885, établit la résidence du Père Noël au pôle Nord. Cette idée fut reprise l’année suivante par l’écrivain George P. Webster.

L’idée selon laquelle le Père Noël aurait été dessiné par la compagnie Coca-Cola en 1931 est une légende urbaine[1]. Une étude de la représentation du Père Noël dans les années précédentes montre en effet que son aspect était déjà bien défini et ancré dans l’imaginaire public. Avant Coca-Cola, de nombreuses firmes avaient déjà utilisé son image dans des publicités, comme Michelin par exemple[2]. Finalement, son apparence n’a pas beaucoup changé depuis les premiers dessins en couleurs de Thomas Nast.

En France, les catholiques, qui depuis longtemps s’échangeaient des petits cadeaux le soir de Noël en l’honneur de la naissance du Christ, résistèrent longtemps au « père Noël », patronyme qui désignera le personnage popularisé en France par les Américains à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui, le Père Noël est également utilisé le 25 décembre, dans des pays n’ayant pas de tradition chrétienne, tels que la Chine, comme outil de vente et comme occasion de faire des cadeaux, de décorer la ville et de réunir la famille.

La hotte du père Noël peut être un panier ou alors être une sorte de grand sac marron, dans lequel les cadeaux de tous les enfants doivent être entreposés.

Anecdotes

Le lieu d’habitation du Père Noël est très controversé. Selon les Norvégiens il habite à Droeback, à 50 km au sud d’Oslo. Pour les Suédois, c’est à Gesunda, au nord-ouest de Stockholm, et pour les Danois au Groenland. Les Américains sont persuadés qu’il habite au pôle Nord, mais en 1927 les Finlandais ont décrété que le Père Noël ne pouvait pas y vivre, car il lui fallait nourrir ses rennes : sa résidence fut donc fixée en Laponie, au Korvatunturi puis, cette région étant un peu isolée, ils l’ont fait déménager près de la ville de Rovaniemi. La Sibérie revendique également cet honneur, mais il y a sans doute confusion avec Ded Moroz, le cousin serbo-russe du père Noël qui est fêté le 7 janvier avec sa fille Sniégurotchka. Le Canada, pour sa part, prétend humblement qu’il serait simplement dans le grand-nord canadien, plus particulièrement dans les Territoires du Nord-Ouest.

Dans le Pacifique, l’île Christmas se revendique également comme une résidence secondaire du père Noël. La Turquie, qui a gardé des reliques de saint Nicolas dans la très touristique région d’Antalya, est aussi de la partie.

Bureau de poste du Père Noël à Rovaniemi

Jusqu’au tournant du XXe siècle, le Père Noël n’a que huit rennes (Tornade, Danseur, Furie, Fringuant, Comète, Cupidon, Éclair et Tonnerre) . Le neuvième, nommé Rudolphe, fut créé en 1939 par le poète Robert L. May dans un conte où le Père Noël doit affronter des conditions météorologiques si mauvaises qu’il risque d’être en retard dans sa livraison de cadeaux. Dans cette histoire, il réussit à les distribuer grâce au nez lumineux de Rudolphe qui l’orientait dans la tempête.

En 2001 est sorti un film d’animation anglais avec des personnages en pâte à modeler dont le héros est Robbie le renne qui rêve de devenir un membre de l’attelage du Père Noël comme son père.

Dans nombre de pays, une lettre envoyée au Père Noël (que l’adresse soit Pôle Nord, Laponie ou autre) sera traitée par le service des postes qui répond aux jeunes expéditeurs.

En France, Françoise Dolto, dont le frère Jacques Marette, était ministre des postes et télécom dans les années 1960, fut la première secrétaire du père Noël, en rédigeant la première réponse du père Noël par l’entremise des PTT.

En 1962, le Ministre des PTT, Jacques Marette crée, au centre de tri de Libourne (le seul autorisé à ouvrir le courrier), un service spécialement chargé de répondre au courrier du Père Noël. Ainsi, depuis cette date, la Poste française répond aux lettres adressées au Père Noël (quelle que soit l’adresse inscrite). Ce courrier est ouvert par le service client courrier de Libourne pour retrouver l’adresse de l’expéditeur et lui envoyer gratuitement une carte-réponse.

Cette opération, plébiscitée par les enfants et leurs parents, connaît un succès grandissant : le courrier reçu par le Père Noël a plus que doublé en 10 ans. En 2007, le Père Noël a reçu plus de 1 600 000 courriers, dont 1 430 000 lettres et 181 200 e-mails (via le portail Internet du groupe La Poste et le site du Père Noël de La Poste).

Au Québec on désigne parfois le sac du père Noël par le nom « poche ».

H0H 0H0 est un code postal utilisé par Postes Canada pour acheminer le million de lettres annuel destinées au Père Noël au Pôle Nord.

Parents, l’école gratuite et laïque de votre enfant est en danger

Mercredi 24 décembre 2008

!

SNUipp23 - FCPE - SE.UNSA

C’est ce qui va se passer avec la création des “jardins d’éveil” payants en remplacement des classes de maternelles. La scolarisation des enfants de 2 et 3 ans est en net recul alors qu’elle augmente considérablement les chances de réussite scolaire, notamment chez les populations les plus défavorisées. Xavier Darcos voit ici des économies considérables à réaliser et des transferts de charges à faire vers les collectivités territoriales. Ceci est d’autant plus inacceptable que les communes rurales ne possèdent généralement pas de structure d’accueil des petits et tout-petits.

