Collectif RASED 62 : Manif’pour les réseaux d’aide aux élèves en galère

vendredi 28.11.2008, 04:59 – La Voix du Nord

Hier matin, à l’entrée de l’école Ferry, les instit’ du RASED expliquent aux parents. Et font signer leur pétition.

 Hier matin, à l'entrée de l'école Ferry, les instit' du RASED expliquent aux parents. Et font signer leur pétition.

| ÉDUCATION

Animation hier matin à la grille de l’école Ferry de Rouvroy, où un groupe faisait signer une pétition aux parents d’élèves. Motif ? La menace de suppression qui pèse sur les RASED, ces réseaux d’enseignants spécialisés qui interviennent dans les établissements pour aider les élèves en grande difficulté.

Gilets d’automobilistes fluo sur le dos, Véronique et Anne ne s’apprêtent pas à remplir un constat d’accident mais à animer un peu l’entrée de l’école Ferry, à côté de la mairie. Elles sont bientôt rejointes par la psychologue scolaire en charge du secteur. Toutes les trois font partie du RASED (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) du secteur de Rouvroy – Bois-Bernard – Drocourt. «  Nous sommes quatre en tout sur ce réseau. Mais il y en a beaucoup d’autres dans le coin. Rien que pour Hénin, on compte deux réseaux. Il y a 8 000 postes en France destinés aux RASED. Or, pour cette année scolaire, 3 000 postes vont être supprimés. » Et selon les manifestantes, les réseaux seraient amenés à disparaître dans les trois ans à venir.

Ce qui ne signifie pas que Véronique, Anne et leurs confrères seront sans emploi mais qu’ils devront prendre en charge des classes « sédentaires » comme n’importe quel prof ou instit’. Rien de personnel donc dans leur combat. Il s’agit bien ici de préserver un service rendu aux enfants en grande difficulté scolaire. «  C’est un service gratuit qui existe depuis 1990. Nous sommes enseignantes spécialisées mais il y a aussi des psychologues scolaires… »

Une aide spécialisée

Concrètement ? «  Nous intervenons pendant le temps scolaire, dans les écoles, avec des petits groupes de 2 à 6 élèves, trois fois par semaine pendant une petite heure. » Chaque membre du RASED suit ainsi une cinquantaine d’élèves par an, et fournit «  une aide spécialisée. ça n’est pas du soutien, nous, on est vraiment dans le cadre de l’école, pendant les heures de classe. » Or, c’est justement en avançant la mise en place du soutien scolaire systématique que le gouvernement justifie ces suppressions. «  Mais en fait, c’est tout simplement pour des raisons budgétaires. On cherche à racler les fonds de tiroir. Et ce sont encore les familles les plus silencieuses, les plus démunies, qui vont en faire les frais. » Le secteur du bassin minier est bien pourvu en RASED. Sans doute les gamins en galère y sont-ils plus nombreux qu’ailleurs… Quoi qu’il en soit, les mamans interpellées hier matin n’ont pas émis une seule protestation à l’idée de signer la pétition.

A. M.

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