= plus cher pour les parents et moins efficace pour la réussite de tous les élèves

La mise en place de l’aide individualisée entraîne la suppression de 12 jours de classe par an pour tous les élèves. Les élèves en difficulté se voient offrir au mieux 1 ou 2 heures hebdomadaires d’aide individualisée sur quelques semaines. Cette aide est proposée après une journée de classe déjà bien remplie ou sur le temps de la pause repas.

= plus cher pour les parents et moins efficace pour la réussite de tous les élèves

Les maîtres des RASED sont spécialisés dans le traitement de la difficulté scolaire. Ils apportent une aide individuelle ou en petits groupes sur le temps de classe efficace et de qualité. Alors qu’il est communément admis que les enfants en échec scolaire représentent 15% d’une classe d’âge, seuls 5% pouvaient être suivis par les maîtres des RASED en l’état actuel des effectifs des maîtresspécialisés. Or, 3000 postes de ces maîtres sont supprimés dès la rentrée 2009. Et ce n’est que le début… L’aide personnalisée ne répond pas à la difficulté lourde ; elle ne répond même pas aux besoins de tous nos élèves … Les parents devront donc aller chercher l’aide spécialisée chez des spécialistes du privé.

= plus cher pour les parents et moins efficace pour la réussite de tous les élèves.

1. Savez-vous que si votre enfant est en difficulté, il ne bénéficiera plus de l’aide d’un enseignant spécialisé ?

2. Savez-vous que votre enfant devra assimiler des programmes plus lourds alors qu’il a quasiment perdu un an d’enseignement sur la totalité de sa scolarité ?

3. Savez-vous que vous allez bientôt devoir payer pour l’éducation de votre enfant de moins de 4 ans ?

En 20 ans, on est passé de 3 ans de formation professionnelle des enseignants à RIEN avec la suppressiondes IUFM. Votre enfant aura donc bientôt face à lui un « enseignant » qui découvrira avec lui le monde de l’école…

= moins efficace pour la réussite de tous les élèves

4. Savez-vous que bientôt votre enfant sera confié à des enseignants débutants qui n’auront jamais eu la responsabilité d’une classe avant ?

5. Savez-vous que votre enfant est fiché dès son entrée à l’école ?

Les mairies sont tenues de mettre en place un service minimum d’accueil les jours de grève. Les mairies reçoivent une indemnité compensatoire prise sur les retenues de salaires des enseignants : c’est une remise en cause du droit de grève des enseignants. Mais au-delà de cela, c’est un risque important que courent vos enfants. En effet, aucune qualification, aucune formation ne sont exigées pour les personnes qui accueillent vos enfants, et ceci, sans limite d’effectif.

= plus dangereux pour vos enfants

Les remplaçants dépendront bientôt d’une “agence de remplacement” pour les absences de longue durée. Finis les remplacements pour les absences courtes. Le recours à des emplois « kleenex » de vacataires sans formation sera généralisé. Avec quelle formation ? Aucune précision dans ce domaine….

= moins efficace pour la réussite de tous les élèves

Tous les enfants inscrits à l’école sont automatiquement rentrés dans un fichier informatique centralisé dénommé “Base élèves”. C’est ce même fichier qui permet à l’Inspecteur d’Académie de connaître en temps réel les effectifs des écoles pour faire la carte scolaire. C’est en s’appuyant sur ce fichier qu’elle choisit de ne pas scolariser les enfants de 2 et 3 ans.

= plus dangereux pour vos enfants

6. Savez-vous que l’enseignant de votre enfant ne sera bientôt plus remplacé durant les absences de courte durée ?

7. Savez-vous que votre enfant peut être confié à des gens sans formation ni qualification et dans des conditions de sécurité discutables les jours de grève ?

8. Savez-vous que votre enfant ira bientôt dans une école de 450 élèves minimum qui regroupera les enfants de 1 voire 2 cantons ?

C’est la proposition de créer des Établissements Publics d’Éducation Primaire (EPEP). Ceux-ci doivent rassembler 15 classes. On comprend alors que dans notre département, leur mise en place anéantirait le maillage des écoles : l’école communale devient l’école cantonale (ou pire dans le sud Creuse) avec toutes les conséquences que cela implique en terme de transport pour les enfants. On imagine la première rentrée scolaire d’un enfant dans une école de 450 élèves… L’autonomie financière et pédagogique de ces établissements impliquerait une augmentation de la charge financière pour les collectivités locales et donc, mécaniquement des impôts locaux.

= plus cher pour les parents et moins efficace pour la réussite de tous les élèves

9. Savez-vous que votre enfant ne bénéficiera plus de rencontres sportives, sorties culturelles, cinéma et théâtre ?

Dès le mois d’août 2009, le gouvernement ne renouvellera pas ses conventions avec les associations éducatives ( USEP, UFOLEP, FOL, Ligue de l’Enseignement, OCCE, etc…). 1500 postes d’enseignants détachés sont supprimés.

= moins efficace pour la réussite de tous les élèves

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